Journal de bord – Part 1

J180 – Lun 30/04 : Une longue attente

Réveillé par deux chatons qui gambadent sur mon lit dès 6h, j’ai le droit au petit déjeuner avec les autres : du pain frais, des crêpes, des fruits du jardin… Les français sont partis très tôt, se rendant à l’aéroport en stop pour aller à Moorea, et je n’ai pas revu la suisse, qui semble être restée au lit. A la fois baba cool et révoltée contre le système, Sophie lance plusieurs diatribes sur la bêtise du monde. Je n’adhère pas forcément à tous ses propos mais sa façon de s’exprimer est amusante.

Je file alors explorer l’île, avec d’abord le sud de la presqu’île où là encore la route s’arrête à Teahupoo, le paradis des surfers avec de très belles vagues.

Je m’y promène et admire, en bord de plage, les surfeurs débutants. On aperçoit plusieurs sommets mais je vois aussi un panneau « randonnée interdite sauf autorisation du Maire » ; je ne sais pas pourquoi mais ne m’y aventure pas. Le nord me semblait plus intéressant. Je m’arrête sur le retour au jardin d’eau de Vaipahi, où je fais une petite randonnée d’une heure, en tongs.

Je repasse à la pension pour récupérer l’allemand et le déposer à Papeete. Je ne fais pas d’arrêt, ne voyant pas de points de vue immanquables, d’autant que j’y suis déjà passé lors de mon excursion il y a 3 semaines. La route de ce côté est assez rapide.

De Papeete, revenant sur mes pas, je retourne à Ylang Ylang, récupérer les affaires que j’avais laissées et dire bonjour à Téa. Malheureusement, elle n’est pas chez elle. J’en suis surpris puisque je l’avais prévenue de mon passage. Je dois ensuite filer pour rendre la voiture pour 16h, en face de l’aéroport.

C’est alors le début d’une longue attente puisque mon avion décolle à 3h20. Je ne voyais pas l’intérêt de retourner à Papeete et sans transport c’est plus délicat. Je me dis que j’ai pas mal de choses à faire pour m’occuper (tri des photos, mise à jour du journal), même si l’aéroport n’offre pas vraiment de place confortable.

Pour être plus libre, je laisse mon sac à la consigne, puis pars explorer à pieds les alentours, tentant de trouver un accès à la mer, sans grand succès. Je mange à l’aéroport puis, fatigué, somnole un peu. Du coup je n’avance pas beaucoup sur mes « dossiers ». Passant deux heures sur les photos de la Nouvelle Zélande , je m’aperçois que cet exercice me prendra plus de temps que prévu.

A minuit, l’aéroport s’agite : un avion part et un autre arrive. Un groupe de danseurs et musiciens fait une performance dans le hall. Je retrouve Boun de la pension, qui va aussi à l’île de Pâques. Une fois les contrôles passés, le hall est beaucoup plus agréable avec un espace extérieur aménagé. Je discute avec un jeune couple français, des surfers (ils voyagent d’ailleurs avec leurs planches), qui viennent de se marier à Tahiti pendant leur tour du Monde (ça c’est original !), puis m’endors sur une banquette.

 

J179 – Dim 29/04 : Le canapé de la dernière chance

Je profite de la matinée pour un dernier snorkeling dans le lagon derrière la maison ; l’eau est encore trouble mais je vois quelques beaux poissons. Ludwig m’offre un pot de miel et du savon puis m’amène à l’aéroport. On boit un dernier verre ensemble avant de nous séparer. Dans l’avion je suis côté gauche et peux admirer le lagon bleu à Rangiroa puis l’île Makatea, après avoir fait une escale à Tikehau, où je suis resté dans l’avion.

Arrivé à Tahiti, je vais récupérer une voiture que j’ai réservée pour faire le tour de l’île. J’y vais une heure plus tôt mais ça ne semble pas leur poser de problème. Je commence par la côte nord en faisant quelques arrêts pour admirer la vue. C’est assez sauvage et de plus en plus quand j’arrive sur la presqu’île. Il n’y a pas de lagon de ce côté mais de petites plages très fréquentées (probablement parce que l’on est dimanche) et de grands pics côté montagne, avec des falaises abruptes et plusieurs cascades sur la presqu’île. Je vais jusqu’à Tautira, où s’arrête la route. Il n’y a que des locaux par ici et encore beaucoup de drapeaux hissés pour les élections car le deuxième tour a lieu dimanche prochain. En les observant, je me fais une idée encore un peu plus précise de leur mode de vie.

Je n’ai pas réservé de logement. J’en avais repérés quelques-uns mais les plus intéressants nécessitaient un transport en bateau, onéreux et qu’il m’était difficile d’anticiper. J’ai donc choisi d’essayer sur place, en me disant que je pourrais peut-être rencontrer des habitants pour m’accueillir. Ce n’est pas une tâche facile, surtout quand la nuit commence à tomber. Du coup je n’ai pas trop le temps de flâner ; il m’en a déjà fallu pas mal pour traverser l’île. Mais je ne m’en fais pas ; au pire, je dormirai dans la voiture. Je reviens sur mes pas, tente une première pension que j’avais repérée mais elle est un peu chère. Je descends du côté sud de la presqu’île mais, ne trouvant rien, je fais vite demi tour pour revenir manger dans une roulotte à Taravao (de grosses portions bien grasses !). Il n’y a pas de touristes là non plus mais je ne me sens pas très inspiré pour engager la conversation avec les autres clients, comme j’avais cela en tête en arrivant.

J’abas donc ma dernière carte en descendant jusqu’à Mataiea, où j’avais repéré la pension Teva I Uta sur Air B’n’B. Il n’y a plus de chambre mais la propriétaire, Sophie, me propose de dormir sur le canapé pour un prix très modeste. Je saute sur l’occasion. Sophie est française et a monté cette pension récemment. Elle compte se lancer dans un projet d’agriculture biologique (cultiver de la vanille notamment) mais plusieurs obstacles l’empêchent d’avancer. Il y a vraiment une ambiance d’auberge ici. Je rencontre un couple de français, un allemand, un autre français d’origine laotienne, Boun (ou Doun), et une suisse. On discute tous ensemble et nous couchons assez tôt.

 

J173-178 – Lun 23 au Sam 28/04 : Bénévolat à Rangiroa

Le cadre :

Rangiroa est le plus grand atoll des Tuamotus, le mieux desservi et proposant le plus de services. 3000 habitants y vivent principalement sur 2 motus, au nord de l’atoll, abritant les villages d’Avatoru et de Tiputa. Chacun dispose d’une passe vers le lagon intérieur qui permet notamment l’accès aux goélettes de ravitaillement. Rangiroa est très prisée pour la plongée avec 6 ou 7 clubs dédiés.

Je suis moi-même sur le motu d’Avatoru (de 10 km de long sur 1 à 2 de large), entre l’aéroport et le village. La maison donne directement sur la « plage » côté océan, les voisins étant assez éloignés.

Ludwig, mon hôte, est installé ici depuis un an (il a dû quitter sa maison côté lagon, qu’il avait construite entièrement, suite à sa séparation) mais en Polynésie et à Rangiroa depuis plus de 20 ans. Il est français, a mon âge et a beaucoup d’occupations entre la miellerie (son activité première), une entreprise d’export de matières premières végétales qu’il vient de monter, l’aménagement de son terrain, la location de chambres en Airbnb, s’occuper de son fils de 5 ans dont il a la garde régulièrement, des expéditions ornithologiques ponctuelles sur différentes îles et divers hobbies. Sa maison est toujours bien remplie : entre les locations, les bénévoles et les coughsurfers, il a accueilli 34 personnes depuis février. Il connaît bien le pays, ses modes de fonctionnements, les petits coins à voir. Il est en outre accueillant (toujours à rendre service) et plutôt sympathique.

Côté technologie, il nous faut apprendre à un usage modéré d’internet car la connexion est très lente (la fibre doit bientôt arriver). Je commence à y être habitué.

Les missions :

Le travail essentiel consiste à aider Ludwig dans la préparation du terrain pour le déménagement de ses containers, dont celui hébergeant la miellerie, qui est pour le moment encore dans son ancienne propriété : on taille des arbres, on installe des plots dans le sol qui serviront de fondations, un travail à la fois physique et précis (les mesures devant être parfaites). Je n’en verrai malheureusement pas l’aboutissement puisque le transport des containers nécessite un élévateur et son pilote, qui tarde à arriver ; c’est à la polynésienne, on ne sait jamais trop quand ça va se faire.

Le travail n’est pas très conséquent mais je ne sais pas toujours quand on va s’y mettre, ni pour quelle durée (c’était déjà le cas au Laos), ce qui limite un peu mes activités annexes. Il n’est pas non plus très évident de me positionner de par la présence simultanée de 3 coughsurfers, qui eux sont hébergés sans contrepartie directe et vaquent comme ils le veulent à leurs occupations. Cela dit leur présence est plutôt agréable ; on partage de nombreux moments tous ensemble.

Le temps que je passe moi-même avec Ludwig me permet d’avoir de nombreuses informations, sur lui ou plus largement sur la Polynésie. Il m’explique notamment comment fonctionne la miellerie.

Pour les activités annexes, elles consistent essentiellement pour moi en des baignades (avec ou sans masque et tuba) et quelques promenades sur l’île. Le but de ce type de séjour est aussi de me poser et de prendre mon temps donc cela me va bien. Je m’offre néanmoins une excursion et une dégustation.

Lun 23 :

Aujourd’hui on s’en prend aux végétaux ; je tonds la pelouse le matin et on abat des arbres avec Ludwig l’après-midi. Je découvre avec étonnement la facilité à détruire un papayer à la force des mains ; c’est en fait comme une grosse fougère.

Mélanie et Nicolas ont une séance de plongée. Ils en reviennent ravis. Geoffroy quant à lui négocie avec un opérateur pour faire une sortie gratuite au Lagon bleu en échange de la réalisation d’un film avec son drone.

J’ai besoins de prendre quelques repères et explore les alentours proches en fin d’après midi (superette, plage). La plage côté océan (donc devant la maison) n’est pas vraiment faite pour nager (on y trouve quelques petites piscines pour barboter) ; elle est sauvage et originale avec un sol de corail (aïe les pieds !) et de belles couleurs (même les algues sont roses). Je m’y baigne au coucher su soleil.

Geoffroy fait la cuisine (une quiche lorraine) que l’on attend en dégustant un délicieux Ti punch au miel. S’en suit une bonne discussion. Ludwig nous parle de ses métiers, des liens avec la population, de son accident lorsqu’il s’est fait mordre par un requin… J’en ai de mon côté appris un peu sur lui par l’une de ses amies, Saïda, qui est passée l’après-midi à la maison. Il nous conseille fortement de visiter l’île de Makatea, entre, ici et Tahiti, peu desservie (pas d’avion, ni de bateaux réguliers) mais très belle et chargée d’histoire ; on peut d’ailleurs y faire de l’escalade.

Mar 24 :

Aujourd’hui on réorganise le stockage du bois toute la matinée. Nicolas nous donne un coup de main. A midi, la maison est calme. Tout le monde est parti en excursion. On se baigne sous le pont avec Ludwig avant de déjeuner.

On fait ensuite un tour à la miellerie où Ludwig m’explique rapidement le processus. Je goûte un rayon de miel (structure alvéolaire dans laquelle le miel est stocké par les abeilles). L’après-midi, je glandouille un peu.

Geoffroy est parti faire son film au Lagon bleu. Il nous montre au retour quelques images prises avec son drone : des paysages paradisiaques, de véritables posters avec plages de sable blanc, cocotiers sveltes et eau turquoise.

Ce soir on discute politique : Ludwig nous raconte les attitudes des élus dans ces petites îles. Tout n’est pas tout rose.

Mer 25 : 

Je me suis octroyé une journée off, comme me l’avait proposé Ludwig, pour aller faire une excursion avec Mélanie, Nicolas et Geoffroy. On part pour l’Ile aux Récifs, en bateau avec Léon, notre guide, aidé d’un jeune assistant et d’un de ses amis. On y retrouve également Roberto et 2 autres italiens.

Il nous faut 1h pour traverser le lagon. Léon nous dépose puis part un peu plus loin préparer le déjeuner. On débute par une séance de snorkeling dans un chenal en se laissant porté par le courant : j’aperçois quelques jolis poissons mais pas énormément. On apprend à y pêcher les bénitiers et y goûtons. Ce sont des énormes coquillages en forme de bouche ondulée, incrustés dans le corail ; on en trouve de toutes les couleurs et de différentes tailles. Ils ont un petit goût d’huitre en plus coriaces.

On explore ensuite les récifs proprement dits, côté océan. Ce sont des monticules de roches coralliennes sculptées naturellement et extrêmement coupantes. Il est difficile d’y cheminer sans se faire mal. Au pied, quelques profondes piscines d’un beau bleu et, côté océan, la barrière du lagon. C’est un paysage assez surprenant, le tout entouré de bancs de sable et de cocotiers.

C’est sur l’un de ces motus que l’on déjeune. La nourriture est très bonne (poissons cru et grillé, poulet, riz) ; on commence par un délicieux pain coco cuit au barbecue. Devant nous, de nombreux requins pointes noires nagent en attendant quelque pitance. Geoffroy prend quelques images pour faire un nouveau film qu’il vendra après coup à Léon et qu’il nous donnera en souvenir.

Sur le chemin du retour, la mer est beaucoup plus agitée. On se rend à la passe de Tibuta pour admirer de gros dauphins faisant des bons dans le courant autour du bateau. C’est assez impressionnant et il faut être bon pilote pour y naviguer. Revenant dans le lagon, on a le droit à une nouvelle séance de snorkeling dans l’« Aquarium ». La visibilité n’est pas extraordinaire mais je peux y voir de très nombreuses espèces de poissons et c’est agréable. Léon, pas pressé, nous attend en jouant de la guitare sur son bateau. On termine le tour à 17h30, un peu avant le coucher du soleil.

Globalement, la prestation était un peu décevante au début (peu d’explications, un second guide peu épanouissant, un atelier de tressage bâclé et réservé aux filles) mais les paysages étaient beaux et la fin mérite une bonne note. J’ai pris des couleurs pendant la journée.

Le soir, personne n’est vraiment partant pour faire la cuisine. Je m’y colle et achète de quoi faire une salade. Nicolas poursuis par des crêpes et tout le monde se couche tôt.

Jeu 26 :

C’est une date symbolique aujourd’hui puisque que je viens de passer le cap de la moitié de mon voyage.

On installe les plots pour accueillir les containers : on creuse, on mesure, on nivèle, un travail qui nous prend une bonne partie de la journée et que nous n’avons pas terminé. On travaille main dans la main et Ludwig me laisse un plus d’autonomie. Il y a du vent mais il fait chaud à travailler au soleil. Le midi, Ludwig m’invite à déjeuner au snack et le soir on se baigne côté lagon. Je tente le snorkeling, mais il y a très peu de visibilité malgré la profondeur du chenal, puis j’essaye le paddle, assez prisé ici.

Le soir on va tous manger dans un autre snack, au centre du village.

Ven 27 :

La maison se vide : Nicolas, Mélanie et Geoffroy prennent l’avion en début d’après-midi. Nous continuons de notre côté les travaux : je taille la haie puis on finit d’ajuster les plots. Malheureusement la personne qui doit venir avec ses machines pour soulever les containers n’est finalement pas disponible.

Lucas n’a pas école le vendredi après-midi et demande aussi un peu d’attention.

A ma demande, on va le soir à la dégustation de vin et de rhum du producteur de Rangiroa, le seul à faire ces produits en Polynésie. La vigne pousse bien ici et, avec le climat chaud, donne 2 récoltes par an. Il y a du blanc, sec et moelleux (cuvée du corail, cuvée du récif…), et du rosé. Le blanc est assez parfumé et pas désagréable. Le rosé plus banal. Côté Rhum, il y en a 3 différents. Ils sont aussi parfumés mais paraissent très forts. Par contre les récoltants ne sont pas très commerçants : même si on achète, on paye quand même la dégustation (2000 CFP) et ils ne prennent pas la carte. Considérant en plus le poids des bouteilles, je ne me laisse pas tenter.

On va ensuite manger une pizza (pas mauvaise, j’en prends une au Mahi Mahi, du poisson) puis je fais un tour sur la plage avec la chienne. La maison est très calme.

Sam 28 :

J’ai aujourd’hui l’impression de découvrir un peu plus la vie locale. On part de bonne heure au port, au large duquel est amarré l’Aranui, le cargo venant des Marquises, qui vient une fois toutes les 3 semaines et rapporte des fruits ; le terrain est beaucoup plus propice là-bas puisqu’il y a de la vraie terre. Ludwig achète des feis (des bananes oranges avec un léger goût d’artichaut, que l’on fait cuire pour les manger), des agrumes, des mangues, des avocats gros et longs. Tout le monde se rend là-bas ; c’est comme un petit marché avec un seul stand, à même le canot. On va ensuite sur la plage publique où se tiennent plusieurs stands d’artisanat local, à destination des passagers de l’Aranui qui débarquent. Au passage, j’aperçois de la voiture un dauphin sauter dans la passe de Tibuta et Ludwig va contrôler quelques-unes de ses ruches, ce qui me donne l’occasion de les voir. Il y en a une en forme de bateau. On passe aussi au club de plongée à côté de l’hôtel pour voir Sophie ; on récupère un peu plus tard son fils, Jules, pour la journée et le soir on va manger chez elle et son mari Yann.

La journée passe tranquillement ; on travaille encore un peu en milieu d’après-midi puis je file à vélo découvrir le village que je n’ai pas encore vraiment vu et la passe d’Avatoru. Je traverse alors toute l’île (environ 10km) pour rejoindre Ludwig chez Sophie et me rends bien compte de la distance et des paysages (plus qu’en voiture). La soirée est sympathique. C’est un peu radio cocotiers : j’y apprends des potins sur plusieurs personnes de l’île, ce qui me donne une vision un peu plus précise de la vie ici.

Bilan :

Cette fois encore, l’expérience était positive, le cadre agréable et le rythme tranquille. Les tâches n’étaient pas difficiles, ni très variées, mais le travail instructif : j’ai appris de petites astuces qui pourront peut-être me servir un jour. Ca me renforce d’ailleurs dans l’idée que j’aime travailler en extérieur.

Je me dis néanmoins qu’il est nécessaire de faire un point précis avec l’hôte en début de séjour, pour mes prochaines expériences, sur ce qu’il attend, notamment en termes de planning, pour pouvoir organiser mon temps libre.

Le temps passé en tête à tête avec Ludwig était agréable. On ne parlait pas forcément beaucoup mais au final on était assez complices.

Je ne sais pas si c’est parce que j’en suis à la moitié de mon voyage ou parce que je me suis posé, mais j’ai commencé cette semaine à penser à mon retour et à ce que je pourrais faire.

C’est aussi presque la fin de mon séjour en Polynésie, que j’ai beaucoup apprécié. Si je reviens un jour, il me faudra explorer les îles de Maupiti (Société), Makatea (Tuamotus) et Raivavae (Australes), que l’on m’a conseillées, et pourquoi pas en tenter d’autres petites en bateau. Le mieux, pour une découverte authentique de ces endroits isolés, est de venir avec sa tente en demandant l’hospitalité aux habitants, dans leur jardin. La plupart du temps, ils vous invitent chez eux. J’ai aussi découvert qu’il peut être facile de s’installer ici si l’idée m’en prend un jour.

 

J172 – Dim 22/04 : La dernière île

Mon vol pour Rangiroa étant à 15h30, j’ai encore toute la matinée pour profiter de Tikehau. Je pars explorer la partie sud est de l’île principale dans l’espoir d’y trouver le spot de snorkeling dont on m’a parlé mais ma recherche est vaine. Je ne veux pas tenter de franchir la barrière de corail pour aller nager dans l’océan car de grosses vagues s’écrasent sur le récif de corail et je juge cela dangereux. J’apprécie néanmoins l’aspect sauvage de cette côte océanique. Je traverse le bout de piste de l’aéroport pour y arriver ; c’est ouvert et avec deux avions par jour, on ne risque pas grand chose.

Roberto et Geoffroy prennent aussi l’avion avec moi. Seulement ¼ d’heure de vol. L’arrivée à Rangiroa offre une belle vue sur le Lagon bleu (un lagon dans le lagon).

Ludwig vient nous chercher avec son fils Lucas (5 ans). Il y a à la maison deux autres coughsurfers, Mélanie et Nicolas, auquels s’ajoute Geoffroy. La maison est bien remplie. La cuisine sera faite à tour de rôle mais ce soir Ludwig nous a préparé du tartare de poisson et une très bonne salade de fruits. Il nous emmène ensuite dans un hôtel voir un spectacle de danse tahitienne. On y boit un coup.

Il me faudra prendre mes repères géographiques sur cette nouvelle île ; j’ai toujours un peu de mal avec l’est et l’ouest. Elle est très grande avec un lagon central rectangulaire de 80 sur 20 km. Ce sera la dernière étape de mon périple polynésien.

 

J171 – Sam 21/04 : Kayak paradisiaque

J’ai décidé d’explorer aujourd’hui les motus en kayak, en direction de l’est. Au total je parcours un peu plus de 15 km dans le lagon avec de la houle. Je longe la côte en y allant et reviens en ligne droite (armé de mon Gps) pour le retour. C’est sportif mais magnifique.

Tikehau est constitué d’une succession de minuscules motus séparés de chenaux reliant l’océan au lagon. On y trouve donc de minuscules îlots paradisiaques, surplombés de cocotiers, et de longues étendues plus désertiques de sable et de rocs noirs. Le sable est légèrement rose par endroit ; c’est l’une des caractéristiques de l’île, due à des dépôts de corail. Il y a quelques habitations, la plupart des résidents ayant une seconde maison sur un motu. J’aperçois également un hôtel bien isolé sur pilotis ; c’est le seul de l’île.

Au final je ne croise pas grand monde et profite des paysages. Je fais plusieurs pauses sur des plages et me baigne dans un chenal. Je prends des dizaines de photos, fasciné par la beauté du paysage qui m’entoure, mais j’ai du mal à les cadrer avec le tangage du kayak.

Au retour, le ciel est menaçant mais l’averse tropicale qui suivra attendra mon arrivée pour se déverser.

L’après-midi passe très vite ; je me délasse sur la plage de la pension (où les requins sont encore présents mais je n’arrive pas à les prendre en photo) et discute avec les différents occupants. Le propriétaire est très agréable ; il nous raconte, à Emma et moi, son histoire. Il s’appelle Laroche ; son grand père était un marin français de passage et il s’est vu attribué son patronyme comme prénom pour conserver une trace du passé. Issu d’une famille modeste de 9 enfants, il est né à Rangiroa, a grandit à Mataiva (une petite île proche) et a été envoyé en orphelinat dès l’âge de 6 ans à Tahiti pour y bénéficier d’une bonne éducation. Il est ensuite devenu instituteur et vient d’avoir sa retraite il y a 6 mois. Il nous explique aussi la différence entre les Mo Hu (personnes un peu efféminées mais qui ont une vie de famille et sont plutôt bien acceptés) et les Réré (des travestis, qui eux sont souvent rejetés par la population). Son discours à l’égard de la 2ème catégorie est d’ailleurs assez extrême.

Il y a deux nouveaux arrivants français : Geoffroy, que j’avais croisé à Huahiné et qui sera accueilli comme coughsurfer dans la maison où je vais demain comme bénévole, et Caroline. Le soir j’ai également une longue discussion avec Roberto sur la thématique du voyage. Il me conseille vivement le désert du Danakil, en Ethiopie, pour ses paysages volcaniques.

J’ai la bonne surprise d’être invité à dîner par Justine. Le repas est excellent ; nous nous délectons de différents poissons, de poulet et de gâteau à la noix de coco.

 

J170 – Ven 20/04 : Baptême de plongée

On vient me chercher tôt ce matin pour la sortie plongée. Mon voisin de bungalow, Roberto, un italien, est aussi de la partie mais lui a de l’expérience. Pour moi ce sera un baptême ; sans formation, c’est la seule solution, même si j’en ai déjà fait un en Bretagne il y a quelques années. C’est une bonne occasion puisque l’on part avec d’autres plongeurs (3 confirmés, 1 en formation et 1 autre novice), accompagnés de 2 moniteurs (Claude et Denis) et le pilote du bateau, et que l’on profite d’un magnifique site où l’on peut aussi « snorkeler ». Le baptème dure une grosse demi-heure mais je passe au final près de 4h dans l’eau car il y fait plus chaud (le temps est plutôt pluvieux ce matin) et il y a tellement à voir que ce serait dommage de s’en priver. La société Tikehau Plongée est gérée par un couple français venu s’installer là il y a 10 ans. L’accueil y est agréable.

On plonge aujourd’hui côté océan, au large Tuheiava, la seule passe du lagon, à 25 minutes de bateau. On fait un premier arrêt à la « station de lavage » des raies Manta (un endroit où de petits poissons viennent grignoter les parasites qu’elles transportent) et l’on peut en admirer une bien grosse. La houle limite la visibilité dans le lagon (elle est meilleure côté océan) et on doit respecter un certain nombre de consignes pour ne pas les déranger, mais je la vois très bien et ne peux m’empêcher de fuir lorsque qu’elle avance de face dans ma direction, avec sa grande bouche blanche.

Au large, les fonds marin sont très beaux, avec une véritable forêt de coraux variés recouvrant la totalité du sol et des failles où le niveau descend plus profondément. Certains ont plongés à 30 m aujourd’hui ; moi je suis resté à 6 m.

Claude, le gérant, nous explique le fonctionnement du matériel et les fondamentaux à connaître pour le baptême mais je plonge avec Denis, qui lui n’est pas très souriant et ne me donne aucune consigne. Du coup sous l’eau, je ne sais pas trop ce que je dois faire (palmer ou me laisser guider, m’allonger ou rester debout…), d’autant que Denis reste derrière moi (gonflant et dégonflant mon gilet selon les besoins) et que je ne le vois pas. Je n’ai aucun souci avec la décompression et le matériel ; j’ai juste un petit moment de doute durant lequel je me sens respirer plus fort et pense à remonter, mais ça passe très vite. Il y a beaucoup de poissons variés, même si j’en vois peu de gros. Les plus significatifs : des Baracudas, une Murène, un poisson Napoléon. Pour les autres, je ne connais pas les noms. J’en vois finalement presque plus en snorkeling, et notamment une tortue, mais je suis plutôt satisfait de l’expérience de plongée. Il me faudra me former si je veux persévérer.

On va manger ensemble avec les autres plongeurs au snack dont la cuisine est très bonne. Je prends du poisson cru au lait de coco.

Je passe ensuite une après midi plutôt tranquille : je fais ma lessive à l’ancienne dans une bassine, profite de la plage pour lire et admirer la vue (j’y vois deux requins pointe noire qui restent un long moment juste au bord de l’eau) et file à vélo, d’abord vers la pointe est du motu puis côté Ouest pour voir le beau coucher de soleil, en m’arrêtant au préalable à la boulangerie, dans une maison, qui n’ouvre qu’à 16h, avec du bon pain frais pour le dîner. Après manger, je m’installe à nouveau sur un transat sur la plage, où je me relaxe, bercé par le son des vagues.

 

J169 – Jeu 19/04 : Le bout du monde

La nuit n’a pas été très bonne, mon ventre n’ayant visiblement pas trop apprécié le corned beef. Ce n’est pas grave, je récupérerai plus tard. Je dis au-revoir à mes charmants hôtes, qui m’offrent un collier de coquillages, puis je vais prendre l’avion direction les Tuamotus. Le vol est un peu plus long cette fois (1h05) et en dehors de Tahaa et Raiatea, je ne vois l’ombre d’une île à l’horizon. L’avion est plutôt vide et l’aéroport encore plus petit que ceux que j’ai déjà fréquentés (je ne pensais pas cela possible).

Tikehau est un atoll (une Île en forme d’anneau), avec un lagon central très grand (28 km de diamètre) et profond, entourés de motus successifs, d’une longueur totale de 80km sur une largeur maximale de 1 km. Avec 530 habitant, l’essentiel de la vie est concentrée sur le motu Tuherahera. L’activité touristique y est récente et l’île est reconnue pour la pêche et la de plongée.

On se sent vraiment au bout du monde ; je me fais cette réflexion alors que j’explore le village à vélo. Les chemins sont inondés ; il y a eu de fortes pluies dans la nuit. Lors de cyclones on doit vraiment s’y sentir vulnérable. Où que l’on soit, on a toujours une vue sur la mer, il n’y a pas de relief mais une houle assez forte et des côtes très découpées, alternant plages (dont certaines de sable rose) et roches coralliennes.

Je n’ai eu réussi à trouver en amont un hébergement, d’une part parce qu’ils sont tous très chers (rien sur les sites à moins de 120€ la nuit, j’ai un peu de mal à comprendre pourquoi quand je vois leur mode de vie très simpe) et d’autre part parce qu’ils répondent très difficilement aux messages qu’on leur laisse. Il y a bien internet mais il ne fait pas partie des usages courants. J’arrive avec néanmoins quelques adresses repérées. Par chance, je vois à l’aéroport un panneau de la pension Chez Justine, celle que je voulais visiter en premier ; ils sont venus récupérer un autre pensionnaire. Il leur reste de la place ; ils m’emmènent. Justine a un premier contact assez rude mais elle s’avérera ensuite plus avenante. Elle est accompagnée d’une bénévole, Emma, arrivée hier, pour justement les aider avec internet. Le domaine est assez grand, au bord d’une très belle plage et je bénéficie d’un petit bungalow pour 45€ la nuit, incluant le petit déjeuner ainsi que des vélos, des kayaks, des chaises longues sur la plage et une cuisine à disposition. Je ne dormirai donc pas dehors et m’en sors finalement plutôt bien.

Le village n’est pas très grand et les commodités assez retreintes mais suffisantes : une école, trois églises de confession différentes, une petite épiserie, un boulanger, deux snacks, une poste et 3 centres de plongée. J’en profite justement pour prendre quelques renseignements et m’inscris pour un baptême pour demain.

Accablé par la chaleur, ma virée à vélo et ma courte nuit, je fais une petite sieste puis profite de la plage pour me baigner au milieu des cocotiers au coucher du soleil. Ils y a des cocotiers partout ici ; c’est en fait leur principale source de revenu (il vendent les noix pour en faire du monoï) et cette activité est subventionnée par l’état, pour éviter la désertification des îles.

Au repas (dans la petite cuisine), je rencontre un couple français qui fait aussi le tour du monde et a pratiquement le même itinéraire que moi (à 2 ou 3 pays près, c’est assez étonnant). On part ensemble pour admirer les raies mantas ; il y a un ponton au village connu pour cela et elles y viennent généralement en fin de journée, attirées par le plancton, qui est lui même attiré par les réverbères. On n’en voit pas ce soir (il y a peut-être trop de vent) mais on croise plusieurs pêcheurs et apercevons quelques requins. Un nouveau petit tour sur la plage pour clore la journée (à 10 m de mon bungalow, ce serait dommage de ne pas en profiter), d’où je peux admirer un beau ciel étoilé et voir la grande ours à l’envers.

 

J168 – Mer 18/04 : Kayak et farniente

J’ai décidé aujourd’hui d’aller explorer le Jardin de corail en kayak (Teava en a un à louer, comme il le fait aussi pour les vélos). Le jardin n’est pas très loin ; il se situe derrière un motu abritant un bel hôtel, qui me semble plus traditionnel que bien d’autres. Il y a un peu de profondeur avec comme de petites collines de corail au fond de l’eau et une très grande variété de poissons. Je me retrouve par moments au milieu d’une nuée de poissons de toutes les couleurs, me demandant comment ils arrivent à m’éviter tellement ils sont nombreux et proches de moi ; je sens seulement à deux reprises une petite chatouille sous les pieds de quelques plus téméraires. Certains plongeurs les attirent en nageant avec du pain dans la main entrainant dans leur sillage une horde de poursuivants. Je passe une petite heure à les admirer, ayant amarré mon kayak à une bouée. Mais le lieu est de plus en plus fréquenté.

Je file donc en direction d’un petit motu privé, le Motu Piti ‘U’u Tai, tout proche, où Teava m’a dit que je pouvais me rendre. J’y croise les deux habitants. La côte nord est jonchée de quelques détritus mais j’en fais le tour par le sud, plus sauvage, les pieds dans l’eau en tirant mon kayak, puis trouve une petite plage isolée, où je me baigne. Un peu plus haut est aménagé un espace de pique nique pour accueillir les tours pour le déjeuner.

J’admire une nouvelle fois, sur le chemin du retour, les très belles couleurs de la mer et peux entendre ici ou là dans le lointain un petit air de ukulele ; c’est souvent le cas ici en Polynésie, chacun sortant son instrument à toute occasion, et c’est très agréable.

L’après-midi, je reste à la pension ; je me repose et bouquine, comme en vacances. Au risque d’en faire hurler certains, j’ai vraiment l’impression en Polynésie d’une pause vacances au milieu de mon long voyage et je m’y sens extrêmement détendu. On n’est plus que trois résidents au lodge. Martin et Marc (un suisse qui a fait 6 semaines de woofing dans une ferme sur l’île de Raiatea) sont partis à leur tour en kayak mais ils ont visiblement eu une moins bonne visibilité que moi, le temps étant plus couvert. A leur retour, on se fait une séance ouverture de noix de coco (en suivant les conseils de Teava) puis je vais prendre quelques clichés du coucher de soleil en bord de mer, avec toujours de très belles couleurs.

Le soir j’ai réservé un repas à la pension (ils offrent aussi cette possibilité à un tarif intéressant). Teava et Vaihere sont de sortie mais ils m’ont préparé un repas très populaire ici : du Punu pua’atoro (corned beef), accompagné de Uru (fruit de l’arbre à pain) et d’une salade composée. C’est très copieux.

 

J167 – Mar 17/04 : Journée sportive à Bora Bora

C’est une journée sportive pour moi aujourd’hui, malgré la chaleur écrasante.

Je commence par faire le tour de l’île à vélo. Il y a 32 km mais c’est plat (il y a seulement une côte) et je prends mon temps. Il y a peu de villages et l’île est plutôt calme.

Je me fais la réflexion qu’il y a deux mondes à Bora Bora : celui du tourisme de luxe, principalement situé sur les motus, là où le lagon est le plus beau, et la vie locale, tranquille, centrée sur l’île principale, où je me trouve, qui finalement reste assez authentique, ce qui me plaît. Je ne saurai l’expliquer, mais j’y constate curieusement un petit côté sale, pas très flagrant et qui, à l’instar de l’Asie, renforce cette idée de côtoyer la vie réelle.

Les élections se rapprochent et je croise sur la route de nombreux drapeaux, plusieurs militants en campagne et un meeting le soir. Les cocotiers sont présents par centaines et je m’essaye sans y parvenir à l’ouverture d’une noix de coco (on en trouve beaucoup par terre le long de l’eau), à l’aide de rochers (il y en a aussi, la côte n’est pas une longue plage, contrairement aux images que l’on a tous en tête à l’évocation de Bora Bora). Profitant des magnifiques dégradés de la mer (vraiment impressionnants), je m’attache à réaliser le cliché idéal de carte postal. Je me rends malheureusement compte le soir, en les visualisant, que mes photos ne sont pas vraiment à la hauteur de ce que j’ai pu voir.

Je fais une pause fonctionnelle à Vaitape (repas, retrait bancaire, renseignement sur les possibilités d’excursions en bateau, finalement assez limitées pour le commun des mortels), un arrêt café à la terrasse d’un snack en bord de mer, où je vois passer une belle raie tout près du rivage, une courte baignade pour me rafraichir puis je rentre à la pension. Je profite du calme de l’après midi (il n’y a pas un bruit en dehors de celui des vagues et d’une voiture toutes les dix minutes), en attendant les autres résidents, qui ont fait aujourd’hui le tour de l’île en bateau, dans une formule similaire à celle que j’ai connue à Huahiné.

A leur retour, on part à quatre (un couple néerlandais en voyage de noce, Martin et moi), pour l’ascension de la grotte d’Anau. L’idée est d’y arriver pour le coucher du soleil, même si nous sommes côté Est. Teava nous amène au départ et viendra nous y rechercher. Il nous laisse une balise Gps pour pouvoir suivre notre avancée ; une véritable attention paternelle, comme à son habitude. Le trek est assez ardu, pas toujours simple à trouver et plutôt raide, avec des cordes à la fin pour faciliter l’accès à la grotte, qui est gigantesque. Nous parcourons néanmoins les 500 mètres de dénivelé en une heure (apparemment un record). Avec la moiteur ambiante j’arrive trempé au sommet. On redescend à la lampe frontale, avec Travis (l’hollandais) comme pisteur ; il est plutôt doué.

S’en suit une soirée tranquille à la pension. Je discute politique avec Teava. En cette période d’élection, cela fait plusieurs fois que j’ai des témoignages vantant la chance, pour la Polynésie, d’être rattachée à la France (tout en restant indépendante), ce qui me permet de relativiser le discours de Téa.

 

J166 – Lun 16/04 : Un paysage de carte postale

Tout est ouvert aujourd’hui à Fare ; je ne l’ai finalement connue que le week-end. Je me prépare tranquillement et j’ai encore de bonnes discussions avec Patrick et Sylvaine ; j’en retire quelques conseils sur l’Amérique du sud.

Prendre l’avion est souvent un peu stressant. Ce n’est pas le cas ici ; les aéroports sont très zen (peut-être aussi parce qu’il s’agit de vols intérieurs). Le vol de Huahiné à Bora Bora est encore très court. J’ai choisi le bon côté de l’avion cette fois mais le ciel est un peu voilé. Je survole Raiatea puis découvre Bora Bora : un véritable paysage de carte postale, avec un lagon d’un bleu turquoise époustouflant et les innombrables bungalows sur pilotis des hôtels de luxe. L’aéroport est situé sur un motu ; on prend une navette (un catamaran à moteur) pour nous rendre à Vaitape, dans l’île principale. Là, Teava, le propriétaire de la pension, m’attend avec sa Twingo

Bora Bora m’a souvent été décrit comme une île dénaturée par le tourisme. J’y suis venu pour les paysages, qui eux restent formidables, et ne m’attends pas à y vivre une expérience extraordinaire. Je ne pourrai donc qu’être agréablement surpris.

Je loge sous tente à la pension Teavahere Lodge, chez des locaux. Teava et sa femme, Vaihere, sont vraiment très sympathiques, avenants et toujours aux petits soins avec nous. Vaihere est très douce et attentionnée. Teava a la joie de vivre (riant en permanence) et me donne de nombreux conseils et informations dès le départ. J’apprends notamment qu’il est facile de prendre le cargo d’ici pour se rendre dans les autres îles (beaucoup plus qu’à Tahiti), pour un coût tout à fait raisonnable (8€ la traversée). Il essaye de le faire savoir. Il vente aussi les mérites de l’île de Tahaa, dont il est originaire, tout proche d’ici. La pension est située à Matira, au sud de l’île, face au Jardin de corail. Beaucoup de curiosités sont concentrées dans cette zone, ainsi que la seule vraie plage de l’île, les autres étant disséminées sur les motus. Vaihere a un travail en lien avec l’environnement et ses préoccupations écologiques sont visibles chez eux : utilisation de l’eau de pluie, recyclage des déchets… L’ambiance y est très familiale et les autres résidents sont agréables. J’y retrouve Martin ; il est monté aujourd’hui à l’un des sommets de l‘île et en semble ravi.

C’est une journée de repérage pour moi aujourd’hui et je prends mon temps. Je vais à la plage. L’eau est très claire avec de beaux reflets bleus, mais je suis surpris d’y voir des algues flotter et beaucoup de résidus de coraux au sol : attention aux pieds ! Je reviens ensuite à la pension, discute avec les autres et retrouve la joie des servitudes administratives en faisant ma déclaration d’impôt ; eh oui, même au bout du monde on ne peut s’y dérober. Il pleut le soir mais cela rafraichit l’atmosphère.

 

J165 – Dim 15/04 : Baignade avec les requins et autres curiosités insulaires

Comme mes voisins de chambrée, je me lève très tôt ce matin (à 6h) pour aller découvrir le marché. Le dimanche est le jour des repas en famille en Polynésie et les habitants s’y rendent entre 4 et 7h pour s’y approvisionner. Celui-ci est tout petit mais on y découvre la vie locale.

Une pause à la pension pour le petit déjeuner puis c’est parti pour le Motu Picnic Tour, auquel je me suis inscrit. A bord d’une pirogue traditionnelle (avec un seul flotteur, comme toutes les embarcations ici), mais avec un moteur, on fait le tour des deux îles, avec plusieurs escales. Je suis avec un groupe d’argentins ; on n’est que 5, ce qui est mieux (parfois il y a jusqu’à 40 personnes, sur plusieurs bateaux). Armando, notre guide-navigateur est un local plutôt bon vivant, humble et agréable. Armé d’une couronne de fleur sur la tête et d’une conque à la main, il nous donne des informations sur ce que nous voyons et la vie dans l’île, au fil de notre parcours.

Le premier arrêt, dans un aquarium naturel, est le plus mémorable. Je ne m’y attendais pas. On plonge dans l’eau avec masque et tuba pour admirer les requins ; un guide spécialisé nous attend sur place. Il est là pour les nourrir. Ce sont des requins à pointe noire. Ils sont une bonne vingtaine, plutôt gracieux. Avec le masque, il est difficile de se rendre compte de leur taille réelle mais selon le guide les plus grands atteignent 1,5 m. Ils nagent autour de nous, parfois à moins de 20 cm. L’expérience est impressionnante mais je n’ai aucune appréhension ; on ne nous emmènerait pas ici s’il y avait le moindre danger. Il y a également d’autres poissons. Des centaines de poissons papillons, jaunes et noirs, qui nous frôlent, un énorme poisson tout rond, dont je ne connais pas le nom, et plusieurs autres espèces. On reste là une bonne demi-heure, sans trop bouger à les admirer. Je n’ai malheureusement pas d’appareil photo étanche mais je garderai longtemps les images en tête.

On part ensuite pour une heure de bateau en contournant l’île du nord par le sud. L’île est sauvage, très verte avec des montagnes en son centre culminant à 670 m (sur le Mont Turi), peu d’habitations (6450 habitants au total sur Huahiné) et plusieurs motus (petits îlots attenants), dont la plupart sont privés. Il y a seulement 3 hôtels ici et peu d’infrastructures.

On arrive alors à la ferme perlière de l’île où l’on nous explique le procédé. On peut bien sûr en acheter mais on ne nous incite en rien à le faire et l’ambiance est très détendue dans cette petite cabane sur pilotis au milieu de la mer.

Il est temps de déjeuner. On rejoint en bateau, en direction du sud, un motu, où un espace privé a été aménagé pour y pique-niquer. Il y a même un comptoir avec un toit en chaume. Armando nous explique comment ouvrir une noix de coco et préparer le poisson cru ce qu’il fait dans la foulée. On a également du poulet, du riz, des salades, des fruits et des boissons à volonté. On mange littéralement les pieds dans l’eau (des tables avec bancs ont été posées à même l’eau) et nous baignons encore un peu. Des habitants jouent à la pétanque non loin de nous.

Au moment de repartir, il se met à pleuvoir mais ce n’est pas dérangeant et ça ne dure pas. On contourne l’île du sud d’est en ouest. La couleur de l’eau est magnifique. On voit facilement les différences de profondeur et parfois l’eau est plus profonde sur le bord qu’au milieu du lagon. Au niveau de l’une des passes (il y en a 5 sur l’ensemble des l’île), on croise des surfeurs en pleine activité.

On s’arrête un peu plus haut pour une nouvelle séance de snorkelling. Un gros bateau de croisière, le National Geographic, est amarré un peu plus loin et plusieurs canots sont venus explorés l’endroit où l’on se trouve.

Je vois encore de magnifiques poissons, de toutes les formes et de toutes les couleurs ; ils ne sont pas très gros. Il y en partout. Je m’amuse à tendre mon doigt et certains viennent le goûter. J’admire aussi le corail ; c’est la première fois que j’en vois de cette espèce, blancs avec des branches et des picots, tels qu’on se les imagine habituellement. Je suis de plus en plus à l’aise avec le masque et le tuba.

Le bateau me redépose en face de l’auberge vers 16h. La journée a été très agréable, me permettant d’avoir une vision globale de l’île (même si en faire le tour par la route circulaire serait un bon complément) et les séances de snorkelling extraordinaires.

Je reste la soirée sur la terrasse de l’auberge, face à la mer, d’où l’on voit passer les locaux. L’ambiance est assez familiale, à l’image de ce que je ressens sur cette île. Les profils des résidents de Chez Guynette sont un peu différents de ceux que je rencontre habituellement : des tourdumondistes retraités, Sylvaine et Partick (lui en est à son 4ème périple), une famille d’expatriés à Tahiti, qui vient passer ses vacances à Huahiné, une hollandaise, Marjolaine, qui prend son temps et apprend à jouer du ukulele pour notre plus grand plaisir.

 

J164 – Sam 14/04 : Le calme polynésien

Mon programme est peu chargé aujourd’hui puisque je prends l’avion pour me rendre à Huahiné au milieu de journée. Je reste à l’auberge jusqu’à midi puis pars avec Philippe, qui prend le même avion. On a de la marge mais par chance la première voiture s’arrête (conduite par une britano-grecque qui travaille ici depuis le mois de janvier) et nous emmène directement à l’aéroport ; on a finalement 3h d’avance.

On attend tranquillement assis dans l’herbe ; c’est l’avantage d’un si petit aéroport, on peut rentrer et sortir comme on veut. Il y a des parachutistes mais on ne les voit pas en l’air, ils terminent leur séance ; le panorama doit être superbe pour eux et ça me démange un peu…

Dans l’avion (une petite demi-heure de vol) on prend des places près des hublots mais on a choisi le mauvais côté, l’arrivée sur Huahiné offrant une très belle sur l’île. Une navette vient me chercher pour m’emmener à l’auberge Chez Guynette (en fait plus une pension), dans la petite ville de Faré (la plus importante de l’île), à 3 km seulement. Elle est tenue par une française mais c’est une amie à elle anglaise qui vient me chercher. L’accueil et le cadre y est plutôt sympathique. Pas de wifi néanmoins mais je pourrai facilement m’en passer.

Huahiné est en fait constituée de deux îles, reliées par un pont. Celle du nord, où je me trouve fait à peu près la taille de Mooréa mais est encore moins peuplée. A l’horizon, côté ouest, on peut voir l’île de Raiatea, beaucoup plus grosse.

Restant malheureusement qu’un jour et demi sur cette île (c’est peu mais je n’avais pas vraiment le choix), je dois décider rapidement ce que je fais demain, d’autant que l’on sera dimanche, avec beaucoup de lieux fermés l’après-midi. Je prospecte pour louer un scooter ; il n’y en a plus de disponible. Je me décide alors pour un tour de l’île en pirogue, dont on m’a dit le plus grand bien, qui me permettra d’y voir les principales curiosités et de pique-niquer sur un motu.

Le soir je discute avec mes voisins de dortoir et notamment une hollandaise, avec laquelle on se partage une paëlla, et une française, venue en Polynésie dans l’espoir d’y adopter un enfant. Je fais également un tour au bar du coin pour y déguster un jus de fruit frais. L’ambiance est très calme et plutôt reposante dans le village.

 

J163 – Ven 13/04 : Le déluge

Chanceux jusqu’à présent, la météo ne nous épargne pas aujourd’hui avec de la pluie quasi incessante (ce qui n’est pas habituel ici à cette saison) et beaucoup de vent le soir (on subit apparemment les traines d’un cyclone qui s’en est pris aux iles Fidji).

On décide malgré tout avec Robert et Martin de tenter une randonnée nous menant au col des 3 cocotiers (même s’il n’en reste plus qu’un suite à un cyclone). J’ai repéré un sentier passant par les arêtes de Haapiti et qui rejoint ensuite le Belvédère, où j’étais hier. C’est pour moi l’occasion d’avoir une vue de l’autre côté de l’île.

Prêts de bonne heure, on attend néanmoins que la pluie se calme pour partir puis par chance on trouve un bus assez vite qui nous prend devant l’auberge et nous emmène jusqu’à Vaianae.

Là on débute la randonnée sur une petite route, inondée par endroit en glanant des fruit à droite et à gauche (dont de très belles caramboles) ; je les repère maintenant facilement et initie mes partenaires à ces différentes saveurs. Plus on s’enfonce à l’intérieur de l’île, plus la pluie est intense et plus le chemin devient étroit et difficile. Il y a une bifurcation à un moment qui nous propose deux alternatives : le chemin par les crêtes en 3-4h et un autre plus direct de 45 min. On choisit celui-ci mais face à un ruisseau on perd sa trace. On fait une pause dans une cabane près de la maison de la nature puis on reprend un chemin qui semble aller dans la bonne direction (en suivant la trace gps sur mon téléphone). On se retrouve bientôt à moitié perdu en pleine forêt. On décide alors de faire demi tour car la situation devient délicate : difficile si on continue de trouver le chemin inverse, pas trop de repères visuels avec cette météo, encore beaucoup de marche une fois passé le col, si on le trouve, et nous sommes trempés et commençons à avoir froid.

Au retour on s’arrête à nouveau à la maison de la nature où l’on trouve des noix de coco que Martin ouvre à l’aide d’une pioche et dont nous nous régalons du jus.

De retour sur la route, on décide d’attendre le bus et de le prendre en direction de l’est pour finaliser le tour de l’île qui fait au total 61 km (ce sera au moins ça de fait). Nous attendons un moment sous l’arrêt de bus nous abritant de la pluie. Un bus passe ; nous lui faisons signe mais il ne s’arrête pas (toujours aussi imprévisible les bus ici, tout le monde nous le dit et nous le vérifions). On fait donc du stop. Par chance on trouve 3 véhicules successifs qui nous ramènent à l’auberge avec une pause à l’embarcadère (où s’arrête le premier chauffeur) et une autre au supermarché (à notre demande ; le chauffeur avait fait demi tour pour nous prendre et pouvait nous emmener plus loin). Ca ne marche pas si mal puisque même à 3 et tout mouillés, on trouve assez vite des chauffeurs. Par contre, ce sont toujours des expatriés, jamais des locaux d’origine.

On se sèche, on se réchauffe un peu puis la soirée passe assez vite. Le repas est un peu moins somptueux qu’hier pour moi : une boite de saucisses-lentilles froides et de bonnes bananes. C’est aussi cela la vie de routard. Je demande à l’hôtel de passer un coup de fil pour une réservation que je ne peux faire autrement à Tikehau où j’ai beaucoup de mal à trouver un hébergement raisonnable, mais cela m’est refusé. Je vois dans l’eau avant de me coucher une murène chassant de petits poissons.

 

J162 – Jeu 12/04 : Randonnée fruitière

Il y a plusieurs randonnées possibles à Mooréa. Il est communément conseillé de les faire avec un guide mais on peut aussi les faire seul. J’ai trouvé un site internet donnant de bonnes idées de parcours. Je souhaite privilégier cette activité ici ; je découvrirai la mer sur les autres îles et notamment aux Tuamotus où il n’y a pas de relief.

Robert et Martin sont allés aux îles coco, nager avec les raies et déguster du poisson. Moi je pars vers le centre de l’île en direction du Belvédère (il n’a pas de nom et il y en a deux assez proches que je fais tous les deux), par la route, via la baie d’Opunuhu, d’où j’emprunte le circuit des 3 Pinus (un autre belvédère), avant de redescendre par le col des ananas dans la vallée de Cook ; je mixe plusieurs itinéraires et parcours au total entre 15 et 20 km (difficile d’être plus précis, j’ai oublié de prendre ma montre).

J’ai le droit à quelques averses, surtout dans la deuxième partie, et sens bien la chaleur humide en montant, mais je suis globalement plutôt épargné par rapport aux prévisions météo. La vue sur les montagnes est magnifique en pénétrant dans le centre, dès que je quitte la route circulaire. On voit plusieurs arrêtes bien aigües et une végétation dense d’essences variées. Du haut des belvédères on peut voir toute la côte nord de l’île et ses différentes baies.

J’ai loupé le sentier découverte du lycée agricole, pressé d’arriver au sommet avant la pluie, mais trouve néanmoins tout au long du chemin des espèces variées de fruits (fruits le la passion, pomme cithères, ananas, châtaignes mape, avocats…), que je n’hésite pas à picorer si je le peux. Sur la route, je retrouve Philippe qui est venu au belvédère à vélo. On fait un bout de chemin ensemble et traversons notamment un site archéologique présentant différents marae. Il y a des hordes de quads et buggies à touristes, qui circulent en groupes, sur la route du belvédère et je suis content de retrouver plus loin le calme en pénétrant dans la forêt, emplies de pandanus et de mape.

En redescendant sur le plateau du Bounty (ici ont été tournées des scènes du film Les révoltés du Bounty), le sentier, probablement peu fréquenté, devient plus étroit et est envahi par les fougères. Mais il fait ensuite place à la route des Ananas, bordée de plantations, qui redescend au village de Pao Pao, dans la vallée de Cook, où se trouve le supermarché. Je me dis que cette vallée, un peu en retrait de la route semble très agréable à vivre, avec de grands espaces, un peu de relief, une belle vue sur la mer et une atmosphère apaisante.

Je fais quelques courses, revient en stop à l’auberge où je profite du soleil également de retour, pour lire face à la mer puis faire un tour en kayak. Le soir, je retourne au Hilton pour déguster une salade accompagnée d’un verre de vin en admirant le ciel étoilé. Un vrai petit air de vacances !

 

J161 – Mer 11/04 :  Nouvelle ambiance à Mooréa

Aujourd’hui je commence mon circuit dans les îles en me rendant à Mooréa. C’est tout près de Tahiti mais j’ai eu beaucoup de témoignages me vantant les mérites et la tranquillité de cette île. J’ai quelques scrupules à prendre l’avion pour 10 minutes de vols alors qu’il y a un ferry mais ce trajet fait partie de mon pass.

Je prends beaucoup de marge, souhaitant me rendre en bus à l’aéroport. Or celui-ci fonctionne très mal à Tahiti, sans horaire précis. J’ai la chance d’en avoir un très vite et me retrouve à l’aéroport avec 2 heures d’avance alors que l’embarquement prend 10 minutes ; les places ne sont même pas attribuée. J’en profite pour avancer sur le tri de mes photos ; le cadre se prête plus bien à cette tâche, je le fais souvent.

En survolant l’île j’ai une belle vue sur l’île, ses montagnes et son lagon tout autour. L’aéroport d’arrivée est minuscule avec un toit en chaume. On marche 20m de l’avion au hall et nos bagages sont déposés ici sur un présentoir. Il ne semble même pas y avoir de dispositif de contrôle dans le sens des départ (la porte d’à côté).

J’ai décidé de faire du stop et de prendre un bus si j’en trouve un (peu d’infos là aussi) pour parcourir les 14 km me séparant de l’auberge, par la route circulaire

Finalement je ferai les 2 : 2 voitures puis un bus. Ca va assez vite et il fait bien chaud. Je constate effectivement que l’île est beaucoup moins peuplée et la vie ici semble plutôt zen.

Je découvre l’auberge Motu Iti que j’ai réservée. Elle est bien située, au bord du lagon, avec des kayaks à disposition mais très limite au niveau du confort (sans cuisine, l’eau n’est pas potable) et on s’aperçoit au fil de la journée que le patron est pingre et vraiment pas sympathique ; il refuse notamment de nous prêter un couteau pour manger sous prétexte qu’il a restaurant.

Si je dis nous, c’est parce que j’ai rencontré 2 personnes en arrivant avec lesquelles je passe la journée à discuter en contemplant la mer : Robert, un allemand qui vit au Vietnam et voyage beaucoup (il est venu ici en voilier depuis le Panama) et Martin, un jeune slovaque qui vit quelques temps en Australie. On rencontre aussi un peu plus tard Harry, un anglais (d’origine greco turc) un peu plus âgé et fort sympathique lui aussi, ainsi que Philippe, un jeune français.

L’après midi on va faire un tour au supermarché à 4km (il y a peu de village ici et nous sommes quand même assez isolés). On hésite à y aller en kayak mais finalement on prend la route en faisant du stop. On est pris par une jeune française qui a monté l’autre auberge, Painapaopao Backpacker, à deux pas de la nôtre, côté montagne, Celle-ci pour le coup est toute neuve et semble vraiment très bien mais il est trop tard pour changer. Faisant aussi ses courses, on la retrouve à la sortie et elle nous ramène.

Une petite baignade au coucher du soleil. Je suis un peu déçu par le lagon, pourtant classé car il semble sale ici et je ne vois pas un poisson mais je ne suis pas allé bien loin. On part ensuite en direction du Hilton qui est tout près. On découvre ce grand complexe très luxueux avec des bungalows sur l’eau. Robert y a mangé hier pour un prix raisonnable mais aujourd’hui le restaurant est fermé car il y a un grand buffet accompagné d’un spectacle. A 75€ le repas, on ne peut pas se le permettre. Je me contente des restes de mon pique nique car il n’y a rien d’autre dans le coin et le restaurant de l’auberge ferme à 20h pétantes.

 

J160 – Mar 10/04 : Tahiti Safari Expédition

Tahiti Safari Expédition, c’est le nom du tour que j’ai réservé pour aujourd’hui. N’ayant pas trop de temps sur Tahiti, c’est un bon moyen de découvrir le centre de l’île et une bonne alternative aux côtes et à la ville de Papeete qui n’a rien d’extraordinaire. Au début, je pensais y aller en scooter mais ça aurait été difficile vu l’état de la route et je ne peux pas en louer un ici sans le permis moto.

Le but de l’expédition : se rendre au centre du cratère de Tahiti en traversant l’île du nord au sud par des pistes en 4×4.

La voiture vient me chercher à l’auberge. Je me retrouve avec trois couples assez âgés : un canadien, un américain et un australien. L’ambiance est plutôt détendue. Du coup je parle à nouveau anglais toute la journée. Comprenant ses propos, j’exonère le guide de toutes les traductions. C’est un beau parleur, un peu « moi-je », mais il nous donne quelques bonnes infos sur ce qui nous entoure.

On longe la côte nord jusqu’à Papenoo puis on bifurque sur la petite route.

Il y a de nombreuses cascades tout au long du chemin. On fait plusieurs arrêts dont une pour une baignade mais je n’en n’ai pas envie. Il y a 4 autres jeeps qui font le même parcours que nous, dont certaines d’autres compagnies.

On s’arrête pour déjeuner au relais de la Maroto qui domine le cœur de l’île. Moi j’ai emmené mon sandwich mais on me fait payer un droit de pique-nique. Il y a même un petit village en contrebas ; le guide m’explique que l’arbre à pain vient de là. On repart alors direction le sud et après le tunnel de Basalte, le point culminant de notre périple, la route se transforme en véritable piste, plus accidentée. On s’arrête au bord du lac Vahihiria, qui lui reste naturel ; on en a vu d’autres sur le chemin mais eux étaient artificiels, exploités pour produire de l’électricité. On rejoint la route à Mataiea puis rentrons à Papeete en longeant la côté par l’ouest. Elle est plutôt belle, sauvage et fréquentée par des surfeurs.

On a quelques averses en cours de journée mais elles ne nous empêchent pas d’avoir de beaux points de vue et d’admirer les sommets. Tout est très vert et contrairement aux côtes il n’y a pas trop de fleurs. Quelques arbres fruitiers néanmoins avec des orangers en altitude(c’est étonnant) et des goyaviers japonais, dont je n’ai pu résister à goûter les fruits, rouge, petits et bien sucrés.

Le soir, il y a un peu moins de monde à l’auberge. Je me rends à nouveau au village de roulottes où je déguste du poisson cru, un plat assez populaire ici et plutôt bon, mais celui-ci est un peu trop sucré à mon goût.

 

J159 – Lun 9/04 : Perspectives réjouissantes

Levé à 7h, comme d’habitude, je fais le ménage complet de ma petite maison, c’est la moindre des choses. Je laisse quelques bagages ici ; ça me permettra de voyager plus léger les semaines à venir et j’ai bien fait car je m’aperçois un peu plus tard que je suis limité à 10 kg en soute sur les vols. Je dis au revoir à Téa (le reste de la propriété est plutôt désert aujourd’hui) puis je prends la route de Papeete. J’essaye le stop 10 minutes puis un bus arrive ; je saute dedans. Un premier était passé avant mais ne s’est pas arrêté à mon signal.

Je me rends directement à l’auberge où je laisse mon sac (il est un peu tôt pour m’installer) puis pars à la découverte de la ville. Je commence par le port, avec un faible espoir de trouver un bateau faisant le tour des îles. Concernant les cargos, la réponse est toujours la même : « c’est compliqué » et visiblement déjà complet. Même choses pour les goélettes ; avec une douzaine de places réservées aux passagers, il faut s’y prendre plusieurs mois à l’avance. Du coup je ne me rends même pas à leurs bureaux, beaucoup plus loin sur le port. Un petit tour du côté des voiliers ; il n’y a que peu de bateaux ici (la plupart sont à la marina à Punaauia) et aucun bureau où je pourrais trouver de petites annonces. Je pense que c’est possible de trouver un bateau mais avec beaucoup de temps, ce que je n’ai pas.

Du coup je me rends, comme je l’envisageai, au bureau d’Air Tahiti pour prendre un pass inter-îles. Il y a beaucoup de monde ; je prends un numéro. Je tombe sur une hôtesse patiente et très agréable. Plusieurs vols que j’avais repérés sont complets ; on est encore en période de vacances. Je dois définitivement faire une croix sur Maupiti. Elle fait elle-même une simulation tenant compte de mes souhaits et me fais une proposition que j’accepte. Je visiterai donc Moorea, Huahine, Bora Bora, Tikehau et Rangiroa.

Après un repas vite avalé au marché (il y a plusieurs plats appétissants) et un peu d’eau de coco, je me rends, sous le soleil, au conservatoires des arts. J’ai repéré sur internet qu’il y a là-bas une armoire destinée à l’échange de livres. J’y trouve un roman sur les Marquises, que je troque contre mon livre sur le Laos. C’est une bonne façon de découvrir d’autres aspects des cultures des pays traversés. Je fais quelques courses puis rentre tranquillement à l’auberge. Sur le chemin, une tahitienne m’accoste ; ne parlant pas très bien français et faisant l’objet d’un procès avec sa cousine, elle a besoin d’aide et d’être rassurée. Je lui donne donc un petit coup de main.

L’auberge est assez neuve et plutôt bien faite. Il y a du monde et on discute facilement ensemble. Je me remets à parler anglais et continue par réflexe quand je croise des locaux (difficile de « switcher » tout le temps). Il y a un village de roulottes sur le port (nom local donné au food trucks ou aux cabanons, qui sont assez répandus ici) où l’on trouve à manger pour un prix raisonnable ; je m’y rends avec plusieurs personnes de l’auberges, qui curieusement prennent tous l’avion pour l’île de Pâques dans la nuit ; c’est finalement une destination assez prisée, y compris des tahitiens à ce que j’ai compris.

Je rencontre également un peu plus tard dans une brasserie un groupe d’expatriés travaillant ici ; ils m’invitent à partager leur table. Je glane encore quelques infos et on me rassure sur le côté sympathique de Tikehau sur laquelle j’avais encore quelques doutes. Je ferai de la plongée si je le peux ; tout le monde me le conseille.

En rentrant à l’auberge, je trouve un hébergement pour Moorea, j’ai la confirmation définitive du bénévolat à Rangiroa et de la sortie de demain ; j’ai réservé un tour pour me rendre en 4×4 au cœur de l’île. Tout s’annonce donc pour le mieux.

 

J151-158 – Dim 1er au Dim 8/04 : Bénévolat à Tahiti

Puisque j’en ai eu l’opportunité, j’ai choisi de démarrer mon séjour en Polynésie directement par une semaine de bénévolat, ici à Tahiti. Ca me permet de me poser un peu après l’itinérance néo-zélandaise, de prendre mes repères tranquillement en préparant la suite de mon parcours, mais aussi de faire quelques économies dans un « pays » où voyager coûte très cher et donc d’être un peu plus confortable pour la suite.

Le cadre :

Le cadre est vraiment agréable, tant du point de vue de l’environnement, que de l’accueil qui m’est réservé ou du travail demandé.

Je suis au fare Ylang Ylang, à Punaauia, au sud ouest de Papeete. C’est un grand domaine, très arboré, constitué d’une dizaine d’habitations traditionnelles (appelées fare justement), de cahutes à de très grandes maisons. La propriété donne de la rue principale à la plage, l’une des plus belle de l’île, face au lagon (dont on voit la limite au large, à une cinquante de mètres, par les vagues que génère la barrière de corail), avec une vue sur Moorea, toute proche et assez montagneuse.

Téa en est la propriétaire, depuis 1967. Elle habite ici avec ses trois enfants et sa sœur (chacun a sa maison) et les autres espaces sont destinées à la location, soit à l’année, soit pour de courts séjours, via Air B’n’B. Je me suis vu moi-même attribuer une petite maison, la Fare Iita, avec la chambre à l’étage (je peux voir les étoiles de mon lit), une cuisine et une salle de bain en bas. Tout est grand ouvert avec des cloisons de bambous ; on est à la fois dedans et dehors. C’est magnifique et je ne m’attendais pas à un tel accueil. En fait, Téa prends des bénévoles uniquement sur les périodes où des logements ne sont pas loués. J’entends les animaux et me fait dévorer par les moustiques (il y en a vraiment beaucoup ici même s’il y a de quoi se protéger dans les cabanes). Voici l’adresse du domaine en question pour vous faire une idée : http://www.fare-ylangylang.com/fr/

Je suis très vite intégré à cette petite communauté, mais je suis surtout en relation avec Téa. On sent qu’elle dirige son affaire d’une main de maître (elle a d’ailleurs fait auparavant un peu de politique) même si elle a aussi un côté un peu tête en l’air (elle cherche toujours ses affaires) et un passé soixante huitard, qui font d’elle un personnage entier et sympathique. Il y a une atmosphère familale ici. A Tahiti, tout le monde se tutoie. Pour les repas, on en fait toujours plus ; « on ne sait jamais combien on sera » mais chacun se sert lui-même et débarrasse son assiette. ll n’y a pas trop d’horaire non plus. La plupart du temps je dois me servir dans le frigo quand j’ai faim mais Téa me propose régulièrement un thé, du lait de coco ou un jus de fruit au fil de la journée. Elle est très accueillante, m’explique spontanément quelques détails sur la vie polynésienne et me propose très souvent de m’emmener là où elle va : une très bonne démarche avec les bénévoles je trouve.

Pour les activités, il y a à la maison tout le matériel nécessaire pour profiter de la mer et du lagon (kayak, paddle, masques et tubas), la baignade restant l’activité privilégiée des habitants. Je peux aussi à pieds voire quelques curiosités alentours mais ça reste limité, d’autant que la plage n’est pas continue et que marcher sur la nationale n’est pas le plus agréable.

Côté météo, on sort de l’été (pluvieux, chaud et humide) pour arriver dans une période plus agréable, l’hiver (qui n’en n’a que le nom !). Des nuages vont et viennent, accompagnés parfois de petites averses, mais le ciel bleu domine (du moins pour le moment) et la température tourne autour des 25-30° en journée.

Les missions :

Je travaille généralement 4 à 5h le matin et j’ai mes après-midi libres, ce qui est plutôt agréable.

A l’instar du Laos, le rythme est tranquille en Polynésie. Par contre tout le monde se lève très tôt et se couche tôt. Il faut dire que le soleil disparaît dès 18h. Moi je reste un peu décalé même si je me lève à 7h ; du coup les nuits sont courtes mais je fais une petite sieste l’après-midi.

Les missions qui me sont confiées, au coup par coup, sont variées, relativement simples et touchent à différents domaines :

– Bricolage : un peu de menuiserie pour consolider les poutres de l’une des maisons qui sont en train de pourrir, avec Tom, le voisin américain, et barbouillage en tous genres (peinture de ces mêmes poutres, teinture d’un placard, huile de protection des meubles extérieurs en tek, après les avoir nettoyés en utilisant les ressources naturelles, le sable étant un très bon décapant).

– Jardinage : arrosage au petit matin (avant l’arrivée du soleil) et ramassage des feuilles ; le domaine est immense et la tâche un peu décourageante car elle apparaît sans fin (à peine passé dans un endroit, les feuilles retombent), mais ça me donne l’occasion d’explorer la propriété dans tous ses recoins et de glaner au passage quelques fruits variés tombés des arbres.

– Cuisine la première journée. Il était aussi question de faire un tajine mais on n’a pas trouvé le temps.

– Divers : découpage et destruction par le feu de bois termité, nettoyage transport de matériaux divers, chauffeur, test et réalisation d’un flyer récapitulatif des codes wifi

Je croise aussi des salariés certains jours et notamment un jardinier et une femme de ménage. Il y a de quoi s’occuper sur l’ensemble du domaine et les maisons demandent un certain entretien. Téa va d’ailleurs prochainement faire refaire le toit de la plus grande maison.

Sortant du mode routard et suivant un rythme plus quotidien, j’ai rapidement (re)pris ici quelques habitudes : écouter France Info en prenant mon petit déjeuner (ce doit être le côté français qui m’y incite et le fait d’avoir mon chez moi), la sieste de l’après-midi (après un lever matinal et une matinée de travail, elle est salvatrice), quelques exercices quotidiens pour réviser mon espagnol, admirer le coucher de soleil sur la plage (ils sont magnifiques tous les jours.

Dim 1 : Le repas

Après un petit déjeuner servi sur la terrasse de la pension, où je découvre le gérant, Fred, un breton d’origine qui est assez bavard, et les autres résidents (ça fait bizarre d’entendre tout le monde parler français), Téa vient me chercher et m’emmène découvrir son domaine

Il y a beaucoup de monde aujourd’hui sur la plage. C’est le grand week-end de Pâques (4 jours là aussi) et le début des vacances scolaires.

Je commence tout de suite à l’aider à cuisiner. On prépare un gigot, des patates douces et une salade. Elle est très contente que je sache cuisiner : il y a eu une fête chez elle hier soir pour la fin d’un tournage (son fils et sa fille gèrent une société d’accueil de tournages) et la cuisine n’est pas sa spécialité (même si elle sait faire de bons plats, je le découvrirai plus tard). On déguste un très bon vin dont l’étiquette porte le nom de Coppola (un reste du tournage). Elle a des invités. Il y a visiblement souvent du monde à la maison. J’ai encore un peu de mal à repérer qui est qui (entre la famille, les locataires, les invités). L’un est américain et un autre a une femme japonaise. On parle à la fois français et anglais. Beaucoup sont bilingues à Tahiti, et même trilingue en rajoutant le tahitien.

Téa refuse que j’en fasse plus pour aujourd’hui. Je n’ai pourtant pas l’impression d’en avoir fait beaucoup. Elle fait elle-même la vaisselle. Je me repose donc dans ma petite maison. Il fait chaud et moite. Puis je vais me baigner. J’arrive sur la plage au moment où un gros nuage s’amoncèle au dessus de Moorea avec le soleil couchant filtrant par derrière. De l’eau, j’aperçois mieux la plage (étroite mais assez longue et bordée de végétation et de fares) ainsi que la montagne en arrière plan.

Sur le dos, je heurte tout à coup ce qui me semble être un rocher et aperçois dans le même temps un joli petit poisson rayé jaune et noir. En fait c’était un morceau de corail ; je suis dans un lagon.

Lun 2 : Les spécialités locales

J’ai passé une bonne nuit dans ma cabane et suis opérationnel à 8h. C’est la matinée menuiserie.

A midi, fini de travailler. Téa passe un long moment à discuter avec Tom. Je les écoute en dégustant quelques spécialités locales : eau de coco, jus de noni (un fruit pas très bon mais aux vertus anti oxydantes), des mape (sorte de grosses châtaignes). Téa me résumera rapidement la vie de Tom plus tard. J’apprends notamment qu’il a perdu un fils, mordu par un serpent de mer en surfant, et qu’après un passé hippy (lui aussi) et deux mariages, il mène aujourd’hui une vie très saine voir ascétique et aide son second fils dans son entreprise de construction. Il ne fait pas du tout ses 79 ans et est très sympathique.

Téa va un peu plus tard faire une balade sur les hauteurs avec une amie et me propose de me joindre à elles. On va près d’un couvent et parcourons les chemins de croix. Il y a vraiment des fleurs partout à Tahiti (ça fait parti de leur culture et les espèces sont nombreuses). J’en découvre un certain nombre ici. Tout est très bien entretenu.

Mar 3 : La culture polynésienne

Les touristes allemands ont quittés le domaine aujourd’hui. Téa me propose de prendre la maison avec vue sur la mer mais je suis bien où je suis. C’est aussi le jour de l’arrivée de l’un de ses petits fils, le plus grand (revenu d’un séjour à Mooréa). Je découvre que Téa lui parle en anglais (pour l’y habituer).

Après une matinée de peinture, elle me demande si je souhaite visiter le musée de Tahiti et des Iles Te fare Manaha, situé à Punaauia, et m’y dépose. Dans la voiture, elle me parle de l’évolution de la population tahitienne, qui a beaucoup augmenté et fait face aujourd’hui à un manque d’infrastructures, à des problèmes de violence, souvent liés à l’alcoolisme ou a la prise d’une drogue dévastatrice, l’ice, consommée par les jeunes. Il y a aussi un problème d’alimentation, chez les plus pauvres notamment, avec l’import de la malbouffe et j’ai moi-même constaté dès l’aéroport que beaucoup sont obèses. Ce ne sont que quelques-uns des aspects de la vie en Polynésie aujourd’hui bien entendu ; Téa saura aussi me faire partager des côtés plus positifs.

Au musée, je découvre la Polynésie dans ses aspects naturels (géographie, géologie, faune, flore) et culturels (origine et mode de vie de ses habitants, colonisation, traditions). Le musée n’est pas très beau et je n’ai pas envie de rester renfermer trop longtemps, mais il y a une foule d’informations intéressantes et j’en glane quelques unes.

Je rentre à pieds, d’abord par la route, avec un petit détour au bord de la mer à l’endroit où s’arrête le lagon (c’est assez surprenant, je ne connaissais d’ailleurs pas l’existence de lagons donnant sur le large) et au centre commercial (un peu vieillot), puis le long de la plage dès que cela est possible, même si certains passages sont un peu étroits et rocailleux. J’enfile ensuite masque et tuba pour une séance de snorkeling. J’ai un peu de mal avec le matériel (il va falloir m’habituer) et je ne vais pas loin mais je vois déjà quelques beaux poissons (certains bleu phosphorescent, d’autres à rayures jaunes et blanches).

Je passe une soirée casse tête à trouver les parcours possibles pour explorer les autres îles, avec les pass avion (et leurs nombreuses contraintes) et des propositions d’hébergements restants abordables. Il est très difficile de trouver la solution idéale ; il me faudra faire des choix draconiens. J’avais envie de prendre le bateau mais ça semble encore plus difficile.

Mer 4 : Kayak, danse et politique

Après la matinée de travail, je passe une partie de l’après-midi à sélectionner mes photos du Laos et de la Thailande pour pouvoir enfin les mettre sur le blog. Il me restera encore la Nouvelle Zélande ; avec plus de 1000 photos prises, ça risque me prendre un peu de temps mais j’avance petit à petit.

Je pars ensuite profiter de la mer, en kayak cette fois. Ce n’est pas forcément la meilleure journée pour cela car il y a du vent. Je me rapproche du bord du lagon mais sentant à son approche la force du courant je fais demi tour. Je suis courageux mais pas téméraire, sachant que cela peut être dangereux.

Le soir, Téa m’emmène à la coupe du monde de ‘Ori (danse tahitienne internationale, qui réuni des praticiens des autres pays), au centre de Papeete, que je découvre pour la première fois. Cette soirée d’ouverture est consacrée à la présentation des costumes. Il y a beaucoup de monde. On n’est pas trop bien placé et le déroulé est un peu lent mais c’est une bonne approche et les costumes sont vraiment très beaux.

Dans la voiture, Téa m’explique le fonctionnement politique de Tahiti. Il y a une assemblée propre qui nomme le président (les élections des députés ont lieu ce mois-ci). Téa a été membre de l’Assemblée quelques temps dans le parti indépendantiste. J’ai néanmoins encore un peu de mal à comprendre le degré d’indépendance de la Polynésie par rapport à la France et le système de gouvernance de la France à son égard. L’Etat français conserve certaines compétences mais ce pays/cette région a aussi ses lois propres.

Jeu 5 : Promenade vesperal

Téa a préparé la cuisine pendant que je m’afférais au placard. Je savoure donc à midi un plat de lentilles et du chou chinois, dont la préparation et les saveurs me rappelle l’Asie. Elle m’a aussi acheté un steak ; ça fait très longtemps que je n’en ai pas mangé (bon si, une fois en Nouvelle Zélande, mais il n’était vraiment pas bon).

Après la fameuse sieste, quand la chaleur tombe et qu’une averse est passée, je pars en ballade. Je me rends à pieds au Marae Ta’ata. C’est une sorte de temple à ciel ouvert construit en pierres volcaniques où se déroulaient les anciens cultes polynésiens. Il est bien restauré et situé dans un parc très bien entretenu avec de superbes arbres et une belle vue sur les montagnes derrière. Au retour, je fais plusieurs escales sur la plage (elle n’est malheureusement pas continue). Encore un magnifique couché de soleil ce soir ; je m’assois un moment sur la plage pour le contempler.

Ven 6 : Dégustations

Je finis le matin plusieurs missions entamées les jours précédents. Il y a plus de personnel aujourd’hui : le jardinier, la femme de ménage (en fait son rôle ne se limite pas à cela) qui fait cuire du poisson pour midi. Il y a un peu de travail en préparation de l’anniversaire du petit fils de 4 ans qui se déroule demain dans la grande maison.

On mange tous ensemble et je découvre encore plusieurs spécialités. Le poisson est servi avec le fruit de l’arbre à pain (avec un goût proche de la patate, il présente l’avantage de ne pas contenir de gluten), qui se déguste avec une mixture à base de lait de coco. C’est un plat quotidien pour eux et ils le mangent avec les mains. Je goûte également d’autres fruits locaux : les avocats (j’en avais trouvé de gros dans le jardin mais ils ne sont apparemment pas bons), des caramboles (enfin ça c’était avant hier, je les ai trouvées dans le jardin), une pomme cythère (pas très mûre mais déjà bien goûtue), des longanes (aussi appelés yeux du dragon ; un peu comme des lychees mais jaunes et avec un goût de melon).

Le soir, on retourne avec Téa à Papeete pour la coupe du monde de ‘Ori, mais cette fois pour la partie danse et musique. On est dans un complexe en plein air énorme dédié aux concerts le long du port. C’est un peu grand pour l’événement mais cette fois on y voit très bien. On a le droit à une belle prestation suite au concours, mêlant danses contemporaine et tahitienne sur une musique de Philippe Glass. La soirée s’achève par un concert de Te Vata, un groupe néo-zélandais très populaire dans tous le Pacifique, qui mélange des côtés variété, folk et percussions. Ils jouent bien mais c’est finalement les morceaux les plus traditionnels que je préfère alliant percussions et danse, d’autant que l’ambiance est un peu froide dans ce grand complexe assis et peu rempli.

Téa me donne à nouveau quelques conseils pour la suite de mon parcours.

Sam 7 : L’anniversaire

C’est donc l’anniversaire de l’un des trois petits-fils de Téa ; je ne sais pas si c’est son vrai nom mais tout le monde l’appelle Loulou. Samuel, son père, à loué un grand toboggan gonflable avec piscine pour la réception, pour l’occasion. Ca plaît bien aux enfants. L’organisation s’est faite en dernière minute et au final il n’y a pas trop de monde (une vingtaine de personnes passant dans la journée, surtout la famille) et curieusement plus d’adultes que d’enfants.

Dans la course aux derniers préparatifs, je sers de chauffeur à Téa, qui va faire de dernières emplettes. Ca lui évite les problèmes de stationnement.

Je reste avec eux le midi puis reste tranquille dans ma maison l’après-midi, notamment lors de la forte averse qui s’abat soudainement. Je retente le snorkeling puis veille un peu pour accueillir de nouveaux locataires, des allemands, dans la maison de la plage (au final Téa, réveillée, se charge elle-même de l’accueil).

Dans la série rencontre impromptue, je découvre dans ma douche un bernard l’hermite qui s’est trouvé un beau coquillage.

Dim 8 : Comme un dimanche

Sans que cela n’ait été annoncé, c’est une journée relâche aujourd’hui, probablement parce qu’on est dimanche. Je finis quand même quelques petits travaux commencés, histoire de tout laisser en ordre avant mon départ.

La fille de Téa, Tareparepa, a la visite de deux amies, qui ont dormi dans la grande maison. Un brunch est organisé avec elles. Dommage, j’ai déjà mangé. Je finis quand même par goûter les nombreux plats (une bouchée de chaque), car il y a encore pleins de spécialités à découvrir (poisson cru, pudding de papaye…).

Je croise davantage aujourd’hui le reste de la famille et notamment les petits enfants (au passage assez caractériels), qui me taquinent en me demandant mon nom à moult reprises. Je demande des conseils à Tareparepa sur la suite de mon parcours et parle avec Judith, l’une des locataires qui habite ici avec son mari Yohann. Français, ils sont ici depuis un an et viennent d’adopter, dès sa naissance, une petite polynésienne. Je les ai déjà croisés plusieurs fois et les trouve très sympathiques.

Il y a pas mal de monde à la plage (normal on est dimanche). Je me baigne en fin de journée. Judith me propose d’aller explorer la barrière du lagon et me prête des palmes. Encore un peu gauche au départ avec le tuba et sentant bien la force du courant, je prends de l’assurance au fur et à mesure et vois de beaux poissons.

Je commence à m’organiser pour la suite, notamment pour les jours restant à Tahiti, et commence à ranger mes affaires.

Bilan :

J’ai beaucoup apprécié cette nouvelle expérience de bénévolat.

Commencer mon séjour en Polynésie par cette mission m’a permis de prendre des repères sans stress et de réfléchir tranquillement à la suite de mon parcours dans les îles.

Le cadre et l’accueil étaient idéals. Téa y a joué un grand rôle et m’a permis d’en apprendre beaucoup sur cette culture. Je crois d’ailleurs que le souci de l’accueil fait partie intégrante du mode de vie des polynésiens ; on verra si cela se vérifie dans les prochaines semaines.

Au sein d’une famille, j’ai pu voir comment vit ici une catégorie de personnes (plutôt aisée). Je me suis d’ailleurs aperçu que beaucoup ont une vision assez pessimiste de l’évolution de la Polynésie, mais aussi un regard assez critique sur la France, qui n’a pas introduit ici que du bon et impose un certain nombre de contraintes (c’est du moins l’avis de Téa).

Enfin, vivre en extérieur tout le temps, en profitant en plus d’un logement 4* original, ont vraiment contribué à faire de ce lieu pour moi un petit coin de paradis.

 

J150 – Sam 31/03 (bis) : A rebours

Non, ce n’est pas une erreur : je vis bien deux fois la même journée avec le décalage. Ou pour être plus précis, je retourne au jour précédent lorsque je franchis en avion la ligne de changement de date. Je pars donc le 1er avril de Nouvelle Zélande et arrive le 31 mars à Tahiti.

Comme cela ne suffisait pas, je découvre également le matin à l’auberge qu’on vient de passer à l’heure d’hiver et donc qu’on a reculé d’une heure. Mon téléphone ayant changé automatiquement, je ne suis heureusement pas en retard pour prendre l’avion.

Arrivant 2 heures en avance à l’aéroport de Christchurch, j’ai même largement le temps. Ici tout se fait automatiquement : enregistrement des bagages (j’en profite pour monter moi-même sur la balance et surprise, j’ai bien perdu 5 kilos), contrôle des passeports. Je n’ai même pas l’impression de passer la douane à Auckland où je change d’avion. Au total, j’ai 6h de vol seulement. La vue aérienne est très belle en survolant la Nouvelle Zélande. Je reconnais du haut la péninsule de Kaikoura et admire le relief sculpté des montagnes rases au Nord Est de l’île du sud. Ca semble être la région la plus montagneuse du pays. Je tente également de voir les volcans du Tongariro mais il y a une couverture nuageuse et je suis un peu décalé ; on voit bien le Ruapehu qui dépasse des nuages mais juste vaguement le sommet du Ngauruhoe.

Dans l’avion pour Tahiti, je ne vois pas grand chose ; l’océan est caché par les nuages et la nuit arrive assez vite. Le coucher de soleil par contre a de très belles couleurs. L’avion est plutôt confortable. En montant, on nous donne une fleur à nous mettre sur l’oreille. Cela me fait bizarre d’avoir les consignes en français. Je regarde un film, Manipulations (en VF, ça c’est moins bien) et écoute de la musiques « tahitienne » (en fait plus de la variété). On atterri en bord de mer.

J’ai réservé un transfert avec la pension Te Miti (les pensions, familiales, sont beaucoup plus courantes que les auberges en Polynésie et seront sans doute mon principal mode d’hébergement). Un femme m’attend avec une couronne de fleurs sur la tête (il y avait aussi un petit groupe à notre arrivée au passage de la douane) et un minibus viens nous chercher. Je suis le seul passager. Sur la route, je retrouver des repères français. De nuit, ce n’est pas vraiment beau.

Quand j’arrive à la pension tout le monde est couché. J’ai également été surpris en regardant la météo, pas très bonne pour les jours à venir. Mais pour le moment il fait plutôt chaud et il n’y a pas de pluie.

 

J149 – Sam 31/03 : Dernier jour en Nouvelle Zélande

Cette dernière journée en Nouvelle Zélande sera placée sous le signe de la détente et de la flânerie. Je comptais dans un premier temps aller jeter un coup d’œil à la plage qui est un peu excentrée mais finalement je m’en tiens au centre de Christchurch, arpentant les rues de manière un peu plus détaillée.

Je commence par le jardin botanique, assez grand et lui même situé dans l’immense Hagley Park, véritable poumon au cœur de la ville, respire le doux parfum des roses et m’y pose quelques temps, poursuivant ma lecture laotienne au soleil sur la pelouse et réfléchissant à de futurs projets.

Je vais ensuite visiter la Christchurch Art Galery Te puna O Waiwhetu. L’entrée est libre et ce musée d’art moderne est constitué de différentes expositions temporaires. Je trouve le travail d’Ann Shelton intéressant mais ne suis pas vraiment séduit par les autres.

J’erre alors dans les rues pour tenter de me faire une idée plus précise de la ville. Il y a de nombreuses fresques, plutôt belles, sur les murs des bâtiments ; certaines illustrent de manière humoristique le tremblement de terre. La ville présente un mélange de bâtiments détruits, de building modernes tout neufs avec un réel effort architectural et de quelques bâtiments patrimoniaux, restaurés je suppose. La cathédrale, elle, est toujours en travaux.

Il y a beaucoup d’espaces vides (la ville est très espacée), de nombreux chantiers et plusieurs bars et restaurants au cadre sympathique assez dispersés.

Je me délecte d’une délicieuse glace dans la rue principale puis rentre à l’auberge voyant arriver un ciel gris menaçant.

Je troque quelques affaires, fais ma lessive et mon sac et discute avec d’autres résidents. Il y a une ambiance assez festive ce soir (peut-être parce qu’on est samedi) et certains sortent après avoir dégusté un bœuf bourguignon préparé par un français. Moi je reste à l’auberge pour finaliser enfin ce journal.

 

J148 – Ven 30/03 : Au royaume des baleines

Je me suis finalement décidé pour l’excursion baleinière (ce serait dommage de passer à côté). J’ai réservé le bateau de 11h30 (bénéficiant de la promotion de Pâques sans avoir à me lever à 6h). Le check out étant à 10h, j’ai le temps de flâner sur la plage. Il y a un peu plus de monde que les autres jours mais ce n’est toujours pas la grande affluence. Ce n’est pas une plage de sable mais j’apprécie vraiment son cadre et son calme. Arrivant avec un peu d’avance, on me propose au guichet le bateau précédent. Je ne vois pas de raison de refuser.

C’est un bateau assez rapide. On est une cinquantaine et l’équipage est presque entièrement féminin (sauf le pilote). On se rend d’une traite vers le canyon sous-marin dans la baie Goose où se trouvent les baleines. C’est un environnement subtropical qu’elles apprécient. La plupart sont des sperm baleines mais il y en a aussi d’autres.

Finalement on voit bien une sperm baleine qui reste une dizaine de minutes en surface pour respirer avant de plonger pour longtemps (une demi heure à une heure d’après ce que j’ai compris). On peut l’admirer, mais on ne voit que le dos et les jets d’eau qu’elle produit et elle n’est pas très belle. On aperçoit la queue quand elle finit par plonger.

Un peu plus loin, on a la chance de voir à deux reprises une baleine bleue, beaucoup plus rare et plus grande. Mais ses apparitions sont très courtes et on ne peut en apercevoir qu’une petite partie (difficile de se faire une idée de sa taille réelle).

Sur le parcours on aperçoit également un requin (je n’en connais pas la race mais il est assez beau, blanc tacheté de noir) qui fait un bond à la verticale à la surface, un phoque, de nombreux oiseaux, dont un énorme albatros qui vole en parallèle du bateau. On fait aussi un arrêt au retour pour admirer les dauphins ; il y en a 4 ou 5 qui tournent dix minutes autour du bateau en faisant quelques acrobaties ; on les voit très bien. Le bilan est donc plutôt positif. La société s’engage d’ailleurs à rembourser 90% du billet si on ne voit pas de baleine, preuve qu’elles sont nombreuses ici.

Au retour, je profite à nouveau de la plage, vais prendre un café à une terrasse avec Lysanne, que je retrouve, puis l’heure arrive de prendre le bus pour Christchurch. On tente en vain de voir une dernière fois des dauphins de la fenêtre du bus avant de quitter le bord de mer ; on voit surtout des phoques.

Arrivés à Christchurch, on trouve difficilement de quoi manger (les magasins sont fermés pour cause de jour férié) mais j’ai de mon côté encore de quoi survivre. Je dis alors au revoir à Lysanne, qui a réservé une autre auberge et prend l’avion demain pour Auckland, puis je retrouve le calme de la Foley Towers.

 

J147 – Jeu 29/03 : No man’s lands

On se retrouve avec Lysanne pour le petit déjeuner, où l’on se régale de scones et croissants de la boulangerie voisine, avant de nous séparer. Elle a prévu de faire la promenade de la Péninsule. Moi je n’ai pas de programme précis, juste l’envie de prendre mon temps. Je dois changer d’auberge et me retrouve sdf de 10h à 12h. Je fais un tour en ville puis sur la plage côté nord. Elle est déserte. Il faut dire qu’elle est interdite à la baignade (car trop dangereuse) et isolée de la ville par la voix ferrée qui la longe. Je la suis jusqu’à un petit sentier qui me mène au supermarché puis rejoins ma nouvelle auberge, plus petite et plus cosy que la première. Le cadre est agréable (même si les résidents y parlent peu) ; je m’y pose pour commencer la lecture de mon roman acheté à Vientiane, qui me replonge dans l’atmosphère laotienne, que j’ai tant appréciée.

Je pars ensuite pour une randonnée improvisée. Je me suis renseigné sur les sentiers ; il y en a peu et tous nécessitent de s’y rendre en voiture. Je tente donc de trouver mon propre chemin. Mon but : une colline que j’aperçois depuis l’auberge et qui semble avoir une belle vue. Il y a effectivement peu de chemins accessibles. Je franchis quelques clôtures et y parviens sans trop de mal.

J’essaye ensuite d’atteindre la mer de l’autre côté de la péninsule. La tâche est beaucoup plus délicate. Je me retrouve au milieu d’un no man’s land, avec plusieurs clôtures plus difficiles à passer et peu de repères. J’y arrive néanmoins, me retrouvant au final au-dessus d’une falaise renfermant une grotte, un terrain privé, mais j’arrive à en sortir à travers de hautes herbes. A ma surprise, la grotte est fermée ; il n’est pourtant que 15h.

Je longe la mer pour me rendre à la plage sud, endroit que j’ai repéré, où l’on peut se baigner (il n’y en a que deux). Comme celle du nord, la plage est sauvage, longue et agitée, constituée, ni de sable ni de galets, mais de gravillons gris, et jonchée de pièces de bois, nombreuses, rapportées par la mer. Elle est elle-aussi déserte et me semble un peu dangereuse. Je renonce donc à m’y baigner d’autant que, malgré le ciel bleu, le soleil reste caché derrière quelques nuages et qu’il y a beaucoup de vent. Je me baignerai en Polynésie.

Toute la journée je scrute l’horizon sans voir de dauphins, alors que c’est dans la cette baie qu’on en a vu le premier jour. Visiblement ils sont plus démonstratifs le matin.

Après dîner (je me fais la cuisine), je retrouve Lysanne pour aller boire un verre. On teste un pub très grand et sans âme puis un petit café beaucoup plus agréable mais finalement il y a peu d’animation en ville alors qu’on est la veille d’un long week-end de 4 jours pour pâques (comme en Alsace-Moselle) et que toutes les auberges sont complètes.

Je trouve Kaikoura assez triste globalement. Des dires des locaux, tout se passe le matin et même très tôt, suivant le rythme des animaux marins. J’ai beau aimer la nature, je ne m’y verrais pas y habiter.

J’avais pensé rattraper mon retard dans le tri des photos et la rédaction de mon journal. Finalement, je n’ai fait ni l’un ni l’autre mais ça fait du bien de se reposer, même si en fin de journée je me sens bien fatigué. Le grand air !

 

J146 – Mer 28/03 : La ville des animaux marins

Aujourd’hui, nous partons, Lysanne et moi, à Kaikoura, sur la côte, à trois heures au nord de Christchurch. Simon nous emmène au bus pour 7h, malgré une très courte nuit (ils se sont couchés plus tard que moi). Nous lui disons cette fois réellement au revoir. Il passe encore une journée à Christchurch avant de reprendre l’avion pour le Canada.

La route est toujours en travaux et fermée la nuit suite au tremblement au tremblement de terre qui a touché la côte en 2016 (de magnitude 7,8, encore plus violent que celui de Christchurch). La Nouvelle Zélande est située sur une faille et ça se ressent. Le bus arrive avec peu de retard, les horaires tenant comptent de ces bouleversements.

Mais Kaikoura se trouve du coup encore plus isolée. C’est une station balnéaire connue pour l’observation des baleines. Il y en a beaucoup ainsi que de nombreux autre animaux marins (dauphins, orques, phoques, pingouins…).

On est tout de suite mis dans le bain : du bus on aperçoit en arrivant sur la baie Goose, au sud de Kaikoura, plusieurs animaux. Il est difficile de les identifier de loin mais la plupart semblent être des dauphins ; je peux apercevoir les ailerons des plus proches. Lysanne est toute contente. Elle se précipite dès notre arrivée sur le tour en bateau pour voir les baleines (même pas le temps de déposer son sac à l’auberge) ; elle est venue pour cela et profite du beau temps.

De mon côté, je souhaite prospecter pour choisir la bonne activité (entre kayak ou nage avec les dauphins, boat tour…) et prendre mon temps ; on a presque trois jours plein ici.

Kaikoura est une ville-village, pas très jolie, avec un petit centre et une partie de la ville (où se situe l’auberge) construite au bord de l’autoroute, mais la côte est sauvage et entourées, en arrière plan de montagnes. On y fait de très belles photos dès le départ.

Je passe à l’auberge ; ce n’est pas la mieux que j’ai connue mais je suis bien accueilli et peux y rester avant le check in (je ne retrouve plus le terme en français). Je me pose un peu puis pars explorer la péninsule (au sud de la ville) par le sentier de randonnée côtier. Il est annoncé pour 3h mais je mettrai au final près de 5h, partant de plus loin, longeant au plus proche la mer, faisant des pauses et prenant le temps de l’observation. Le ventre vide et ne pensant plus rien trouver, je tombe sur une caravane servant du poisson, et même du homard, une spécialité ici ; je m’en tiens à la simplicité avec une omelette au homard, dur riz et de la salade mais j’aurais sans doute dû essayer le poisson.

Passé ce cap, j’arrive alors dans le vif du décor. La côte est magnifique avec des falaises impressionnantes, de la roche argileuse sculptée en formations irrégulières verticales et horizontales. Certaines sont sous-marines, parfaitement visibles de haut à travers l’eau transparente. Sur les hauteurs, la péninsule est constituée de grandes prairies, bien vertes avec une vue sur les montagnes.

Je tente de rester au plus près de la mer, malgré quelques panneaux déconseillant ce chemin et regagne les hauteurs quand je ne peux plus avancer. Je prends néanmoins soin de ne pas trop m’approcher des animaux pour ne pas les déranger. Ils sont très nombreux (c’est une réserves). Je vois des centaines de phoques, différents types d’oiseaux, dont plusieurs échassiers. Certains sont très grands et, alignés, ont un air de pingouins ; sans doute des albatros. Il me semble encore apercevoir à l’horizon quelques dauphins. Il y a également ici des pingouins bleus mais pas à cette saison.

J’aime la compagnie et j’ai beaucoup apprécié ces 15 derniers jours (je ne regrette pas une seconde mon choix de voyager avec Simon) mais j’ai quelque part l’impression de retrouver une forme de liberté ici et m’aperçois que j’apprécie d’être seul au milieu de grands paysages sauvages. On l’apprécie davantage dans le silence, usant de tous les sens pour le ressentir. Il y a d’autres promeneurs mais je me retrouve seul à plusieurs moments pour cette méditation contemplative.

De retour à l’auberge, je profite de la piscine et du jacuzzi, puis retrouve Lysanne pour aller dîner. On a de bonnes discussions ; à deux seulement, c’est plus facile pour moi.

 

J145 – Mar 27/03 : L’escale des aurevoirs à Akaroa

On retrouve ce matin Esmeralda, rencontrée à Nelson. Elle a de la famille à Christchurch et y passe quelques jours. On part donc tous les quatre en direction d’Akaroa sur la péninsule de Banks, qui a sur la carte la forme d’un volcan affaissé dans la mer qui l’entoure. Le paysage y est vert, sauvage (avec des côtes très découpées) et particulièrement vallonné. On a de belles vues sur les hauteurs, balayées par le vent, d’où l’on peut admirer plusieurs baies et golfes.

Akaroa est un village plutôt sympathique. Ancienne capitale de la région de Canterbury, c’est le village français de la Nouvelle Zélande. Tout y porte des noms en français, avec quelques fautes. Les maisons en bois y ont néanmoins un air anglais. Nous profitons du soleil sur la terrasse d’un café, faisons le tour du village, puis reprenons la voiture pour explorer la baie d’Okains, en nous perdant sur de petites routes sur les hauteurs où nous faisons une séance photos.

On descend ensuite sur la plage, encastrée entre des falaises où nous restons quelques temps. J’explore de mon côté un petit chemin côtier qui m’emmène dans un paysage volcanique rouge et noir en bord de mer puis admire le jeu du vent sur le sable et plusieurs oiseaux atypiques. On y rencontre un phoque qui se prélasse au soleil en attendant la marée montante. Esméralda et Simon se baignent ; moi je n’en ai pas envie, il y a un peu trop de vent.

Seul, j’aurais sans doute eu un programme différent (il y a de nombreuses randonnées à faire dans le coin). J’ai pensé y rester 2 jours mais il est difficile de s’y déplacer sans voiture et je voulais passer une dernière soirée avec Simon et Lysanne.

On rentre donc à Christchurch où nous partons un peu tardivement à la recherche d’un restaurant. La tâche n’ai pas aisée ; la ville est peu animée ce mardi et les lieux, dispersés, ferment assez tôt. Nous trouvons finalement un Food Court pas si mal où l’on mange chinois avant de nous rendre de l’autre côté du centre pour déguster un cocktail dans un bar. C’est encore une soirée des aurevoirs et l’on doit fêter cela. Nous revenons à l’auberge vers minuit et Esmeralda fait appel à Uber pour retourner chez ses hôtes.

 

J144 – Lun 26/03 : Sick day

On prend la route aujourd’hui pour la dernière étape, celle nous menant du Lac Tekapo à Christchurch.

Finalement je n’ai pas de rhume mais Lysanne, elle, est bien malade et très affaiblie toute la journée. On limite donc notre programme et ne faisons pas de détour. Nous prenons la Scénic road (route panoramique), probablement le prolongement de celle du sud que nous avons déjà empruntée. Un arrêt au village Géraldine, une pause déjeuner aux gorges de Rakaïa (où l’on s’exerce aux ricochets) puis nous arrivons à Christchurch à 15h.

Je file directement à la poste pour y retirer enfin la lettre en poste restante contenant ma nouvelle carte bleue. Après les multiples rebondissements concernant ce précieux sésame, c’est un soulagement et un plaisir d’arrêter d’enrichir inutilement la Société Générale qui se fait bien plaisir sur les commissions. J’en profite pour jeter un premier coup d’œil au centre ville. Durement touchée par le tremblement de terre de magnitude 6 qui a touché la Nouvelle Zélande en 2011, Christchurch est encore aujourd’hui en reconstruction. La ville est donc plutôt moderne mais très étalée, avec un caractère anglais bien marqué.

Nous passons une soirée tranquille à l’auberge (ça devient une habitude !), la Foley Towers. Elle est plutôt agréable, avec de nombreux recoins, et très bien faite pour un début de voyage (on y trouve de nombreuses affaires laissées par les voyageurs partants). La moyenne d’âge des résidents est un peu plus élevée ici et l’on y trouve (encore !) beaucoup de français, dont le gérant. J’effectue alors les dernières réservations de mon voyage dans ce pays.

 

J143 – Dim 25/03 : Randonnée au Mont Cook

On se réveille tranquillement aujourd’hui mais pas facile d’accéder à la cuisine car ils commencent le ménage dès 9h15 alors que le check out est à 10h. Ca arrive assez souvent finalement donc difficile d’envisager des grasses matinées dans les auberges.

L’objectif aujourd’hui est le Mount Cook, un glacier très réputé. On voulait y venir depuis un moment ; cette fois c’est fait. On a un peu plus d’une heure de route et le paysage nous entourant est vraiment sublime (encore plus sauvage qu’auparavant) avec le lac Pukaki, d’un bleu clair vif, des glaciers et des moraines un peu partout.

On ne monte pas au sommet (ce qui ne peut se faire qu’en hélicoptère) mais nous empruntons le Hooker Valley Track pour une randonnée de 3h aller retour, relativement plate et facile qui offre de belles vues sur les glaciers. En fait c’est la seule randonnée ici et il y a pas mal de monde. Nous traversons trois ponts suspendus enjambant un ruisseau gris à fort courant, gardons longtemps à l’horizon un point de vue sur le lac Pukaki, et arrivons au final au bord d’un autre lac au pied du glacier Mont Cook. Quelques icebergs flottent sur le lac. Alors que nous sommes partis sous un grand soleil, le ciel est beaucoup plus couvert en s’approchant du Mont Cook ; nous essuyons quelques averses et affrontons un vent glacial à l’arrivée. Au retour nous retrouverons le soleil. J’aime ce type de paysage extrême et imprévisible ; on s’y sent vraiment tout petit. Pour les animaux, on y croise des lapins, une belette et quelques oiseaux.

Je ne sais pourquoi, je sens en marchant mon corps un peu poussif alors que le chemin est très facile. Peut-être le début d’un rhume. Lysanne aussi ne se sent pas très bien.

On fait quelques haltes sur la route du retour pour prendre des photos puis on passe la soirée tranquillement à l’auberge. On regarde un film plutôt bien dans le salon, Almost famous. Finalement, ça doit être le 2ème film que je regarde en 4 mois et je redécouvre combien cela peut être agréable de temps en temps.

Pour les étoiles, alors qu’on y avait à nouveau renoncé face au ciel voilé, Simon nous sort du lit à minuit pour une petite sortie. On cherche en voiture le lieu idéal pour l’observation, sans vraiment y parvenir. Au final la visibilité reste limitée et nous restons sur notre faim.

 

J142 – Sam 24/03 : Les détours impromptus

Nous partons aujourd’hui en direction du Lac Tekapo, pour 2 nuits, d’où nous ferons une excursion pour le Mont Cook.

On prend notre temps (250 km en 7h avec plusieurs arrêts) mais en fin de journée la route me semble tout de même un peu longue ; j’ai laissé ma place à l’avant à Lysanne et je dors un peu.

Le décor est toujours très agréable et assez changeant. On longe de nombreux lacs, des pics enneigés puis des collines beaucoup plus douces, plus dans les jaunes, et des plaines désertiques.

Sur la route, on fait quelques courses, on s’arrête sur un coup de tête chez un vignoble, à Cromwell, où nous faisons une dégustation. C’est l’avantage de la voiture et c’est très agréable. Le chardonnay a de loin ma préférence (il a un petit goût fumé et reste longtemps en bouche) mais nous testons également du pinot gris et des pinots noirs. La femme qui nous reçoit est très sympathique. On s’arrête un peu plus loin au bord d’un lac pour déjeuner puis à quelques points de vue.

En voyant un panneau les signalant, Simon fait un détour pour aller voir les Clay Cliffs (des falaises d’argile) qui sont assez impressionnantes. On se demande ce qu’elles font là, au milieu d’un terrain assez plat. Elles ont un air de western ou de Cappadoce, avec des pics étroits, parfois coiffés de rochers. Il s’agit en fait plus de « cheminées » que de falaises.

Vers la fin du parcours nous faisons un arrêt au bord du lac Pukaki pour admirer en arrière plan la chaîne du mont Cook et la couleur de l’eau d’un bleu glacé, trè surprenante, comme l’est également le lac Tekapo où nous arrivons un peu plus tard.

Nous dormons au bord du lac dans un grand complexe mêlant auberge, camping et appartements mais sous une grande tente de forme arrondie. Il ne restait plus que cela de disponible dans les environs mais, même s’il y fait un peu froid, ça a un air exotique. La cuisine et le salon de l’auberge, que nous utilisons, sont bondés, notamment du fait de la présence d’un bus Kiwi Expérience, une agence proposant des tours complets de la Nouvelle Zélande mais s’adressant surtout à une clientèle très jeune. On espère que ce sera un peu plus calme demain et aussi que l’on pourra admirer le ciel étoilé (l’endroit est réputé pour cela) car ce soir le ciel est couvert, après pourtant une très belle journée.

 

J141 – Ven 23/03 : Queenstown et ses panoramas

Il fait un temps magnifique aujourd’hui. Je serai bien resté encore un peu pour admirer les fjords sous le soleil mais il nous faut poursuivre notre chemin. On prend donc la direction de Queenstown. C’est la même route que pour venir de Wanaka mais on l’apprécie toujours autant pour ses panoramas, d’autant que les paysages ont un peu changé avec la neige sur les sommets et le ciel bleu. On s’arrête manger au sud du lac Wakatipu au milieu des moutons.

Queenstown est très bien située, au bord de ce lac, immense qui a une forme de S et dont plusieurs bras sont visibles depuis la ville, et entouré de montagnes assez élevées. C’est une ville très touristique (un peu comme à Luang Prabang, on y trouve des agences en continu), dédiée aux activités et aux sports extrêmes, comme à Taupo. C’est notamment ici qu’est apparu le saut à l’élastique et la ville s’enorgueillit aujourd’hui d’avoir aujourd’hui le plus grand du monde, haut de 135 m. On ne testera pas même si l’envie m’en démange un peu. J’ai toujours dit que ce n’était pas pour moi mais dans un tel cadre j’aurais pu changer d’avis.

On pose nos affaires à l’auberge (l’Adventure Queenstown Backpackers) qui, en plein centre, est plutôt agréable et très fonctionnelle (avec de nombreux détails bien pensés), puis on part directement nous balader. Un café au bord du lac puis c’est l’ascension du sommet de la ville, dont j’ai un peu de mal à trouver le nom exact entre le Queenstown Hill, le Te Tapunui ou le Gondola Skyline. On emprunte pour l’atteindre le Tiki Track, un sentier très raide de 3 ou 4 km pour environ 500 m de dénivelé, au milieu d’une forêt de pins avec quelques belles vues sur la ville. Le sommet a perdu tout son aspect naturel (très aménagé et actuellement en travaux) mais la vue y est superbe. On y fait un tour de luge d’été, c’est plutôt amusant, puis on redescend par le même sentier.

Pour nous remettre de nos efforts, on a décidé de tester les très réputés hamburgers chez Fergburger. On n’est pas les seuls, la queue est longue, mais c’est vrai qu’ils sont bons et bien garnis. On profite de notre présence « en ville » pour aller boire un coup dans un pub irlandais puis on rentre assez tôt.

Notre passage à Queenstown aura été court (demain on retourne en pleine nature) mais suffisant pour nous en faire une idée.

 

J140 – Jeu 22/03 : Blanc sur les sommets, vert dans la forêt

On prend notre temps aujourd’hui avec Simon et Lysanne. Au programme : flânerie à l’auberge et petite randonnée. Nous discutons le matin avec les propriétaires Bob et Maxine. On se sent d’ailleurs plus ici chez l’habitant que dans une auberge, même si Bob semble un petit peu trop maniaque. Au moins c’est très propre.

Nous découvrons avec surprise qu’il a neigé cette nuit sur les sommets et le temps plus clément nous permet d’admirer ce magnifique décor de blanc et de vert que nous apercevons par les baies vitrées puis sur la route.

On part vers midi pour Manapouri (une ville et un autre grand lac portant le même nom), un peu plus au sud, dans l’optique d’effectuer le Circle track, une randonnée en boucle de 3h et demi avec plusieurs points de vue. Il y a un obstacle : il nous faut traverser une rivière pour accéder au sentier. Nous avons repéré des barques à louer, une idée qui nous plaît bien, mais sur place, un responsable nous propose un bateau taxi prétextant qu’il y a trop de courant pour les barques. Le prix nous semble un peu abusif pour quelques minutes de navigation et nous nous replions sur une autre randonnée.

Mais avant de nous lancer, on s’arrête pique niquer au bord du lac Manapouri ; la vue est dégagée et l’ambiance apaisante. Nous nous faisons la réflexion qu’il n’y a que très peu de bateaux sur tous les lacs que nous voyons mais sans en trouver réellement la raison.

On a choisi finalement de suivre le sentier de la Keppler Track, l’une des fameuses great walks, mais seulement sur une petite partie. Simon l’avait déjà repérée pour y avoir perdu deux amis il y a quelques années dans une avalanche. Mais à cette saison, nous ne risquons rien et notre parcours, d’une quinzaine de km reste dans la vallée. Il traverse une très belle forêt tapissée de mousse et de fougères (toujours la rainforest) avec des verts très contrastés et une vue constante sur une grosse rivière. Le courant y est assez fort et l’on aperçoit des rafts passer.

On croise de nombreux oiseaux sur le chemin ; certains ne sont vraiment pas farouches et se laissent prendre en photos mais malheureusement toujours pas l’ombre d’un kiwi alors que ce territoire est le leur.

Cette promenade est encore l’occasion de bonnes discussions. Lysanne nous demande de lui apprendre quelques phrases en français mais on se rend compte avec amusement que la tâche n’est pas évidente avec un français et un québécois simultanément.

Notre séjour dans le Fiordland touchant à sa fin, je me dis qu’il faudra un jour que je revienne explorer un peu plus en profondeur ces fameux fjords, mais j’ai maintenant une vision assez précise de ce que l’on peut y trouver.

 

J139 – Mer 21/03 : Kayak au Milford Sound

On part à 6h15 pour parcourir les 120 km nous menant au Fjord de Milford. Il fait nuit mais on aperçoit déjà en fin de parcours des sommets, forêts, cascades et lacs impressionnants.

Après avoir reçu des consignes et tout l’équipement (des collants au gilet de sauvetage), on embarque pour 4h dans des kayaks de mer biplaces. Nous sommes un groupe de 6 et j’embarque avec Simon. Notre guide est plutôt sympathique mais j’ai beaucoup de mal à le comprendre.

On démarre sous la pluie, il y a de la houle et du vent, ce qui ne rend pas la tâche facile, mais il ne fait pas trop froid, on peut, malgré les nuages, voir le paysage qui nous entoure et petit à petit le ciel se découvre.

Le décor est spectaculaire. Il y a des cascades partout, tombant de hauts pics surplombant le fjord. La plupart sont éphémères à ce que nous explique le guide et cesse de couler quand la pluie s’arrête, ce qui est rare dans cette région qui compte 7 mètres de précipitations par an, mais pluie et vent sont des acteurs clés de ce type de paysages dans lequel on se sent tout petit, surtout dans nos kayaks. La Bowen Falls, proche de l’embarcadère, est particulièrement impressionnante par son débit et l’on peut apercevoir un glacier et le Mitre Peak, à forme conique, dominant le Milford Sound. Tous les fjords ici s’appellent sound ; entre lacs et baies, caractérisés par leur largeur, ils sont salés en profondeur mais pas sur le dessus (j’ai goûté !), car alimentés régulièrement par les eaux de pluie.

On aperçoit sur notre parcours un phoque et deux dauphins ; on est visiblement chanceux même si on ne les aperçoit que très brièvement. Ce sera d’ailleurs la journée des animaux puisque nous verrons également sur le chemin du retour un perroquet montagnard, le Kea et plusieurs Weka, qui semblent bien se plaire dans la région.

Au final, nous ne parcourons pas une grande distance en kayak, moins que les croisières (l’activité touristique première ici) qui vont jusqu’à la mer Tasman, et l’excursion est un peu chère pour son contenu (155 $ tout de même), mais l’expérience est intéressante.

Sur le chemin du retour, nous prenons le temps d’admirer le paysage. Un petit tour au bout de l’embarcadère qui offre une vue panoramique sur le fjord, puis nous faisons plusieurs haltes, notamment au Chasm (un canyon où la force du courant est prodigieuse et a littéralement sculpté les parois et auquel on accède par une « rainforest » assez surprenante elle aussi), au Mirror Lake et à différents points de vue. Les paysages sont très changeants sur la route mais tous immenses et uniques, la partie la plus spectaculaire de situant sur les 30 premiers kilomètres depuis Milford.

Le soir on se délasse tranquillement à l’auberge, alors qu’il pleut à nouveau dehors.

 

J138 – Mar 20/03 : La southern scenic road

Encore une très belle route aujourd’hui, celle nous menant de Wanaka à Te Anau, qui devient la « southern scenic road » à partir de Queenstown.

Les paysages montagneux y sont très variés, parfois verts et ronds, parfois très acérés et nous croisons d’énormes lacs ainsi que des parachutistes dans le ciel, près de Queenstown, où nous nous arrêtons pour faire quelques courses.

La journée est plutôt ensoleillée ; nous faisons une pause au Lac Wakatipu pour admirer la vue et pique-niquer. Mais le temps devient pluvieux en arrivant dans le Fiordland. La région est connue pour cela : c’est l’une des plus sauvages (les fjords du sud ouest) mais aussi des plus rudes de ce point de vue.

On prend un autostoppeur sur la route (un américain qui travaille ici depuis deux ans) qui nous donne quelques bons conseils. On retrouve aussi le soir à l’auberge Lysanne, qui va nous accompagner sur la fin du parcours.

On tente une sortie au centre ville en fin de journée mais on rentre vite au sec à l’auberge. Elle est très bien, propre et bien agencée avec un poêle, de nombreux fauteuils et de grandes baies vitrées, une grosse corbeille de fruits à disposition. Bob, le propriétaire, passe un petit moment à nous accueillir en nous présentant les autres clients.

Il y a différents treks de plusieurs jours très renommés ici (dont 3 des 9 great walks du pays) mais je n’aurais pas le temps et cela nécessite de réserver les refuges très longtemps à l’avance (plus d’un an pour certains). Je reviendrai un jour pour les expérimenter. En attendant on réserve une excursion en kayak demain sur le fjord Milford Sound et le lendemain on verra pour faire une plus courte randonnée. La route elle-même pour aller à Milford est apparemment fantastique.

 

J137 – Lun 19/03 : L’ascension du Roys Peak

L’après-midi s’annonçant très pluvieuse, nous partons de bonne heure à l’ascension du Roys Peak, non loin de la ville. Il est annoncé 5-6h de marche pour faire l’aller retour mais nous avançons d’un bon pas et mettons à peine 4h30. La montée est assez raide puisque nous montons de 1200 mètres sur 8 km mais le terrain peu accidenté.

Plusieurs voitures sont déjà présentes sur le parking à notre arrivée ; les plus courageux ont été admirer le lever de soleil depuis le sommet.

De notre côté nous l’admirons lors de la montée (la vue étant dégagée tout au long du parcours) et il est effectivement très beau. Le paysage qui nous entoure est lui aussi très agréable avec une vue en permanence sur le lac, ses îles arrondies et les montagnes environnantes.

Le temps se couvre à la fin de la montée ; nous prenons la pluie et au sommet nous sommes malheureusement dans les nuages, avec un vent assez frais. Le temps se dégage néanmoins lors de la descente et nous sommes très contents de notre excursion sportive.

C’est ensuite une après-midi détente à l’auberge. Assez petite, elle paraît toute neuve et l’atmosphère y est assez agréable.

Le soir, on décide de manger dehors (ça change !). On trouve une petite cantine abordable aux mets plutôt raffinés. La formule (on choisit la taille de son assiette puis une viande et des légumes et salades) nous permet de goûter à plusieurs plats. J’y déguste également pour la première fois du vin néo-zélandais (le pays est assez riche en la matière), un petit Syrah qui passe très bien.

 

J136 – Dim 18/03 : Une route magnifique

On descend encore un peu plus vers le sud en direction de Wanaka, à 300 km, et une grande partie de la journée est consacrée au voyage. Mais la route à elle seule est une attraction en soit : le décor est magnifique, et on fait de nombreux arrêts. On longe d’abord la côte où la mer est sauvage : agitée, entourée de falaises et parsemée de rochers. La route bifurque et l’on pénètre alors dans le Mount Aspiring National Parc. On ne croise alors plus une seule habitation (juste quelques terrains pour camper). On longe des rivières, entourés d’un décor montagneux de plus en plus sauvage, très vert au départ puis devenant plus alpin. On s’arrête à la Thunder Creek Fall (une très haute cascade au cœur de la forêt), aux Blue pools (où un sentier nous mène au long d’une rivière d’un bleu intense provenant des glaciers, dans laquelle quelques courageux se jettent depuis un pont suspendu) à et plusieurs point de vues. En fin de parcours, on rejoint les immenses lacs de Wakapa et Hawae sur lesquels on a des vues prodigieuses.

Arrivés à Wakapa, une ville isolée, plutôt agréable, donnant sur le lac et entourée de montagnes assez elevées, on s’installe puis entamons l’ascension du Mount Iron, d’où l’on a une belle vue sur la ville et les alentours. On longe ensuite le lac jusqu’au Wanaka Tree (un arbre poussant dans le lac) où nous assistons au coucher du soleil sur fond de musique : un pianiste s’est installé au bord du lac et improvise des mélodies rythmées par le son des vagues. Il y a du monde mais la scène a un caractère magique.

 

J135 – Sam 17/03 : Des glaciers au lagon

Après avoir avalé quelques gaufres maison (le petit déjeuner est offert par l’auberge et plutôt copieux), on profite de cette très belle journée pour aller découvrir les glaciers Fox et Franz Josef, qui eux-mêmes sont dominés par les Mount Tasman et Cook (à seulement 14 km mais plus de 10h de route ; on a prévu d’y aller plus tard en remontant en direction de Christchurch), dont on aperçoit les sommets enneigés.

On a choisi pour aujourd’hui de petites randonnées nous permettant d’approcher les glaciers. On ne peut malheureusement se permettre une excursion en hélicoptère, seul moyen de les voir de prêt et qui semble très prisé, vu le nombre d’engins volant aujourd’hui.

On commence par le glacier Fox. Malheureusement, les accès en sont fermés (suite à des éboulements récents). On arrive néanmoins à l’admirer depuis un point de vue puis en descendant dans le chenal du glacier même si on ne peut pas beaucoup s’y enfoncer du fait des torrents à fort débit s’y écoulant.

On se rend ensuite à Franz Josef où nous empruntons la FJ Glacier Valley Walk. 1h30 de marche qui nous permet d’avoir une belle vue sur le glacier et les nombreuses cascades se jetant dans son chenal. On y voit des roches sculptées et striées, des éboulements. C’est assez impressionnant.

On fait un petit saut non loin de là à Peters Pool, un petit lac dans le reflet duquel on peut voir le glacier (ou du moins on le pouvait il y a quelques années, quand le glacier descendait un peu plus bas) puis on se dirige à Okarito où l’on emprunte le sentier côtier Three Mile Pack. Le changement de décor est total. On se retrouve sur un plage de sable noir avec des falaises à pic recouvertes de végétation et de gros rochers. Ce chemin n’est accessible qu’à marée basse (on y est 2 heures avant mais ça passe), suit la réserve maritime des glaciers et va jusqu’à un lagon (qui ressemble plus à un lac, assez sauvage, avec une eau d’une couleur différente à la mer). On croise en chemin un phoque (sans doute un peu blessé car il ne se sauve pas à notre arrivé), un rat et plusieurs oiseaux. La mer est très agitée, ce qui renforce le côté sauvage du lieu où l’on se retrouve presque seuls. Le sentier fait une boucle et l’on passe au retour par un chemin forestier au sommet des falaises.

La soirée est assez calme. On discute avec une hollandaise, je profite du jacuzzi, on étudie le parcours pour demain.

A ma surprise j’ai eu 3 réponses positives (pour 3 messages envoyés hier) pour le bénévolat en Polynésie, sur le nouveau site où je viens de m’inscrire (HelpX). Je dois maintenant choisir et j’opte pour deux périodes de 7 jours, au début et à la fin de mon séjour, à Tahiti et aux Tuamotus.

 

J134 – Ven 16/03 : Changement de décor

On s’enfonce un peu plus aujourd’hui dans le cœur de l’île du sud en prenant la direction des glaciers Franz Josef et Fox. Etrangement ils sont situés sur la côte mais la mer et la montagne se côtoient facilement dans ce pays et le climat favorise la présence de glaciers à faible altitude, même si, comme ailleurs, ils reculent d’année en année.

On parcourt 450 km en un peu plus de 6h. La route est toujours très bonne dans ce pays. On souhaite faire que arrêts sur le parcours mais on ne trouve que peu de points de vue. On s’arrête néanmoins déjeuner à Reeftone, un petit village le long d’une unique rue aux airs de far west, et à Hokitika ; on n’en a loupé les gorges mais la plage vaut le coup d’œil pour son caractère sauvage avec une mer très agitée. L’eau est d’ailleurs noire (contrastant avec le bleu à l’horizon), du fait des galets qui sont remués par les vagues.

Avec le recul, on aurait du prendre la route passant pas Wesport pour voir les pancakes rocks, des rochers plats assez spectaculaires, mais on a pris le chemin le plus direct et l’on se sent déjà bien immergé dans ce qui va devenir notre décor quotidien, plus montagneux, contrastant avec les paysages maritimes du nord (de l’île du sud).

La route a aussi été l’occasion de bonnes discussions avec Simon. C’est la première fois que nous nous retrouvons tous les deux et nous apprenons à nous connaître, en français cette fois.

 

J133 – Jeu 15/03 : Bateau et randonnée à Abel Tasman

La journée est consacrée à l’exploration du Parc national d’Abel Tasman (une réserve naturelle très réputée), enfin d’une partie du parc car il est très grand. On a choisi une excursion mêlant bateau et randonnée (en autonomie), avec le bus pour nous y emmener. J’y vais avec Simon, Lisa et sur place nous rencontrons Lysanne, une autre hollandaise. Je suis surpris par la rapidité avec laquelle se font les contacts ; Simon est d’ailleurs particulièrement doué en la matière, abordant facilement les autres voyageurs. Une forte complicité s’installe très vite entre lui et les deux filles. Je suis de mon côté un peu plus en retrait, du fait de la langue toujours mais aussi de mon caractère, même si j’essaye d’y remédier pour ne pas donner une mauvaise image de moi et surtout pour profiter au maximum de mon voyage.

Les paysages ici mêlent le bush (la forêt) et la côte, avec de belles criques au sable jaune, accessibles qu’à pieds ou en bateau. Il y a un trek (une great walk, le Abel Tasman Coast Track) qui arpente toute la côte. On en emprunte un petit bout. Débarqué à Medlands Beach, on reprend le bateau à Anchorage.

La randonnée est facile mais on marche très tranquillement. On l’écourte d’ailleurs à la fin en prenant un chemin plus direct par la plage pour être sûrs de ne pas manquer le bateau. Ca me laisse le temps d’une petite baignade dans un très beau décor. On croise sur le sentier un weka (un oiseau assez gros sans aile ressemblant à un kiwi) très intéressé par notre pique nique.

Je profite de la soirée pour continuer à prospecter pour une mission bénévole en Polynésie (les premières réponses reçues ayant été négatives) puis je rejoins le groupe dans un parc. C’est la soirée des aurevoirs mais l’ambiance est plutôt joyeuse. Lysanne, hésitante, ne viendra finalement pas avec nous pour le moment et Lisa doit repartir pour Wellington.

 

J132 – Mer 14/03 : Nouvelle île et nouveau compagnon de voyage

Lever de bonne heure (finalement c’est assez régulier, mais je me suis senti un un peu malade et la nuit a été très courte) pour aller prendre le shuttle, à ½ heure de marche, me menant au ferry. Là, comme dans les avions, j’enregistre mes bagages et suis alors plus libre de déambuler sur le bateau, qui est très grand. Le paysage est très beau en arrivant sur l’île du sud ; on déambule à travers de multiples îles, vallonnées, très touffues (avec les premières couleurs de l’automne) et parsemées de petites criques. On y croise même des dauphins mais je réagis trop tard pour les voir.

Suite à ma rencontre avec Simon (avec lequel j’ai noué contact sur un groupe sur facebook), j’ai décidé de voyager avec lui pour 10 ou 15 jours. Le contact passe bien entre nous, on souhaite visiter les mêmes endroits et il a une voiture. Ca me simplifie la tâche et ça me fait plaisir de partager un bout de route (depuis le Laos, je n’ai finalement pas fait beaucoup de rencontres). La décision a été rapide et mon parcours se trouve inversé ; je dois donc dans l’urgence me réorganiser (annuler mon billet de bus, réserver une auberge), ce que je fais sur le bateau. Je retrouve Simon au débarcadère avec Petra (une allemande qui est sa passagère depuis quelques temps) et nous allons directement à Nelson, à 1h30 de route.

L’auberge que j’ai réservée à la hâte, le Paradiso Backpackers, est plutôt bien faite (même assez exemplaire en termes d’agencement), avec de nombreux recoins, un espace central très convivial autour d’une piscine, d’un jacuzzi et d’un bus en guise de salon. Ma chambre elle-même, l’ancienne salle TV, est originale et j’ai à ma disposition une alcôve seul sur la mezzanine. La moyenne d’âge est néanmoins très jeune. L’auberge de Simon était complète et Petra se trouve également dans une autre.

Simon me rejoint en fin d’après-midi et nous nous rendons au point zéro de la Nouvelle Zélande, situé au sommet d’un belvédère d’où nous avons une belle vue sur la ville. Il vient accompagné de deux filles qu’il vient de rencontrer : Esmeralda, une hollandaise, et Lisa qui vient d’Afrique du Sud. Nous avons des discussions variées mais j’ai un peu de mal à intervenir car les sujets changent très vite.

Une petite pause chacun dans notre auberge, le temps de faire du repérage pour demain (on réserve une excursion dans la foulée) et de déguster les spécialités maisons offertes (pour moi une soupe et pour eux du brownie) puis on va manger tous les 4 au centre ville. La ville n’est pas très animée et ressemble plus à un village alors qu’elle est la 2ème plus grande ville de l’île du sud. On trouve un restaurant indien puis on va boire un coup dans un bar en face, avec de la musique irlandaise live. Je suis une fois encore surpris par les prix (16 $ la pinte !) mais je dois m’attendre, à ce que l’on m’a dit, à des coûts plus importants dans tous les domaines sur l’île du sud.

 

J131 – Mar 13/03 : Halte à Wellington

Le fait que je n’ai pu trouver un ferry que pour le mercredi m’oblige à passer une journée à Wellington mais ce n’est finalement pas plus mal. Cela me permet de profiter du beau temps, de régler quelques affaires pratiques et de découvrir tranquillement la ville.

Je m’achète un nouvel appareil photos (presque le même que l’ancien mais le modèle en dessous ; vu les conditions d’utilisation, je ne veux pas trop investir), passe à l’office du tourisme récolter quelques information sur la ville puis reste quelques heures à la bibliothèque pour consulter internet (j’y fait notamment des demandes de coughsurfing pour Christchurch).

Je longe ensuite le port, piéton, où promeneurs, baigneurs, joggeurs déambulent tranquillement, pour me rendre au musée national Ta Papa Tongarewa, que j’ai décidé de visiter. Très grand, il est réputé et plutôt bien fait. Il présente plusieurs expositions sur l’histoire du pays, les Maoris, l’activité volcanique, la guerre. J’y reste pas loin de 3h.

Je grimpe ensuite au Mont Victoria qui offre un panorama sur la ville et l’ensemble de la crique. La montée, plutôt raide, me fait ressentir les courbatures du Tongariro mais la vue vaut le coup d’œil et il faut bien s’entretenir. Je pense d’ailleurs avoir perdu un peu de poids durant mon voyage, comme la plupart des tourdumondistes.

La soirée s’enchaîne ensuite très vite : je profite de l’happy hour sur la terrasse d’un bar, déguste un fish and chips (je ne sais pas pourquoi, j’en ai envie et c’est un peu la spécialité du pays après tout), rencontre Simon, un québecois avec lequel je vais partager un bout de chemin, puis file à l’auberge pour un rdv sur skype. Sur le chemin je retrouve par hasard Hannes puis les français rencontrés à Rotorua puis au Tongariro. La Nouvelle Zélande est vraiment toute petite.

 

J130 – Lun 12/03 : En direction du sud

Je reprends aujourd’hui le bus pour rejoindre Wellington, étape obligée pour rejoindre l’île du sud en ferry. Je prends le bus à 10h (pour 6h de route), ce qui me laisse le temps de prendre un dernier café à Turangi, dans un endroit très agréable, bien agencé, avec Hannes, un allemand sympathique que j’ai rencontré à l’auberge et qui travaille dans un théâtre.

La route est moins spectaculaire que les autres mais on fait une pause repas dans un petit coin de nature plutôt joli, avec un complexe bien anglais proposant également de très belles huttes pour la nuit.

Arrivé à Wellington, j’essaye de trouver en vain un ferry pour le lendemain (tout est complet) puis rejoins l’auberge, très grande et pas vraiment agréable. Je me ballade un peu dans le centre histoire de me repérer et mange thaïlandais (je n’ai pas envie de cuisiner et ça me replonge en Asie).

On est lundi et beaucoup de lieux sont fermés le soir mais la ville me fait bonne impression. Avec un côté anglais plus prononcé, elle semble plus populaire qu’Auckland. Les bars y sont très nombreux et le décor alentour, entre mer et montagnes, agréable à la vue.

 

J127-J129 – Ven 9 à Dim 11/03 : Trek dans le Tongariro

Suivant les conseils de Ian et en prenant en compte les refuges que j’ai pu réserver, je fais finalement un mix entre le Tongariro Northern Circuit (trek de 3-4 jours, que l’on peut aisément faire en 2) et le Tongariro Alpine Crossing (randonnée d’une journée très réputée et très fréquentée). Les paysages, volcaniques, sont réellement extraordinaires, surtout sur le crossing. C’est ici qu’ont été tournées les scènes du Mordor du Seigneur des Anneaux. Même si la civilisation n’est pas très loin (on peut apercevoir de temps en temps des routes et des champs à l’horizon), on se retrouve immergé au cœur d’un décor sauvage et inhabituel, le résultat d’une activité volcanique intense. Le circuit contourne le Mount Ngauruhoe, un volcan tel qu’on se les imagine, à forme triangulaire avec un critère au sommet, et offre une vue quasi permanente sur le Mount Ruapehu, un autre volcan, plus au sud, plus coloré avec de la neige au sommet.

Ven 9 : Démarrage en douceur

J’ai peu de chemin à faire aujourd’hui et pars assez tard ; c’est une mise en jambe qui me permettra de partir tôt pour la grande étape du lendemain. Pour pouvoir rester quelques heures de plus à l’auberge, je donne un coup de main pour le ménage. C’est la coutume ici : si on veut rester, on paye un surplus (je trouve que ça ne colle pas trop à l’esprit « routard » et à celui de la maison) ou on donne un coup de main coup (ça ne me dérange pas). Je fais quelques courses pour le trek ; on doit être autonomes et j’essaye de trouver des vivres bonnes et pas trop lourdes. J’échange aussi rapidement sur le chemin avec un éventuel compagnon de voyage pour l’île du sud mais lui revient d’un trek en pleine nature et moi j’y vais donc la communication n’est pas très facile.

Je pars avec Julia, une allemande rencontrée à l’auberge qui débute son parcours de la même façon que moi. Ian nous emmène à la sortie de la ville puis nous faisons du stop. Nous attendons 15 minutes avant de trouver une voiture qui nous dépose sur la route du désert où commence le chemin. Nous avons un peu de pluie mais ce n’est pas dérangeant. Nous marchons d’un bon pas dans un paysage assez plat au milieu de buissons (je ne sais pourquoi ils l’appellent désert, ce n’est pas à cause du manque de pluie, mais nous n’y croisons personne), puis dans un décor plus boisé, et atteignons le refuge de Waihohonu en seulement 1h30. Il est tout neuf, même s’il reste très sommaire.

On est vraiment en pleine nature. Je croise au refuge des français qui partageaient ma chambre à Rotorua mais ils font juste une pause pour aller camper plus loin.

On refait avec Julia une petite randonnée vers le sud pour clore la journée, explorant une source qui semble très pure et au débit important, et admirant au loin le Mount Ruapehu au milieu d’un décor plus volcanique. La température baisse rapidement à la tombée de la nuit et tout le monde se couche très tôt.

Sam 10 : Eloge de la nature

Le parcours est long aujourd’hui (deux étapes en une pour un total de 26 km) mais relativement facile, assez plat et bien équipé (un peu moins à la fin) et la journée est bien ensoleillée. Je m’offre même le luxe d’un détour au lac Tama et au village Wakapapa (le départ habituel du circuit).

Il y a d’ailleurs plus de monde dans ses environs, des promeneurs à la journée et j’apprécie davantage le début et la fin du parcours pour leur tranquillité. Je suis content du choix du parcours car il y a une progression dans la beauté des paysages. Toute la journée m’offre une vue dégagée sur les deux volcans principaux (on en aperçoit aussi d’autres) et un panorama lointain. On se sent vraiment immergé au milieu d’une nature démesurée et très belle.

Aux Tama Lakes, d’un beau bleu, je m’en tiens à celui du bas (il y en a un autre plus haut), car il y a un vent glacial et j’ai encore du chemin à faire. Après avoir franchi la cascade Taranaki, je déjeune au bord d’un ruisseau puis prends la direction du refuge Mangatepopo, où je dois passer la nuit, m’enfonçant davantage dans les paysages volcaniques même si la végétation y est encore présente. Il y a plus de relief et quelques passages plus délicats mais ça reste facile à cette saison. J’imagine que par temps de pluie ou à la fonte des neige le terrain est glissant et les rivières plus difficiles à traverser. Je croise sur le chemin Julia, qui a fait un détour vers le lac Tama avant de retourner dans le sens opposée, ainsi que deux français, rencontrés au précédent refuge, qui font eux aussi la boucle dans l’autre sens.

En arrivant au refuge, je vais me laver dans un ruisseau sauvage, écoute les conseils du ranger qui garde le gîte (plutôt sympathique) puis profite de la soirée pour admirer la vue. Le refuge est très bien situé, en hauteur, avec une vue au loin sur le Taranaki, le deuxième plus haut sommet de Nouvelle Zélande, lui aussi avec la forme conique parfaite d’un volcan. Le coucher de soleil y est remarquable, de même que le ciel étoilé.

Dim 11 : Découverte du Mordor

Je parcours aujourd’hui le très réputé Tongariro Alpine Crossing. C’est une autoroute de la randonnée avec plus de 1000 visiteurs par jour mais le paysage y est unique et incroyable, le résultat de chaos volcaniques, pratiquement sans végétation avec des roches noires et rouges et des lacs bleu turquoise. Il y a d’autant plus de monde que l’on est dimanche, que la route a été coupée la vielle suite à un accident et que la journée est ensoleillée. On se sent moins immergé dans la nature dans ces conditions (on n’a pas les mêmes pensées) mais le décor prime aujourd’hui sur le reste.

Avec une petite extension pour monter au sommet du Mont Tongariro, je parcours au total 21 km avec plus de 1000 m de dénivelé positif dès le départ. Le chemin est très aménagé (avec plusieurs escaliers) pour la montée, qui se fait finalement assez vite, un peu moins pour la descente, dont la dernière partie est longue et un peu monotone. Le parcours n’est pas toujours facile ; je fais d’ailleurs une chute et casse mon appareil photos. Je suis surpris par la présence de certains randonneurs, peu expérimentés, sous équipés ou partant très tard. Il y a régulièrement des accidents ici, parfois mortels, qui sont souvent le résultat d’inconscience de ce type de randonneurs et de mauvaises conditions météos. Aujourd’hui, il fait un peu frais au départ puis le soleil rayonnant par la suite est très appréciable.

Avec une vue permanente sur le volcan Ngauruhoe, que l’on contourne, les paysages les plus spectaculaires se situent sur les hauteurs, avec le cratère rouge (de couleur rouge vif) qui abrite une énorme faille, des fumerolles un peu partout et de très beaux lacs d’eau chaude (Emerald Lakes). En contrebas des déserts de sable et de roches noires assez énigmatiques. Je pique nique sur une petite crête près du Blue Lake avec une très belle vue de chaque côté, mais je m’aperçois plus tard que c’est un lac sacré maori et que l’on n’a pas le droit d’y manger (comme à Reinga). J’ai une invasion de mouche après mon repas ; c’était peut-être un signe…

Je fais du stop pour le retour (la plupart des visiteurs prennent les navettes, dont le prix est exorbitant) et trouve une voiture très rapidement. De retour à l’auberge, je retrouve les personnes rencontrées deux jours avant et l’ambiance y est plutôt bonne. J’en ai d’ailleurs croisé deux le matin sur le parcours qui on fait la totalité du circuit (46 km) dans la journée et ils reviennent bien épuisés.

 

J125-126 – Mer 7 et Jeu 8/03 : Pause décontractée à Turangi

Je reprends mon sac pour me rendre un peu plus sud, à 2h de route, dans la ville de Turangi. Aux portes du Parc National du Tongariro, cette destination est plus directe pour aller au sud et moins touristique que les villes National Parc ou Ohakune qui en sont les entrées habituelles. Turangi est effectivement très calme, davantage tournée vers la pêche, et semble plus naturelle et plutôt paisible. Je suis surpris de voir si peu de monde dans les rues et de constater que des lieux comme le syndicat d’initiative, la salle d’escalade ou la piscine ferment dès 16h ou 17h.

J’y suis de bonne heure et trouve facilement l’auberge A Plus Samouraï Lodge Backpackers que j’ai réservée, à 10 minutes du centre, et pour laquelle j’ai un véritable coup de cœur à mon arrivée. C’est un peu roots mais aménagé de manière conviviale, bien décoré (on y sent la passion du patron pour la randonnée, entre les cartes affichées partout, les chaussures suspendues et les messages ici et là) et très coloré ; en dehors du bâtiment principal, il y a plusieurs cabanes et recoins, ainsi que des fresques sur tous les murs, intérieurs et extérieur, de simples messages de visiteurs à de véritables œuvres picturales. On se croirait un peu dans un festival. L’ambiance y est détendue avec des profils assez différents, des gens de passage et d’autres qui y habitent visiblement. J’y rencontre notamment un néo-calédonien qui vient chaque année ici pour pêcher et un couple d’allemands voyageurs au long court qui fait une pause en y donnant un coup de main bénévole. Il y a peu de monde et je bénéficie d’une chambre pour moi seul. Le jeudi on a le droit à un brownie tout chaud et partagé.

Je prends dès mon arrivée quelques renseignements sur le circuit que je veux/peux faire. On me conseille d’attendre le retour de Ian, le gérant, qui a un air de Bourvil avec son béret et un accent difficile à comprendre avec un cheveu sur la langue ; j’ai justement choisi cette auberge pour ses conseils. Mais j’apprends que la météo est mauvaise pour les deux jours à venir et que le temps devrait s’éclaircir ce week-end. Parallèlement je jette un œil sur le site du DOC (Departement of Conservation) qui gère ces fameuses Greats Walks (des treks très réputés, il y en a 9 dans le pays) et les hébergements qui vont avec et j’ai la joie de découvrir qu’il y a des places de libres dans les refuges pour le vendredi et le samedi, alors que je n’en trouvais pas jusqu’à présent. Je réserve donc immédiatement. J’ai confirmation le jeudi par Ian que mon parcours tient la route, que je verrai le plus intéressant et que je trouverai facilement des conducteurs pour m’y emmener et me ramener.

Il me faudra donc attendre un peu mais l’idée de pouvoir finalement réaliser LE trek de l’île du nord et de me poser quelques jours ici m’est plutôt agréable.

Les deux jours sont pluvieux, avec quelques éclaircies et mon programme est plutôt calme, même si j’en profite pour avancer sur quelques sujets. Le mercredi, après une petite sieste, je fais une balade (de près de 10km tout de même) le long de la rivière. Le jeudi, je me rends aux thermes de Tokaanu, à 5 km, qui sont malheureusement fermés pour travaux, mais je fais le parcours autour des sources et me promène au bord du lac. Je ne croise pratiquement personnes mais je fais du stop au retour et la première voiture s’arrête.

Un détail insolite : j’assiste au déménagement d’une maison. Quand je disais que les maisons ressemblaient ici à des mobil homes, certaines le sont vraiment.

Je découvre aussi la joie des sandflies (mouches de sable) ; on m’avait informé de leur présence en Nouvelle Zélande et leurs morsures démangent énormément.

 

J124 – Mar 6/03 : A vélo vers Waimangu Volcanic Valley

C’est une journée sportive aujourd’hui. J’ai choisi de me rendre à vélo à Waimangu Volcanic Valley. C’est une réserve géothermique. Il y en a plusieurs dans le coin, la plus connue étant Wai o Tapu, mais à 3 reprises on m’a conseillé celle-ci qui par ailleurs se trouve un peu moins loin. Le loueur ne souhaite pas que je sorte de la ville mais je ne vois pas en quoi il peut me l’imposer et passe outre. Je vais quand même parcourir 60 km à vélo, aller-retour, avec un vélo assez lourd (à seulement 3 vitesses) et un peu de relief. Mais la route est plutôt agréable ; il y a une piste cyclable pratiquement tout le long et la dernière partie est vraiment magnifique, au milieu de collines très pentues où paissent des moutons et des vaches, avec une vue lointaine de chaque côté. J’arrive là-bas un peu épuisé. Le retour sera plus facile car plus en descente ; ce qui ressemblait à du plat à l’aller ne l’était pas.

Waimangu est le plus jeune système géothermique ; il a été constitué pour l’essentiel par une grosse éruption en 1886 du volcan Tawaera, où je me trouvais hier (j’en suis finalement tout près). La visite consiste en un circuit pédestre de 4 km avec une variante un peu raide, que je prends et qui monte au mont Hazard. Le parcours sillonne les cratères, longe les sources chaudes et offre plusieurs panoramas. On y découvre des phénomènes assez surprenants, des résurgences et bouillonnements de partout avec des coulées de toutes les couleurs et des vapeurs omniprésentes. Je décernerais la palme au cratère de l’enfer, emplit d’un lac d’un bleu clair très intense et qui renferme apparemment le plus haut geyser du monde ; on ne peut pas le voir car il est souterrain.

On peut finir la visite par une croisière sur le lac Rotomahana (ça je ne le fais pas) et revenir à l’entrée en bus (ça je le fais).

Je souhaitais ensuite me rendre à Kerosene Creek, une cascade d’eau chaude où l’on peut se baigner, mais je ne m’en sens pas la force (cela représente à nouveau 18 km de plus avec probablement beaucoup de relief ) et il risque de pleuvoir.

J’ai quand même envie de me baigner et tente de rejoindre le Lac Vert, à mi-parcours mais la végétation le rend inaccessible de ce côté. Finalement je trouve un torrent bien rafraichissant un peu avant d’arriver à Rotorua.

 

J123 – Lun 5/03 : Randonnée Tarawera

C’est une bien belle journée, d’un point de vue du temps et de ce que j’y fais.

Le temps de prendre encore quelques infos, de faire quelques courses (j’ai un mal fou à trouver un supermarché) et de me décider, je pars un peu tard mais je tente le tout pour le tout pour aller faire une randonnée que j’ai repérée au bord du lac Tarawera à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Rotorua. Elle aboutit à une plage d’eau chaude où l’on peut camper (mais ça ce n’est pas au programme, même si ça m’aurait bien plu). C’est un endroit un peu en dehors des circuits touristiques donc plutôt calme.

Il n’y a pas de transport public ; j’essaye donc le stop et marche quelques kilomètres, traversant encore des zones géothermiques en activités, pour rejoindre la bonne route. En chemin je croise un papi qui engage la conversation mais je le quitte quand il commence à me parler de Jésus ou plus exactement de Yaushua. Le stop fonctionne plutôt bien en Nouvelle Zélande à ce que l’on m’a dit mais il me faudra quand même attendre un moment, tout en continuant à avancer, pour voir une voiture s’arrêter. En fait il m’en faudra 2, le premier s’arrêtant assez vite pour aller faire du VTT. Ce sont des autochtones. Le conducteur de la seconde voiture me dit avoir essayer le stop en France sans trop de succès ; j’imagine que c’est pour cela qu’il s’est arrêté. C’est une région très riche en lacs ; j’en aperçois trois sur la route.

Arrivé à la zone d’embarquement du lac, qui est très grand, j’admire la vue sur le volcan (le Tawaera aussi) de l’autre côté, et me renseigne sur les bateaux taxis dont je connaissais l’existence avant d’entreprendre cette expédition ; sans cela je n’aurais pas pu faire l’aller-retour dans l’après midi, la randonnée faisant 15 km. Les bateaux s’arrêtent à 15h30. Je dois donc inverser mon itinéraire mais c’est faisable.

Juste le temps de pique-niquer puis je prends le bateau et arrive à destination un peu après 15h. Je profite rapidement de la plage d’eau chaude. C’est assez surprenant ; on voit l’eau sortir des roches et se déverser dans le lac avec quelques volutes de fumées. L’eau est très chaude en surface mais fraiche en dessous ; ça fait une drôle d’impression. On sent aussi la chaleur quand on creuse le sable dans le fond. Il n’y a pratiquement personne.

Puis j’entame la randonnée sans tarder car je dois trouver un moyen de rentrer ensuite. Mais je n’ai pas envie de stress. Le but d’une marche est bien d’oublier le quotidien et de laisser aller son esprit, de mettre ses sens en éveil (le livre que je lis actuellement, « Marcher » de David Le Breton, le décrit très bien). Au pire je rentrerai à pieds me dis-je : difficile mais faisable. Au final elle est un peu plus courte que prévue mais avec 500 mètres de dénivelé et les km parcourus avant, ça me fait un bon entrainement pour le Tongario dans quelques jours. Elle s’enfonce dans la forêt puis longe le lac avec quelques beaux points de vue. Je marche d’un bon pas mais m’octroie une petite pause au milieu pour me baigner à nouveau, dans l’eau fraiche cette fois. Sur le chemin, j’aperçois un walibi qui s’arrête et me regarde ; je le prends en photo (malheureusement elle est floue). A ce que l’on m’a dit, il n’est pas censé y en avoir en Nouvelle Zélande ; la preuve que si. Je décide de retourner à l’embarcadère plutôt que de finir la randonnée jusqu’à la route et je fais bien. La première voiture qui part va bien à Rorotura et accepte de m’emmener. C’est un couple de touriste belgio-écossais. Tout va donc pour le mieux.

 

J122 – Dim 4/03 : En route vers les volcans vivants

Qui dit voyage, dit transport. C’est donc une nouvelle journée de bus aujourd’hui direction Rotorua, avec une escale à Auckland. Mon voisin québécois prend le même bus mais lui se dirige ensuite vers Coromandel où je pensais me rendre moi aussi au départ. On parcourt les kilomètres un peu plus vite ici (470 km en 9h) et les bus sont plutôt bien équipés (notamment en wifi) donc le trajet passe plutôt vite. Le danger est alors de rester le nez rivé sur son écran ou dans les guides sans regarder le paysage défiler. J’ai failli me faire avoir mais je relève la tête à temps pour découvrir un décor de plus en plus joli, en écoutant Cocorosie : toujours de grandes étendues vertes et vallonnées mais avec des monts qui se multiplient et dont les formes et les couleurs commencent à changer.

Je me dirige vers une région où l’activité géothermique est intense et qui devrait me laisser découvrir quelques splendeurs de la nature.

Rotorua est une ville à l’américaine, avec des rues rectilignes et des bâtiments neufs, avec néanmoins quelques édifices historiques. L’offre touristique est grande avec, comme à Topo, un peu plus bas, beaucoup de propositions extrêmes et originales (tour en avion, raflting, parachutisme, luge sur route, parcours sportifs en tout genres…), mais aussi de nombreuses excursions autour de l’activité géothermique et des maoris. Mais toutes sont hors de prix (difficile de trouver une excursion à moins de 60$, quand ce n’est pas 100 ou 150) et la plupart nécessitent de se déplacer en dehors de la ville. Il me faudra donc trouver quelques astuces pour en profiter.

Aujourd’hui on est dimanche et la plupart des lieux sont fermés donc la ville est très calme, mais je commence à en faire le tour et peux déjà dans le parc Kuirau et sur le Sulphur Point, au bord du lac, guidé par les vapeurs et l’odeur de souffre, découvrir quelques marres bouillonnantes et que quelques oiseaux sauvages. Le coucher de soleil est lui aussi magnifique, éclairant d’étranges arbres dégingandés et les collines environnantes. Le soir je reste à l’auberge, qui pour l’anecdote jouxte une salle d’escalade, que l’on voit de chaque étage par des baies vitrées ; mais je n’irai pas car ce serait dommage de rester renfermé.

 

J121 – Sam 3/03 : Russel à vélo

Une petite matinée tranquille (réveil tardif, brunch et encore et toujours internet) puis je pars en exploration. J’emprunte un beau vélo orange à l’auberge, puis file à l’embarcadère pour prendre le bateau direction Russel. Je fais sensation avec mon vélo mais c’est autorisé. Je retrouve un peu l’état d’esprit des pays nordiques que j’avais apprécié. Mick nous expliquait d’ailleurs hier que dans cette région productrice d’avocats et de kiwis, on trouve des étals sur le bord de la route où l’on se sert soi-même en laissant l’argent dans une boîte (comme en Norvège). En revanche il n’y a pas d’infrastructure pour les vélos et plusieurs panneaux indiquent que les voitures sont prioritaires sur les piétons.

Il pleut quand je pars mais je ne m’arrête pas à cela (il ne faut pas ici, juste toujours être armé de son Kway) et je fais bien car j’ai ensuite le droit à un beau soleil.

Russel est une petite ville (presqu’un village avec ses 800 habitants), plutôt chic, située sur une presqu’île entourées de falaises avec vue sur les îles de la baie. Elle a été la première ville portuaire et la première capitale (pendant un an) de la Nouvelle Zélande.

Mon parcours est limité, du fait du relief (je n’ai pas de vitesse), du temps imparti (je dois rendre mon vélo avant 18h) et de nombreuses routes privées où l’accès est, soit interdit, soit contraint à réservation préalable. J’en suis surpris et un peu dépité mais plusieurs terrains semblent être des sites maoris ou des réserves naturelles protégées. On y trouve notamment les kiwis, des oiseaux qui ne peuvent pas voler et sont donc vulnérables, mais je n’en vois pas.

Je vais pour ma part admirer la vue sur la Baie des îles (c’était le but de mon excursion) depuis le belvédère de Flagstaff, la pointe nord (qui n’a pas de nom) et de Longbeach. La côte y est sauvage (avec des roches percées par la mer), très belles et peu fréquentée. J’avais dans un premier temps envisagé d’explorer la baie en Kayak mais en voyant l’état de la mer je me dis que ça n’aurait pas été facile

A mon retour à Paihia, je profite du vélo pour jeter un œil du côté de Waitangui, où fût signé le traité avec les Maoris, puis je me baigne. La mer n’est pas trop froide. Avec 2 nouveaux roommates (les termes anglais sont parfois plus simples !), une suisse et un français venus étudier à Auckland, il y a une bonne ambiance dans la chambre.

 

J120 – Ven 2/03 : Awesome pointe nord

Je pars aujourd’hui de très bon matin (rendez-vous à 6h45) pour le Awesome Cape Reinga and Ninety Mile Beach Tour, que j’ai réservé avec mon pass de bus. En fait il s’agit d’une sortie pour aller explorer le cap nord de la Nouvelle Zélande avec plusieurs étapes et un côté « fun » (la moyenne d’âge dans le bus est d’ailleurs assez basse), notamment une partie du chemin à même la plage en bus et une découverte du sandsurf. Je n’avais pas un descriptif très détaillé de l’excursion et découvre le programme au fur et à mesure. Plusieurs agences font le même circuit et les chauffeurs ont l’air tous très sympathiques ; on en croise 2-3 le matin qui s’arrêtent au même arrêt.

C’est une longue journée (11h) et beaucoup de transport mais les paysages traversés sont très beaux et assez variés, et les étapes vont crescendo. Je ne peux malheureusement pas prendre beaucoup de photos ; c’est l’inconvénient des transports collectifs. On part et on revient sous la pluie, carrément dans le fameux long nuage blanc couvrant régulièrement la Nouvelle Zélande, sur une petite partie du chemin, mais on a la chance d’avoir un beau temps dégagé au cap.

On s’arrête d’abord dans la forêt de Puketi, près de Kerikeri pour aller explorer le chemin Manginangina, une passerelle en bois traversant une végétation dense et entourée d’énormes arbres Kauri (les plus gros du pays). Une deuxième pause plus logistique à Taïga pour acheter de quoi se restaurer, puis on file directement au Cape Reinga, tout au nord, où se rejoignent l’Océan Pacifique et la mer de Tasman. C’est très sauvage, un peu à la manière d’un cap breton, avec une vue lointaine de chaque côté et de grandes falaises. C’est aussi un territoire maori sacré (ils sont très présents dans le nord du pays et ont plusieurs réserves) ; on n’a d’ailleurs pas le droit d’y manger ni de boire. Je dois me renseigner sur les Maoris mais j’ai déjà pu lire que ce sont des populations polynésiennes autochtones de Nouvelle-Zélande qui s’y sont installés à partir du VIIIᵉ siècle et qui ont été plutôt respectées (par des accords passés) lors de l’arrivée des européens dix siècles plus tard.

On redescend par l’est. C’est ici, après quelques kilomètres, à Te Paki Stream, que le bus rejoint la plage roulant à même un ruisseau. Il y a de nombreuses dunes, assez hautes, et on s’arrête devant l’une d’elle pour s’initier au sandsurf ; chacun, sa planche sous le bras, monte au sommet de la dune pour en redescendre à plat ventre en glissant. Ca je ne m’y attendait pas mais c’est plutôt amusant. On longe ensuite la mer un long moment en roulant sur la plage qui, comme son nom l’indique, s’étend sur environ 150 kilomètres. On s’enlise quand même une fois et on doit pousser le bus.

Plus qu’un chauffeur, Mick, très dynamique, assure est un véritable animateur et assure toute lalogistique. Il est originaire de Liverpool et s’est installé en Nouvelle Zélande il y a 18 ans après un voyage. Tout en pilotant, il nous donne au micro, de nombreuses informations et nous raconte des légendes du pays. Je n’en saisis malheureusement qu’une petite partie.

Deux derniers arrêts pour nettoyer le bus puis déguster, pour ceux qui le souhaitent un fish and chips (pour moi il est un peu tôt pour cela), au village de pêcheurs Mangonui Harbor, où faisaient escale les baleiniers au XIXe siècle, puis c’est la fin de l’excursion. Ca aura été une journée bien agréable.

A mon retour, je découvre mon nouveau voisin de chambrée, un québécois, puis un groupe d’adolescents espagnols envahit l’auberge. C’est tout de suite moins calme. La ville est d’ailleurs elle aussi un peu plus animée, sans doute parce que l’on est vendredi.

Je passe une grande partie de la soirée à faire des recherches sur le Tongarino Northern Circuit, un très beau trek au cœur de l’île que j’ai envie de faire la semaine prochaine, mais je serai sans doute obligé de trouver une alternative car il n’y a plus de place dans les huttes et les transports sont difficiles à trouver.

 

J119 – Jeu 1/03 : Cap sur le Northland

Suivant les conseils de Patou (l’amie d’enfance de ma chère cousine), qui vit en Nouvelle Zélande depuis longtemps maintenant et avec laquelle j’ai eu plusieurs échanges, j’ai choisi de commencer mon itinéraire tout au nord, et logerai dans la ville de Paihia, d’où je me rendrai au Cap Reinga.

J’ai encore quelques heures le matin à Auckland et décide de retourner dans le quartier Karangahape, qui m’avait bien plu, pour explorer quelques magasins fermés à mon premier passages (un stock de l’armée pour la tente, un disquaire…).

Puis je prends le bus, découvrant pendant 4h la campagne néo zélandaise. A l’image d’Auckland, elle est très vallonnée et encore plus verte, avec de grandes prairies et quelques forêts. J’ai l’impression par moments de traverser un immense terrain de golf avec une herbe bien molletonneuses (j’ai testé, pas besoin de matelas pour dormir). On pense forcément à l’Irlande, avec ses moutons et ses pêcheurs, mais avec un côté plus démesuré. Les maisons basses en bois carrées ressemblent à des gros mobil homes et les centres villes sont des centres commerciaux, à l’américaine. Mais l’arrêt du bus dans un salon de thé et la découverte de la plage, mêlant sable et herbe, en arrivant, nous rappellent tout de suite qu’ici c’est l’Angleterre.

L’intérêt de Paihia réside surtout dans sa situation sur la Bay of Islands, très réputées pour sa beauté. Paihia n’en n’est pas le meilleur endroit mais elle est centrale. C’est une cité balnéaire, plutôt jolie et calme (contrairement à la Thaïlande). Autant on me disait partout à Auckland qu’on était en pleine saison touristique, autant j’ai l’impression ici d’être en fin de saison. L’auberge, plutôt confortable, est pratiquement vide. Ici, comme dans le reste du pays, tout le tourisme tourne autour des backpackers (une auberge sur deux à ce mot dans son nom) mais du routard, il n’en reste que le nom car on est plutôt ici dans un tourisme de luxe avec de nombreuses activités à sensations (la Nouvelle Zélande est connue pour cela).

 

J117-J118 – Mar 27 et Mer 28/02 : Premiers pas en Nouvelle Zélande

Je passe une grande partie de ces deux journées à rechercher des infos (sur internet et à travers la ville) et à organiser le début de mon parcours dans ce nouveau pays, ce qui limite un peu la visite touristique d’Auckland.

Je reprends mon rythme de citadin européen, car il fait jour plus tard (jusqu’à 20h) et les autres sont aussi décalés, mais je dors mal, sans doute à cause du décalage horaire. Alors que je devrais aller vers les autres pour trouver des infos, j’ai tendance à m’isoler un peu. Il faut dire qu’à l’auberge il y a déjà un grand groupe constitué, plutôt des jeunes (plusieurs sont français), dont la plupart sont ici pour travailler (en PVT comme je l’ai fait au Canada). Leurs préoccupations et conditions de travail ont l’air assez stressantes et je n’ai pas envie de discuter de cela en ce moment. Je dois aussi faire plus attention à l’argent car tout est très cher et se retrouver tout à coup avec une monnaie à petits chiffres multiplie vite les écarts. En termes de changement, je me remets aussi à cuisiner (avec les moyens du bord), ce qui ne m’est pas arrivé une seule fois en 4 mois.

Je suis néanmoins très actif et les perspectives des paysages à découvrir dans ce pays sont très alléchantes. Côté pratique, je tente de trouver sur facebook un compagnon de voyage et une voiture à partager, recherche qui n’aboutit pas pour le moment, même si je trouve de nombreux messages intéressants, et je repousse jusqu’au dernier moment l’achat d’un pass de bus. J’opte, après comparaison, pour le Flexibus chez Intercity, qui me laisse la possibilité de choisir mes destinations au fur et à mesure. Je tenterai ensuite de louer une voiture à Christchurch pour plus de liberté sur l’île du sud (je prospecte aussi). J’achète une carte sim qui me sera bien utile dans les zones les plus reculées, je repère les enseignes intéressantes et notamment les « opportunity shops », idéales pour trouver le matériel de camping dont je vais avoir besoin. Mais les magasins ferment tôt (vers 17h-17h30) et je me fais avoir plusieurs fois. Cà me donne l’occasion d’explorer quelques quartiers de la ville.

Auckland est plutôt belle, avec ses nombreuses collines verdoyantes (des anciens volcans qui offrent de beaux panoramas), son grand port, qui me fait un peu penser à La Rochelle, d’autant qu’il y a en ce moment un grand rassemblement nautique autour d’une course, mais avec un côté très américain (les tours, les burgers partout) et une influence anglaise assez forte (les grands parcs, la pratique du cricket, le raffinement). Tout est rutilant et il y a de nombreux chantiers en cours.

Je comptais aller visiter Devonport, en bateau, ou le Mont Eden (un volcan), mais faute de temps je m’en tiens au centre et à ses quartiers alentours. Je suis assez séduit par l’immense parc du volcan Pukekawa et par la rue Karangahape, un quartier beaucoup plus populaire avec de nombreux bars et clubs, ainsi que des auberges et des magasins en tous genres.

C’est la rentrée ici et tout se met en route. Il y a plusieurs festivals qui s’installent dans les parcs et sur le campus, et le Auckland Arts Festival, qui va débuter prochainement, semble être un très grand événement.

Sinon, j’ai enfin la réponse à l’une de mes questions : le terme « été » désigne bien la saison chaude et non la période juin-août de l’autre côté de la planète. Par contre c’est un peu toutes les saisons en même temps ici, comme en Irlande ; on passe du chaud au plus frais (je ne parlerais quand même pas de froid en comparaison des températures actuelles en France) et de la pluie au soleil d’un instant à l’autre.

 

J115-J116 – Dim 25 et Lun 26/02 : Changement de continent

J’ai encore toute la matinée pour profiter de Bangkok et me dirige à pieds vers le quartier Pratunam, à 5 km, pour faire quelques achats tant que je suis encore en Asie ; certains de mes vêtements commencent à être vraiment usés, de même que la batterie de mon téléphone. On est dimanche et, contrairement aux infos que j’avais eues, tout est fermé sur le chemin. Ca me permet néanmoins d’explorer des quartiers moins touristiques, de voir de petits marchés, de me perdre dans des ruelles, de traverser la voie ferrée et d’arriver dans un quartier tout neuf, jalonné de tours et d’énormes centres commerciaux (du moins à l’extérieur car à l’intérieur les boutiques sont petites, du moins pour les vêtements, et les couloirs de circulations plutôt réduits.de même que les couloirs J’y arrive à 10h, précisément pour l’ouverture des magasins. Mais le temps passe vite et pour le retour je prends un tuk tuk.

Commence alors un très long voyage. Je trouve facilement le bus menant à l’aéroport mais l’attends longtemps. Heureusement j’ai de la marge. L’aéroport est surpeuplé et semble assez désorganisé avec une queue de plusieurs centaines de mettre devant l’ensemble des comptoirs. Au final, sans trop comprendre la logique, je passe assez facilement les différents guichets et contrôles.

S’enchaineront alors 3 avions avec un arrêt à Bangkok et en Australie, dans le petit aéroport de Gold Coast. J’ai pris des avions Low cost et le service est minimum (moindre que dans les bus, même l’eau et les couvertures sont payantes) et le sommeil pas très facile à trouver. Je dois récupérer mes bagages, et donc passer la douane puis me réenregistrer à Bangkok, le deuxième avion arrive avec un peu de retard, je passe de nombreux contrôles (dont certains complètement inutiles voire un peu zélés) et je dois faire la queue partout (y compris une interminable queue à une fontaine à eau en Australie alors que l’on m’a obligé à vider ma gourde juste avant), ce qui fait que malgré les longues attentes initialement prévues, je n’ai pas trop de répit dans les aéroports. Je suis aussi un perdu dans les décalages horaires ; j’avance au final de 6 heures mais sans trop comprendre où.

Arrivée en Nouvelle Zélande, l’ambiance semble plutôt détendue. Le personnel est serviable et les douaniers plutôt sympathiques (comme au Canada). En prévision des coûts élevés, j’avais acheté du tabac au Duty Free et je m’aperçois que les quantités autorisées ici sont plus limitées qu’habituellement. Je signale mon surplus mais on me laisse passer sans problème. Le Skybus menant au centre ville est lui aussi très bien organisé (le chauffeur annonce lui même tous les arrêts au micro). Sur le chemin, je suis surpris par le vert intense des parcs et par l’apparence toute neuve de la ville.

J’arrive donc à l’auberge à 17h30. Elle est nettement moins étincelante, voire un peu pourrie et c’est l’usine. Avec le recul je m’apercevrais néanmoins qu’elle offre les services nécessaires (même si certains, comme le wifi, sont payants) et qu’elle est très bien située (en hyper centre, non loin du port, et à 100 m de la Sky Tower, l’emblème de la ville).

Je fais un tour du quartier, tente de trouver un endroit pour manger abordable pour finir au Burger King et déguste une bière dans un pub Irlandais.

Le choc est assez grand ; retrouver, après l’Asie, la société occidentale, son abondance, son rythme, mais aussi sa propreté et ses travers et notamment la présence de nombreux clochards, n’est pas anodin et fait réfléchir.

 

J114 – Sam 24/02 : De retour à Bangkok

Tuk tuk, bateau, bus, tout s’enchaine plutôt bien même si le trajet est encore très long avec des bouchons en arrivant à Bangkok (j’y aperçois d’ailleurs en passant un événement qui ressemble à un festival). Mais finalement je suis bien occupé et ne vois pas le temps passer : je trie mes photos (j’ai là aussi beaucoup de retard), j’écoute de la musique, je lis. J’ai acheté du fromage pour midi, ça faisait longtemps ! C’est du gouda mais ça fait plaisir.

Sur le chemin, je discute avec d’autres français : un couple de retraités, qui s’est lui aussi fait avoir par une agence et qui me donne quelques conseille sur la Patagnie, et un couple avec une petite fille qui a passé un moins sur l’île Kho Kut, qui visiblement est beaucoup plus sauvage.

J’ai un peu de mal à trouver l’auberge mais elle est toute neuve et rutilante. Compte-tenu de notre arrivée tardive et de l’éloignement du quartier Sukhumvit, je suis obligé de revoir mes plans et déambule à nouveau, sans trop de convictions, dans le quartier des backpackers, à proximité duquel se situe l’auberge. On est samedi et il y a beaucoup de monde. J’aperçois même quelques Lady boys, une spécialité locale.

Le bilan de mon séjour en Thaïlande est plutôt mitigé mais ce n’était qu’une étape de transit pour moi et il m’est difficile de m’en faire idée objective, d’autant que les lieux où j’y ai séjourné ne correspondent pas à ma façon habituelle de voyager (grosse ville, cité balnéaire). Il me faudra y revenir un jour en choisissant minutieusement mes étapes.

 

J113 – Ven 23/02 : Dernier jour à la plage sous la pluie

Je suis bien content d’avoir visiter l’île hier car aujourd’hui il pleut. Ce n’est pas la pluie tropicale (qui aurait pu être intéressante à voir une fois) mais la journée est ponctuée de petites averses. Ce n’est pas bien grave car j’avais prévu de rester dans le coin pour me relaxer et régler quelques affaires et du coup il fait un peu moins chaud. Mes colocataires sont tous deux partis et le soir je constate que j’ai la chambre pour moi tout seul.

Après un réveil tardif à 9h (en France c’est une heure normale pour moi mais pas en voyage), je passe l’essentiel de mon temps sur mon ordinateur pour rechercher un hébergement à Auckland, faire des demandes de bénévolats (j’ai des doutes sur le fait qu’elles puissent aboutir vu les délais mais au moins j’aurais essayer) et rattraper le retard sur mon journal ; j’en ai déjà parlé plusieurs fois mais j’y suis enfin arrivé. Cette tâche me demande quand même quotidiennement pas mal de temps et le retard se cumule très vite. C’est l’une des seules obligations que je me suis données cette année et quand je n’y parviens pas, ça me travaille un peu, d’autant qu’il est plus difficile de le faire après coup.

Mais c’est aussi une journée consacrée à la relaxation et je m’octroie quelques plaisirs locaux en soirée. Je commence par un massage du dos, de la tête et des épaules. C’est maintenant ou jamais qu’il faut le faire. Le massage thaï est connu pour être dynamique, voire un peu violent ; je m’en rends bien compte alors que la masseuse exerce des points de pressions sur mon corps avec ses coudes ou lorsqu’elle me marche dessus. J’ai néanmoins l’impression qu’elle a réussi à dénouer quelques nœuds bien serrés et en ressors plutôt content. J’y arrive un peu tard néanmoins et me fais attaquer par les moustiques pendant le massage, en extérieur, ce qui fait rire les masseuses mais est nettement moins agréable.

Je file ensuite dans mon bar favori sur la plage, y prends une bière, bien installé face à la mer, avec en fond sonore quelques morceaux bien choisis par le bar, et me laisse tenter par du poisson grillé. J’en suis un peu déçu (on dirait des nuggets). Je sens tout le potentiel de la cuisine Thaïlandaise mais, sur les lieux que je fréquente sur cette île, elle ne semble pas toujours complètement aboutie. Il faut dire aussi que les menus sont de véritables inventaires et que la cuisine est en générale meilleure avec seulement quelques plats proposés.

Enfin, n’ayant pas profité de la plage aujourd’hui, je ne peux résister à l’idée de plonger une dernière fois dans la mer, malgré la nuit. Une expérience plutôt agréable dans cette calme baie.

 

J112 – Jeu 22/02 : Exploration de l’île

J’ai décidé d’explorer l’île et je loue pour cela un scooter. Sur les conseils de Julien, qui a déjà arpenté hier la côté ouest, une succession de resorts et de commerces du nord au sud sans grand intérêt, je longe la côté est, plus sauvage, jusqu’au sud de l’île, pratiquement d’une traite. Il a d’ailleurs le même itinéraire que moi et l’on se croise à plusieurs reprises.

Le relief est assez important et la route navigue entre mer et forêt. Je fais un premier arrêt dans la mangrove, où je suis un chemin en bois quelques peu abandonné, jusqu’à la mer. Dans cet entrelacement de racines, je ne vois pas d’animaux, à l’exception d’oiseaux plutôt colorés, mais j’entends de nombreux bruits et je reste sur mes gardes. J’aimerais en voir mais en même temps je ne tiens pas à me retrouver nez à nez avec un crocodile (pas sûr qu’il y en ait ici) ou un python (ça j’ai lu qu’il y en avait mais peut-être plus dans la jungle au centre de l’île).

Je file ensuite plus au sud et admire les villages de pêcheurs sur pilotis et la vue sur les îles alentours au milieu d’une eau turquoise. Il y a peu de touristes par ici. Je m’arrête déjeuner dans une gargote un peu reculée où j’assiste à la livraison de produits frais et y mange très bien (même si j’attends longtemps car l’on ne s’est pas compris). Je souhaitais aller voir les cascades mais j’apprends qu’elles sont à sec.

Je file ensuite direction de Long Beach, le but de l’expédition. C’est une plage plus isolée à l’extrémité de l’île, avec de petits bungalows assez sommaires à louer (pour pas très cher d’ailleurs). Le paysage en arrivant est assez spectaculaire, mais une fois sur place, je découvre une plage assez petite (malgré son nom) et pleine de détritus ramenés par la mer. Je pense qu’il y en a partout (comme évoqué avant, c’est l’un des gros problèmes de l’Asie) mais que les plages côté ouest sont nettoyées régulièrement, même si j’y croise un peu partout des odeurs nauséabondes. L’intérêt principal est l’horizon et ses nombreuses îles et ilots. A l’extrême sud, on aperçoit d’ailleurs une autre île montagneuse séparée en 2 par un banc de sable, qui donne un aperçu de l’exotisme qu’offre la Thaïlande plus au sud et un avant goût du décor que je vais trouver en Polynésie. J’y passe néanmoins un bon moment. Je me baigne dans une eau vraiment très (trop) chaude et y déguste une noix de coco (ce que je voulais faire depuis deux mois) dans un cadre agréable. Ca ressemble à des vacances, non ?!

En remontant, je m’arrête à d’autres cascades, elles aussi à sec, puis à un point de vue pour admirer le soleil couchant sur la mer. Avant de rentrer, je longe la côte ouest vers le sud sur quelques kilomètres, histoire de me faire ma propre opinion. Je m’aperçois que notre auberge est située dans l’un des endroits les moins animés et les plus tristes mais que par contre nous bénéficions d’une belle plage à proximité ; il y en a finalement peu et elles ne sont pas facilement accessibles.

De retour à l’auberge, je revois des visages connus. Chacun à ses petites habitudes. Notre 3ème colocataire (un chinois ?), passe tout son temps à l’auberge, consultant internet sur son téléphone, et je retrouve chaque soir à la même heure un couple hollandais qui regarde des épisodes de Friends sur la terrasse.

 

J111 – Mer 21/02 : Journée farniente… enfin presque

Aujourd’hui je prends mon temps, comme je le souhaitais, mais ne peux m’empêcher de faire de petites escapades. Ce n’est pas comme cela que je vais réussir à boucler tout ce que j’ai prévu (mise à jour de mon journal, sélection des photos, recherches et prises de contacts pour la Nouvelle Zélande) mais il faut bien en profiter.

Le matin, après avoir discuté avec Julien, français et voisin de chambre, qui est saisonnier et voyage 6 mois en Asie, et pris quelques renseignements sur les activités à Kho Chang, je vais explorer les environs. Pas facile d’aller très loin sans véhicule et les abords de la route ne sont pas bien excitants et peu propices à la marche (voitures et scooters me frôlent bien souvent). Il y a également beaucoup d’impasses qui m’obligent à faire demi tour.

Je file alors à la plage où je me baigne. Il n’y a pas grand monde et l’eau est plutôt chaude. La plage descend doucement et il faut aller loin pour trouver de la profondeur. Un smoothie sur la plage en bricolant sur internet, un repas vite avalé, puis je pars pour une petite randonnée en direction de la cascade Khlong Phlu, à 5 km. Avec un prix d’accès élevé, la cascade n’est pas extraordinaire mais vaut le coup d’œil. On peut s’y baigner, ce que je fais, au milieu des poissons, plutôt curieux (ou gourmands) qui n’hésitent pas à nous effleurer. Il y a aussi un petit trek indiqué, s’enfonçant dans la jungle et que j’aurais aimé emprunter, mais l’accès en est fermé. Au moins, je ne croiserai pas les quelques animaux venimeux y résidant (serpents, scorpions, araignées). Je croise par contre des éléphants, dans des parcs qui leur sont dédiés et sensés favoriser leur retour à la nature. J’ai quelques doutes sur la pertinence de ces actions en apercevant plusieurs molosses enchaînés.

Sinon, c’est confirmé, je ne croise que des russes sur cette île. La plupart sont bien portants et tout roses ; ils ne connaissent visiblement pas la crème solaire. Contrairement au Laos, le temps étant dégagé la nuit et couvert en journée, c’est vrai que l’on ne se méfie pas trop. J’ai moi aussi pris quelques couleurs.

 

J110 – Mar 20/02 : Découverte de Kho Chang

Mon passage à Bangkok fût bref mais m’a quand même permis de me faire une idée de la ville ; j’y reviens dans 4 jours et tâcherai d’en voir un peu plus. D’ici là, direction Kho Chang pour me poser un peu.

On vient me chercher à l’hôtel pour me déposer 5 minutes plus tard au pied du bus (un bus VIP). Le trajet porte à porte mettra quand même 9h mais j’ai le wifi et en profite pour faire quelques recherches sur la nouvelle Zélande. C’est aussi aujourd’hui (notamment grâce à internet) que je prends vraiment toute la mesure de l’arnaque de la veille et ça me mine une bonne partie de la journée.

On m’avait dit que je trouverais beaucoup de russes sur l’île et il y en a déjà beaucoup dans le bus. On fait une pause à 11h (trop tôt pour manger) puis arrive à l’embarcadère vers 15h (trop tard et peu de propositions, je saute donc le repas).

La traversée en Ferry est rapide et, sous un ciel voilé, on découvre une île assez montagneuse. Elle mêle les plages exotiques, la jungle et la mangrove sauvage. Ca reste assez touristique mais il y a des possibilités de se retrouver seul dans la nature. Descendus à terre, une file de tuk tuk bien organisés nous attendent. 20 minutes plus tard j’arrive à Klong Prao. J’ai perdu ma casquette en route avec le vent et le tuk tuk à manqué mon arrêt ; je reviens en arrière à pieds. On va dire que ce n’est pas ma journée. Je découvre alors l’auberge, qui d’extérieur ressemble un peu à un HLM mais qui au final s’avère pas si mal, même si l’accueil du réceptionniste est un peu glacial. Je découvre l’un de mes voisins de chambrée, Pierre, un allemand, plutôt sympathique qui repars demain et qui me fait cadeau d’une casquette.

Puis je pars à la découverte des alentours. La route et ses boutiques, ses bars (dont certains avec des entraineuses), qui est peu triste puis la plage nettement plus belle. Elle est entourée de resorts plutôt chics mais ceux-ci sont bien intégrés dans la végétation.

Je me pose sur une chaise longue d’un bar de la plage, face à la mer et commence enfin à décompresser et à redevenir jovial. La lumière s’abaisse, le son augmente et trois Thaïlandais font un petit spectacle à base de feu devant nous, qui va très bien avec le décor.

Je reviens manger (plutôt bien) près de l’auberge dans un restaurant mi-touristique mi-local et plutôt raisonnable contrairement à d’autres, et fais quelques courses (il y a 3 quand même trois supermarchés côte à côte).

 

J109 – Lun 19/02 : Arnaque à Bangkok

Le bus a fait peu d’arrêts (seulement un à 1h30) ; je n’ai pas dormi d’une traite mais j’ai quand même réussi à me reposer. Mes premiers pas en Thaïlande me font découvrir un pays semblant plus occidental et plus riche, avec des routes larges et éclairées, des 4×4 partout (c’était déjà le cas à Thakhek), des supermarchés, dont beaucoup de 7eleven (ouverts pour certains 24h sur 24),

de très grands marchés (ouverts tard et très tôt le matin) et des habitants plus soucieux de leur apparence (coupe, habillement).

J’arrive à la gare routière très tôt le matin mais elle est déjà en pleine activité. On dit que la Thaïlande est une destination simple pour voyager mais il n’est pas très aisé de s’y retrouver à la gare routière. Devant une longue file d’attente aux taxis « officiels » (avec compteur, plus conseillés que les autres qui nous alpaguent et qui peuvent pratiquer des tarifs très prohibitifs), je demande à d’autres européens s’ils veulent partager la course ; ils sont d’accords et me donnent des conseils sur les quartiers. Mais on finit par prendre le bus local (mais pas le même), pour un trajet d’une heure trente. Arrivé au centre, je file à une auberge repérée rapidement sur booking. Le check’in est à 14h ; je réserve, y laisse mon sac, puis pars arpenter la ville, avec peu d’armes en main (je n’ai pas de carte et plus de batterie sur mon téléphone), donc un peu au hasard.

Là tout s’enchaîne très vite ; je rencontre sur le chemin des gens très sympathiques mais réaliserai plus tard que je suis victime d’une arnaque. La stratégie est bien au point (je l’ai retrouvée dans toutes ses étapes sur internet). Me voyant un peu perdu, un premier homme m’aborde, parlant très bien l’anglais (j’apprendrai plus tard que cela est louche) et me donne des conseils. Il m’explique que le gouvernement veut dynamiser le tourisme en encourageant certaines initiatives, qu’aujourd’hui c’est une journée de promotion du tourisme avec quelques monuments gratuits et une réduction de 30% à l’Office de tourisme « officiel », qu’il faut éviter de réserver dans les agences du quartier des backpackers où je me trouve, et qu’il y a des tuk tuk certifiés par l’état qui offrent des courses très avantageuses pour visiter les monuments. Résumé comme cela, on sent vite l’arnaque mais le discours était beaucoup plus subtil et l’homme en question s’est débrouillé pour que ce soit moi qui lui demande de l’aide. Il m’a dressé une liste de lieux à visiter et a trouvé et négocié un tuk tuk pour une course de 5 heures (au final ce sera plutôt 2).

Visitant le premier monument, le temple du Bouddha Noir (qui malheureusement est fermé pour cause de cérémonie), je tombe « par hasard » sur un universitaire, qui aborde avec moi différents sujets et me donne lui aussi quelques infos, corroborant quelques propos du premier. Je me dis après ces deux rencontres que les Thaïlandais sont plutôt accueillants.

On file ensuite à l’office du tourisme indiqué qui ressemble à une grande agence. La salariée me demande ce que je recherche et me fait une proposition correspondant exactement à mes souhaits et cela sans être trop insistante : ce sera un séjour de 3 jours et 4 nuits sur l’île Koh Chang, moins touristique et plus sauvages que d’autres, avec transport et hébergement, ainsi que la dernière nuit à Bangkok. Je ne suis pas encore très à l’aise avec les baths ; je fais un rapide calcul, me rends compte que c’est un peu plus cher que ce que je paye habituellement mais accepte la proposition, qui me semble raisonnable et qui me facilite le travail, ce dont j’ai envie à ce moment de mon voyage. Quand je lui demande si l’agence est bien certifiée par l’état, elle me dit qu’ils reçoivent une subvention et me montre un carnet de témoignages de précédents clients satisfaits des prestations offertes.

C’est quand le tuk tuk m’emmène à une « fabrique » Thaï (comme indiquée par le premier homme), qui est en fait un magasin de costumes et dont je me fais « gentiment » éconduire quand j’explique que je ne veux rien acheter, que je commence à flairer l’arnaque.

Au final, il n’y a rien de catastrophique ; les prestations sont réelles, la proposition correspond à mes attentes et je dois perdre une soixante d’euros dans l’histoire. Mais j’en prends pour mon égo (après 3 mois et demi de baroudage, j’arrive encore à me faire avoir !) et après le Laos, je vois tout de suite la Thaïlande comme un pays beaucoup moins sympathique où il va falloir à nouveau être sur mes gardes constamment. Je me dis aussi que j’aurais préféré passer la dernière nuit à Bangkok dans un autre quartier.

Après être monté à la Golden Mountain, où m’a laissé le tuk tuk, pour avoir une vue panoramique sur la ville, je me lance à pieds et carte en main à la découverte du vieux quartier de Bangkok.

Bangkok une ville vraiment grande. Il y a énormément de monde et des temples partout. Je me retrouve rapidement sur les Champs Elysées locaux, le long de la rivière (la Chao Phraya), fréquentée par une multitude de bateaux et dont les rives sont difficilement accessibles. Je ne peux rentrer au Watt Phra Kaew (visiblement le temple plus fréquenté), pour cause de short, et ne tente pas le Wat Phra Chetuphon (un énorme bouddha couché que j’aperçois par la fenêtre), effrayé par la foule. Après avoir vécu un mois au Laos et fréquenté des lieux naturels et calmes, ça me fait bizarre de retrouver une si grande ville et une telle affluence.

Je finis dans le quartier chinois, mais sans en atteindre le cœur qui est beaucoup plus loin, puis retourne à l’auberge me reposer un peu. Ayant finalement peu dormi, j’ai déjà bien enchaîné la journée et il fait vraiment très chaud (près de 35°) avec un air moite et pollué.

En soirée, je fais des recherches sur les différents quartiers de la ville dont j’ai maintenant une vision assez claire, puis je pars à l’assaut du quartier des Backpackers et notamment de Khao San Road. Il y a quelques bars sympas dans les rues adjacentes mais il n’y a ici que des usines à touristes et une incitation flagrante à la beuverie. J’essayerai à mon retour à Bangkok de faire un tour au quartier Sukhumvit, tout aussi animé mais apparemment plus authentique.

 

J108 – Dim 18/02 : Migration en Thaïlande et petits contretemps

J’avais prévu initialement une journée off à Thakhek mais c’est un peu tristoune ; je préfère partir dès aujourd’hui et avoir plusieurs jours tranquilles consécutifs sur une île pas trop loin de Bangkok. Mon séjour en Thaïlande sera court (une semaine) et je ne veux pas passer tout mon temps dans les transports ; je vais donc tenter de trouver un coin idéal pour me reposer. J’ai repéré l’île de Kho Kut (moins touristique que d’autres) mais ça peut encore changer en fonction des transports et des conseils que je pourrai avoir.

Je passe néanmoins la matinée à l’auberge. Un petit imprévu : je m’aperçois de la perte de ma carte bleue. J’ignore comment cela a pu se produire (faisant toujours très attention à mes papiers et mon argent) mais il fallait bien que cela arrive une fois dans le voyage. Heureusement j’en ai une autre. Le problème est de trouver un endroit où me faire livrer la nouvelle (pas évident quand on bouge tout le temps).

Je prends donc le bus pour la Thaïlande en début d’après-midi. Il faut compter une heure trente, pour rejoindre Nakhon Phanom, la ville située de l’autre côté du Mékong. Le bus part avec un peu de retard et revient à la gare routière 10 min après son départ, mais le passage de la frontière est assez rapide. Il nous faut encore débourser 1€ à la sortie du Laos (parce qu’on est dimanche !). L’entrée en Thaïlande ne pose pas de problème.

Arrivée à la gare routière, il fait chaud, l’ATM n’accepte pas ma carte et il n’y a plus beaucoup de billets pour Bangkok. J’ai demandé pour aller directement à Trat (pour arriver plus vite sur l’île Kho Kut) mais ça semble un peu compliqué. Je vais donc commencer par Bangkok.

Je vais à la découverte de Nakhon Phanom, avec mon sac à dos, et finis par trouver un ATM puis un billet de bus. De nouveau quelques repères à prendre : apprendre à dire bonjour et merci, se faire à la nouvelle monnaie (le Bath), faire attention à la circulation car on conduit ici à gauche… J’échange mes derniers Kips à une particulière que je trouve dans le bus repartant à Thakhek (il n’y a pas de bureau de change ici) et c’est reparti pour 12h de bus avec une arrivée prévue à 5h du matin. Ca ne sera pas un bus couchette mais j’ai une place à l’avant plutôt spacieuse avec une vue panoramique, face au petit autel, que la chauffeuse rafraichit avant de partir.

 

J104-107 – Mer 14 au Sam 17/02 : Loop de Thakhek à moto

On m’en avait beaucoup parlé, le loop de Thathek est le circuit à faire au Laos, préférable à celui du plateau des Bolovens, pourtant plus connu et partant de Pakse. Je suis venu ici pour cela. Les paysages y sont très variés et il offre de nombreuses possibilités d’arrêts : points de vue, grottes, villages, lieux de baignade. Contrairement à ce qu’indique le Lonely Planet, la plupart des routes sont neuves et goudronnées. On y trouve facilement les hébergements nécessaires. La plupart des gens le font en 3 jours. Pour moi, ce sera 4 ; j’aurai ainsi le temps de m’arrêter à ma guise et de repérer le site d’escalade (assez réputé) et pourquoi pas m’y arrêter.

Ma moto est une petite Honda (une valeur sûre ici !), qui n’est pas toute neuve mais qui fonctionne bien, ce qui sera nécessaire pour les pistes.

Mer 14 : Départ pour le loop

C’est le jour du départ. L’auberge est finalement assez sérieuse. Ils nous indiquent même les contrôles de police (qui arrêtent tous les étrangers pour les verbaliser abusivement) et m’accompagne à la sortie de la ville pour les éviter.

J’ai un petit souci mécanique quelques kilomètres plus loin ; alors que je teste l’antivol du guidon, celui-ci reste bloqué ; j’arrive après ¼ d’heure à le débloquer mais ne l’utiliserai plus (une sécurité en moins mais je n’ai pas envie de faire demi-tour).

La première partie du trajet est une route assez passante en direction du Vietnam, au milieu de pics karstiques, avec de nombreuses grottes et rivières où l’on peut se baigner. Je suis maintenant habitué à ce type de paysage (peut-être que je deviens un peu blasé) mais les arrêts et les petits chemins sont très agréables. Pour les grottes, je me réserve pour celle de Konglor, la plus belle, mais j’en explore néanmoins deux petites : Paseum, plus une antre qu’une grotte, peu fréquentée et donnant sur un lac (mais je n’ai peut-être pas été assez loin car j’ai vu une photo avec une rivière souterraine), près de la Boudha cave (que je ne fais pas suite au témoignage d’un couple de français, que je croise plusieurs fois sur le chemin) et Tham Sa Pha In, petite mais aménagée comme un temple avec des stalactites et u ruisseau traversant vers l’extérieur.

Je fais une halte de deux heures à la Green Climber Home, aménagée au milieu de l’un des sites d’escalade les plus réputés d’Asie du Sud Est. L’hébergement (de petits bungalows sur pilotis) est complet les prochains jours mais j’y reviendrai peut-être grimper le dernier jour. L’espace de convivialité et très agréable et on y mange plutôt bien.

Je m’arrête ensuite me baigner dans une rivière assez sauvage sur le site Tha Falang, puis reprend la route pour un trajet plus long et plus monotone jusqu’à la la cascade Tad Song Souk, bien agréable également pour se baigner. Il fait chaud et cela fait du bien.

La dernière partie de la route est vraiment belle et toute neuve, avec d’abord des lacets dans la montagne puis un plateau un peu suréaliste le long de la Nam Theun River. Il s’agit en fait d’un gigantesque lac, issu des inondations faisant suite à la construction du barrage en aval je pense, à l’eau bleue turquoise, avec des arbres engloutis et une côte très découpée. J’ai la chance de parcourir ce magnifique décor au coucher du soleil, qui le rend encore plus joli.

J’ai choisi de m’arrêter dormir à la guesthouse Sabaidee, le lieu de rendez-vous des motard faisant la boucle, à Thalang, littéralement au milieu du lac. Il est complet mais il reste des tentes, une solution finalement pas si mal, et propose un buffet barbecue. Je passe la soirée avec 4 français, 2 filles recontrées hier (Carole et Morgane) et 2 garçons (Charlie et Gaufrette). J’ai roulé assez vite en fin de parcours et compte revenir dans le coin au retour pour l’explorer plus en détails.

Alors que tout le monde est couché, le karaokee bat son plein avec le personnel de la guesthouse.

Jeu 15 : Un patchwork naturel

C’est une journée bien chargée aujourd’hui avec des paysages très variés et plus de 150 km parcourus. La route est en très bon état et tout semble neuf (les nombreuses stations essences mais aussi quelques villages avec des maisons colorées), à l’exception de la fin où d’énormes trous, rapiécés par du sable ou non, jalonnent la route, avec quelques bouts de pistes également. Il y a globalement peu de circulation, ce qui permet de se faire plaisir sur la route. Il fait très chaud aujourd’hui mais la moto ça rafraichit.

Je commence par rejoindre Lak Sao, avec d’abord le paysage du lac, que je retrouve, et de ses alcôves jonchées d’arbres morts au milieu de l’eau. Une fois les eaux passées, on se retrouve sur une route de montagne en lacets avant d’arriver dans un décor plus plat de rizières et de terres agricoles, entourées de pics karstiques. La ville de Lak Sao n’est pas très intéressante, assez neuve elle aussi. J’y fais une pause et y retrouve Carole et Morgane, avec lesquelles on se donne rendez-vous pour les étapes suivantes.

Je prend alors la direction de l’est et m’arrête au Cool Spring, un petit lagon bleu aménagé entre les pics. François et sa partenaire de scooter, Morgane, y sont déjà. Nous sommes parmi les premiers, ainsi que plusieurs jeunes laotiens qui viennent s’y baigner et faire la fête. De petits poissons se précipitent sur nos pieds pour y manger les peaux mortes. J’en profite pour pique-niquer quelques victuailles locales achetées sur le marché (pas terrible !) puis reprends la route direction Konglor, l’objectif final. Soudainement le paysage devient à nouveau très montagneux avec une végétation très importante. Passé la rivière Nam Thon, sur laquelle on peut voir des bateaux missiles (que je n’ai as vus), je prends au hasard une dérivation, une piste qui traverse de petits villages et croise des habitants très souriants.

Arrivé à la jonction pour Konglor, je décide d’aller un peu plus loin pour admirer la vue depuis le belvédère Limestone Peaks où je trouve un paysage assez spectaculaire à la Mordor, fait de montages noires très acérées. La route pour y aller devient elle aussi difficile (plus raide, plus circulante et plus délabrée). Au retour, je m’arrête à une cascade indiquée sur la carte mais que personne ne semble avoir trouvée ; j’y suis seul sur le parking et parcours près de 3km à pieds bien raides pour arriver, transpirant, aux chutes qui sont pratiquement à sec. Ca m’a fait faire un peu d’exercice. Je rejoins alors Konglor par 45 km de route un peu plus difficile dans une vallée assez jolie avec les couleurs du coucher du soleil, entre les monts, et traversant de nombreux villages aux maisons sur pilotis.

J’ai de la chance en arrivant à la Guesthouse repérée ; il reste un lit disponible dans un petit chalet très confortable et très joli au milieu des champs de tabac, pour un prix dérisoire (l’équivalent 3€).

La soirée se poursuit très agréablement au restaurant d’en face avec les deux Morgane, François et Carole. Un autre couple, que j’ai croisé maintes fois sur la route, se joint à nous en fin de soirée.

Ven 16 : De l’autre côté de la grotte

Une véritable aventure cette journée ! Après avoir admiré au réveil le paysage qui nous entoure, on tente, avec Carole et Morgane, sans trop d’informations, la traversée de la grotte de Konglor en bateau avec nos motos, pour ensuite prendre une piste qui rejoint le village Nakaï, où nous sommes passés la première journée, et on y parvient. La traversée est assez épique. La grotte fait 7 km de long. Elle large et très haute de plafond et parcouru par une rivière (au niveau assez bas et avec de nombreux rock émergents). La visite se déroule en bateau à la lampe torche, avec un passage à pieds pour admirer les concrétions qui sont très belles. La différence pour nous : il a fallu embarquer la moto et le scooter (un gros modèle assez lourd) sur les petites barques à moteur et les descendre au préalable à l’embarcadère. Ils s’y sont mis à 5 et en ont bien bavé (ils ne le font pas tous les jours). On a eu quelques doutes sur la faisabilité de la chose mais tout s’est bien déroulé : on a pu visiter la grotte et franchir la montagne (pour un certain coût mais bien mérité).

On se lance ensuite sur la piste de 60 km qui traverse plusieurs villages. Elle est plutôt carrossable sur une bonne partie avec quelques franchissements de rivières (sur des ponts frêles ou dans l’eau) mais devient très sportive sur les 20 derniers kilomètres (très caillouteuse et sablonneuse avec de raides montées vers les cols). Le paysage très rural et vallonné, encerclé de pics rocheux, est plutôt agréable.

On rejoint à Nakai la route qui longe le si particulier lac aperçu le premier jour puis redescendons jusqu’à la cascade Tad Song Souk dans laquelle on se plonge à nouveau avec plaisir (il fait encore très chaud !). On reste néanmoins assez couverts pour ne pas choquer les nombreux jeunes locaux présents, qui eux se baignent tout habillés. Une question de culture ? Cela est assez surprenant quand on voit dans le pays des pêcheurs exerçant leur activité vêtus d’un simple slip.

On poursuit alors la route en direction de Thakhek jusqu’à une guesthouse. Je choisi de mon côté un chemin dérivé, longeant un grand canal que j’avais repéré à l’allée et me retrouve plongé au cœur de rizières bien vertes entourées de pics, avec quelques cocotiers renforçant le côté exotique : magnifique !

La guesthouse, situé le long de la nationale et constituée de petits bungalows, est assez sommaire (encore en construction ou reprise suite à un abandon) et possède un complexe aquatique assez surprenant avec des toboggans et un gigantesque comptoir de bar. On s’y retrouve seuls à manger avec un couple de belges, qui a commencé la boucle aujourd’hui. C’est aujourd’hui le nouvel an chinois, qui n’est pas une fête nationale ici mais tout de même fêté par quelques autochtones et du coup plusieurs lieux sont fermés. On ne trouve malheureusement pas de moyen d’y participer.

Sam 17 : Escalade avortée

Il y a peu de route à faire pour retourner à Thakhek et j’en effectue la plus grande partie au petit matin. Mon but : retourner sur le site d’escalade pour y grimper. Après plus d’une heure d’attente à la Green Climber House (dont je constate qu’elle accueille et qu’elle est exploitée par de nombreux allemands) et avoir fait le tour des falaises, je me fais une raison : je ne trouverai pas de partenaire de grimpe aujourd’hui. Je suis néanmoins content d’avoir exploré le site. Même à l’extérieur, on a l’impression de grimper dans des grottes ; la falaise est sculptée naturellement et pourvue de multiples protubérances et concrétions. Un peu moins rassurant, j’y croise un petit serpent et une espèce de lézard un peu particulière ressemblant à un serpent avec des pattes.

Je retourne alors me baigner à Tha Falang, où je recroise par hasard Carole et Morgane, puis tente de prendre une piste, parallèle à la route, mais me retrouve bloqué par la rivière dont je n’ose pas tenter la traversée à moto (ce serait dommage de la noyer le dernier jour). Des laotiens font la fête au bord de la rivière, peut-être parce que l’on est samedi.

Non découragé, je reprends des pistes un peu plus loin sur la route et parcours au final encore pas mal de kilomètres dans des coins plus reculés, traversant plusieurs villages. Je tombe notamment sur une grotte où des enfants jouent à cache-cache, ce que je trouve plutôt amusant.

De retour à Thakhek, je n’ai pas envie de m’embêter et retourne à l’auberge du premier jour, où je bénéficie cette fois encore du dernier lit disponible (c’est bien de pouvoir compter un peu sur la chance). Une dernière spécialité laotienne (un zuki) puis je dis au revoir à Carole et Morgane et je tombe de sommeil dès 22h30 (la conduite fatigue quand même un peu).

Bilan :

J’ai parcouru au total plus de 500 km (peut-être même pas loin de 600), sous le soleil, au milieu de paysages très variés et d’une grande beauté. J’ai enrichis mon expérience de la moto, la conduite relevant réellement du pilotage sur certaines pistes, avec toujours un sentiment de totale liberté. Et puis j’ai passé des moments en très bonne compagnie, notamment avec Carole et Morgane. Autant dire que le bilan est très positif. Le loop a d’ailleurs une ambiance assez familiale ; comme sur Saint-Jacques de Compostelle, on part chacun de son côté la journée mais on retrouve plusieurs personnes sur les sites à visiter et sur les lieux d’hébergement, avec lesquelles on peut échanger.

 

J103 – Mar 13/02 : En route vers le sud

Encore une nouvelle journée de transfert en bus avec la désormais traditionnelle marge complémentaire de 2h (7h au lieu des 5h prévues pour 340 km). C’est un bus local mais sans trop d’arrêts. Le paysage n’a rien de particulier, plus plat que d’habitude.

Arrivé à Thakhekh, je file à l’auberge que j’ai eu le flair de réserver sur la route (apparemment beaucoup d’hébergements sont complets) ; elle est très vétuste mais pour une nuit ça fait l’affaire (elle avaient d’ailleurs toutes des commentaires très négatifs sur les sites de réservation) et elle loue des motos correctes à des tarifs intéressants. En fait, elle ressemble plus à un grand garage avec des chambres à l’étage. Je réserve donc une moto (j’ai de la chance car il n’y en a plus beaucoup), puis glane quelques renseignements sur le circuit. Je fais ensuite le tour du centre. Tout est concentré et la ville ne semble finalement pas très touristique et même plutôt morte. Sur l’autre rive du Mékong, on aperçoit la ville de Nakhon Phanom en Thaillande, qui paraît plus importante.

Il y a beaucoup de français ici, dont François, mon voisin de chambrée, qui voyage lui aussi un an avec un parcours très proche du mien.

 

J102 – Lun 12/02 : Une journée détente à la française

Vientiane est effectivement une ville assez calme avec peu de circulation (en dehors des grosses artères) et c’est très agréable. C’est peut-être aussi dû à la chaleur un peu plombante qui limite l’activité du début d’après-midi. La ville mêle très bien les infrastructures touristiques qui foisonnent (guesthouses, cafés, bakeries, agences) assez chics pour certaines, avec la vie locale. A côté du World Trade Center (énorme galerie marchande en construction), on trouve néanmoins de nombreux mendiants, rappelant le caractère pauvre du pays.

Il n’y a pas énormément de choses à visiter à Vientiane mais je prends le temps de flâner et me laisse guider par mon instinct. Après avoir réglé rapidement quelques détails pratiques (la réservation de ma nouvelle auberge, un grand dortoir avec beaucoup de locaux, mon ticket de bus pour demain), j’ai toute la journée pour en profiter.

Des boulangeries à l’hôpital, on y sent une influence francophone importante. Je commence par faire un tour au Centre Culturel français ; proposant des cours de langues et doté d’une bibliothèque et d’une salle de spectacles (que je n’ai pu voir), le site est plutôt bien fait et je me dis qu’explorer ce type de structure dans différents pays peut être une bonne piste pour la suite.

Je me rends ensuite au Cope Visitors Center (The Cooperative Orthotic and Prosthetic Enterprise), qui vient en aide aux victimes des bombes laissées par la guerre du Vietnam, dont le Laos a été largement arrosé et dont près de 30% n’avaient pas explosé, demeurant un risque important pour les populations locales. Le témoignage est assez marquant.

Puis comme, à mon habitude, j’arpente des rues un peu au hasard, dans et en dehors du vieux quartier, le plus touristique. Je fais une pause dans un parc ombragé où je prends le temps d’écouter de la musique puis me laisse tenter par un café/croissant (un petit plaisir bien français là encore, on ne se refait pas !), ainsi qu’un bon jus de fruit. Je passe également dans une librairie où j’échange l’un de mes livres contre un autre en français traitant de la culture locale.

En fin de journée, je reste au calme à l’auberge (c’est ça aussi la détente), en tentant de rattraper le retard accumulé sur mon journal de bord et en commençant à prospecter pour des missions bénévoles en Nouvelles Zélande et en Polynésie.

 

J101 – Dim 11/02 : En minibus pour la capitale

Un petit problème de réveil (au sens propre) ce matin. Un peu à la bourre, je suis donc contraint de prendre un Tuk Tuk pour aller à la gare routière (je comptais y aller à pieds) ; celui-ci tombe en panne (probablement par manque d’essence) un peu avant l’objectif mais j’arrive dans les temps.

Le minibus est bien chargé : le dernier passager a le droit à un strapontin bricolé avec les ceintures de sécurité. C’est parti pour 400 km en 10h (pour 8h prévues initialement) sur une route plutôt chaotique (alors qu’elle relie les deux plus grandes villes du pays). Le bus est confortable néanmoins et s’arrête toute les 2h. On a même le droit à un repas avec le ticket. C’est la journée des pannes : à Viang Vieng, on change de minibus.

On traverse une nouvelle fois la montagne (le Laos est décidemment un pays très montagneux) sur des routes vertigineuses avec une vue en début de journée sur des mers de nuages (c’est aussi une constante ici : couvert le matin puis dégagé ensuite). On sent que l’on va vers le sud avec des températures plus chaudes et le retour des moustiques.

Je rencontre dans le bus deux français (Harry et Benjamin), qui vont eux aussi faire le circuit en moto à Thakhek mais eux s’y rendent directement par le bus de nuit. On se croisera peut-être là-bas.

En arrivant à Vientiane, on a quelques signes d’une vie plus « occidentale » (à commencer par les aires d’autoroute puis les bars) mais la ville reste très petite pour une capitale, avec 780 000 habitants, et semble plutôt calme.

Je tourne un peu pour trouver une auberge ; j’en ai repéré trois mais toutes sont complètes. Il reste seulement une chambre double dans l’une d’elle. Je ne fais pas mon difficile et la prends. Elle est un peu miteuse et ne doit pas servir tous les jours mais amplement suffisante pour une nuit. D’ailleurs je relativise ; je suis au Laos et j’ai peut-être été habitué jusqu’à présent à un confort au-delà de la normale dans les lieux touristiques traversés. En comparaison à ma chambre à Kerman ça reste du 3 étoiles. Néanmoins l’absence de petit déjeuner, le wifi quasi inexistant et le prix m’inciteront à changer d’hébergement demain.

Le soir je fais un tour dans le quartier et vais découvrir le night market. Cette fois il s’agit vraiment d’un marché, avec beaucoup de vêtements et finalement peu de stands de nourriture ; ceux-ci sont concentrés sur une place, ressemblant plus à de petits restaurants guinguettes, et d’autres plus classiques sur le trottoir. J’y mange plutôt bien : une noddle soupe version améliorée et un parota à la banane (pour me rappeler l’Inde).

 

J100 – Sam 10/02 : Le tour des cascades

Cette journée est consacrée, comme prévu, à la découverte des environs de Luang Prabang et de ses cascades. Je loue une moto, prends quelques infos à l’office du tourisme puis file en direction de la plus connue, la cascade Kuang Si, le but étant d’y arriver avant le flot des touristes ; mission réussie. Le temps est froid et nuageux à mon départ mais se découvre juste à mon arrivée.

On est accueilli par des ours (au-delà du côté zoo, il y a visiblement une structure assez active de préservation de l’espèce dans la région), avant d’arriver devant un décor paradisiaque : la cascade présente plusieurs niveaux de vasques d’une eau turquoise où l‘on peut se baigner. Elle me rappelle les chutes de Plitvice en Croatie. J’en fais le tour, monte au sommet de la chute principale, fais une boucle de 5 km pour aller explorer la grotte Spring Water (pas extraordinaire mais le site reste naturel et on l’explore à la lampe de poche suivi par des chauves souris), puis me plonge dans l’eau turquoise pour me rafraîchir.

Un sandwich (on en trouve facilement au Laos, puisqu’il ont, comme au Vietnam, conservé une tradition française, la baguette, et ils sont plutôt bons) puis je reprends les routes et chemins. Au milieu d’un paysage montagneux, de forêts et de rizières un peu cachées, ils sont peu nombreux, parsemés de trous et pour certains très rocailleux. J’avance donc prudemment, respirant moult nuages de poussière, pour me rendre à la cascade Tad Thong. Je croise sur le chemin plusieurs grandes fermes biologiques (j’en suis surpris mais y vois un phénomène positif et plutôt novateur pour ce type de pays), puis un grand parc (dont je ne retrouve plus le nom), que je pensais être un parc naturel mais qui se révèlent être un parc très aménagé autour d’un lac. Je ne m’y arrête pas et poursuis ma route jusqu’à un village isolé en bout de piste, où les habitants semblent surpris de me voir. Je comprends vite pourquoi. Après avoir tourné et demandé le chemin aux habitants, je trouve enfin la cascade, mais elle complètement à sec et le site, plutôt bien aménagé à l’origine, est laissé à l’abandon. Par ailleurs l’entrée principale se faisait à l’époque de l’autre côté de la vallée (quand on suit son gps, on a parfois ce genre de surprises). Ca m’a donné l’occasion d’une bonne petite marche à l’écart des chemins touristiques.

Je file alors (toujours en étoile autour de Luang Prabang, sans chemins de traverse) vers la dernière étape : la cascade Tad Sae, assez touristique elle aussi et mettant en scène des éléphants dans les bassins. Je ne la verrai pas ; il faut prendre un bateau pour s’y rendre et j’y arrive malheureusement un peu tard. Encore une journée de loupés me direz-vous ? Je ne vois pas les choses ainsi ; les cascades étaient surtout un prétexte pour arpenter la région et j’en ai vu une très belle.

De retour à Luang Prabang, je fais un saut à la gare routière pour prendre mon billet pour demain. Là, surprise, il n’y a plus de places ; j’ai du mal à comprendre si les bus ne partent pas tous le dimanche ou s’ils sont complets mais je dois trouver une solution. Je traverse la route et me rends à la gare des minibus où je trouve sans problème un billet (cette solution m’avait d’ailleurs été conseillée comme préférable car plus rapide). Je prends dans la foulée mon billet d’avion de Bangkok à Kuala Lumpur, un peu hâtivement peut-être mais je préfère anticiper.

Un petit repas dans un restaurant qui m’inspire (le patron, un laotien qui a vécu 30 ans en France, m’identifie de suite et me dis bonjour en français) puis la journée touche déjà sa fin.

 

J99 – Ven 9/02 : Retour à la civilisation et petits plaisirs

Mon retour à la civilisation se fait de manière un peu précipitée. Alors que je m’apprêtais à passer une dernière journée sur le site, on décide ensemble au petit déjeuner d’écourter ma mission d’un jour pour partager le bateau avec une nouvelle bénévole qui doit arriver. Quelque part ça m’arrange; dans un planning un peu serré, ça me laisse un jour de plus pour la suite de mon aventure au Laos. Mais ce départ anticipé (je n’ai que deux heures pour m’y préparer) me met dans une humeur un peu nostalgique : il va me falloir quitter cette nature et ces personnes qui me sont devenues familières et reprendre le rythme du voyage. J’ai le droit à de beaux au revoir (hommes, chiens, chats m’accompagnent jusqu’à l’embarcadère et Om prend le bateau avec moi). Mais une fois dans le bateau, je suis déjà ailleurs.

Arrivé à Luang Prabang, je trouve une auberge un peu plus excentrée (mais pas très loin non plus à pieds), suite à une première tentative loupée (l’auberge affichait complet), règle quelques affaires courantes, puis déambule de long en large dans la ville.

Happé par le retour à la civilisation et sans doute aussi en réaction à la vie rudimentaire que je viens de mener, je m’octrois quelques plaisirs : café-croissant, jus de fruit, bière, massage. Ce dernier me fait d’ailleurs beaucoup de bien, ressentant une bonne fatigue dans le dos depuis deux jours (l’effet du travail physique et de mon grand âge) ; il s’agit d’un massage d’une heure par points de pression sur les différentes parties du corps. J’en ressors tout détendu.

C’est aussi les grandes retrouvailles avec internet (même si ça fait du bien de déconnecter un peu) et une reprise de contact avec la famille et les amis.

Après un repas au night market, très animé, je passe la soirée à l’auberge pour quelques heures de recherches et de réflexions, afin d’organiser la suite du voyage : après étude des possibilités, la destination finale en Asie sera la Thaïlande pour quelques jours. Puis j’apprécie de retrouver un lit très confortable.

 

J92-98 – Ven 2 à Jeu 8/02 : Bénévolat sur le Mékong

Manquant de réseau (je ne captais internet que difficilement depuis mon téléphone et sur la plage seulement) et d’électricité, je n’ai pu entretenir ce journal de façon quotidienne pendant cette période de bénévolat. J’ai donc décidé d’en faire une présentation générale, avec néanmoins quelques éléments significatifs de chaque journée.

Le cadre :

Il s’agit d’un projet de permaculture, une petite exploitation, en place depuis un an, produisant des légumes, des herbes et des fruits et les revendant notamment sous forme de paniers, à la manière d’une Amap mais dans laquelle les clients (pour le moment il n’y en a que 3) choisissent leurs produits. Le projet se double d’une mission éducative vis à vis des autres villageois (leur apprenant à changer leurs modes de production, mission difficile), et d’autre publics (formations, conférences). Il va également s’ouvrir maintenant à l’accueil de circuits touristiques pour une étape gustative et culturelle.

Om a été primé pour son projet et a reçu des aides pour sa mise en place. Il a étudié 2 ans en Europe (en Pologne) et a l’habitude de côtoyer des occidentaux. Agé de 26 ans, il est dynamique (tout en conservant le rythme tranquille laotien) et se fait l’interface entre traditions et modernité. Il est aidé d’un assistant, Day, agé de 16 ans, très vif, maniant parfaitement la machette et toujours souriant. Ils vivent tous les deux sur l’exploitation isolée et accueillent régulièrement des bénévoles (jusqu’à six en même temps), sur des missions courtes ou plus longues. Ils ont 2 jeunes chiens fougueux (Kuma et Pomelo), 4 petits chats, une trentaine de poules et 3 canards (enfin quand je suis arrivé !).

Le projet s’est vite développé mais les conditions de vie restent très sommaires, pour un regard occidental du moins : logement dans une cabane pour Om et sous tentes pour les autres, une vie à l’air libre permanente y compris à la saison des pluies avec un grand appentis pour seul refuge, une cuisine au feu de bois (comme tous les laotiens mais qui nécessite d’être patient) et un feu de camp le soir pour se réchauffer, une alimentation en eau provenant uniquement du Mekong (avec un système de filtre pour sa consommation), une batterie solaire pour tout alimenter, pas de bateau malgré l’isolement (ils en avaient un mais le moteur a grillé et ils font aujourd’hui appel aux gens du village pour leur déplacements, assez rares)… Une vraie d’ermite ! Pour quelques jours ce mode de vie est plutôt agréable mais on a du mal à imaginer qu’ils vivent de cette façon de façon permanente.

On y mange très bien : trois vrais repas par jour avec pratiquement exclusivement des produits, bios, du jardin (ou plutôt devrais-je dire de la ferme) avec beaucoup de saveur.

Les missions :

Je suis un peu surpris au départ par le rythme et le manque apparent de consignes et d’organisation ; on découvre les tâches au coup par coup, certains repas sont sautés. Mais je m’aperçois du travail que représente l’exploitation et des différences de culture avec la nôtre : moindre moyens bien sûr mais aussi plus une vie dans l’instant, cadencée par les habitudes. Le rythme est tranquille ici (et d’une façon générale au Laos). Je dois m’habituez à ce tempo, qui n’est pas le mien, et en profiter ; je suis aussi là pour me relaxer. On n’a pas non plus de jour off mais on est là pour un temps court et je pense qu’on aurait pu le demander.

L’un des problèmes, je le découvre plus tard, vient aussi de l’attitude de Thiago, l’autre bénévole. Il est feignant, pas très débrouillard et Om ne lui fait pas du tout confiance. Sans cela, nous nous serions peut-être vus confier des missions plus autonomes.

Les missions principales de cette semaine ont été pour l’essentiel l’arrosage quotidien des cultures, l’entretien du compost et la construction d’un nouveau poulailler qui ça a été un gros travail, assez physique. Tout en bois, cela nous a obligé à aller découper à plusieurs reprises du bambou, une tâche difficile, lors de laquelle on se blesse partout (avec les épines cinglantes) et qui peut se révéler dangereuse. Day la maîtrise parfaitement mais je l’ai vu plusieurs fois en équilibre instable ou prenant appui sur la branche qu’il coupait. On a également participé à la cuisine et à la plantation de végétaux à la fin, tâche à laquelle Om s’attache tous les matins.

Tout cela entrecoupé de siestes dans le hamac et de tours à la plage où je me rends souvent après le dîner pour profiter du cadre et du calme.

Jeu 1 :

Découverte du site (je prends mes repères) et on se met directement au travail.

Ven 2 :

C’est une journée spéciale puisqu’il y a des invités pour le déjeuner, des français pour l’essentiel : 4 personnes qui travaillent pour une agence et 2 autres de passage (leurs clients et amis apparemment). Séduits par le projet de Om et le lieu, ils réfléchissent à une excursion passant par ce site et sont venus en repérage. Ca me donne moi-même l’occasion d’en apprendre un peu plus sur le projet, même si j’ai loupé le début de la présentation, étant chargé de faire des bouquets de fleurs sauvages pour décorer la terrasse de la cabane.

On se met donc tous à la cuisine au réveil, dégustant quand même quelques pancakes maison pour le petit déjeuner. Au menu : une salade bien garnie, du sticky rice (l’élément central de l’alimentation ici) et du poulet grillés, de la purée de potiron, des pates à la sauce tomate fraiche, de la papaye, du thé à la citronnelle (dont je ferai ma boisson quotidienne), tout cela bien sûr avec des produits de la ferme et bien cuisinés.

On peut entendre le soir une fête dans le village sur la rive opposée, probablement un mariage. La musique, live, est plutôt bien.

Sam 3 :

Pas vraiment d’éléments significatifs aujourd’hui. Je commence à prendre quelques habitudes. On mange un petit déjeuner copieux à base de riz, j’initie un nouveau rite en préparant le thé à base de citronnelle (eux ne prennent ni thé, ni café le matin mais moi j’en ai besoin et la tâche demande un certain temps car il faut faire du feu), je prends ma première douche froide à la nuit tombante (ça passe mais on ne s’y précipite pas non plus, d’autant que les soirées sont fraiches). Je commence à connaître un peu mieux Thiago : il chante tout le temps, est un peu sans gène, mange énormément et malgré son côté paresseux a quand même de la bonne volonté. Il est jeune (21 ans), a peu d’expérience de voyage et de vie dans la nature (il me dit n’avoir jamais fait de feu).

Dim 4 :

Départ d’Om pour Luang Prabang ; il va vendre ses paniers.

On ne sait pas en début de journée si c’est un jour off mais apparemment non.

J’en profite pour explorer les hauteurs au-delà du terrain mais le passage n’est pas aisé et je ne peux pas aller bien loin. On déguste de délicieuses papayes et le coucher de soleil est plutôt beau. Je découvre la préparation à l’ancienne du riz au pilon pour séparer les grains de l’écorce et la tâche n’est pas facile. On fait cela pour les poules. Ce sont vraiment les reines ici. Ce soir c’est soirée cinéma. On regarde le film Lalaland sur l’ordinateur d’Om auprès du feu.

Lun 5 :

Il fait plus froid aujourd’hui ; le temps est couvert et venteux.

On part faire des courses au village, Om, Day et moi. C’est un peu l’éloge de la lenteur laotienne, évoquée plus haut, que je découvre. On y reste 3 heures. On fait le tour des potagers, Om s’arrête devant chaque chose (un légume, un objet, des chiots…) pour les examiner et discute avec ses voisins. J’ai un peu de mal à comprendre le programme. On mange chez des amis à lui puis attendons un long moment avant de repartir.

Au retour, on cuisine pour les poules, pour favoriser la ponte, car pour le moment elles ne sont pas productives du tout. On coupe 15 kg de troncs de bananiers en fines lamelles, comme des oignons, que l’on mélange à des excréments de buffles (récoltés au village) et de l’écorce de riz, le tout devant fermenter quelques jours.

C’est une journée de discrimination, qui me choque un peu, envers Thiago (le lazy boy, comme l’appelle Om) : il n’est pas invité au village, on lui donne la plus petite assiette le matin et rien pour manger le midi.

Je m’aperçois aussi que mon séjour risque de s’écourter : Om me demande ma participation monétaire pour la nourriture comme prévu (il ne peut pas assumer cette dépense avec ses faibles revenus) mais pour 7 jours seulement.

Le soir on regarde la fin du film (écourté la vieille par manque de batterie) en dégustant la spécialité de Om : du pudding de soja.

Mar 6 :

C’est l’anniversaire de Om mais il ne le vit pas très bien visiblement. On ne le voit presque pas de la journée. On a néanmoins quelques échanges avec lui le soir sur son expérience en Europe et sur son fonctionnement avec les bénévoles. On apprend d’ailleurs que de nouveaux doivent arriver bientôt pour une longue durée.

Mer 7 :

C’est le départ de Thiago ce matin. L’ambiance est du coup plus détendue, peut-être aussi du fait du retour du soleil. Mais la journée est aussi marquée par l’arrivée d’un nouveau bénévole, Donald, un croate. Il a l’air efficace mais pas très communiquant.

On avance vite à quatre et l’on termine le poulailler (enfin sauf le toit mais les poules peuvent y passer leur première nuit). Pour fêter ça (façon de parler), on mange l’un des poulets, très bien cuisiné avec des aromates variés, comme d’habitude. Dans le même temps, deux des canards (sur 3) ont disparus ; ils vont la journée sur le Mékong et reviennent d’eux mêmes dans leur enclos le soir mais cette fois, un seul est revenu et Om suppose que quelqu’un les as pris pour les manger. On dîne autour du feu puis je fais un tour sur la plage où j’apprécie l’endroit et me laisse aller à quelques réflexions.

Jeu 8 :

Journée très plaisante et ensoleillée consacrée cette fois à la botanique : j’arrose, je récolte les graines, je plante. C’est finalement la première fois. Om nous explique quelques rudiments.

Donald parle un peu plus et semble très motivé par la question. Il voyage depuis 3 mois et sais déjà compter en laotien.

Premier bambou posé (en fait c’était du tek) pour la deuxième cabane (celle qui sera dédiée aux bénévoles).

Je n’ai pas pu résister à me baigner dans le Mékong au coucher du soleil, pratiquement seul (2-3 barques de pêcheur à l’horizon).

Et le soir nouvelle escapade sur la plage pour profiter du cadre, de la nature grandeur nature. J’appréciais ces moments aussi aux Canada quand je travaillais dans le Rocheuses dans un camping isolé (l’échelle était encore plus grande) et que j’allais chaque soir au bord du lac.

Bilan :

Vivre immergé dans la nature est une expérience très appréciable ; on y découvre sa beauté mais aussi sa rudesse. Une pause, un focus sur un univers peu connu. On prend le temps de profiter du cadre. Le projet est intéressant.

La communication était un peu réduite, avec Day qui ne maîtrise pas bien l’anglais (on arrivait cependant à se comprendre avec des gestes, des sourires et quelques mots clés ; j’avais d’ailleurs une grande complicité avec lui), mais aussi avec Om, un peu lunatique et parfois un peu froid. Globalement je suis très satisfait de cette aventure, qui me donne envie de retenter des expériences bénévoles dans d’autres pays.

 

J91 – Jeu 1/02 : De touriste à bénévole

Il me faut aujourd’hui une réponse définitive pour la mission bénévole, pour savoir si je dois changer mes plans. Le contact par mail étant visiblement un peu difficile, je décide d’appeler ; j’ai trouvé le numéro sur le site du projet, dont voici l’adresse si vous voulez en savoir un peu plus : www.sudhica.org. Je m’aperçois à cette occasion que ma carte Sim laotienne ne fonctionne que pour internet et pas pour les appels (c’est un peu paradoxal) et emprunte le téléphone du patron de l’auberge, au demeurant pas très sympathique. J’ai alors la réponse : je commence aujourd’hui pour 10 jours et un bateau vient me chercher à 13h30.

Cela me laisse quelques heures pour visiter Luang Prabang. La ville est très touristique parsemée de Guesthouses, de restaurants, de spas et de tours opérateurs, mais belle et agréable. Avec 28 000 habitants, les locaux n’y sont finalement pas très nombreux. Un autre client de notre guesthouse, rencontré au petit déjeuner, nous a donné quelques bonnes adresses (un restaurant « équitable », un lieu de conversation anglaise où est organisée chaque soir une rencontre entre des étudiants laotiens et les voyageurs de passage), ainsi que quelques infos sur la Thaïlande. Je les explorerai à mon retour si j’ai le temps, de même que les alentours, et notamment les cascades, qui font tout l’intérêt d’un séjour à Luang Prabang.

Je prends la direction du Bamboo Bridge, que je traverse pour explorer l’autre rive de la Nam Khan, affluent du Mékong, très large, que je longe ensuite mais qui lui ne se traverse qu’en bateau, monte au Mont Phousi pour admirer la vue sur la ville, fait le tour de quelques temples (il y en a pléthore qui tous sont magnifiques et très bien entretenus) et arpente les petites rues.

Je passe dire au revoir à Hamsa et Melanie (avec laquelle je voyage maintenant depuis 10 jours) puis me rends à l’embarcadère.

Om, le responsable du projet, est venu me chercher en personne, profitant du bateau (une barque à moteur) pour faire quelques courses. On embarque alors direction Pak Lueng, petit village auquel nous faisons une escale avant de rejoindre le site, situé sur la rive opposée où l’on ne peut se rendre qu’en bateau. J’en découvre le caractère reclus (je ne l’avais pas perçu à ce point dans le descriptif) et sommaire, et suis un peu partagé au premier abord entre deux sentiments : la déception de m’apercevoir que je ne vais côtoyer que deux locaux et non tout un village, et l’émerveillement de passer 10 jours isolé dans la nature, dans un cadre superbe, qui me permettra également de découvrir la vie recluse et de voir si ce type de projet me correspond. Le deuxième l’emporte très vite, avec son côté « crusoesque ». Thiago, le deuxième bénévole sur le site, un portugais, me fait faire le tour du propriétaire puis nous nous mettons rapidement au travail.

 

J90 – Mer 31/01 : En route pour Luang Prabang

90ème jour de voyage : déjà 3 mois derrière moi. Ca passe vite et en même temps, j’en ai déjà vu beaucoup. Mais aucune lassitude pour le moment. Juste un besoin de prendre quelques jours off de temps en temps.

Rendez à 7h30 aujourd’hui avec Hamsa, Melanie, Iris et Tom pour prendre un tuk tuk qui nous conduit à la gare routière. Nous sommes les premiers à monter dans le bus. Je cherche désespérément un café ou un thé dans toutes les échoppes de la gare routière et n’y parviens qu’après un long moment ; ce n’est pas dans leurs habitudes.

La route est en grande partie la même que celle venant de Nong Khiaw, avec toujours un panorama aussi intéressant, mais elle paraît moins chaotique au départ. On croise sur la route un accident avec un bus bien amoché. Notre chauffeur semble d’autant plus vigilant après cela, klaxonnant dans tous les virages. On s’arrête déjeuner à la gare routière de Muang Xay, un peu tristoune, comme le village.

Le paysage est particulièrement joli sur la dernière partie, au moment où l’on retrouve la Rivière Nam Ou, avec des rizières bien vertes sur fond de montagnes, la présence de quelques cocotiers. Il fait ensuite place à un barrage bien laid et la route, complétement défoncée, devient alors moins intéressante.

On arrive alors à Luang Prabang (finalement moins tard que je ne le pensais) et suivons Tom et Iris dans une guesthouse qu’ils ont déjà fréquentée, qui a aussi des dortoirs.

Luang Prabang est la deuxième ville du pays et elle est classée au Patrimoine de l’Unesco, avec ses nombreux temples. On y fait un tour rapide le soir après avoir mangé. Nous y découvrons notamment le night market qui est immense. J’y aperçois quelques temples et croise une cérémonie bouddhiste mais y verrai plus clair en plein jour. C’est aussi le soir d’une éclipse lunaire, que nous pouvons admirer malgré quelques nuages.

Il fait plus chaud ici et on y retrouve les moustiques.

 

J89 – Mar 30/01 : Au rythme des villages

C’est une journée assez calme aujourd’hui ; il en faut de temps en temps. Je consacre la matinée à quelques affaires courantes : achat d’une carte sim en prévision de carences de wifi, réapprovisionnement en spray anti-moustiques (même s’il y en a finalement peu ici, je me protège), lessive, découverte de la ville, réflexions sur la fin de mon parcours en Asie (qui finalement se rapproche)… J’ai enfin une réponse pour le bénévolat à Luang Prabang mais ils me proposent de commencer aujourd’hui, ce qui est impossible ; je tente donc d’en différer la date.

L’après-midi, je loue une moto pour faire une boucle dans les villages environnants, suivant un parcours que j’ai trouvé à l’office du tourisme. Je commence par une cascade (petite et un peu décevante) puis m’aventure dans les villages par des chemins pierreux. La région est assez peu touristique et les villages sont assez authentiques. Le rythme de vie est plutôt tranquille et plus je m’éloigne des routes principales, plus les habitants me saluent facilement.

Avec toujours un point de vue sur des montagnes, je traverses de grandes étendues plates de rizières ; certaines sont en pousse et bien vertes (comme j’aurais souhaité en voir depuis le début), ce qui donne tout de suite aux paysages un caractère plus exotique.

On a l’impression que les villages rivalisent pour construire les plus grands et les plus beaux temples ; plusieurs sont en construction. J’assiste également sur mon parcours à des événements festifs. Le premier est un événement religieux au pied d’une pagode mais, alors que se déroule une cérémonie, il y a des stands autour qui font plus penser à une grande kermesse de village. Le deuxième semble être un mariage, au milieu d’une rue, fermée pour l’occasion. Je croise également un night club et un grand « beer garden » avec une terrasse sur un étang. Il y a du monde ; on se croirait un samedi.

 

J86-88 – Sam 27 au Lun 29/01 : Trek dans la jungle

Le rendez-vous est fixé à 7h30 autour d’un petit déjeuner.

Le groupe est constitué de sept personnes : Alex (suisse), Tom et Iris (hollandais),  Blenca (tchèque),  Hamsa (suédoise), Melanie et moi, et nous sommes conduit par un guide, Pang, et son assistant, Lot. Tout deux sont très jeunes mais pleins de ressources (ils sont multitâches : guides, cuisiniers, porteurs, pêcheurs…) et d’énergie, notamment Pang qui chante et bondit tout le temps. Il y a une bonne entente au sein du groupe mais l’ambiance est à mon goût un peu trop calme (il n’est pas facile de discuter quand on marche l’un dernière l’autre mais les soirées sont elles aussi très calmes et tout le monde se couche tôt). Pour ma part, après plusieurs jours de grandes discussions en anglais à Muang Ngoy, j’ai de nouveau des difficultés à me faire comprendre ; ça limite considérablement les échanges et c’est plutôt frustrant.

Le trek emprunte un sentier peu marqué, créé et utilisé seulement par cette agence et quelques villageois sur certaines portions. Il est pentu et accidenté : on suit des ruisseaux à même le lit, on enjambe des troncs d’arbres. On marche assez lentement, 5 heures par jour, et parcourons au final peu de kilomètres. On a le droit chaque jour à un beau point de vue au sommet sur les montagnes alentours. L’après-midi du deuxième jour est un peu plus monotone puisque l’on suit une petite route mais on avance plus vite et on traverse 3 villages. C’est d’ailleurs cette route, qui a permis aux villages d’être un peu moins enclavés et de se développer, avec une ouverture récente au tourisme (qui reste minime néanmoins).

La forêt est dense. Normal c’est la jungle ! Au moins on est à l’ombre. Elle est constituées en grande partie de bambous (beaucoup sont morts, il y a eues quelques tempêtes les années passées), mais aussi de nombreuses autres espèces d’arbres et de lianes et plantes grimpantes en tous sens. Quelques arbres sont énormes, se séparant à la base en plusieurs tronçons aplatis, pour certains, et constitués de plusieurs troncs, pour d’autres. Pang nous présente quelques espèces et nous fait déguster quelques spécialités : l’arbre magique (qui a une saveur proche du gingembre), des racines (au goût de patate), du bambou, des fleurs de bananiers, des feuilles un peu acides, des grenouilles et même des insectes présents dans une plantes (ça je n’ai pas testé).

On mange d’ailleurs très bien, beaucoup de légume et bien sûr du riz gluant ; Pang et Lot (qui est allé en pleine nuit pêcher les grenouilles) y mettent beaucoup d’énergie. Ils utilisent le bambou pour tout (assiettes, gobelets, chopsticks, soufflet…) et le découpent à la machette selon les besoins.

On ne voit pas beaucoup d’animaux. Il y a dans ce parc national des tigres, des éléphants, des ours mais ils ne viennent pas sur les secteurs fréquentés par les humains. On aperçoit quand même 2 petits serpents. En revanche les sons environnants sont impressionnants : l’eau qui coule, les bambous qui craquent, le chant des oiseaux et celui des grenouilles, très fort et qui n’arrête jamais.

On dort le premier jour dans un camp de pêcheur, dans une hutte assez rustique au milieu de nul part et le 2ème jour dans un petit village, le dernier de la route. On a le choix de dormir dans un écolodge, construit récemment mais restant assez sommaire, ou chez l’habitant. A l’unanimité, on choisi le premier mais du coup on n’a pas trop de contacts directs avec les habitants. Je suis d’ailleurs assez surpris par leur réaction lors de la traversée des villages ; ils ne répondent pas beaucoup à nos « Sabaidee » (peut-être ne le comprennent-ils pas), mais dans le dernier village, le mieux et le plus authentique que j’ai pu voir jusqu’à présent, ils sont plutôt souriants. Chaque soir on prend notre douche, comme eux, dans la rivière.

Le dernier jour est consacré au kayak ; on remonte toute la rivière jusqu’au point de départ (même un peu plus loin), soit 23 km. Cette journée est très agréable et termine bien le séjour. Le niveau de l’eau est assez bas, nous obligeant par moment à quitter notre embarcation, mais on traverse de nombreux rapides, au milieu de ce décor de jungle.

Je n’ai pas pris beaucoup de photos car le rendu au cœur de la forêt n’est pas évident (tout se ressemble, j’ai déjà testé à Hsipaw) et sur le kayak, difficile de sortir l’appareil, mais je suis vraiment content de cette aventure de 3 jours au cœur de la nature, en dépit des quelques critiques que j’ai pu émettre et du paysage qui est un peu moins impressionnant que d’autres que j’ai pu voir.

Le retour à la civilisation se fait tranquillement (Luang Namtha restant malgré tout une petite ville tranquille), avec un rapide tour au night market pour manger. On retourne avec Melanie et Hamsa à la même auberge mais on prend cette fois des chambres individuelles, chose bien agréable après 3 jours dans la jungle en communauté et me permettant plus aisément un nettoyage de fond en comble de moi-même et de mes affaires. Eh oui le voyage est aussi jalonné de quelques contraintes matérielles.

 

J85 – Ven 26/01 : Toujours plus au nord

J’aurais souhaité faire un trek à Nong Khiaw (il y a plusieurs sites à visiter et plusieurs agences) mais celui que j’ai repéré (pour explorer les 100 cascades, les pieds dans l’eau) ne se fait pas aujourd’hui faute de monde. Je décide donc, comme Melanie, de prendre le bus pour Luang Namtha, à l’entrée du parc national Nam Ha, au nord-ouest du pays, réputé pour cela.

Après un réveil matinal au son assez fort d’une radio (ça semble être la tradition dans ce pays, sans doute dans une optique de partage), c’est donc aujourd’hui pour nous une nouvelle journée de transport, en minibus, un peu plus longue que nous ne le pensions (partant à 11h nous arrivons à 18h).

Le paysage est agréable, avec une route sinueuse mais qui semble assez neuve (sauf dans la dernière partie où je fais des bonds sur la banquette arrière), qui domine un vaste paysage de chaque côté ; on a l’impression de suivre une crête.

Luang Namtha est une assez grande ville pour le Laos (avec toutefois seulement 28000 habitants). La gare routière se trouvant à 5km du centre, on prend un tuk tuk et on a le droit à une crevaison nous obligeant à en changer. On trouve très facilement un hostel (en dortoir au confort assez sommaire), avant de faire le tour des agences pour trouver le trek idéal suivant les recommandations que nous avons pu avoir. Ce sera finalement un trek de 3 jours dans la jungle, dont l’un en kayak, avec des montées aux sommets (pour admirer la vue), la traversée de villages reculés, une nuit dans un camp de pêcheur et une nuit chez l’habitant. Une partie du coût de l’excursion est reversée à des organismes locaux pour améliores les conditions de vie de la population, assez pauvre. D’après les blogs que j’ai pu lire, il y a déjà eu de sérieuses améliorations depuis quelques années, notamment au niveau des accès avec la construction de routes. Ce sera donc pour moi trois jours d’oxygénation et de silence radio avec le monde.

 

J84 – Jeu 25/01 : Descente en kayak

Aujourd’hui on quitte Muang Ngoy pour Nong Khiaw mais on a choisi de le faire en kayak, assistés d’un bateau qui transporte nos bagages. Cela représente une quinzaine de kilomètres, dans le sens du courant, toujours sur la rivière Nam Ou.

On est accompagnés de trois filles : Alyssa, une américaine rencontrée deux jours plus tôt pendant une randonnée, Natacha, une allemande et une irlandaise (Alua ?) qui a déjà exploré le Laos et nous donne quelques conseils sur le nord notamment, où je compte aller.

Après un petit déjeuner gargantuesque (dans une guesthouse proposant un buffet), on se lance. Je suis en binôme avec Melanie, dont le kayak de mer est la spécialité. Après avoir croisé quelques bateaux de touristes (les excursions partant de Nong Khiaw le matin), on se retrouve pratiquement seuls, saluant quelques pêcheurs, sur cette large rivière au milieu des montagnes, dans un calme absolu, ponctué de quelques doux rapides, qui nous rafraichissent. On y rencontre également à plusieurs reprises des buffles, venus se baigner.

On s’arrête à mi-parcours, un peu au hasard dans un petit village dont je ne connais pas le nom, où l’on découvre le quotidien de ses habitants qui nous accueillent plutôt chaleureusement. Ils sont en train de construire, de manière collective, de petits temples en bambous. Une femme file du coton encore à la manière d’antan. Avec ses maisons en bambous (assez grandes) et son mode de vie collectif, j’ai l’impression de me retrouver dans un village africain (du moins l’idée que je m’en fais car je n’y suis jamais allé).

La fin du parcours est un peu plus monotone. J’ai tenté de repérer, la veille sur la carte, d’autres escales à faire mais sans vraiment rien trouver. Ce n’est que le soir à Nong Khiaw, en faisant le tour des agences pour repérer les treks pour le lendemain, que je m’aperçois qu’il y avait sur le parcours une grotte et une cascade à explorer (avec un peu de marche néanmoins).

L’arrivée dans cette petite ville est assez brutal. Mar et Davide nous quittent rapidement pour aller prendre un bus pour Luang Prabang (ce qui fait bizarre après plusieurs jours passés ensemble), on retrouve les voitures dans la rue et toutes les guesthouses affiches complet. Après avoir tourné, on en trouve quand même une un peu plus en retrait où l’on est accueilli par des enfants et qui finalement s’avère beaucoup plus authentique, tout comme la guinguette où l’on se rend ensuite et où l’on assiste à un karaokee entre un petit groupe de locaux.

En explorant la ville (un village finalement), on se demande où sont passés tous les touristes car les rues sont plutôt désertes. Les réponses des commerçants à nos questions restent quant à elles assez évasives et reflètent sans doute le mode de fonctionnement laotien, un peu aléatoire.

 

J82-83 – Mar 23 et Mer 24/01 : Une aire de tranquillité

On ne change pas une équipe qui gagne : c’est donc toujours avec Melanie, Mar et Davide que je poursuis mon séjour à Muang Ngoy. On fait tout ensemble et on passe de longs moments à discuter sur des sujets variés et à tester les différents restaurants du village et la nourriture laotienne (j’ai l’impression que l’on mange tout le temps).

L’ambiance ici est relaxante et agréable. L’absence de voiture y contribue sans doute. Ca a beau être un village pour les touristes, on s’y sent bien accueillis et on évolue au milieu des villageois. La nature y est fortement présente par les paysages qui nous entourent mais aussi par les animaux en libertés présents un peu partout : des buffles, des vaches, des poules, des canards, des cochons, des chats, des chiens, des papillons… même le chant des grenouilles le soir au bord de la rivière est particulier ; on a l’impression d’assister à un concert de didgeridoo. La ville se lève dès 6h30 avec le défilé des moines (ils sont 5) dans la rue principale pour l’aumône auprès des villageois et se couche assez tôt le soir.

On part chaque jour à pieds découvrir les villages alentours avec leur maisons en bambous : Ban Na, le premier et Ban Hoy le 2ème, celui-ci me paraissant plus authentique, soit une quinzaine de kilomètres par jour. On a tenté de faire une boucle de trois villages mais les distances sont assez importantes et on tarde chaque jour à se mettre en route, d’autant qu’il faut attendre 11h pour que les nuages matinaux disparaissent d’un coup et que la température augmente elle aussi rapidement. Le paysage est sauvage, les montagnes abruptes et la végétation dense et variée. La présence de grands arbres blancs dégarnis au milieu de feuillus bien verts et parfois recouverts de lianes et de plantes parasites sur les flans des collines karstiques apporte un côté énigmatique. Il nous faut traverser des ruisseaux les pieds dans l’eau. On découvre une grotte immense (dont nous avons manqué l’entrée principale à l’aller) sur le chemin du retour le premier jour, que nous explorons en partie, à la lumière de nos portables (pas d’aménagement touristique ici et c’est tant mieux) et le deuxième, on arrive enfin à parvenir à l’un des trois point de vues dominant le village et la rivière pour le coucher de soleil (ayant du y renoncer les deux premiers soirs pour cause d’arrivée tardive). Mais avant cela je vais me baigner dans la rivière sur la petite plage du village.

On découvre deux écoles, l’une à Muang Ngoy et l’autre à Ban Hoy, assez sommaires mais fonctionnelles, mais elles ne sont pas occupées ; ce doit être une période de vacances. Nous sommes aussi intrigués par la présence d’un expatrié, un suisse, dans le village. Mar l’interroge et l’on apprend qu’il est ici depuis 7 ans en couple avec une fille du village.

Je vois sur un panneau dans un restaurant qu’une mission a été mise en place dans le village sur la question des déchets et de l’éducation à la propreté et qu’ils recherchent des bénévoles. N’ayant pas eu de retour de l’autre mission (mes deux derniers messages n’ayant pas été lus), je suis tenté de m’y investir, mais je préfère essayer de trouver dans un village plus authentique, si l’occasion se présente, puisqu’il est visiblement possible de trouver directement sur le terrain.

 

J81 – Lun 22/01 : Une immersion en bateau

Je suis réveillé à 5h30 par le son très fort d’une radio que l’on entend dans tout le village puis me rendors. A mon second réveil, je tergiverse encore un peu puis décide de prendre le bateau pour Muang Ngoy, me disant qu’en basse saison, il sera plus facile d’y trouver des groupes pour les treks et excursions.

Le bateau est assez rustique lui aussi (à moteur tout en bois avec quelques sièges de voiture et des planches en bois sur lesquelles on s’entasse à l’arrière. J’y retrouve mes 3 comparses de la veille ainsi que plusieurs francophones dont une fille qui travaille à l’institut français de Luang Prabang accompagnée de ses parents et deux filles suisses qui voyagent pour un an (en Asie centrale notamment). Certains se rendent directement à Nong Khiaw.

Le bateau navigue sur la rivière Nam Ou et fait quelques escales pour embarquer des locaux. Il traverse quelques petits rapides. Un peu avant le fin du parcours, on doit débarquer et prendre un camion pour traverser un barrage puis nous embarquons sur un second bateau, encore un plus rustique.

Le paysage qui nous entoure est vaste et sauvage. Des montagnes recouvertes d’une végétation assez dense mêlant différentes espèces d’arbres. On aperçoit plusieurs petits villages cachés dans les arbres et surplombant la rivière. Ainsi que des cabanes surélevée un peu partout avec un toit en chaume et sans mur dont j’ignore l’usage. Le paysage devient plus impressionnant en fin de parcours (qui prend 4h heure au total), avec l’apparition de monts karstiques. On assiste également à une scène où un laotien frappe violemment l’eau à coups de rame depuis son bateau pour inciter les poissons à fuir dans son filet (ça on l’apprendra plus tard).

Arrivé à Muang Ngoy (où on ne peut parvenir qu’en bateau), je découvre un village touristique mais calme, joli et avec de vrais locaux. On trouve sans problème une guesthouse (plusieurs propriétaires viennent au port chercher des clients). J’y ai le droit à une grande chambre plutôt confortable pour le pays. Il y a finalement assez peu de touristes et beaucoup sont français. Plusieurs panneaux annonces des excursions (trekking, kayak, visite de villages…) mais elles sont très chères pour le pays.

Une fois installés, on part avec Davide, Melanie et Mar à la recherche d’un point de vue, que nous n’atteindrons pas car il est trop tard. On doit traverser une rivière à pieds (pour le retour Mar a le droit à un tour dans une pelleteuse). Puis nous trouvons un peu plus tard un bon restaurant dont nous ferons cette fois encore la fermeture. Nous constatons que le service est toujours très lent au Laos (ce qui est sans doute un signe de fraicheur de la nourriture).

Finalement, l’immersion au Laos est assez facile, sans doute favorisée par sa proximité avec le Vietnam mais aussi par le fait que nous le découvrons en groupe. Nous apprenons d’ailleurs dès aujourd’hui les mots clés car tous les habitants ne parlent pas l’anglais.

 

J80 – Dim 21/01 : La frontière terrestre laotienne

Le bus de nuit a été un peu plus rude que celui menant à Ha Giant avec beaucoup de monde, plusieurs d’arrêts et de nombreux virages. Arrivés à Dien Bien Phu on doit finalement changer de bus pour en prendre un petit, bien chargé en personnes et en colis, en direction du Laos. Il le sera encore plus après la frontière, où je suis sur un strapontin, les genoux sous le menton. J’y retrouve Anaïs et Lauraine, qui ont voyagé de jour la veille depuis Sapa et qui se rendent à Luang Prabang (elles voyagent donc trois jours consécutifs pleins ; mon timing était meilleur), ainsi que les autres étrangers qui étaient avec moi dans le bus de nuit.

On part à 7h30 puis on s’arrête après vingt kilomètres montagneux pour le passage de la frontière, qui se fait en deux temps : d’abord la sortie du Vietnam (un peu long mais sans encombre), puis l’entrée au Laos, 8 km plus loin. J’avais lu plusieurs articles sur les pratiques douteuses des douaniers lors du passage de la frontière laotienne par voix terrestre mais elles dépassent mes attentes. Après avoir rempli les formulaires, on doit s’arrêter à 5 guichets consécutifs qui tous nos réclament de l’argent. Je dois débourser au final 10 $ en plus du visa (4 pour les tampons, 3 parce qu’on est dimanche ; 1 pour une prise de température…), avec en prime un taux de change scandaleux (entre les dongs, les dollars et les kips) et un manque de sérieux de leur part (l’une d’entre nous se retrouve avec le visa d’une autre sur son passeport et doit batailler pour le faire corriger). Malgré mes précautions et après négociation, je n’ai pas assez d’argent ; heureusement, une autre passagère du bus, Mélanie, me prête très gentiment quelques dollars et j’ai enfin mon visa pour un mois. Les bagages quant à eux restent dans le bus et passent la frontière sans aucun contrôle.

Après cette dure épreuve, on reprend la route dans un paysage montagneux, très boisé avec peu d’habitations. Je retrouve avec plaisir un climat estival. Nous sommes quelques-uns à descendre à Muang Khua, un petit village paisible au bord de la rivière. J’ai réservé une guesthouse (Manothan), qui s’avère rustique mais agréable avec une très belle vue sur la rivière depuis la chambre, un cabanon.

J’ai bien envie de me baigner dans la rivière, mais j’ai d’autres priorités. On fait un rapide tour en « ville » avec Mélanie (qui loge au même endroit que moi) pour nous repérer et manger puis vient le temps d’étudier de plus près quelques données de bases sur le Laos et mon parcours à venir. Le plus urgent est de définir si je prends le bateau demain direction Muang Ngoi Neua (bateau à partager) ou si je tente un trek dans le coin, ce que j’ai du mal à faire.

Je me renseigne également sur la présence du Paludisme ; le pays entier est une zone à risques et il faudra être vigilant mais pour le moment, pas l’ombre d’un moustique.

On dîne ensemble avec Melanie, Mar et Davide, qui étaient dans le bus avec moi. Melanie est une canadienne de l’ouest qui a beaucoup bougé ces dernières années et Mar et Davide, un couple italo-catalan, qui voyage énormément. Le contact passe très bien entre nous quatre.

 

J79 – Sam 20/01 : Randonnée dans les rizières

Mon bus étant à 19h, j’ai toute la journée devant moi pour explorer Sapa et surtout ses environs. Vu le relief alentour, je m’en tiens néanmoins à un petit secteur et décide d’explorer la vallée de Muong Hoa, en contrebas de la ville, et ses petits villages ethniques. Ils sont habités par les Hmong, les Tay et les Dao, qui constituent la majeure partie de la population locale.

J’avais dans un premier temps envisagé de prendre le téléphérique qui monte jusqu’au Fansipan Peak et de redescendre à pieds, mais, si le temps s’est bien découvert, des nuages restent accrochés aux sommets, ce qui en compromet l’objectif premier : le point de vue. J’aurai néanmoins de beaux points de vue toute la journée et au coucher du soleil j’assiste, depuis l’auberge, au spectacle des nuages qui se couchent dans la vallée et laissent apparaître les sommets.

Je prends donc la direction des villages de Cat Cat, le plus touristique que je ne souhaitais pas forcément faire, et Sin Chai. Je m’aperçois que tous ces villages ont un droit d’entrée. Je ne cautionne pas trop le principe et, en fin de séjour au Vietnam, je suis, cette fois encore, un peu juste niveau budget (il me faut garder un peu de marge pour le visa et le passage de la frontière, où il est de coutume de devoir payer quelques bakchichs, et je ne veux pas y rester coincé).

J’oublie donc Sin Chai mais je n’ai pas le choix pour Cat Cat qui est le passage obligé pour aller plus loin. C’est un peu le Disney village ethnique ; on se demande où demeure la tradition mais ça reste assez beau quand même.

J’explore alors les chemins plus lointains en direction de Lao Chai. Là il n’y a plus personne et le sentier n’est pas toujours bien marqué. Je me retrouve alors rapidement au milieu des rizières et traverse quelques hameaux, tout de suite beaucoup plus typiques. Le paysage est très escarpé avec la rivière en contrebas et les rizières en terrasses obligent à de nombreux détours. Le chemin en partant est donc assez long, d’autant que je ne suis pas trop sûr de la direction.

A 15h, je trouve un petit restaurant au milieu de nul part où je mange convenablement. Je décide alors de revenir au plus court. Le village de Lao Chai étant visiblement encore à une heure de marche, je l’oublie également. Moi qui le croyais d’après la carte à 3 km de Cat Cat, c’est plutôt une quinzaine de km qu’il faut parcourir. Une fois traversé la rivière, le retour sera néanmoins beaucoup plus rapide, bien que très pentu.

Je me balade un peu dans la ville, accosté de nombreuses fois par des femmes du coin qui veulent me faire visiter leur village ou me vendre des souvenirs puis attends tranquillement le bus à l’auberge, avec néanmoins une petite appréhension sur le fait que j’ai bien une place ; j’ai fait la réservation par téléphone la veille et on n’a même pas pris mon nom. Il a 2 heures de retard mais le bus existe bien et j’ai ma place même s’il est bien rempli, essentiellement par des vietnamiens.

 

J78 – Ven 19/01 : En bus pour Sapa

Une nouvelle journée consacrée pour l’essentiel à la route (7h30 pour 250 km).

Je retrouve deux françaises qui étaient au même hôtel que moi à Cat Ba (mais elles avaient choisi le mode camping), Anaïs et Lauraine. Elles sont du sud, assez jeunes, souriantes et pleines d’énergie. Elles partent comme moi au Laos via Sapa et ont passer leur séjour à Ha Giang dans un petit village en immersion. Nous prenons le bus tous les trois le matin et il n’y aura finalement que peu de passagers : un couple vietnamien et deux ou trois personnes sur une petite portion. Le bus, assez petit, fait aussi office de livreur. Il sont d’ailleurs trois chauffeurs/ouvreurs/postiers (on se demande quelle est véritablement leur fonction), dont l’un est très agité et même un peu gamin dans son comportement. On a un peu peur quand il prend le volant, le premier chauffeur ayant déjà eu une conduite assez éprouvante. Mais finalement on est à notre aise et l’ambiance est un peu comme à la maison.

La route est belle ; on reste dans les vallées mais on traverse des villages, on longe des rivières assez larges, on aperçoit les rizières. Tout au long de la route, sur les bas côtés, de fines tranches de bois sèchent au soleil. Une spécialité du coin ? Le temps se découvre et il fait presque chaud enfin sauf à notre arrivée, à nouveau dans les nuages.

Puis c’est la découverte de Sapa. C’est très escarpé et tout de suite beaucoup plus touristique, avec un nombre impressionnant d’hôtels, de restaurants très occidentaux et d’normes salons de massage. Parallèlement, et par contraste, on sent un peu plus la pauvreté ici, avec de jeunes enfants errants, dont plusieurs portant des nourrissons sur leur dos. Beaucoup sont costumés. Il y a différentes ethnies vivant de manière ancestrale dans les villages alentours et l’appât des touristes les incite à venir mendier, se faire prendre en photos ou vendre leur artisanat. Mais je ne vois Sapa que de nuit et la découvrirai un peu plus demain.

 

J76-77 – Mer 17 et Jeu 18/01 : Le Dong Van Loop (suite et fin)

Les deux jours je suis, à ma surprise, le premier levé (il est pourtant déjà 8h). C’est que j’ai de la route à faire et sur des routes par moments très cabossées. Finalement je ferai pas loin de 150 km chaque jour.

Le paysage semble de plus en plus beau le mercredi (ça peut paraître difficile d’avoir toujours mieux mais c’est véritablement mon impression), avec ses routes en lacets, le plus impressionnant étant l’après-midi au Ma Pi Leng pass, avec une route à flan de montagne à fort dénivelé, des roches creusées de grottes, une végétation colorée et une vue sur la Nho Que River, en contrebas, d’un bleu turquoise. Je tente de m’en rapprocher en fin de journée mais sans grand succès, bloqué par l’exploitation industrielle gérant le barrage. Une autre petite déception pour le laquelle je fais un détour : le mont Lung Cu, à la frontière de la Chine. Sous un ciel dégagé, il est peut-être intéressant avec sa vue à 360° mais je trouve le panorama finalement moins intéressant (des montagnes plus classiques) que ceux que j’ai pu avoir du haut des crêtes que j’ai suivies. Le jeudi, sur le chemin du retour (dont j’ai déjà effectué les 2/3 dans l’autre sens) , je fais un peu moins d’arrêts, roule un peu plus vite (quand cela est possible) et j’ai moins de surprises mais j’apprécie quand même encore énormément le décor qui m’entoure. Je n’ai d’ailleurs qu’une envie : y revenir un jour par grand beau temps. Cela dit, j’ai là encore eu de la chance, avec des température tout à fait supportables (il y a 3 semaine il faisait pas loin de zéro ici), pas une goutte de pluie en trois jours (alors que je traverse des routes mouillées par des averses préalables) et même quelques rayons de soleil le jeudi.

Côté social, je suis invité chez lui par un habitant d’un petit hameau, où je faisais une pause. Il est 10h du matin mais je suis déjà contraint d’accepter de l’alcool de riz (et encore je dois insister pour refuser le 3ème verre, d’autant que nous n’avons pas de langage commun). Je partage aussi le repas familial dans la homestay de Meo Vac où je dors le mercredi. J’ai un peu de mal à comprendre leurs discussions (je suis le seul étranger de la tablée). Je passerai d’ailleurs la soirée avec deux américains (Jo et Ely, en itinérance à moto dans tout le pays), qui semblent avoir le contact facile avec les locaux. Ils ont emmené dans leurs bagages des animaux sonores en plastique, qui amusent les petits comme les grands ; une bonne idée pour amorcer le dialogue.

Sur la route j’ai le droit à une crevaison (pas de problème il y a un garage à 500 mètres où m’accompagne un vietnamien croisé sur la route), je me vois stopper quelques minutes par des travaux (ici aussi dans une ambiance très familiale) et j’assiste à un accident mineur fort heureusement : face à moi, un motard portant des morceaux de toits très lourds sur sa monture perd l’équilibre et fini à terre). Pour revenir sur cette question, j’ai quand même vu un motard portant entre autres choses une autre moto à l’arrière de sa monture. Un autre voyageur en a vu un portant un cochon encore vivant. Parfois le chargement peut mesurer près de 3 mètres de large et/ou de haut. Je croise également le jeudi plusieurs fêtes (dont j’ignore l’objet) sous une tente colorée en bord de la route.

Cette expérience est donc également une bonne façon de s’immerger dans la vie locale de la campagne vietnamienne. Le jeudi, je ne crois même pas avoir croisé un autre touriste, ou alors bien caché sous son casque.

Par contraste, je retrouve la ville, sa circulation, son agitation en arrivant à Ha Giang (alors que c’est une ville plutôt calme, voire un peu morte). Non content de mon état de fatigue et d’un corps un peu endolori par la moto, je grimpe à grandes enjambées à un belvédère surplombant la ville puis passe une partie de la soirée avec un canadien (Tristan). Têtu, j’ai également enfin réussi à avoir la confirmation que je voulais : il y a bien un bus direct de Sapa au Laos. Je m’y rends donc demain et pourrai y rester une journée, avant de prendre un bus de nuit pour la ville laotienne de Muang Khua.

 

J75 – Mar 16/01 : En moto face à l’immensité

C’est parti pour la boucle de Dong Van à moto : environ 350 km en 3 jours sur de petites routes à la frontière chinoise.

Je prends le minimum d’affaire en tachant d’être paré pour toutes les conditions météo mais mon sac est quand même assez lourd. Je choisi aussi ma moto avec soin à l’auberge : j’en essaye 3 avant de trouver la bonne. C’est une semi-automatique avec vitesses, comme à Hsipaw mais elle fonctionne mieux et je la maîtrise un peu plus (plus besoin de regarder mes pieds quand je rétrograde et freiner avec le pied droit devient un réflexe). Il me faudra quand même m’arrêter en cours de route pour la faire réparer suite à un petit incident. En passant dans un trou (il y en a beaucoup et on ne peut pas tous les éviter), le carter s’est détaché, empêchant la roue d’avancer correctement. Heureusement je trouve un garage pas loin mais il détecte un autre problème et le répare avec l’accord de l’auberge. Ca me prend une petite heure mais j’ai le temps.

La conduite ici nécessite une certaine concentration : ce sont des routes de montagne, avec de nombreux virages, les routes ne sont pas toutes en bon état et les camions ont tendance à s’imposer. Mais c’est plutôt agréable. Je pense même que c’est un petit paradis pour les motards expérimentés.

Le temps est couvert mais il ne pleut pas et le paysage est incroyable. Tout paraît immense. Le paysage est parsemé de pics karstiques (ici aussi) et de très hautes montagnes, on a des vues lointaines sur des paysages de culture en terrasse, l’eau des ruisseaux est d’un bleu éclatant… Les photos ne rendront probablement pas la réalité de ce que je vois mais c’est, je pense, les plus beaux paysages que j’ai vus jusqu’à présent. Et pourtant, j’ai déjà vu de très belles choses.

Aujourd’hui je vais jusqu’à Yen Minh (soit une centaine de kilomètre). Je m’arrête de nombreuses fois, aux belvédères, sur le bord de la route pour prendre des photos, dans des cafés et aussi à la grotte de Lung Khuy, où je dois faire une partie du chemin à pieds. Elle est très grande et contrairement aux autres que j’ai visitées, elle semble plus naturelle, avec des concrétions énormes.

Je traverse plusieurs villages assez authentiques, croise sur la route plusieurs animaux (chèvres, buffles), des habitants en costumes traditionnels (assez colorés comme au pérou), des porteuses de bois, des motos chargées de monticules (j’en ai déjà vu souvent dans ce pays, c’est incroyable tout ce qu’ils arrivent à transporter ainsi). Plusieurs me disent bonjour mais je persiste à trouver les vietnamiens un peu sauvages. C’est tout juste si le garagiste me dit bonjour. Je tente d’apprendre les mots de base (ce que je n’ai pas encore fait) pour paraître moi-même un peu plus sympathique à leurs yeux. On est vraiment chez eux ici. J’y mange d’ailleurs très bien.

Je croise seulement quelques touristes à moto comme moi, dont quelques uns à plusieurs reprises. J’en retrouve certains à l’auberge que j’ai choisie et notamment un couple de brésiliens qui partageait ma chambre à Ha Giang. En fait c’est une Homestay (on traduirait cela par chambre chez l’habitant je pense) mais c’est immense, tout neuf et un peu à l’écart du centre (d’une ville quand même assez grande en comparaison des villages traversés aujourd’hui). On a tous des grands lits avec de grosses couvertures, y compris dans le dortoir, d’où on a une vue panoramique. A ma surprise, il y a quand même pas mal de personnes : des français, des israëliens (j’en ai croisé à plusieurs reprises au cours de mon voyage), des italiens… Tout le monde se couche assez tôt.

 

J74 – Lun 15/01 : Glande Ha Giang

Le bus me déposé à 4h30 devant l’auberge.

Je prends place à une table sur la terrasse où j’attends patiemment l’ouverture. Il fait frais mais c’est très supportable. Par miracle, je trouve un petit papier indiquant le code wifi. Je trouve donc de quoi m’occuper et assiste au réveil de la ville. A 7h les portes s’ouvrent et on me laisse accéder à ma chambre directement. Je file ensuite prendre un petit déjeuner bien local (soupe et pate de riz) puis fait un premier petit tour en ville.

Tout est très calme ici : l’auberge (je suis le seul client la journée ; quelques autres arriveront le soir) mais aussi la ville ; je tente deux sorties à midi et à 18h mais j’ai l’impression d’être dimanche. J’ai même un eu de mal à trouver de quoi manger. C’est un petit bourg, sans grand intérêt, mais je me sens déjà plus dans l’arrière pays : peu de propositions touristiques et les habitants auxquels je suis confrontés ne parlent pas l’anglais (à part à l’auberge). On sent aussi la proximité de la Chine (la frontière la plus proche est à 10 km) avec des militaires en kaki et une forte présence communiste (une grande place à la soviétique et des drapeaux partout).

Je passe le reste de la journée à rechercher des informations sur la suite de mon voyage (mon périple à moto dans la région et mon parcours vers le Laos) et à me reposer. Ca fait du bien de glandouiller un peu ; finalement ça ne m’arrive pas souvent.

 

J73 – Dim 14/01 : Le bus 44

C’est un jour un peu spécial aujourd’hui : c’est mon anniversaire. Mais rien d’extraordinaire de prévu. C’est un jour de transit et je passerai la soirée dans le bus. Mon blog prends néanmoins toute sa signification : je l’ai appelé le 44 tours, en référence à la musique (que j’aurais souhaitée plus dense en découverte de ce point de vue ; ça peut encore venir) mais aussi parce que l’essentiel de mon voyage se réalisera à cet âge.

Le temps est plus gris aujourd’hui et je me rends compte que j’ai eu jusqu’à présent pas mal de chance de ce côté, bénéficiant de belles fenêtres aux moments opportuns (ici ou à Bagan notamment).

J’ai décidé de prendre mon temps et d’explorer les plages du coin. Il y en a peu. Je commence par une petite crique, non loin du port, avec quelques maisons abandonnées et qui s’avère être une véritable déchetterie. Comme dans les autres pays traversés, il y a un gros problème avec les déchets et les habitudes des habitants ici, qui les abandonnent partout et brulent tout et n’importe quoi dans la rue. Sans doute un grand chantier à entreprendre…

Je vais ensuite explorer les 3 petites plages au sud de la ville. Elles sont plutôt jolies, enserrées entre des falaises, avec en arrière plan (très proche) des résidences hôtelières de luxe, plus ou moins réussies. Il y a des grands travaux en ce moment sur deux d’entre elles pour en construire de nouvelles presqu’à même la plage et l’une des plage est carrément fermée. Les bulldozers, c’est tout de suite moins exotique mais je trouve un sentier côtier et le suis jusqu’à la première plage. Dans la série les malheurs de Laurent, je glisse sur un rocher en bord de mer et me fracasse le genou. Rien de grave mais je pense que je vais le sentir quelques jours. Je me pose alors à une terrasse panoramique (celle d’une auberge où je pensais séjourner mais dont les commentaires que j’ai lus m’en ont dissuadé) en attendant le bus.

Commence alors un périple de 13h (pour 450 km) vers le nord en direction Ha Giang. Je n’ai pas trop de détail sur le parcours en partant (ayant lu des articles sur des arnaques, j’avais quelques appréhension en prenant mon billet) mais tout s’enchaîne très bien et sans trop d’attente. Un premier bus m’emmène au nord de l’île, je saute dans un bateau puis dans un second bus pour aller à Haiphong. On me dit de descendre dans un coin isolé où une femme nous prend en charge et nous propose à manger (il y a 2 suisses avec moi, qui elles se rendent à Maï Chau, un autre site assez peu touristique que je pense intéressant à faire). Elle nous appelle un taxi (assez petit pour nous trois et nos bagages) qui nous mène à la gare routière et me dépose devant le bus (les filles aussi mais pour elles ce n’est pas le bon, heureusement elles s’en rendent compte à temps).

Je découvre alors les bus de nuit du Vietnam  : 3 rangs de couchettes sur deux étages avec un sol molletonné. Le chauffeur a l’air assez maniaque avec les chaussures et nous tend donne un sac plastique pour les y mettre. Il ne faut pas être très grand (les pieds coincés sous le dossier du voisin) et il y a peu d’espace pour les bagages mais c’est plutôt confortable. On a même le droit à des couvertures moelleuses arborées de Mickey. Je ne dormirai pas si mal.

 

J72 – Sam 13/01 : La tournée des belvédères

Aujourd’hui j’ai décidé d’arpenter l’île de Cat Ba en scooter pour en explorer toutes ses richesses (enfin quelques unes car il y a de quoi faire et il y a peu de routes). C’était très agréable de rouler au milieu de ces paysages montagneux d’autant que les 2/3 de l’île sont classés en parc national. Il y a de nombreux pics abritant des falaises et des grottes, arrondis sur le haut comme ceux que l’on trouve dans la mer, et l’île est très boisée.

Je pars en direction de l’ouest pour rejoindre la Butterfly Valley. Je comprends vite son nom et dois rouler très lentement pour éviter les papillons, assez gros et plutôt collorés. La vallée en question est relativement petite mais présente un cadre, de mon point de vue, idyllique : une prairie bien verte entourée de montagnes, quelques maisons en bambous et une impression de grande quiétude. Un site d’escalade y a été aménagé et me fait bien envie (mais je n’aurai pas le temps et le niveau est assez élevé). J’y rencontre 2 grimpeurs et deux autres touristes en scooter comme moi que je recroiserai sur la route.

Je longe ensuite la côté, admirant le large, puis rentre à nouveau dans les terres pour prendre une petite route menant au nord de l’île (qui fait environ 25 km du nord au sud), à l’embarcadère de Ben pha Gia Luan. La vue est large et belle sur les îles et un village flottant et cette partie de l’archipel (je pense que l’on peut l’appeler ainsi) semble beaucoup moins fréquentée. Je trouve un belvédère qui me permet de voir encore plus loin. Une échelle vertigineuse permet d’y accéder ; elle est scellée à la paroi et protégée sur l’extérieur mais je ne fais pas le fier et mesure chaque mouvement.

Je me rends ensuite dans au cœur du Parc pour monter à pieds au Ngu Lam Peak. Il offre aussi une très belle vue mais à ma surprise on ne voit pas la mer, les pics l’entourant étant trop élevés. En fait c’est le seul sentier que l’on peut suivre. Il y a un deuxième trek assez renommé dans le parc, de 8 km, qui rejoint le village isolé de pêcheurs Viet Haï, mais il faut être accompagné d’un guide et le retour se fait en bateau (là encore, question de temps mais je l’aurais bien fait).

La forêt est assez dense ; c’est encore un peu la jungle avec des lianes d’un gros diamètre. J’aperçois avec surprise un cerf, à l’entrée du parc, qui me fixe sans bouger, mais je me rends compte ensuite qu’il est dans un enclos. A la sortie, je réponds à une enquête sur l’éco tourisme en lien avec la vie locale et les évolutions à apporter au parc ; pour moi il est clairement sous exploité (il faut y développer les treks) et les aménagements pourraient être plus naturels.

Sur le chemin du retour, je visite la grotte Trung Trang. Elle est grande mais pas très intéressante, un trop bétonnée et polie. Je fais l’impasse sur la grotte hospital, qui a la caractéristique d’avoir abrité un ancien hôpital, puis fini par le canon fort, qui surplombe la ville et offre une belle vue sur les île du sud. J’y arrive un peu tôt pour le coucher du soleil mais la lumière et déjà belle et je n’ai pas envie d’attendre. Je préfère aller me poser un moment sur un transat du parvis de l’hôtel, face à la mer, malgré le vent.

Le soir je retoune en ville, à peine plus animée mais qui reste très calme bien que l’on soit samedi.

 

J71 – Ven 12/01 : La fameuse baie d’Halong

C’est le jour tant attendu de l’exploration de la baie d’Halong ou plus précisément de la Baie Lan Ba avec une petite incursion dans Halong Bay ; les paysages y sont similaires et celle-ci est moins fréquentée.

J’ai réservé l’excursion via l’hôtel sans en connaître exactement le détail mais toutes celles à la journée sont les mêmes ici, avec les mêmes arrêts, à moins de partir avec un bateau en solo (à plusieurs cela peut valoir le coup notamment sur un petit bateau de pêcheurs). C’est touristique mais loin d’être envahis : 5 ou 6 bateaux faisant notre parcours et quelques autres que l’on croise (dont un paquebot amarré et des barque de pêcheurs).

Au programme : navigation dans les deux baies avec des arrêts Kayak, baignade et petite ascension pédestre sur l’île au singe. Le repas est également prévu et plutôt bon et varié. Tout cela pour un prix assez modique (environ 11 €).

On est une trentaine sur un bateau en bois (avec une terrasse en haut et des tables et bancs en bas, où nous prendrons le repas), dont notamment un groupe de jeunes italiens, assez exubérants, une mère australienne avec ses 2 enfants (avec laquelle je partagerai le kayak), et deux couples de français avec lesquels je passe une partie de la journée. Je pensais partir avec Laura et Manille, qui ont réservé aussi l’excursion mais nous sommes dans des bateaux différents. Le guide est un peu rude (peut-être parce qu’il ne maîtrise pas trop bien l’anglais) et s’en tient essentiellement à l’organisation logistique.

Le temps est un plus doux aujourd’hui et même dégagé l’après-midi, avec néanmoins du vent frais. Je me rends d’ailleurs compte ce soir que j’ai pris des couleurs.

Même s’il n’est pas exactement comme sur les photos (notamment la couleur de la mer), le paysage est superbe et semble assez irréel : des centaines de blocs karstiques émergeant de la mer, rongés au pied par l’eau et cachant des grottes et de petites criques. Les pics allongés (en forme de menhir) ont ma préférence.

L’excursion en kayak est surtout symbolique (on traverse 2 petites grottes assez basiques) mais laisse deviner ce que peut être un plus long tour de la sorte dans des coins plus isolés. Pour la baignade, on est assez surpris par cet arrêt, mais on ne résiste pas à l’idée de se jeter du bateau pour rejoindre une petite plage au soleil. L’eau est un peu fraiche mais on est contents de l’avoir fait. Le dernier arrêt s’opère (par de petit bateaux relais) sur l’île aux singes, où ces derniers, peu farouches, tentent d’attraper tout ce qu’ils trouvent, n’hésitant pas à nous grimper dessus et à boire de la bière. Apparemment une fille d’un autre bateau s’est fait mordre au mollet mais je n’ai pas eu les détails. Un petite ascension, sur un chemin très escarpé et des roches, érodées en bas et tranchantes en haut (j’ai presque l’impression de faire de l’escalade par moment), nous mène à un beau point de vue. Au retour, le bateau traverse (sans s’arrêter) un grand village flottant de pêcheurs, qui reste assez authentique et nous permet d’imaginer la vie et le travail des pêcheurs.

La journée a été bien agréable et je me sens bien las au retour (le grand air !).

Le soir, je retourne au restaurant d’hier (le Quan Cat Ba), avec Laura et Manille. Je déguste des coquillages très bons (ils les appellent huitres mais ce sont des coques) puis nous terminons la soirée dans l’un des bars animés (d’un style occidental avec de la musique de boîte) mais où à 22h il n’y a plus grand monde. Les lumières de la ville s’éteignent aussi.

 

J70 – Jeu 11/01 : En route pour Cat Ba

Cette journée ne sera pas la plus intéressante puisqu’elle consiste pour l’essentiel en un transfert de Tam Coc vers l’île de Cat Ba. Départ à 9h de l’hôtel à l’arrière d’un scooter me menant vers un premier minibus, dont je suis le seul passager et qui m’emmène à un second bus. Celui-ci nous conduit jusqu’à un port pour une courte traversée, à l’arrivée de laquelle un dernier bus nous mène jusqu’à la ville de Cat Ba. Le paysage n’est pas très intéressant et, à l’approche de la mer, dans des zones industrielles, on a du mal à imaginer qu’à quelques kilomètres se cachent ces merveilles naturelles. La traversée de l’île néanmoins, montagneuse et parcourant le parc naturel, nous plonge tout de suite dans le décor. On aura mis un peu plus de temps que prévu (pas loin de 6h).

La Ville de Cat Ba est une cité balnéaire à l’architecture peu gracieuse. J’ai choisi un hébergement un peu en retrait de la ville, au port de Ben Béo, suivant les conseils qu’on m’a donnés (pour le lieu, pas pour l’hôtel), et m’y rend à pieds en compagnie de 2 françaises rencontrées dans le bus. J’y découvre un hôtel (malgré l’appellation hostel) pas très beau mais bien situé, face à la mer où j’ai une chambre seul. Il est désert, comme le reste de la ville. On est bien en basse saison.

Le temps de faire quelques recherches sur mon programme sur cette île (riche en paysages et en propositions) et la nuit tombe déjà. Je réserve un tour en bateau pour le lendemain puis retourne en « ville » l’explorer davantage (jusqu’à l’une des plages) et manger. Suivant mon instinct (ou plutôt le flair des autres), je choisi l’un des 3 restaurants où il y a du monde, y déguste un délicieux poisson grillé (on est au bord de la mer quand même) et y discute avec mes voisins de table : un couple de grimpeurs italiens (il y a visiblement de quoi faire ici de ce côté là et je me laisserais bien tenter…) et un couple allemand en voyage de noce (dont le mari a vécu quelques temps en Nouvelle Zélande).

 

J69 – Mer 10/01 : King Kong boat

Le petit déjeuner, copieux et varié, est idéal pour me préparer à la journée sportive qui m’attend avec, au programme, vélo (25 km), aviron et ascension de pics karstiques.

Je commence par la Mua Cave, dont l’intérêt proprement dit n’est pas la grotte mais le point de vue panoramique depuis le haut du mont où se dresse un fier dragon. Il y a 300 marches raides pour y grimper au milieu de roches acérées.

Je continue ma route à la recherche de Hoa Lu, l’ancienne capitale, que j’ai un peu de mal à trouver. Pour une fois Maps Me, mon meilleur allié depuis le début du voyage, n’est pas très précis. Je traverse de petits villages puis me retrouve sur une très large route, tout de suite moins agréable, que je quitte rapidement pour explorer de petits sentiers plus sauvages. Après une pause déjeuner, je trouve enfin Hoa Lu qui ne présente finalement pas un grand intérêt. Je suis d’autant plus déçu que l’on m’a contraint de laisser mon vélo à l’entrée, comme cela est souvent le cas sur les sites (contre un petit billet ou en l’occurrence l’achat d’une boisson) alors que le site est très grand et que j’y croise partout des 2 roues.

Je reviens ensuite rapidement (car il est déjà tard) à l’embarcadère de Trang An pour le clou de la journée : le tour en bateau. J’ai choisi cette balade (il y en a plusieurs) sous les conseils de Morgane. Si le site semble encore plus touristique (avec des centaines de barques) que celui de Tam Coc et moins traditionnel (ce sont bien des femmes aussi qui pilotent les embarcations mais elles ne rament pas ici avec les pieds), le tour est fantastique. Pour l’histoire, l’un des monts s’appelle Kong ; une scène de King Kong aurait visiblement été tournée ici. C’est aussi à Tam Coc qu’a été tourné le film Indochine.

Je suis dans un bateau avec un couple australien. Nous aidons la vietnamienne, plutôt souriante, à pagayer. Du fait de la saison et de l’heure tardive, nous nous retrouvons pratiquement seuls sur l’eau et traversons 9 grottes, de plusieurs centaines de mètres de long et au plafond très bas, faisons escale à trois temples isolés et admirons les pics et la végétation nous entourant. Voyager au fil de l’eau dans un silence quasi absolu est très agréable et le décor est magique. Plusieurs personnes rencontrées au Vietnam m’ont dit que cette région est leur endroit préféré dans le pays. Pour le moment ça l’est aussi pour moi.

Je rentre à vélo de nuit, en privilégiant les petits chemins, tout en essayant de ne pas me retrouver dans des impasses ou dans la boue, puis je passe une soirée très agréable à l’hôtel avec les autres voyageurs des dortoirs, de différentes nationalités et plutôt jeunes. Pour une fois je suis assez actif dans la discussion, saisissant davantage les propos, même si Ed, un anglais, m’a très clairement dit au départ qu’il ne me comprenait pas à cause de mon accent. L’alcool de riz aidant, j’ai dû progresser au cours de la soirée.

 

J68 – Mar 9/01 : Retour à la nature, version pains de sucre

J’ai été malade toute la nuit (le ventre et de la fièvre), sans trop pouvoir en identifier la raison. C’est ça aussi la magie du voyage. Du coup le réveil est un peu brumeux, à l’image du temps : la pluie s’arrête assez vite mais le froid persiste.

Heureusement je suis équipé, contrairement à d’autre voyageur contraints d’acheter des couches complémentaires. Ici tout le monde est habillé en North Face ; on en trouve partout mais pas sûr que ce soit du vrai.

Un petit bus vient me chercher à l’auberge puis fait plusieurs arrêts dans la ville pour prendre des passagers avant de prendre la direction du sud. Je m’aperçois qu’il s’agit au final d’une excursion à la journée, majoritairement pour des vietnamiens (le guide faisant une longue présentation dans cette langue) et que je suis un peu le boulet qu’il faut amener à Tam Coc. A mi-parcours, on fait une pause et le guide, après quelques recherches, me fait monter dans un autre minibus. Le chauffeur est un peu bourru mais m’emmène à bon port.

Je suis content d’avoir choisi un hébergement à Tam Cok (directement au cœur de la nature) et non à Ninh Binh (la ville). L’auberge (en fait il s’agit plus d’un hôtel avec des dortoirs et des bungalows) est fantastique : le cadre, l’accueil, les services. A mon arrivé, le patron m’installe à une table, m’offre un thé, puis m’explique en français les sites à visiter.

Je suis dans la région communément appelée la Baie d’Halong Terrestre, un paysage de pics karstiques (ou pains de sucre), entourés de rizières. D’ailleurs assez curieusement, j’ai vu en venant, au bord de la route, plusieurs commerces qui semblaient vendre des bout de rocher (d’agrément ?), assez monumentaux. Les points d’intérêts : les balades en bateau, les grottes, les temples. Ca semble touristique mais les villages restent authentiques et c’est très calme en ce moment.

Malgré ma petite forme, je loue un vélo (idéal ici car les distances sont courtes et les routes sont toute plates) pour aller explorer les environs (sentiers, pagodes et temples). Il manque le soleil et les rizières (d’un vert phosphorescent sur les photos) mais ça reste superbe.

Une petite partie de billard au bord de l’eau à l’hôtel puis je file dans un restaurant qui m’a été conseillé par Olivier. N’ayant mangé le midi que quelques bananes, je prends double ration, dégustant des rouleaux de printemps à la chèvre (la chèvre semble être une spécialité ici) et une soupe Pho. C’est effectivement très bon dans une ambiance familiale. Pour les éventuels voyageurs qui viendraient ici, l’hôtel s’appelle Tam Coc Nature et le restaurant Khoa Dung.

 

J67 – Lun 8/01 : Flânerie hivernale à Hanoï

Après une bonne nuit de sommeil, je suis saisi par un climat quasi hivernal (de la pluie et une température de 10°), ce qui fait bizarre après les deux mois presque discontinus chauds et ensoleillés que je viens de passer. Ce n’est visiblement pas la meilleure saison pour visiter le nord du Vietnam, d’autant que les rizières, au cœur des paysages que je vais traverser, ne sont pas en pousse à cette période. L’avantage c’est qu’il y aura moins de monde.

Après quelques recherches et de précieux conseils (de Morgane et Olivier notamment, un couple de français rencontré à l’auberge), je commence à y voir plus clair sur mon itinéraire : ce sera Tam Coc (la baie d’Halong terrestre), l’île de Cat Ba (donnant sur la vraie baie d’Halong) puis Ha Giang (pour un circuit à moto de plusieurs jours). Le plus dur sera ensuite de rejoindre la frontière pour la traverser à Tay Trang en direction du Laos mais on verra cela en temps utile.

J’ai abandonné l’idée d’acquérir une moto, une solution qui qui nécessite un peu de temps et qui pourrait vite se transformer en galère (panne, météo peu favorable…) ; j’en louerai une au cas par cas. Je m’en vais donc quérir mon premier billet de bus, comparant les tarifs de plusieurs agences au hasard (il y en a des centaines à Hanoï). Ce sera finalement assez rapide.

Je passe l’après-midi à déambuler dans les rues, la meilleure façon pour moi de découvrir la ville, m’éloignant un peu du quartier touristique. Je passe notamment par le quartier français, assez chic et devant le musée des femmes.

Je retourne au café Note déguster cette fois une autre spécialité, un café à l’œuf, très bon, puis assiste dans un théâtre à un spectacle de marionnettes sur l’eau. A destination des touristes, ce n’est pas le spectacle du siècle mais c’est intéressant avec de la musique vietnamienne live (8 musiciens sur scènes), une succession de scénettes faciles à comprendre et quelques bons effets.

Je reviens à l’auberge pour l’heure de la Free Beer, où je rencontre d’autres voyageurs (2 canadiens, 1 tchèque, 1 hollandais) avec lesquels je passe le reste de la soirée. Quand on se décide à aller manger, tout semble fermé jusqu’à ce que l’on arrive dans une rue très animée alternant restaurants et night clubs. C’est visiblement le lieu jeune et chic. Par contre niveau gastronomie, le choix est cette fois plutôt limité et je me retrouve avec de minuscules rouleaux de printemps en guise de repas.

 

J66 – Dim 7/01 : Immersion vietnamienne

Ca commence à devenir une habitude, je dois retrouver des repères dans ce pays inconnu. Un court instant, je me sens même un peu perdu, en errant dans la rue, mais c’est plus un sentiment qu’une réalité, la sensation de perdre un certain confort moral acquis précédemment. Le temps pluvieux et le fait que je me sois fait mettre à la porte de l’auberge (il était complet ce jour là et le ménage commence bien avant le check out, ce qui fait que l’on se sent un peu poussé dehors) y ont sans doute aussi contribué. Je retrouve vite le sourire en dégustant un café vietnamien dans un lieu très original avec des post it partout et des serveurs très souriants. En réalité, l’expérience aidant on s’immerge beaucoup plus vite et Hanoï est connue pour son atmosphère tranquille et son mode de vie un peu plus occidental que le reste du pays. J’y croise d’ailleurs beaucoup d’européens, des touristes pour l’essentiel. Il me reste néanmoins à me repérer et à définir mon itinéraire rapidement.

Pour l’hostel, j’en ai vite retrouvé un autre. Ils se ressemblent en tous points : d’un confort assez basique mais avec tous les services, jusqu’aux brosses à dents fournies, un choix varié de petits déjeuners et la bière offerte à l’heure de l’apéro, et tout cela pour seulement 4€ la nuit.

On est dimanche mais tout est ouvert à Hanoï. Apparemment il y a eu une grande fête la vieille (ils démontent une scène), au bord du lac Ho Hoan Kiem, qui est le centre névralgique de la ville. Les rues y sont fermées à la circulation, ce qui est plutôt agréable dans une ville submergée de scooters et de motos. Il y a partout de petites tables (et même lilliputiennes) sur les trottoirs avec une offre énormes de nourriture plutôt appétissante. Le vieux quartier est organisé par corporation : une rue pour chaque type d’articles.

J’ai dans l’idée d’aller visiter le musée ethnographique musée, qui semble intéressant, mais j’y renonce en voyant l’heure passer car il faut visiblement y consacrer au moins 3 heures.

Le soir j’ai rendez-vous avec Tattu, une fille que j’ai rencontrée à Yangon, d’origine du Kirghizistan qui vit à Hanoï depuis plusieurs années, et son copain Kim, un anglais. Ils m’ont invité à manger et me donne quelques conseils sur les sites à visiter au Vietnam. Ils ont déménagé dans la journée, apprenant seulement le matin qu’ils avaient l’appartement (mais c’est un meublé). L’appartement est un peu décentré. Du coup j’utilise pour la première fois une application très pratique pour le routard que je suis : Grab (une sorte d’Huber qui fonctionne aussi avec les 2 roues). Je rentre l’adresse sur mon téléphone et 3 minutes après je me retrouve à l’arrière d’une moto qui m’emmène rapidement et pour un prix dérisoire (connu à l’avance et sans discrimination touristique) au lieu indiqué.

 

J65 – Sam 6/01 : Une journée à l’aéroport

La nuit dans le bus s’est bien passée. J’avais choisi un bus VIP qui offre un peu plus de confort, avec sièges larges et rabattables, couvertures, snacks, écrans TV personnalisés (j’ai regardé le début du Hobbit) et un véritable stewart (avec une voix très suave mais qui ne parlait pas anglais). On se serait presque cru dans un avion. De là à dire que l’on passe une vrai nuit, je n’irais pas jusque là, d’autant qu’on a fait une pause obligatoire (tout le monde dehors) à 1h du matin, près de Nay Pyi Daw, la nouvelle capitale (un peu fantôme) du Myanmar depuis 2005.

Un petit point d’ailleurs sur ce pays. Les français, et moi le premier, ont tendance à encore parler de la Birmanie. Or le pays a réellement changé son nom en Myanmar. Tout s’appelle ainsi (le pays, la langue et même la bière la plus courante), à l’exception si j’ai bien compris de la langue, qui reste le birman.

En tous les cas c’est un pays que je recommande chaudement et où il est facile de voyager (dans les endroits autorisés). Sans doute en partie du fait que les auberges et hôtels proposent tous les services.

J’arrive à Yangon (et non Rangoun ; là encore il n’y a que les français pour renommer les villes et les pays étrangers !) à 7h du matin et je me lance dans un trek d’environ 6km avec mes deux sacs (soit 20kg de bagages) pour rejoindre l’aéroport depuis la gare routière, interpellé une bonne trentaine de fois par des taxis. Mais j’ai tout mon temps : mon avion est à 19h30. Je passe par des quartiers visiblement assez pauvres où certains habitants ont l’air surpris et contents de me voir et arrive un peu en sueur à l’aéroport.

C’est alors une longue attente dans un aéroport assez petit et peu confortable mais je me suis trouvé un coin tranquille. L’aéroport étant situé à 30 km du centre et ne disposant pas de consigne, je n’avais pas trop le choix. J’en ai profité pour me reposer un peu, réveillé malheureusement d’une courte sieste par les moustiques, et pour commencer à trier mes photos du Myanmar (j’en ai vraiment pris beaucoup).

J’en ai donc fini avec le Myanmar et prends la direction du Vietnam où je vais rester 15 jours (durée maximum autorisée sans visa), en me restreignant au nord du pays, pour ensuite rejoindre le Laos.

Il n’y a qu’une heure et demi d’avion et ½ heure de plus de décalage. L’avion est à demi rempli (c’est la première fois que je vois cela) et je ne peux y prendre un repas comme je l’escomptais car ils ne prennent pas la carte.

Arrivé au Vietnam tout se passe simplement : un tampon sur mon passeport en quelques secondes à la douane (ils ne me demandent aucune explication ni aucun document), je trouve un distributeur de la banque que j’avais repérée (dans laquelle on peut retirer un peu plus que les autres même si ça reste des petits montants) et me dirigeant vers l’arrêt de bus, je me vois proposer un trajet en minibus pour un coût raisonnable. C’est plutôt de bon augure car j’arrive à l’auberge quelques minutes seulement avant l’horaire annoncée de fermeture de l’accueil. En revanche, ma première impression n’est pas très positive concernant l’accueil des vietnamiens : on me bouscule à plusieurs reprises à l’aéroport sans même me regarder, le douanier n’est pas du tout affable, on me fait changer de chambre alors que je viens de m’installer… mais cette image devrait changer, du moins je l’espère. Une petite soupe dans le restaurant d’à côté et au lit.

 

J64 – Ven 5/01 : Magie du soleil levant à Bagan

Le réveil est très matinal (5h30) pour aller admirer le tant attendu lever de soleil du haut d’un temple. La nuit a été courte mais la forme semble être revenue.

Je pars en direction du temple 446 (certains ont des noms, d’autres juste des numéros), qui longtemps resté secret, semble un peu plus connu aujourd’hui par la magie d’internet. Ce n’est pas non plus la foule ; on est une trentaine sur le toit avec une vue lointaine à 360°. Le temple est assez éloigné de l’auberge et il a fait très froid sur la route mais je suis content de mon choix.

Le soleil émerge tranquillement, dévoilant et inondant de son reflet les paysages petit à petit : les toits pointus des temples entourés de frêles nappes de brouillard, l’éclat des dômes dorés et le rose éclatant des murs de briques dont la plupart des édifices sont constitués, les sommets montagneux à l’horizon supportant quelques monastères… C’est assez féérique.

Quelques minutes avant le lever effectif du soleil, apparaissent devant nous une vingtaine de montgolfières qui se gonflent et s’élèvent dans le ciel, rajoutant encore une touche à la magie du paysage.

Comme tout le monde, j’ai pris beaucoup de photos, mais je ne suis pas sûr que le rendu reflète fidèlement ce que j’ai aperçu. Ce qui est sûr c’est que, comme le dirait le guide Michelin, l’expérience mérite le voyage et qu’elle est à la hauteur de sa réputation.

Pour boucler la boucle, je fais également une courte escapade pour admirer le coucher du soleil. J’emprunte un sentier encore non exploré et admire sur le chemin les belles couleurs des temples à la lumière du soleil couchant. Mais arrivé au temple repéré hier, j’ai la surprise de voir qu’ils ont aujourd’hui condamné l’accès au toit. J’en trouve un autre, un peu plus bétonné, sur le chemin du retour laissant apercevoir quelques parties sur le fleuve avec un fond montagneux derrière lequel s’enfonce le soleil. C’est pas mal non plus.

Le programme du reste de la journée est assez tranquille. Ayant le scooter toute la journée, je fais un petit tour le midi dans les coins reculés de la ville et au bord du fleuve, où je mange très local. C’était pas très bon cette fois mais typique : pour un plat acheté (viande ou poisson), tu as huit accompagnements de toutes sortes. Ayant déjà vu pas mal de choses ici et prenant ce soir le bus de nuit pour Yangon, je passe le reste du temps sur le rooftop de l’auberge, qui, comme à Inle, est pourvu d’espaces de relaxation pour les backpackers en transit. Cette conduite est également dictée par le fait que j’ai calculé un peu juste et qu’il ne me reste plus que 6000 kyats (l’équivalent de 4 €) pour terminer mon escale au Myanmar et que je me sens encore un petit peu patraque (moins qu’hier néanmoins).

 

J63 – Jeu 4/01 : Cross en solitaire

Le ciel est encore un peu couvert le matin (je renonce au lever de soleil et dors un peu) mais la pluie s’est totalement arrêtée et va petit à petit laisser place à un temps dégagé. L’été est donc de retour et les paysages tout de suite plus jolis et de belles couleurs le soir.

Je pars toute la journée en solitaire explorer les temples et les villages. Je me suis armé de mes tongs (beaucoup plus simple puisqu’il faut se déchausser dans chaque temple) et de ma frontale (utile dans les obscurs escaliers). A l’exception d’un ou deux sites, que l’on m’a conseillés et que je souhaite repérer pour le lendemain matin, je suis les sentiers de manière totalement aléatoire et me laisse guider par l’instinct. Certains chemins sont d’ailleurs totalement impraticables, par la boue, le sable ou les épineux et je me vois contraint à plusieurs reprises de faire demi-tour. Voyant la jauge électrique très fortement baisser, j’ai également quelque appréhension en fin de journée sur la possibilité de tomber en panne au milieu de nul part, mais ça n’arrivera pas.

Je visite une bonne vingtaine de temples, quelques villages bien typiques avec des maisons en Bambou, et notamment celui de Minnanthu, où je m’arrête déjeuner et où j’ai le droit à une visite guidée par une autochtone ; fidèles aux traditions parmi les curiosités, ils récoltent et filent le coton, font de l’huile de cacahuète et roulent des cigares. Je vois notamment la femme la plus âgée du village avec un énorme cigare à la bouche.

L’après-midi je n’ai pas la grande forme. Me sentant un peu frileux, je rentre avant le coucher du soleil mais m’arrête néanmoins admirer le fleuve en fin de journée. J’ai un peu peur que ce soit la conséquence du choc de la veille. J’ai également beaucoup de mal à trouver le sommeil le soir et je suis prêt, s’il le faut, à tester l’hôpital birman pour une consultation.

 

J62 – Mer 3/01 : Le choc bouddhiste

Il pleut encore toute la matinée. Je m’étais inscrit à un tour de Bagan organisé par l’auberge mais il est annulé. J’en profite pour avancer sur quelques travaux : recherche de bénévolat au Laos, configuration de ma boîte mail sur mon téléphone (2h sans y parvenir).

A midi, le temps se découvre un peu. Je me lance à la recherche d’un ebike (scooter électrique) à bon prix. Il y en a des centaines ici. Les motos sont interdites (du moins pour les étrangers) et l’ebike a été le moyen mis en place pour faire le tour des temples et c’est une très bonne idée. Je me joins à Philippe et Loa (2 citoyens du monde, d’origine polonaise et franco-mexicaine, qui vivent actuellement à Barcelone, après différentes escales en Europe), rencontrés la veille, et nous partons à la découverte du vieux Bagan puis de quelques temples au hasard.

C’est assez impressionnant ces milliers de temples, de toutes les tailles, plus ou moins bien entretenus sur un terrain plat mais boisé sur une centaine de km2, avec des montagnes à l’horizon et délimité au nord-est par une large rivière, l’Irrawaddy. C’est assez touristique mais on peut facilement se retrouver tout seul en s’éloignant des principaux sites. Plusieurs temples sont en réfection et l’accès sur les toits de certains est désormais interdit mais on en trouve plusieurs accessibles. A l’intérieur, la plupart ressemblent (de forme carrée, avec 4 façades similaires et 4 Bouddhas regardant dans les 4 directions) mais l’intérêt principal est d’admirer la vue alentour d’en haut. On trouve également des pagodes (stupas) et quelques bâtiments ressemblant plus à des vestiges de fortifications.

Nous empruntons une multitude de sentiers, plus ou moins larges, dont certains sont inondés et difficilement praticables en scooter mais nous y arrivons.

On croise une fête foraine, Philippe essaye le Tanaka (substance provenant d’un bois que la plupart des habitants s’appliquent quotidiennement sur le visage pour se protéger du soleil et avoir un beau teint) et arrivons au sommet d’un temple pour le coucher de soleil, que nous cherchons en vain à travers les nuages.

Evénement notoire de la journée, je me suis cogné assez violemment et ouvert le crane dans une temple. Les escaliers sont très étroits, en largeur comme en hauteur, pour aller sur les toits. Apparemment rien de grave mais j’ai été bien sonné.

Je termine la journée dans très bon dans un restaurant végétarien, le Moon, avec un groupe de filles qui m’ont aidées à me soigner.

 

J61 – Mar 2/01 : En route pour Bagan

Me voici aujourd’hui en route pour Bagan, le site incontournable du Myanmar avec ses 2000 temples dans la forêt et ses levers de soleil à couper le souffle… enfin si le ciel se dégage car aujourd’hui c’est le déluge toute la journée et les routes sont boueuses, voire inondées. Ce sera ma dernière étape dans ce pays.

J’ai pris un minibus, plutôt rapide et presque à l’heure. A ce que j’ai pu en voir, la route entre Pyin Oo Lwin et Mandalay semble vraiment belle, avec un fort dénivelé, des falaises, des cascades. Le trajet en train (atypique à ce que l’on m’en a dit, avec une descente alternant marche avant et marche arrière) doit valoir le coup. Ensuite c’est moins intéressant, plus plat et sans curiosité.

Arrivée à Bagan, je prends mes premiers repères, discute avec plusieurs personnes et participe à un quizz organisé par l’auberge. C’est la même enseigne qu’à Inle, Ostello Bello, mais j’y trouve l’atmosphère et l’aménagement plus chaleureux. Il ne reste plus qu’à espérer que la météo s’améliore, comme les prévisions l’annoncent.

 

J60 – Lun 1/01/2018 : Halte pluvieuse

La nuit a été courte mais le petit déjeuner mérite un réveil matinal. Renseignements pris, je décide de rester une journée à Pyin Oo Lwin et de me rendre à Bagan demain en bus. Je voulais le faire en bateau, mais je juge les contraintes engendrées (temps, coût, fatigue) trop importantes. Franz, lui, s’en va en fin de matinée en direction du nord, explorer une région où peu de touristes se rendent. Après plusieurs jours passés ensemble, cela fait bizarre de se retrouver seul à nouveau.

Il pleut presque toute la journée mais ça ne m’empêche d’explorer la ville. L’hôtel fournit des vélos. C’est donc de cette manière que je prends la route en direction du National Kandawgyi Gardens, en zigzagant, plus ou moins volontairement, au fil des rues. Je m’arrête au marché, dans un temple chinois, dans une gargote pour manger et arrive enfin au parc. Il est très grand (177 hectares) et très fleuri ; c’est son principal attrait et la fin du Flower Festival. Il y a beaucoup de monde (c’est férié ici aussi et encore les vacances), avec une ambiance assez festive. Il y a des espaces aménagés où l’on peut voir des oiseaux sauvages, des milliers d’orchidées, des bambous, des fossiles, et également une très haute tour (la Nan Myint Tower) qui offre une vue panoramique sur le parc et la ville (enfin pas trop aujourd’hui !). Malgré le temps, la visite n’est pas désagréable. C’est juste dommage de voir là aussi des détritus un peu partout ; il y a un gros travail d’éducation à faire dans tout le pays sur cette question.

Au retour, je passe au milieu des maisons coloniales qui valent le coup d’œil.

La pluie s’intensifiant, je rentre à l’hôtel où je prends mon temps. Je partage maintenant la chambre avec un anglais. Le soir, on s’offrent à quatre, avec les deux israéliennes, un bon restaurant pour la nouvelle année ; encore un indien mais beaucoup plus chic. C’est le premier restaurant de cette classe que je fréquente depuis le début de mon périple et c’est très bon.

 

J59 – Dim 31/12 : Le train de la Saint-Sylvestre

Ce matin, on quitte Hsipaw avec Frantz direction Pyin Oo Lwin, une petite ville plutôt aisée à l’architecture coloniale où de nombreux habitants de Mandalay, un peu plus au sud, viennent se ressourcer.

On a décidé de prendre le train ; je l’avais moi-même planifié depuis un moment ayant eu des échos très positifs de ce trajet montagnard. Départ à 9h30 pour un parcours de 7h pour 140 km. Ce sera finalement 8h30 : ne jamais se fier aux horaires annoncés ! Pour quelques centimes de plus (le trajet nous revenant à moins de 2 €), on a choisi la première classe, avec des sièges beaucoup plus confortable que les banquettes en bois de la seconde. Le train est loin d’être bondé mais il se remplit à mi-parcours ; il y a visiblement eu un accident qui a bloqué la route et certains voyageurs nous ont rejoint. On a d’ailleurs eu la surprise de retrouver notre siège inversé de sens pendant que nous faisions quelques emplettes sur le quai. Les gares sont assez calmes (rien à voir avec l’inde) et des femmes, un plateau sur la tête ou une glacière à la main proposent différents produits. Le plus surprenant c’est le balancier important du train : on est un peu secoué et on voit l’allée centrale des autres wagons de manière alternative.

Niveau paysage c’est plutôt joli, même si je m’attendais à plus spectaculaire. Le temps couvert amoindrit sans doute aussi les choses (après des semaines de soleil, on n’est plus habitué et ça joue aussi un peu sur le moral). Le clou du spectacle c’est le viaduc de Gokteik. Long de 700 m et sans garde-corps, il est impressionnant et offre une vue lointaine sur la gorge qu’il traverse et les falaises environnantes. Passé ce pont, le train continue sa route en lacets ce qui fait qu’on a l’impression de revenir en arrière.

On arrive à Pyin Oo Lwin sous la pluie et on cherche un moyen de transport pour nous rendre à l’Orchid hostel, un peu décentré. Les taxis exagérant, nous nous retrouverons finalement chacun à l’arrière d’une moto. L’hôtel est très grand avec plusieurs bâtiments, de petits manoirs. Une rumeur circule d’ailleurs sur l’une des chambres qui aurait été hantée. Il y a surtout des birmans. On se voit octroyer une grande chambre de six lits pour nous deux. Il s’y tourne également une scène de film en fin de soirée.

Mais que faire pour le 31 décembre ? On rencontre deux Israéliennes, avec lesquelles nous allons manger dans un très simple (deux grandes tablées familiales) mais très bon restaurant indien. Un petit tour en ville nous confirme, qu’hormis le défilé de jeunes à moto, il n’y à rien de prévu et nous rentrons à l’hôtel avec quelques bières. De jeunes birmans ont fait un feu et ont l’air de s’amuser au sein de notre propriété. Nous nous joignons à eux et passons une bonne soirée à échanger avec eux. C’est intéressant de voir, derrière leur bonne humeur, l’opinion très négative qu’ils ont de leur pays et je pense que notre vision de voyageurs et notre discours sur le fait de pouvoir réaliser ses rêves leur fait du bien. J’ai désormais des amis birmans sur facebook et charge à moi de ne pas les oublier et de les accueillir, comme ils le font si bien, s’ils viennent un jour en France.

 

J57-58 – Ven 29 et Sam 30/12 : Trek dans la jungle

C’est enfin le départ pour le trek, avec l’agence Mr Bike, pour respirer l’air de la montagne et nous dégourdir les jambes. En 2 jours, on parcourra environ 25 km avec un peu plus de 1000 m de dénivelé positif ; le trek n’est pas très difficile pour moi mais il est très agréable de se retrouver en pleine nature, dans ce qu’ils appellent la jungle, avec, cerise sur le gâteau, une nuit dans des cabanes dans les arbres.

Le groupe est constitué d’un couple belge (Sarah et Peter), un couple britano-américain, qui est venu travaillé au Myanmar pour 2 ans, un couple birman-chinois (enfin je pense, je m’interroge d’ailleurs toujours sur le sexe de l’un des deux qui semble être un homme mais avec des traits très féminins) dont je n’ai pas saisi les noms, Franz et moi. Il y a une bonne cohésion de groupe. Le guide Tun Tun, assez jeune, est très sympathique et nous sommes accompagnés de deux cuisiniers-porteurs et d’une une chienne qui nous suit tout le long du parcours. On apprend quelques mots en shan (notamment bonjour qui se dit « my son ka »), la plupart des habitants ici étant de cette ethnie (parmi les 2 les plus courantes au Myanmar).

Côté paysage, on est immergé dans la forêt et plus spécifiquement dans la jungle une partie du parcours, avec des bambous très denses, des lianes et des bananiers sauvages. On a l’impression d’être au printemps (beaucoup de fleur dans la partie la plus basse) et à l’automne en même temps.

Le premier jour est consacré à l’ascension, assez raide (plus de 900 m) ; après avoir traversé deux villages, on ne croise plus personne. Immergés dans la forêt on ne voit pas beaucoup le paysage mais arrivés au sommet, on découvre les cabanes dans les arbres, au milieu des pins. En choisissant le trek, je préférais les propositions des autres où l’on passe la nuit dans un village chez les locaux mais je ne regrette rien. Il y en a trois et ce sont de véritables palaces, tout en bambous avec une vue magnifique sur toute la vallée. On arrive assez tôt : on se délasse, on joue au cartes, on admire un vol de perroquet, on mange très bien, on goûte l’alcool de riz et on se couche assez tôt.

Le deuxième jour, levé à 6h pour admirer le levé de soleil sur les montagnes. Malheureusement le ciel est assez couvert. On descend alors à un rythme tranquille (l’une d’entre nous ayons un peu de difficultés à suivre du fait d’énorme ampoule notamment), complètement immergés dans la jungle, suivant assez longtemps le cours d’un ruisseau. On retrouve des paysages plus découverts l’après-midi (sous un soleil de plomb), après une pause repas chez l’habitant, et la vie agricole avec ses buffles et les rares habitations. La vie à l’air tranquille ici.

De retour à Hsipaw, on retrouve avec Franz une ville très calme aussi (on a l’impression d’être dimanche) et on est très satisfaits de notre aventure et d’avoir été coupés du monde pendant deux jours.

 

J56 : Jeu 28/12 : Motorbike

Comme pressenti, pas de départ aujourd’hui pour un trek. On aurait pu partir à 2 pour un peu plus cher mais Franz n’était pas très chaud, d’autant qu’il n’en n’a jamais fait et que le but est aussi de le faire en groupe. On partira finalement demain pour un trek assez dense de 2 jours dans la jungle.

Aujourd’hui, on a décidé de faire tous les deux une journée en moto (j’ai changé d’avis depuis hier, ça me semble faisable). Un grande première pour moi mais je m’y suis vite habitué sur des routes variées. En fait ça se conduit quasiment comme un scooter. Il y a des vitesses mais pas d’embrayage et un frein au pied. Au Vietnam et au Laos je risque de trouver les mêmes machines donc c’était une bonne occasion de m’y préparer.

Les destinations sont assez limitées. Renseignements pris, nous ne sommes pas autorisés à nous aventurer sans guide sur les petites routes et les villages de montagne. Je n’en n’ai pas compris exactement la raison mais nous suivons la règle et empruntons une route principale mais peu encombrée en direction du nord. Nous sommes vite au milieu de nul part puis arrivons dans un petit village en bord de rivière, Taatay, dont nous faisons le tour à pied. C’est très calme et très rural. Les habitants ont l’air contents de nous voir et nous sourient. Nous passons au monastère où une horde de très jeunes moines se montrent à la fois curieux, timides et joueurs. Une petite pause au bord de la rivière (plutôt large) puis nous rebroussons chemin.

Sur la route, petit incident mécanique. Mon accélérateur ne fonctionne plus. Nos motos ne sont pas des plus neuves ! On trouve vite un petit garage qui répare cela en 2 minutes. On prend alors un sentier assez accidenté (c’est formateur aussi) pour monter à une pagode puis retournons à Hsipaw pour allez manger chez Mrs Pop Corn (la plupart des commerces ici portent un nom avec Mister ou Misses), un petit restaurant organic à bonne réputation.

L’après midi, on prend la grande route vers le sud, un peu moins agréable avec les camions mais avec de beaux points de vue. On s’arrête à la cascade Nam Hu Nwe (plus visitée que celle d’hier, avec des échoppes au pied), au temple Bawgyo (assez impressionnant et visiblement l’un des plus réputé du Myanmar) et tenterons en vain de trouver les Jen Kin Hotsprings.

On a dû faire au total une cinquante de kilomètre mais nous sommes éreintés et plutôt contents de cette expérience.

Le soir, on retrouve Alice et allons dîner avec un anglais et un New Yorkais, très volubile, qui nous fait partager sa grande expérience du Myanmar et des pays voisins. Il est intéressant mais j’ai un peu de mal à suivre le fil de la discussion (ou plutôt du monologue).

 

J55 : Mer 27/12 : Chez les locaux

Pour le trek, il va falloir patienter un peu : pas de groupe en partance aujourd’hui. Enfin j’ai appris ce soir qu’ils m’avaient cherché ce matin pour me joindre à d’autres personnes intéressées mais l’heure supposée du départ était déjà passée et j’étais parti à la recherche d’un scooter. Là encore pas grand succès : difficile d’identifier les boutiques et ils n’ont que des motos avec vitesses, mais je n’en n’ai jamais conduit. Ce n’est pas très compliqué apparemment mais j’essayerai plus tard sur une route moins passante et des chemins moins accidentés. J’ai finalement opté pour le vélo (pas facile non plus d’en trouver de corrects mais nous y arrivons). J’ai trouvé trois personnes avec lesquelles je vais passer une journée très agréable dans de superbes paysages : Alice, une australienne que j’avais déjà rencontrée à Rangoun, Franz, une hollandais avec lequel je vais passer quelques jours puisque nous envisageons le même programme, et Rose, une espagnole.

Nous partons en direction de la cascade Namtok que l’on voit de loin ; on se perd un peu au début, traversons une décharge, où sont brulés les déchets à l’air libre, puis arrivons alors dans un magnifique décor, accidenté (je suis bien content d’avoir un VTT), très fleuri (on a l’impression d’être au printemps), avec quelques habitations isolées et des exploitations agricoles dont des bananeraies. Ca sent la campagne et la vie locale. La cascade est magnifique. On s’y baigne.

Nous prenons alors la direction des Nam Onn Hot Spring et cherchons dans les villages un endroit où manger. On nous indique une maison. Nous nous retrouvons alors chez des locaux. Ils ne parlent pas anglais, nous offrent à manger comme des princes et refusent l’argent que nous voulons leur donner. C’est ça l’accueil birman. Côté hotspring, c’est un eu moins impressionnant : 2 petites cuvettes au bord de la rivière avec de l’eau tiède où se baignent et font la lessive les habitants. Nous ne tentons pas l’expérience.

Nous arrivons à Hispaw par le Nord, le plus ancien quartier, avec de très vieille pagode et un monastère en bois. Rose, qui est déjà venue la veille nous sert de guide.

Enfin, après quelques nouvelles recherches pour le trek (il y a peu de monde en ce moment donc difficile de trouver un départ avant jeudi), nous allons dans un petit restaurant bien local où je teste encore de nouveaux plats pour un coût dérisoire.

Bref, on se sent plutôt bien ici et l’accueil est chaleureux.

 

J54 : Mar 26/12 : Ca sent la montagne

Une nouvelle journée de transport (10h dans un minibus ou plutôt deux car ils nous ont fait changer de bus à 30 km de l’arrivée sans qu’on en connaisse la raison) pour me rendre à Hispaw, où je compte faire un trek. J’ai choisi de prendre le bus la journée et non la nuit pour pouvoir admirer le paysage et j’ai bien fait. Un paysage montagneux, très vert, assez escarpé et plutôt sauvage. On a suivi une petite route les deux premiers tiers du chemin sans pratiquement traverser aucun village. J’ai pu admirer un immense lac, croiser des charrettes à bœufs, apercevoir ce qui m’a semblé être un combat de coqs, assister aux travaux de rénovation de la route (très artisanaux et familiaux comme j’ai pu en voir en Inde). L’accueil pour la pause repas était extraordinaire (les birmans aux petits soins comme à leur habitude).

On a ensuite rejoint une route tout aussi montagneuse mais beaucoup plus empruntée avec un trafic très dense de camion (faisant probablement la jonction avec la Chine).

J’arrive alors dans un hôtel grand Luxe, Mister Charles, mais m’aperçois que j’ai réservé la guesthouse juste à côté. C’est la même maison et des guides sont là pour nous présenter les treks. Le début d’une expérience très nature comme je les aime s’ouvre à moi pour quelques jours.

 

J53 : Lun 25/12 : Noël à vélo

Superbe journée aujourd’hui. J’ai loué un vélo (un peu délabré mais pour 1 € la journée, difficile de demander plus) et suivi une boucle d’une trentaine de km conseillée par l’auberge. Direction sud-ouest pour commencer où je suis monté à quelques temples pour admirer la vue. Arrivé au village de Kaung Daing, je suis tombé par hasard sur l’allemande d’hier, Krish (je n’ai pas bien saisi son prénom) et deux autres filles de l’auberge qui, accompagnées d’un habitant du village, Yan, se lançait dans un tour des fabriques locales. Je me suis joins au groupe. Le village est spécialisé dans la fabrication du tofu, qui se présente sous différentes formes et est séché au soleil sur les toits, mais produit également des graines de tournesols, grillées, séchées et aromatisées et plusieurs types de galettes de riz. Yan nous a expliqué pendant plus d’une heure les modes de production, qui restent artisanaux pour alimenter le marché tournant toute la semaine dans les différents villages. On a pu déguster les différentes spécialités, pour la plupart frites et séchées ; ils aiment la friture dans ce pays. Yan fait le guide bénévolement mais les donations sont les bienvenues pour aider le village, assez pauvre, à se développer.

En compagnie de Karin et Sabrina (une deuxième allemande), avec lesquelles je passe le reste de la journée, on a ensuite pris un bateau (toujours une pirogue) avec nos vélos pour nous rendre de l’autre côté du lac. Traversée très agréable cette fois encore, même si nous avons percuté un autre bateau. Nous arrivons alors à Maing Thauk, un village flottant au centre duquel se trouve un pont en bois de 500 mètres de long. Je ne verrai pas celui de Mandalay, assez connu, mais je pense que celui-ci lui ressemble. Cette journée est également consacrée aux dégustations. On s’arrête donc dans une très jolie paillotte, sur l’eau près du pont, pour déguster des jus de fruit puis on reprend les vélos en direction d’un monastère dans la forêt. Ca monte beaucoup et le monastère ressemble davantage à un village vacance de luxe avec une très belle vue qu’à un lieu de recueillement. J’ai d’ailleurs constaté depuis plusieurs jours que les moines ici sont plutôt modernes et décontractés ; j’en ai croisé plusieurs, cigarette dans une main et téléphone dans l’autre, faisant des selfies ou affaissés dans un fauteuil et offrant du thé dans les temples.

On fait ensuite une pause près d’une piscine naturelle, où je me baigne avec les locaux, des jeunes (ils sont apparemment en vacances) dont certains sont des moines puis on termine l’excursion chez un vigneron, la Red Mountain Estate Winery. C’est une grande exploitation, très bien située sur une colline dans un cadre très soigné, où l’on trouve un restaurant et une salle de dégustation très fréquentés. Les vins sont produits ici. Les blancs (sauvignon et muscat) ne sont pas mauvais mais les rouges, assez tanniques font plus artificiels. On profite du couché de soleil avec vue sur le lac et les montagnes environnantes. C’est aussi l’époque des roseaux (me semble t-il) en fleur, dont la récolte a commencé ; il y en a des champs partout, que nous traverserons tout au long de notre périple, alternant route et chemins forestiers.

 

J52 : Dim 24/12 : La vie sur l’eau

Départ dès 8h pour l’incontournable sortie en bateau sur le lac Inle, un peu touristique mais très agréable et permettant facilement d’imaginer le mode de vie original en cette région. Le bateau est une pirogue à moteur, plutôt confortable (fauteuil, couverture et ombrelle fournis) et très rapide. Nous sommes 4 : deux copines qui restent ensemble et une allemande avec qui je passe plus de temps. Nous allons tout au sud du lac croisant quelques pêcheurs (certains sont là pour le folklore, en équilibre sur un pied avec leur fameux panier en bambou, mais d’autres sont réellement là pour pêcher, debout, la rame au pied et un filet entre les mains) et naviguons ensuite sur des canaux. Le lac, très grand, est entouré de montagnes et nous traversons des villages de maisons sur pilotis assez spectaculaires.

Plusieurs arrêts sont prévus : nous allons chez des artisans qui nous expliquent leur métiers : le travail de l’argent (des bijoux assez fins intégrant des pierres précieuses), la fabrique de cigares, le tissage du lotus. C’est intéressant. Ils ont des boutiques mais nous ne nous sentons pas obligés d’acheter. Nous visitons également le village d’Indein, avec ses centaines de stupas, dont certains très anciens et plus ou moins entretenus et construits avec différents matériaux (ça change du tout doré). Nous finirons l’excursion dans un monastère, lui aussi sur l’eau.

Le soir il y a un repas de noël sur le toit de l’auberge. En convalescence, je préfère m’abstenir mais du coup je me retrouve un peu seul à errer. Le village lui-même est très calme. Le repas se poursuit par un karaoke et une soirée dansante. L’ambiance n’est pas mauvaise mais un peu jeune à mon goût d’autant que je n’ai pas noué beaucoup de relations ici.

 

J51 : Sam 23/12 : Sick day

La nuit a été un peu rude ; le bus s’est très peu arrêté (même pas pour le dîner sur lequel je comptais) mais niveau confort, ça ne vaut pas les sleepers indiens et mon voisin prenait beaucoup de place. Je n’ai donc presque pas dormi.

Et c’est là que j’ai commencé à être malade (fort heureusement seulement vers la fin du trajet sinon ça aurait été enfer). Et oui, il fallait bien que ça arrive un jour : la fameuse tourista. Le pire c’est que je n’arrive pas à identifié le facteur déclenchant : je n’ai pas beaucoup mangé la veille et que des choses assez classiques et je n’ai bu que de l’eau en bouteille. Cela dit je ne suis pas le seul : plusieurs personnes de la guesthouse étaient malades la veille et visiblement ça touche pratiquement tous les touristes au Myanmar.

Du coup la journée ne sera pas très dense, ni très agréable. Arrivé à Nyaung Shwe (le « camp de base » à proximité du lac Inle), je file à l’auberge. Mauvaise surprise, le check in dans la chambre n’est qu’à 14h. Heureusement je peux profiter du rooftop où sont disponibles des lits-paillottes et des chaises longues et où je me repose un peu. Ils ont aussi profité de cette journée pour faire une désinsectisation anti moustiques avec des produits ultra forts dont une fumée très épaisse à l’extérieur. Du coup je n’ai finalement pu disposer de la chambre qu’à 15h. J’ai quand même tenté deux sorties : l’une pour aller manger (du riz et des bananes on trouve cela facilement ici) et l’autre pour faire un tour le long du canal pour le coucher du soleil. On me propose à plusieurs reprises des tours en bateau mais ils ne sont pas trop insistants.

L’auberge est assez grande et très jeune (peut être un peu trop) mais pas mal d’activités et services sont proposés. Je loupe le cours de Birman mais profite de la shan noodle soup sur le toit et discute avec quelques personnes autour d’un braséro.

 

J50 – Ven 22/12 : Clown sans frontière

C’est une journée assez tranquille aujourd’hui. J’ai décidé de ne pas partir la nuit précédente pour prendre mon temps justement. Je reste le matin à la guesthouse puis vais me promener dans la ville d’Hpa An que je n’ai pas encore vraiment visitée. C’est assez « résidentiel » et très arboré. On n’a pas partout l’impression d’être en ville. La ville se situe au bord de la rivière, très large, mais le centre est un peu décalé. Il y a également un grand lac. Je passe au marché, assiste à la sortie des écoles puis me dirige vers une église pour assister à un spectacle.

On a rencontré la veille à la Guesthouse, Laëtitia, qui est bénévole au sein de Clown sans frontière et est venue au Myanmar pour créer un spectacle mêlant français et birmans et le jouer devant des publics en souffrance sur des sites ayant connu des drames. Assurant la logistique, elle nous explique les difficultés à mettre en place un tel projet et à obtenir les autorisations. Il y a d’ailleurs de nombreux endroits en Birmanie où les étrangers ne peuvent se rendre (toutes les zones frontalières notamment), mais ça je ne m’en suis pas encore rendu compte comme au Sikkim. Le spectacle est un conte mêlant musique, théâtre et acrobaties. Il est en birman mais on comprend facilement la trame. Aujourd’hui, le public, des adolescents, semble avoir de bonnes conditions de vie (peut-être parce que le spectacle est encore en rodage) et je suis agréablement surpris par leurs réactions, riant facilement, ce qui ne serait probablement pas le cas chez nous devant un spectacle de ce type.

Il est alors temps de prendre le bus de nuit, direction Inle, pour un voyage de 14 heures.

 

J49 – Jeu 21/12 : Scooter en liberté

Je passe la journée avec Erol et Céline, tous deux, très sympathiques, qui sont en voyage pour 4 mois et demi. Nous avons loué des scooters et partons en début de journée pour l’ascension du mont menant au Zwegabin Monastery (700 m de dénivelé positif sur des marches assez irrégulières). Céline souffre un peu, sans trop savoir pourquoi. Elle a d’ailleurs un certain courage de s’être lancée dans cette aventure en Asie et en Amérique centrale car elle souffre de quelques phobies (vertige, peur des oiseaux…), qui ne doivent pas être faciles à affronter dans de telles conditions. La vue du haut, un peu brumeuse, vaut le coup d’œil. Nous aurions aimé y aller le soir et passer la nuit au monastère mais ce n’est plus possible depuis peu (visiblement suite au suicide d’un touriste dans ces lieux).

On se dirige ensuite vers La Ka Na village pour faire du kayak mais le temps avançant, on décide en cours de route de rebrousser chemin et d’explorer de petits chemins. C’est très agréable : c’est vraiment le mode de transport que je vais privilégié dorénavant. On a une impression d’autonomie et de liberté, que je n’ai pas encore ressentie jusqu’à présent, et on est littéralement immergé dans le paysage. Le temps est également parfait : chaud mais pas trop et découvert. LA végétation

On a réservé le meilleur pour la fin : la Bat cave au couché du soleil, avec un beau point de vue lointain au bord de la rivière pour commencer, puis l’envol de millions de chauves-souris sortant de la grotte pendant presque une demi heure et formant des nuages noirs dans le ciel, avec également quelques rapaces venant les déguster. C’est très impressionnant.

Le soir on prends l’apéro puis on part en groupe (avec d’autres français) déguster des mets variés et bons au night market. Je discute notamment avec Max, un français vivant à Montréal qui apprécie beaucoup la Birmanie et aimerait y monter une affaire. Je le retrouverai peut-être au Vietnam.

On assiste aussi à l’agonie d’un chiot à la guesthouse. La mère qui en avait 5 en a déjà perdu un il y a deux jours ; ils se font visiblement facilement renversé par des voitures. Notre tuk tuk en en d’ailleurs percuté un mardi.

 

J48 – Mer 20/12 : Des caves, des boudhas, des rizières

Ayant eu de bons échos sur cette proposition, j’ai décidé aujourd’hui de faire le seeing tour organisé par la guesthouse en tuk tuk. Je pensais dans un premier temps louer un scooter et visiter les sites par moi-même mais le fait de me retrouver dans un groupe et d’avoir, sans trop d’efforts, le premier jour une vue globale sur les sites m’a incité à faire ce choix.

Nous étions 6 : 1 couple franco-suisse (Erol et Céline), un couple allemand, un hongkongais (avec le quel nous avons moins eu de contacts ; c’est souvent le cas avec les touristes asiatiques). Nous avons visité 6 sites de 9h à 17h : les grottes Yathae Pyan, Kaw Gun et Sadan, faisant office de temples également, le Lumbini garden avec des milliers de boudhas alignés (dont nous remettons la visite au lendemain avec l’ascension au manastère) et les temples de Kyauk ka lat, sur un rocher en colonne, et Karata kuang, tous un peu kitchs et fraichement repeints. Le chemin parcouru nous a permis de voir des paysages magnifiques. Je me rends compte d’ailleurs que j’utilise un peu trop souvent depuis le début les termes magnifiques et superbes. Du coup je ne trouve pas de termes supérieurs mais c’était magique : des paysage à la thaïlandaise (c’est du moins comme cela que je les imagine) avec des formations karstiques surgissant du sol et donnant des monts escarpés, de nombreux champs et rizières, une végétation luxuriante, des maisons sur pilotis (les deux étant probablement liées à de forte inondations pendant la saison des pluies), des grottes immenses, des dizaines de Boudhas plus ou moins grands et des milliers en miniatures sculptées sur les roches. Certains qui ont fait le tour du Myanmar nous ont dit qu’il s’agissait des paysages les plus sauvages qu’ils avaient vus. Le retour de la grotte Sadden, avec ses chauves-souris, en pirogue sous la montagne et au milieu des rizières, était très agréable, de même que le repas du midi au bord d’une piscine alimentée par une source. Soirée tranquille à discuter avec des français ; il n’y a que ça ici, c’est incroyable.

 

J47 – Mar 19/12 : Descente vers le sud et montée au Golden Rock

Comme prévu, départ matinal après une courte nuit : un taxi partagé avec un autre couple nous emmène à la gare routière, située assez loin en dehors de la ville, puis on prend le bus (au confort correct mais sans plus). Je découvre le fonctionnement des bus mais aussi le quotidien gastronomique des birmans lors des pauses. En fait ils mangent tout le temps et là pas trop d’alternatives : avoir juste un thé ou un café ne fait pas partie des habitudes : il faut mangé du riz et ses multiples accompagnements (la table est vite remplie), quelle que soit l’heure. L’auberge nous avait d’ailleurs préparé un petit déjeuner à emporter (à base de riz aussi) et à 5h du matin, son représentant avait le sourire. S’il y a bien une chose que j’apprécie ici, c’est le sourire des birmans.

Arrivé au camp de base du Golden Rock 4h plus tard. Là, petite déconvenue. Je m’aperçois que j’avais mal compris les explications. La montée à pieds met 5 à 6h et la descente 3 ou 4. Le patron de l’auberge m’avait annoncé une petite heure pour chaque mais ça c’est en camion. Ayant devant mois 3 heures, je n’ai pas d’autre alternative mais je reste persuadé de l’intérêt de la montée à pieds : un petit challenge qui permet de traverser des villages et de mériter l’objectif final.

Les camions sont bien remplis (40 personnes sur des bancs en fer) et la montée est raide mais le paysage vaut le coup d’œil.

Arrivé en haut, je découvre un vaste site aménagé (qui s’étend encore vers de nouvelles constructions via un téléphérique) dont le point central est le fameux rocher, pas très gros mais qui tient comme par miracle depuis des millénaires, posé sur un autre et cela malgré plusieurs tremblements de terre. On a une vue lointaine (un peu brumeuse néanmoins) à 360°. Il y a même des chaises à porteurs. Il n’y a pas trop de monde quand j’arrive et à ma surprise très peu d’étrangers. Je pense que la majorité des gens s’y rendent le matin avec les pèlerins et le soir pour le couché de soleil. Je suis également interpellé par le fait que les femmes ne sont pas admises à proximité du rocher ; la religion bouddhiste ne me semblait pas sujette à ce type de ségrégation, d’autant que j’ai déjà pu voir un certains nombre d’entre elles dans les cortèges de moines que j’ai croisés.

Je redescends assez vite puis me fait emmener sur une moto à l’arrêt de mon second bus (à ½ de route). Je l’attends 2h mais il est confortable et roule assez vite. J’ai même le droit à la diffusion d’une vidéo d’un concert d’un groupe birman je suppose, qui semble assez connu, et qui mélange assez étrangement de la variété à du métal. Le paysage que je parcours est magnifique, surtout au couché du soleil. Il est vallonné et les maisons ressemblent à des huttes souvent sur pilotis, avec le toit en chaume. Pour Hpa An, je n’en vois pas grand chose mais j’ai de bons échos d’autres clients de la guesthouse, avec lesquels je vais déguster des produit variés au petit marché gourmand comme on dirait chez nous qui se tient tous les soirs au bord du lac. Deux d’entre eux, Nic et Renée, des voyageurs au long cour, me donnent également de bons conseils sur Hsipaw (plus au nord) et le Vietnam. La Guesthouse, très grande, est plutôt un hôtel mais avec l’ambiance d’une auberge, dont la ville est dépourvue malheureusement. J’ai une grande chambre tout seul mais qui me coûte pas loin du budget quotidien que je m’étais fixé ; il était relativement bas (24 €, basé sur le coût moyen indiqué par le planificateur de voyage que j’ai utilisé pour construire mon itinéraire) et il faudra sans doute que je le revois à la hausse ou que je trouve quelques astuces. Je pense rester peu de temps dans le sud mais j’ai bien l’intention d’en profiter.

 

J46 – Lun 18/12 : Le jour des loupés

Je dois faire vite car demain réveil à 4h45 pour une grosse journée transport vers Hpa An et randonnée au Golden Rock et il est déjà 23h.

C’était plus une journée repos et logistique aujourd’hui mais elle s’est traduite par un certain nombre de loupés :

– J’ai attendu un long moment le patron de l’auberge ce matin qui devait me donner des conseils mais ne l’ai pas vu revenir. Heureusement on a fait cela ce soir.

– Je me suis rendu au bureau d’Air Asia pour résoudre un petit problème de billet mais c’était fermé sans aucune raison. Ce n’est pas tout près et j’y étais déjà passé hier pour repérer les horaires justement.

– J’ai tenté de prendre le train circulaire (un train qui fait tout le tour extérieur de la Ville en 3 heures avec de nombreux arrêts), histoire de faire un peu de tourisme tout de même. Cà m’aurait donné l’occasion de voir le quotidien des birmans par un autre biais. Je me suis rendu à la gare centrale, j’ai trouvé facilement le quai et y ai acheté mon billet (pour quelques centimes). Mais je me suis rendu compte un peu tardivement (après 1 heure d’attente) qu’il me fallait encore attendre 45 min. Ca m’aurait fait arriver tard et faire la moitié du trajet la nuit n’a pas grand intérêt. J’ai donc renoncé. C’est dommage, car le train allant dans l’autre sens, que j’aurais pu emprunter aussi, est parti pendant que j’attendais.

J’ai donc refait un petit tour au port, où après quelques hésitations, je n’ai pas pris le ferry puis suis rentré à l’auberge.

Heureusement, tout n’est pas perdu puisque j’ai maintenant une idée assez précise des étapes de mon parcours birman et que j’ai tout calé pour demain.

J’ai aussi acheté très facilement une carte sim, birmane. Au-delà des urgences d’appels et de connexions, ça me permettra aussi d’écouter un peu plus facilement de la musique car Spotify hors connexion, sur lequel je comptais beaucoup, ça ne fonctionne pas (tout ce que je télécharge s’efface).

 

J45 – Dim 17/12 : Le temple doré

J’ai décidé de rester 3 jours à Yangon. Il n’y a pas grand chose à faire mais j’ai envie de prendre un peu le temps d’organiser la suite et de me reposer en profitant de l’auberge (j’ai d’ailleurs dormi 10h la nuit dernière, ce qui ne m’est pas arrivé depuis très longtemps). Le patron parle avec tout le monde et demain je ferai un point avec lui sur l’itinéraire à envisager dans le pays. Je commence à y voir un peu plus clair. Finalement tout le monde se rend sur les 5-6 sites principaux. Il y a quelques treks à faire, dont l’un assez connu près du lac Inlé. Je vais creuser la question ; j’ai envie de marcher un peu en dehors des villes. Ce sera aussi l’occasion d’être avec un groupe pendant quelques jours car finalement je suis beaucoup seul ces derniers temps. Il n’y a d’ailleurs pas grand monde à l’auberge.

Aujourd’hui je me suis baladé dans la ville, plus au nord. J’ai dû faire une dizaine de km. J’ai commencé par le grand marché couvert, le Bogyoke Aung San Market, qui était ouvert bien que l’on soit dimanche. Pas de nourriture (à part quelques cantines) mais beaucoup de joailliers dans la partie centrale, des objets artisanaux et des vêtements. Ils vendent notamment les longyi, sortes de jupe longue et en un seul tenant cousu, portées par les femmes et les hommes. Et oui ici aussi les hommes portent des jupes. Cela dit ça doit être assez confortable et c’est plutôt élégant porté avec une chemise.

J’ai ensuite fait le tour du Kan Daw Gyi Lake, un espace assez calme, aménagé à plusieurs endroits. Je ne m’y baignerais pas cependant ; comme à Mount Abu, l’eau est toute verte. J’ai voulu monter à une tour, histoire d’avoir un point de vue mais arrivée en haut, ils ont fermé la porte devant mon nez. Ils construisent aussi actuellement un gigantesque aquarium.

J’ai terminé par le monument majeur de la ville : le Shwedagon Pagoda, un temple bouddhiste énorme construit sur une butte autour d’un stupa doré de 100 m de haut. On m’a déconseillé d’y aller en pleine journée à cause de la chaleur (soit dit en passant, il fait pas loin de 30° mais c’est beaucoup plus supportable que dans le Kerala, car pas d’humidité). J’y suis donc allé pour le couché du soleil et j’ai bien fait car les couleurs étaient magnifiques. C’est très impressionnant. En fait ce n’est pas un temple mais des dizaines, la plupart dorés et en excellent état avec des statues partout. Ca fait presque parc d’attraction sauf que c’est du vrai et que les locaux y viennent pour se recueillir. Il y a évidemment beaucoup de touristes aussi. Je pense que les photos seront plus parlantes que ce que je peux raconter.

Puis je suis revenu en passant par des coins un peu plus austères avec de grandes demeures de joailliers et d’ambassadeurs, entourées de barbelés.

Ce soir à l’auberge, c’était soirée Shan noodle soup sur la terrasse. Excellent. Je me suis acheté en dessert un fruit du dragon ; c’est très beau mais ça n’a pas beaucoup de goût.

 

J44 – Sam 16/12 : Arrivée en terre birmane

Il est encore une heure plus tard ici par rapport à la France . J’ai même eu le droit au court du voyage à un décalage dans les 2 sens. Un taxi (réservé par l’auberge) m’attend à mon arrivée. Un peu de confort le temps de prendre mes repères, ça ne fait pas de mal. Il me faut une nouvelle fois me familiariser avec la langue, monnaie (j’ai une liasse de billets de 10000 Kyats entre les mains), la nourriture, les transports, les coutumes… L’auberge est très agréable avec tout ce qu’il faut, une grande pièce commune, du personnel souriant et le souci du détail…. J’y rencontre déjà quelques personnes, dont Léo, un français, qui termine son séjour ici, avec qui je vais manger et qui me donne 2-3 pistes (notamment pour un trek).

Malgré les embouteillages, ma première perception en arrivant à Yangon (ou Rangoun) est une impression de calme : pas de klaxon, des voitures dans leur file (enfin à droite avec le volant à droite). Cette impression demeure quand je me balade dans les rues plus tard dans la journée, alors qu’elles sont noires de monde. Malgré le régime autoritaire, j’ai aussi l’impression d’une grande liberté ; plus de tabous ici concernant l’alcool, la cigarette, des couples s’embrassent dans la rue. Ici encore les religions se mêlent avec de superbes édifices côté à côte (certains sont mêmes reliés par des passerelles). Cette impression va sans doute changer par la suite (notamment dans les campagnes) ; on ne peut pas oublié le régime ni les événements récents, mais il y a une différence notoire avec l’Inde et l’Iran.

Côté architecture, il y a dans ce quartier central une dichotomie entre d’énormes bâtiments impériaux de style colonial, retapés à la perfection et les immeubles d’habitations, tout vieillaux et noircis qui me font plutôt penser aux pays de l’est. Il va me falloir étudier l’histoire de ce pays d’un peu plus près pour le comprendre. Les rues quant à elles quadrillent la ville à l’américaine, y compris par leurs noms (des numéros).

Tout le monde semble manger dehors. Peut-être parce qu’on est samedi soir.

Il y a un long marché au bord d’une grande route (fruits et légumes, vieux téléphones recyclés…) et ici et ailleurs, des centaines de stands de nourriture qui se préparent pour le soir, souvent avec de petites tables qui semblent être du mobilier pour enfants. On y trouve des brochettes de toutes sortes, des pains à l’indienne, du lait de coco, du crabe, des abas (ils semblent en raffoler vu le nombre de stand)… J’arrive à un port (plus touristique que marchand), au bord de la rivière qui jouxte le delta pour le couché du soleil. Il est en pleine activité avec de nombreux bateaux de la barque à moteur à l’énorme ferry.

 

J43 – Ven 15/12 : Une journée bien remplie

Mon avion pour la Birmanie est tard le soir, je peux donc encore profiter de toute la journée. Petit déjeuner dans un lieu touristique et cher mais sympathique, je récupère ma lessive (j’ai trouvé une petite boutique où une femme très sympathique la faite rapidement et à la main) puis je pars explorer la ville en m’écartant un peu des quartiers touristiques ; je revois un peu mon jugement de la veille, la ville (enfin cette partie car Cochin dans sa globalité est immense) est plutôt agréable, avec de petits canaux et quelques très belles maisons. Sur le chemin, je suis abordé par de nombreux tuk tuk qui me proposent une course gratuite à condition de visiter un magasin (ils ont une commission) ou me demandent cela comme un service ; il y en a même un qui me proposera la course pour l’Aéroport pour 300 roupies (prix dérisoire) pour 30 km, pour 3 visites. Mais je décline toutes ces offres.

Les délais étant trop courts, j’avais abandonné l’idée d’envoyer un coli en France avec des petits cadeaux exotiques pour la famille pour Noël mais je tombe par hasard sur un bureau spécialisé où cela est possible. Je me lance donc dans la course aux cadeaux, en essayant de trouver quelques magasins vraiment locaux, notamment du côté du marché aux épices (je ne suis pas sûr de l’avoir vraiment trouvé mais ça y ressemble). Je mange une dernière fois indien dans une « cantine » locale ; les poratas (sorte de galettes très légères du Kerala remplaçant les traditionnels Chapatis) sont vraiment bonnes.

Puis c’est le départ. Je prends le bus local (2h de trajet). L’un a été annulé et celui qui m’a été indiqué par l’Office de Tourisme n’existe pas. Mais j’ai de la marge et celui de 19h (le dernier) est suffisant, me permettant de prendre un dernier verre sur en terrasse (un ginger soda lime). J’y rencontre une français, Cécile, qui va à Kuala Lumpur pour Noël et prends le même vol que moi (car j’y fait une escale où je suis en ce moment même) ; parisienne, elle voyage une bonne partie de l’année en donnant des cours d’anglais à l’étranger. A Cochin, elle l’a fait bénévolement dans un orphelinat. J’apprends aussi qu’elle travaillait auparavant dans la musique chez Universal. Les bus permettent aussi des rencontres avec les locaux. Une autre voyageuse, à ce que je comprends allemande et en voyage elle aussi pour un an, semble assez complice pendant le trajet avec sa jeune voisine et un homme plus âgée tandis qu’un autre voyageur joue aux dames avec son voisin. J’ai trouvé ces scènes symboliquement assez fortes et à prendre pour exemple pour moi-même.

Au check’in à l’aéroport (flambant neuf), la compagnie me contrôle comme je ne l’ai jamais été, anticipant le travail des douanes (visa, réservation hébergement, vol retour…). Heureusement, j’avais anticipé ; souhaitant passer la frontière de sortie de la Birmanie par voie terrestre et n’ayant donc pas de billet « retour » comme cela est exigé, j’ai fait aujourd’hui une réservation provisoire de billet qui s’annule automatiquement après 24h sur un site spécialisé.

Me voilà donc parti, après une nuit passée entre les avions et les aéroports (donc peu de sommeil) pour un nouveau pays, une nouvelle étape…

 

J42 – Jeu 14/12 : Retour en milieu touristique

Je profite encore le matin de la plage (baignade, promenade, observation des pêcheurs), après un petit déjeuner gargantuesque et délicieux ; mes deux compagnons sont partis de bonne heure pour une expédition canoë donc je suis seul à en profiter.

Puis je pars à midi pour un long périple vers Cochin (c’est bien l’écriture utilisée ici). Je prendrais au total 5 bus (dont un par erreur) et le métro soit 4h de transport pour environ 100 km. Je n’ai sans doute pas pris le plus court à l’arrivée, mais difficile de s’y retrouver avec les noms écrits en indiens et les conseils pas toujours avérés des locaux. Le transport a été assez agréable néanmoins avec des écoliers (il y a vraiment beaucoup d’école au Kerala, c’est l’état où les enfants sont le plus scolarisés à plus de 90%) et des gens plutôt souriants. J’ai même eu le droit à la place d’honneur, à côté du chauffeur sur une partie du trajet. Arrivé à Cochin, je trouve facilement l’auberge (merci MapsMe) ; c’est plutôt bien (la clim est la bienvenue) mais il manque un lieu en commun. Je partage une chambre avec deux voyageuses.

Cochin est encore différents des autres lieux visités ; la partie touristique où je sui, Fort Cochin, est une presqu’île et fait petit village, à l’européenne, avec quelques vieux bâtiments. C’est vraiment très touristique et « baba-bobo ». Au bord de la plage (qui ne ressemble pas à grand chose : un amoncellement d’algues et de détritus avec en face une zone industrielle), une kyrielle de stands de nourriture et de bibelots. Bref pas vraiment le coup de cœur après ce que je viens de vivre. Autre inconvénient : les moustiques pullulent et sont très agressifs. Je me précipite dans une échoppe acheter de la pommade (bio ayurvédique, pas le choix je ne trouve pas de pharmacie) pour me soulager des piqures. J’assiste aussi au retour de la pêche qui visiblement a été bonne avec des énormes poissons. Je tente une deuxième sortie le soir pour aller manger (des crevettes à l’indienne, il faut bien en profiter) puis trouve une taverne assez rustique pour aller boire une bière. Il y a des groupes de touristes (des jeunes) mais aussi quelques locaux au profil assez marqués. Il y a peu de lieux qui en servent de l’alcool ici (à part les hôtels) ; ce ne doit pas être bien vu car les ventes à emporter sont camouflées dans du papier journal et j’ai aperçu un indien qui cachait sa bouteille sous son T-shirt avant de sortir.

 

J41 – Mer 13/12 : Détente en bord de mer

Je suis venu à Marari Beach pour prendre mon temps et me détendre et le respecte le programme. La ville est un peu plus loin et il n’y a ici que des villas, hôtels, paillottes et quelques pêcheurs. Pas trop de touristes actuellement. La saison démarre vraiment pour Noël.

Je rencontre au petit déjeuner sur la terrasse (où des corbeaux, très présents en ce moment, viennent voler la nourriture) une anglaise, Alex, et un allemand, Kevin. On est les seuls clients et on passera une bonne partie de la journée ensemble. Alex a passé 3 mois dans un Ashram à Rishikesh et nous raconte son expérience. Kevin, lui vient de finir son contrat et commence tout juste un séjour de six mois en Inde et au Népal.

Au programme aujourd’hui, exploration des alentours (c’est vite fait) et flânerie sur la plage. On est peu nombreux à se baigner (les locaux ne le font pas visiblement) et la mer est assez agitée et plutôt chaude. On prend le repas sur dans un petit restaurant à même la plage (on a même une petite paillotte juste pour nous), du poisson bien entendu. A notre grande surprise, on aperçoit un dauphin qui fait des allers et venues assez proche du rivage.

Je les laisse en milieu d’après-midi pour aller me faire masser. Il faut bien essayer les spécialités locales. Il y a plusieurs types de massages ici, dont certains assez rudes. Le mien est un massage Abhyanga, plutôt soft, à 4 mains pendant une heure sur l’ensemble du corps, avec quelques points de pression sur les points clés (base de la médecine ayurvédique). J’en ressort évidemment tout détendu (j’espère pour plusieurs jours) et plutôt satisfait.

Je profite de la fin de soirée pour avancer un peu sur le retard accumulé et mes préparatifs (même sans travailler on a des obligations !), et notamment sur la Birmanie où je serais dans 3 jours.

 

J40 – Mar 12/12 : Au fil de l’eau

Comme prévu, la journée est consacrée au canoë. Je dis au revoir aux gérants de l’hôtel, qui insistent pour que je revienne, me rends au poste de garde du port où je retrouve le gardien rencontré la veille qui m’accueille très gentiment et auquel je confie mon sac pour la journée puis je rejoins le groupe au ferry. On sera effectivement un groupe de 35 (facilement identifiables puisque nous sommes tous des étrangers), qui doit je suppose regrouper toutes les agences proposant cette excursion, et on prend un ferry pour se rendre sur place. Ce n’est pas le même qu’hier mais finalement on se rend presque au même endroit.

Petit déjeuner et déjeuner sont inclus dans la prestation et seront tout simplement délicieux. On mange local directement avec la main (droite bien entendu), avec une feuille de bananier comme assiette et c’est la première fois que je sens aussi finement les saveurs des différents accompagnements du riz. On a aussi le droit à une allocution de la fille des gérants, qui charismatique, cultivée et parlant très bien anglais interpelle avec humour chacun d’entre nous du haut de ses 14 ans.

Pour le canoë, on est sur de petites embarcations ombragées par groupes de 4 ou 6, chacune pilotée par un indien ; on admire la performance de pagayer pendant plus de 5 heures par 30°, ce qui ne doit pas être une tâche facile. Un peu déçu au début d’emprunter les grands canaux, bétonnés par endroit, je change vite d’avis dès lors que l’on sillonne les plus petits au cœur des villages. Les habitations sont des maisons ordinaires mais ont carrément les pieds dans l’eau pour certaines et les routes sont les canaux. Glissant à la surface de l’eau (on est assez bas), on profite du calme et de la lenteur du canoë en admirant les paysages et le quotidien des habitants : les femmes lavant le linge (ce doit être laundry day car beaucoup s’y adonne), le livreur d’eau, les récoltants de millet, les enfants rentrant de l’école… C’est très agréable et relaxant.

De retour, je cherche un bus à la gare routière pour me rendre à Mararikulam, tâche difficile obtenant plusieurs infos contradictoires. Je m’en sors malgré tout pas si mal (il me faudra juste prendre un tuk tuk sur les 2 derniers km). Je découvre avec satisfaction un hôtel plutôt classe (bon d’accord ma chambre est vraiment toute petite), pratiquement sur la plage, que je vais explorer rapidement de nuit, et retrouve enfin internet. Les moustiques sont présents en masse (bien protégé ça passe) et je découvre un gecko dans ma chambre que je laisse vaquer à ses occupations pour la nuit.

 

J39 – Lun 11/12 : Quiétude de la Venise indienne

La journée est passée assez vite. Le ciel est couvert ce qui apporte un peu de vent sous cette chaleur accablante.

J’en vais le matin en direction du port, en passant par le marché où j’assiste à la livraison de milliers de bananes. Mon but, trouver une excursion en bateau intéressante à un coût raisonnable. Je vais dans un office de tourisme qui me semble officiel (il y a plusieurs agences qui porte ce nom) et je ne tombe pas trop mal. La plupart des propositions qui me sont faites sur le port consistent en une excursion de 3 à 4 heures sur des petites jonques à moteur agrémentées de transats. Seul, ce n’est pas très avantageux, ni écologique. L’office m’informe sur les ferrys (un aller retour jusqu’à Kuttanad, à moins que ce ne sois le nom du canal) et me propose une sortie à la journée en canoe, avec repas inclus. Je choisi de faire les 2 : le ferry aujourd’hui pour avoir une vue globale et le canoé demain pour explorer les petits canaux et les villages.

Sur le ferry (qui reste un bateau modeste), je monte sur le pont supérieur où je suis seul au grand air. Je découvre alors le réseau de canaux et de lac qui est immense et les fameux houseboats, dont j’entends parler depuis le début mais que je n’avais pas encore trouvés. Plus ou moins grands, ceux-ci, également en forme de jonque et recouverts de bambou, offrent tout le confort d’une maison, avec mobilier intérieur (table et canapés) sur le pont, chambre(s), cuisine (et le cuisto qui va avec), le pilote, la climatisation, la télé…

Ils ne semblent par très écolos non plus mais c’est apparemment un bon moyen de se relaxer pendant quelques jours. La région est vraiment propice à cela. Le long des berges, magnifiques avec leurs cocotiers, on trouve plusieurs centres de massages ayurvédiques ; c’est visiblement la spécialité mais pour ma part je tenterai plus tard. C’est vrai que sur le bateau, le calme fait du bien (hormis le bruit du moteur) et je garde le sourire tout au long de l’excursion. Il fait escale tous les 5 à 10 min en s’arrêtant à peine pour prendre et déposer des passagers. Il sert d’ailleurs aussi aux écoliers qui montent en masse sur le retour. Je fais moi-même une courte escale au point final : pas grand chose à y faire mais j’observe les locaux semer du riz dans les rizières.

Avant le bateau, je suis retourné au restaurant d’hier où la cuisine est plutôt bonne et où il y a internet (au miracle !). J’en ai profité pour réserver une guesthouse au bord de la mer pour demain et mercredi, à une quinzaine de kilomètres de là, à Marari Beach, qui apparemment vaut vraiment le coup d’œil. Je ne sais pas encore comment j’irai mais ça ne devrait pas poser trop de problèmes.

Sinon, pour la fête de la ville, elle se déroulera samedi (donc je ne serai plus là) et pour l’enclume et le marteau, il doit vraiment s’agir du parti ; sur les affiche il est noté CPI et j’ai croisé des manifestations. Peut-être y a-t-il des élections prochainement. La spécialité de la ville semble être aussi les Bakery ; il y en a à tous les coins de rue. Rien à voir avec les boulangeries françaises mais elles ont l’air plutôt appétissantes. Pour ma part, je n’ai goûté que les spécialités salées et les jus de fruits frais ; je me suis d’ailleurs fait un peu peur en découvrant des glaçons dans mon verre mais finalement aucun dommage ; eux même utilisent pour la plupart de l’eau filtrée pour leur consommation, ce qui n’est sans doute pas plus mal quand on voit la couleur jaunâtre de l’eau qui sort du robinet ici.

 

J38 – Dim 10/12 : Arrivée en terrain inconnu

Finalement, je me retrouve, contre toute attente, Alappuzha (appelée anciennement Allepey). C’était la destination finale du bus sans que je ne le sache. Ca tombe plutôt bien puisque je pensais y aller. Je visiterai Cohin (ou Kochi) le dernier jour avant de prendre l’avion.

Le seul problème c’est que je me trouve ici sans rien : ni carte (je comptais la télécharger à Cochin), ni guide, ni repères… Je suis donc un peu perdu et arpente les rues, avec mon sac à dos, sous plus de 30°, à la recherche, dans un premier temps d’un lieu, où je peux avoir accès Internet. Mais on est dimanche et ma recherche est vaine. Je ne trouve pas non plus d’auberge et que de rares hôtels. Je me rendrai compte plus tard, que j’étais juste à côté de l’endroit le plus touristique mais j’ai pris la direction opposée. Finalement je suis un indien qui m’interpelle dans la rue et lui me trouve un petit hôtel (qui n’en n’est pas vraiment un : frmé ou pas encore ouvert ?), moyennant quelques roupies, plutôt bon marché après négociation. Il est un peu éloigné mais au moins je suis avec la population locale.

Après une pause et une douche bien méritées (la chaleur est vraiment lourde et moite), je pars à la découverte au hasard de la ville en commençant par la plage. Il est juste dommage qu’il y construisent actuellement juste en bordure une autoroute mais sinon le lieu n’est pas désagréable. La mer est chaude mais le drapeau est rouge. La ville est plutôt propre et sent moins la misère. Il y a de très belles demeures, elle est très verte (parsemée de cocotiers et de diverses variétés d’arbres) et a même un aspect jungle par endroit. Elle est jalonnée de canaux, la plupart impraticables car remplis de végétaux, et de marais. Ils l’appellent la Venise indienne et l’attraction principale y est la promenade en bateaux en tous genres. Ca, ce sera pour demain. J’ai un peu peur des moustiques et du paludisme mais, après vérification, je ne risque rien.

Il y a de nombreuses églises mais aussi des mosquée et temples (un peu moins). D’ailleurs en ce moment, j’entends depuis plus d’une heure une cérémonie musulmane et toute la journée j’ai entendu des prières et chants (souvent des enfants) diffusés par les hauts parleurs de ces édifices. Une autre caractéristique, la moitié des hommes sont en jupe : une sorte de drap (souvent blanc) qu’ils peuvent porter sur toute sa longueur ou replié en deux. D’ailleurs ils n’arrêtent pas de la défaire et de la remettre (peut être pour s’éventer ?!).

Il a l’air aussi de se préparer une grande fête dans la ville. Ils installent des portillons monumentaux en bois dans les rues et des guirlandes et des drapeaux rouges, avec une faucille et un marteau, sont présents partout. Après la croix gammée figurant sur plusieurs portes et indiquant la bienvenue, ce symbole communiste doit aussi avoir une autre signification. Mais sans internet difficile de le savoir. Je ne l’ai pas non plus à l’hôtel malheureusement, mais j’ai par contre un ventilateur bien utile.

Ne sachant pas trop où je loge, je rentre à l’aide à ma super montre gps, ce qui me donne l’occasion d’explorer des ruelles où je rencontre plusieurs jeunes qui me disent bonjour naturellement et ont envie de discuter sans idée derrière la tête. J’ai même le droit aux selfies avec eux (ce qui arrive visiblement souvent aux voyageurs européens en Inde mais pour moi c’est la première fois).

Une dernière petite excursion à la plage le soir. Elle est assez agitée. J’ai d’ailleurs été alerté la semaine dernière par le site du gouvernement (sur lequel je me suis inscrit) qu’il y avait eu un ouragan au Kerala. Je n’en ai pas vu de trace. JE rentre au pas de course car je me suis fait surprendre par l’orage.

 

J37 – Sam 9/12 : La joie des transports

Cette journée puis la nuit suivante seront consacrées au voyage puisque je traverse l’Inde du Nord au Sud pour me rendre au Kerala.

Un dernier petit tour sur les hauteurs de Darjeeling pour admirer la chaîne de montagnes à l’horizon (un panorama de carte postale!) puis je prends un taxi collectif. A ma grenade surprise, il n’y en a pas se rendant directement à Bagdora (où se situe l’aéroport) et je dois passer par Siliguri. J’ai anticipé mais le timing va finalement s’avérer très juste. Règle n°1 en Inde : toujours très largement surestimer le temps des transports (de plusieurs heures). On mettra 3 heures à parcourir les 70 kilomètres longeant la voie ferrée pratiquement tout le long. Arrivé à Siliguri, je saute dans un Tuk tuk qui m’amène au milieu des bouchons à l’aéroport. L’avion décolle 1 heure plus tard mais l’aéroport est bondé et il faut faire scanner ses bagages avant le check in. On met mon bagage de côté à cause des batteries que j’ai dans mon sac (chaque aéroport a ses propres règles). Finalement en chouinant un peu ils me laisse passer (je ne dois pas avoir l’aire d’un terroriste) et arrive in extremis au comptoir. Pour le contrôle, la queue est très longue mais tout le monde semble être dans le même cas. Comme d’autres, sur les conseils d’un jeune indien, je coupe un peu la queue néanmoins. L’avion décollera seulement avec une ½ de retard et atterrira presqu’à l’heure mais j’avoue avoir eu une petite dose de stress.

Arrivé à Bangalore, j’ai 2 heures pour rejoindre le bus qui doit m’amener à Cochin et l’aéroport est très loin du centre, qui est très encombré mais j’ai de la chance et tout se passe très bien. Mayur, dont c’est la ville d’origine, m’avait conseillé de choisir un bus partant du nord de la Ville, ce que j’ai fait. Je prends un bus de ville jusqu’à Hebbal (juste où commence les embouteillages) et trouve très facilement l’agence. J’ai même le temps de manger, ce que je n’ai pas vraiment fait de la journée (j’ai tenté une espèce de plat déshydraté dans l’avion qui était juste horrible. Autre règle : oublier le Chutney !) puis un minibus nous amène au sud de la Ville à une autre agence. La porte reste ouverte et j’en prends plein les narines mais au moins je suis tranquille, je ne louperai pas le bus. Ce dernier s’avère plutôt confortable et ne s’arrête pas de la nuit. J’ai failli faire une une étape à Mysuru, entre Bangalore et Cochin dans la montage, mais ça aurait été compliqué et chronophage.

 

J36 – Ven 8/12 : Darjeeling, une ville contrastée

J ‘ai décidé pour cette dernière journée dans le nord de faire un tour à Darjeeling, une ville emblématique. J’ai peu de temps mais suffisamment pour m’en faire une idée et c’est plus ou moins sur le chemin. Je pars en taxi collectif (encore un peu serrés) avec Mayur qui s’y rend aussi. La route est magnifique : on commence par suivre une très large rivière d’une couleur bleue presque turquoise, encaissée entre les montagnes à pic, puis c’est une grande montée sur une courte distance qui nous amène très haut ; la voiture chauffe sérieusement et je peux admirer lors de la pause le fameux Kangchenjunga qui apparaît au dessus des nuages et les cultures en terrasse. La descente se terminera le long de la fameuse voix de chemin de fer où circule encore (un peu au milieu de la route) un train à vapeur. Je n’ai qu’un regret, c’est de ne pas être autonome au niveau du transport pour pouvoir m’arrêter quand je le souhaite. En haut de la montagne, de nombreux camions citernes viennent faire le plein aux cascades pour alimenter les villes.

Arrivé à Darjeeling, je file à l’auberge de jeunesse, la vraie (International Youth Hostel) que j’ai réservée. Là, grosse déception : c’est très bon marché, mais la chambre n’est pas nettoyée (les couettes sont en vrac sur le lit), c’est désert et il n’y a pas d’espace commun pour rencontrer les autres et pas internet (ça je m’en passerai encore quelques jours mais difficile de donner de mes nouvelles en ce moment). Au moins j’ai une chambre tout seul, c’est assez central et je découvre les joies d’une douche à l’indienne (avec un saut et un broc).

Je pars alors découvrir la ville à pieds pendant quelques heures. Elle est très escarpée et contrastée. En haut, le quartier chic et touristique avec des résidences, des maisons au style anglais. Plus bas les quartiers plus populaires où je retrouve les tas d’ordures dans la rue et vois de nombreux « sherpas » portant des charges avec la tête. Il y a plusieurs habitats collectifs. Le marché occupe une grande partie du centre, de même que la petite gare, d’un style européen à l’ancienne. Il y a beaucoup d’instituts médicaux et un mélange d’écoles et d’édifices religieux de toutes confessions. Je visite d’ailleurs un temple (dont je ne trouve pas le nom), situé tout en haut, près du Chowrasta (la grande place centrale), qui est à la fois bouddhiste et hindouiste. Ces deux religions sont souvent mêlées. Je finis évidemment l’après-midi dans un salon de thé à déguster un produit local (j’en achète un peu pour la route), en admirant le magnifique couché de soleil, qui malgré la présence de nombreux nuages offre de très belles couleurs. La nuit tombée, je suis la voie de chemin de fer en espérant atteindre la Batasia Toy Tain Loop mais je fais demi tour car c’est beaucoup trop loin (comme à Gangtok, la ville est assez étendue). On m’a conseillé d’aller admirer le lever de soleil au Tiger Hill demain matin. Là aussi j’y renonce car je vais avoir une très longue journée de transport et je n’ai pas envie de passer cette journée à rechercher la solution idéale pour y aller. Il y a suffisamment de lieux dans la ville avec une vue lointaine sur les sommets (même si je ne les ai pas vu aujourd’hui à cause des nuages).

Le soir, je choisis une fois de plus de manger dans la rue, où la nourriture me fait beaucoup plus envie que dans les restaurants puis je rentre tôt à l’auberge car il n’y a pas grand chose à faire.

 

J34-35 – Mer 6 et Jeu 7/12 : Excursion dans le Sikkim Nord

Un départ matinal pour cette excursion de deux jours en direction de la vallée de Yumthang, à 20 km de la frontière tibétaine (le Point Zéro où beaucoup d’indiens aiment aller pour franchir symboliquement la frontière avant de revenir). Me réveillant avec un mal au ventre (pour une fois que j’ai mangé dans un « vrai » resto ?!), j’ai un peu peur que cela ne compromette mes plans mais avec quelques drogues, ça passe et je me permets même un petit dej bien d’ici ou plutôt du sud de l’Inde (une dosa, sorte de galette). Puis c’est parti pour 120 km en 4/4 en 6h, avec quelques arrêts quand même pour le repas, 2 cascades, plusieurs points de vue et des pauses thé. Le paysage est très escarpé, plutôt joli avec vue sur la rivière en contrebas et sur les sommets vers le haut. On prend vite de l’altitude ; on montera au final jusqu’à 3350 m (au point final). On traverse plusieurs petits villages et hameaux, de style tibétain et la route est parfois remplacée par des pistes.

Nous sommes accompagnés, Tamara (la suisse) et moi, par un chauffeur et un « guide ». Ils sont très jeunes et ils nous parleront peu (oubliant même le bonjour au départ). Le rôle du guide consistera essentiellement à gérer la logistique : resto, hôtel et surtout le passage des check post. Nous en passerons pas moins de 6.

Tamara quant à elle est plutôt sympathique. On parle peu dans la voiture, bercés par les virages et un peu somnolents mais on échange lors des pauses. Elle parle un peu français (en plus de l’anglais, du russe, de l’espagnol) et on a décidé de passer de l’anglais le premier jour au français le deuxième.

On arrive à Lachung, le lieu où nous passerons la nuit, en début d’après midi et partons tous les deux explorer le village, assez étendu puis passons la fin de l’après-midi dans une petite échoppe à discuter autour du poêle avec la propriétaire en dégustant le Rhum et le Whisky locaux (pas mauvais et à un prix dérisoire). Il fait un peu frais (moins de zéro la nuit et 9° dans la chambre), l’électricité est coupée, mais ça fait du bien de se retrouver à la montagne.

Le lendemain, départ à 6h30 pour accomplir les 25 derniers kilomètres nous menant à Yumthang. Cette vallée est très belle, autour d’une rivière au large lit et entourée de sommets, certains enneigés, d’autres recouverts d’arbres, même à cette altitude). Elle me rappelle bien entendu le Népal. Nous n’y resterons pas très longtemps. J’aurais aimé y faire un peu de randonnée mais il n’y a pas vraiment de sentiers. Nous rebroussons alors chemin et nous arrêtons aux sources d’eau chaude. C’est un peu sommaire, le bassin est situé dans une cabane, mais je m’y plonge néanmoins. Ensuite ce sera le retour (environ 6h) jusqu’à Gangtok. Je ne regrette pas cette excursion mais le trajet était vraiment long et j’aurais bien aimé m’immerger un peu plus dans ce décor.

Petite soirée (repas tibétain puis bar) avec les indiens de l’auberge que je retrouve. Je connais maintenant leur noms : Mayur (le plus avenant, il m’a d’ailleurs aidé à prendre mon billet de bus avec sa carte bleue), Toschi, et Harshith qui les a rejoint. Il m’en manque encore un. Je rencontre également un français à l’auberge avec lequel on échange quelques mots ; il voyage lui aussi pour plusieurs mois mais que en Asie.

 

J33 – Mar 5/12 : Quiétude tibétaine

J’assiste au départ de mes voisins pour le Nord puis m’acharne pendant un long moment à essayer de prendre un billet de bus sur Internet, sans y parvenir (pas de numéro de téléphone indien et CB qui ne passe pas), avant de partir à la recherche d’un tour dans le Nord dans les agences. Finalement, je trouve assez vite, avec de la chance je pense (une suisse étant passée à l’agence peu de temps avant et ayant accepté de changer son projet initial). Nous ne partirons que 2 jours et une nuit mais nous irons dans la partie la plus belle et aurons le temps. Apparemment la proposition est raisonnable ; notre hôte me demande même le contact. Ma journée prend alors une autre tournure. Je décide de rester à Gangtok et de prendre mon temps. Je passe par le marché (un bâtiment sur quatre étages reliant une rue à une autre, en haut et en bas) puis vais voir le Do Drul Chorten (au centre d’un monastère) ; il est assez imposant mais ne laisse pas trop voir la vue alentour. A côté se trouve l’Institut Namgyal de Tibétologie, qui renferme un musée sur le Bouddhisme. Je le visite également et m’achète un petit livre pour apprendre les bases de cette religion, que je vais retrouver dans plusieurs pays.

Je me trouve alors tout en bas de la ville et décide de prendre le téléphérique, qui se trouve à proximité pour remonter. Je suis surpris de voir les autres passagers rester dedans pour redescendre. Je me dis que les téléphérique ne doivent pas être courants en Inde et que les indiens voient plus cela comme une attraction qu’un moyen de transport (prenant plus facilement pour cela les taxis). J’avais également été surpris à la gare de Varanasi de voir plusieurs personnes ayant de la peine à emprunter l’escalator. Je monte encore un peu et profite de points de vues sur la vallée est. C’est ailleurs assez paradoxal de voir que ces belvédères servent en fait d’espaces fumeurs alors que la plupart des rues de la ville l’interdisent. Je découvre de nouvelles routes pour redescendre, plutôt belles et animées et me fais alors la réflexion que ce que j’apprécie ici c’est aussi le fait de n’être jamais interpellé, contrairement au reste de l’Inde. Une petite bière dans un café concert (il y en a plusieurs ici), un coup d’œil au coucher de soleil sur le Kangchenjunga que j’aperçois non loin de l’auberge finalement puis je rentre.

Je ne crois pas avoir cité l’auberge qui s’appelle Gohills Hostel. On est en fait chez une famille (avec une petite fille de 2 ans). C’est assez sommaire et il y tous les jours un cours de Zumba à l’étage de dessous à 6h15 du matin mais l’ambiance est bonne et l’hôte (je ne sais jamais comment l’appeler) fait son maximum pour aider tout le monde.

 

J32 – Lun 4/12 : Etre étranger en territoire bouddhiste

Aujourd’hui, j’ai consacré l’essentiel de la journée à une randonnée en compagnie de l’un de mes voisins, Toschi, l’un des rares indiens qui aime marcher. On a fait une quinzaine de kilomètres au alentour de Gangtok. Nous avons visité 2 monastères bouddhistes assez grands (Enchey et Gonjong), sommes montés à des points de vue nous permettant d’apercevoir l’un des plus hauts sommets de Himalaya (le Kangchenjunga, 8586 mètres), bien dégagé dans la matinée, et avons profité du paysage : les maisons colorées accrochées à la montagnes, des forêts, des cascades. On a beaucoup marché sur la route mais j’ai apprécié le calme de la montagne (il y avait même des panneaux interdisant l’utilisation des klaxons !) et retrouvé l’atmosphère tibétaine que j’ai connue au Népal et tant aimée, avec les guirlandes de drapeaux suspendus un peu partout et plusieurs détails difficilement définissables. Je n’ai plus l’impression d’être en Inde. La fin du parcours était moins intéressante le long de la « nationale », avec Toschi envoyant des messages sur son téléphone. Nous n’avons finalement pas trop discuté ensemble mais j’ai appris qu’il faisait des articles et des photos pour un magazine lors de ses voyages. Il part ensuite au Bhoutan dans lequel lui peut se rendre facilement contrairement au européens. Puis j’ai exploré rapidement la ville mais elle est très grande et l’on s’y perd vite entre les différents niveaux. Je me sentais en cette fin de journée moi-même un peu perdu et franchement étranger, ne sachant pas encore ce que j’allais pourvoir faire les jours suivants, ni comment m’y prendre.

J’ai confirmation : je ne pourrai pas me joindre à l’excursion de mes voisins de chambrée. Le Sikkim s’est ouvert au tourisme étranger il y a peu et beaucoup de zones sont encore très restrictives (en fait toutes les zones frontalières et une grosse partie du Sikkim Nord notamment). Apparemment il faut être deux étrangers minimum et passer par une agence. J’ai discuté avec notre hôte, plutôt serviable, qui m’aidera demain à faire le tour des agences. Il me propose aussi une alternative qui peut être intéressante : me faire héberger dans une Guest House d’une de ses connaissance, qui viendrait me chercher à Mangan (où je devrais me rendre en taxi) et s’occuperait du permis. Elle est située dans le nord et entourées de sommets (il me montre une photo) sur les chemins de randonnées, que je pourrais explorer. Vu le temps qu’il me reste, le climat plus frais et les difficultés à trouver, j’avais un peu abandonné l’idée du trek au profit d’un seeing tour en voiture, qui présente l’avantage d’avoir une vue plus large de la région, mais cette alternative peut être intéressante. Affaire à suivre…

 

J30-31 – Sam 2 et Dim 3/12 : Le train indien

Un dernier tour à Varanasi où j’ai pu visiter The Monkey Temple (Durga Temple de son vrai nom) et celui de l’université qui est très grande. Ce sont des temple beaucoup plus grand que ceux visités jusqu’à présent et où plusieurs des dieux indous (il y en a plus de 1000) sont représentés. Je suis même surpris d’y voir un Boudha (c’est ce que l’on appelle l’ouverture entre religions). Je me suis fait guidé par un local rencontré dans la rue qui m’y a emmené en moto (pour quelques roupies) et qui m’explique quelques règles de bases Je profite de cette excursion matinale pour acheter des médicaments pour soigner ce rhume qui commence à s’infecter. J’ai vérifié ce que l’on m’a donné sur internet (histoire de ne pas prendre n’importe quoi) mais ça a l’air de fonctionner. Je voulais faire un tour en bateau mais il y avait trop de brume.

Puis c’est le départ pour Gangtok. Une très longue journée de transport, presque deux en fait, qui me fait découvrir le train indien.

J’arrive à la gare 1h en avance, histoire d’être sûr, mais le train partira finalement avec 4h30 de retard. Les écrans en deux langues sont alors mes alliés dans cette gare où fourmille un nombre impressionnant de personnes. Au premier aspect, le train n’est pas très encourageant (vétuste, salle, surpeuplé). Il s’avèrera finalement un peu plus confortable qu’il n’en a l’air. J’ai la chance d’avoir une couchette en hauteur. Je dois être le seul étranger dans tout le wagon (voire le train). Le début du voyage est plutôt calme mais à 23h, suite à un arrêt en gare avec de nouveaux passagers, c’est limite l’émeute. Tous mes voisins se font expulser de leur place, certains se retrouvent à 3 sur un lit et d’autres lits restent vident. Moi, on n’ose rien me dire mais j’ai quand même été interpellé. Je me demande s’il n’y a pas une histoire de castes… Il faudra pas loin de 2h pour que les choses s’apaisent. J’ai bien dormi et le matin (dès cette heure), le bruit reprends mais dans une relative quiétude. Des vendeurs déambulent dans le train (il me permettent d’avoir du thé et un repas). En hauteur, je ne vois pas grand chose du paysage mais je vais de temps en temps faire un tour à la porte, restée ouverte pour l’admirer et trouver du réseau pour savoir où je suis car il me faut descendre au bon arrêt. J’arrive à Silliguri avec 6h30 de retard. Heureusement je n’ai pas d’impératif et je trouve très rapidement une jeep collective pour m’amener à Gangtok, la capitale du Sikkim. Suite à une discussion la veille sur le quai de la gare avec un indien, qui y a séjourné à plusieurs reprises, je comptais plutôt me rendre à Pelling dans le Sikkim ouest mais ça semble plus compliqué d’y aller donc je reste sur ma première idée. Je retrouve la montagne avec plaisir et la route est plutôt belle : on suit une rivière bleu turquoise un long moment. Il faudra là encore pas loin de 4h pour faire 120 km et à 11 dans la jeep, nous sommes un peu serrés. Gangtok est une assez grande ville (plus que je ne le pensais), construite à flanc de montagne. Je me rends alors à l’auberge que j’ai repérée (le taxi essaye bien de me refiler un autre hôtel mais je refuse) et y trouve 4 autres touristes indiens avec lesquels je pars dîner. Ils ont l’air d’avoir un mode de vie plus occidental que ceux rencontrés jusqu’à présents et les discussions (en anglais, car eux-mêmes ne parlent pas la même langue) sont assez étonnantes, notamment quand on aborde la question de la religion. Trois d’entre eux ont prévu une excursion de 3 jours dans le nord ; je vais voir si je peux me joindre à eux mais ce n’est pas sûr car certaines parties de l’état ne me sont pas autorisées. Au restaurant, qui est en fait un café concert, j’ai la surprise de voir l’annonce d’un concert avec deux groupes alsaciens que je connais. Mais que viennent-ils donc faire ici ?

 

J29 – Ven 1/12 : Un pied en Amérique du Sud

J’ai passé toute la journée avec un brésilien, Caio, et une argentine, Rocio, rencontrés au petit déjeuner à l’auberge. On s’est échangé des noms de groupes et de films, chacun de notre pays et Rocio m’a indiqué quelques sites sauvages à faire en Argentine. Caio travaille dans le cinéma et Rocio a arrêté son travail, visiblement dans l’enseignement.

Assez tôt on est parti déambuler dans les rues alentour. Tous deux ont de bons appareils et ont pris de nombreuses photos, sans hésiter à prendre des scènes de la vie quotidienne des habitants, ce que personnellement j’ai un peu de mal à faire, mais en demandant l’autorisation ça fonctionne souvent. Je tâcherai de le faire un peu plus à l’avenir. LA vie dans ces ruelles est assez calme. Au retour, je suis passé prendre mon cézame, le billet de train pour le Sikkim et dans la foulée j’au réservé l’avion pour aller ensuite au Kerala. Pour achever tout cela, j’ai demandé mon visa pour la Birmanie. Ca c’est fait. Je vais pouvoir profiter tranquillement de mes prochaines étapes en Inde (5-6 jours dans chacune).

L’après-midi, on est parti à la recherche de bonne street food, en rejoigant le vieux quartier. J’ai découvert, comme je le souhaitais, de nouveaux plats. On a également dégusté un délicieux lassi (un peu plus épais que d’habitude et avec des vrais fruits dedans) dans une boutique très réputée. Finalement la nourriture est bonne et quand même un peu variée en Inde.

A défaut du grand temple au toit doré, le Vishwanath, devant lequel il y avait presque une émeute pour rentrer, avec principalement des indiens, on a visité le temple Népali, qui, tout rouge, présente entre l’autre la spécificité d’avoir des sculptures tantriques (assez discrètes) sur le monument. Au passage j’ai retrouvé Emerick qui part demain pour Calcutta ; malheureusement, il sera déjà parti quand j’arriverai au Kerala.

J’ai ensuite laissé les sud-américains qui souhaitaient assister à la cérémonie du bord du lac, que j’ai vue hier, et suis rentré, assez las, à l’auberge. C’est que ça fatigue les kilomètres à pieds, d’autant que j’ai une petite crève attrapée il y a 3 jours dans le bus. C’est un peu le comble par 25 degrés (alors que j’ai vu que les premiers flocons étaient tombés en France).

 

J28 – Jeu 30/11 : Touriste ou pigeon ?

La nuit dans le bus cette fois s’est nettement mieux passée (beaucoup plus confortable, on avait chacun notre case et peu d’arrêts) ; un petit moment d’incertitude néanmoins hier soir où j’ai cru qu’il s’agissait d’un bus fantôme (un autre bus partait 10 min plus tôt et l’on l’agence en question m’assurait que le mien ne s’arrêtait pas à ce point de départ peu identifié au bord de la route) et un réveil en fanfare à 5h30 du matin avec de la musique, certes plutôt bien, mais très forte (une envie soudaine du chauffeur ?). Arrivé à Varanasi, je partage un taxi (de type Uber) avec un autochtone, au grand mécontentement des tuk tuk qui essayer de tirer le maximum de moi.

Je choisi l’auberge Lavie, comme à Jodhpur (il y a visiblement tout un système de franchise pour les hostels que l’on retrouve partout, parmi lesquelles : Zostel, Lavie et Moustache que je n’ai pas encore essayer). Chambres et sanitaires sont un peu cradingues mais il y a une très jolie cour.

Je file ensuite au hasard en direction de la vieille ville, en faisant une pause dans une agence. Et là, victoire, je pourrai, semble-t-il, demain avoir assez facilement mon billet de train tant attendu pour le sikkim, sous la forme d’un billet de dernière minute appelé taktal.

Les rues à Varanasi sont très encombrées (les grandes par les voitures et les étroites par les piétons et les 2 roues et certaines sont semble-t-il encore plus salles qu’ailleurs. Je vois beaucoup de chiens estropiés (dont l’un très gravement) et des vaches énormes. Mais finalement, je m’aperçois que la ville est assez touristique (plus que je ne le pensais) et que certains lieux sont préservés. Les ruelles de la vielles villes sont plutôt agréables avec des échoppes soignées, dont un certain nombre dédiées au commerce de la soie. Je m’y perds et tombe soudainement sur l’endroit où l’on brûle les morts au bord du Gange. Un homme assez âgé, petit et courbé, au regard un peu vitreux et avec une attitude très posée, vient me voir, me conseille de ne pas prendre de photos et m’explique très longuement cette coutume et son déroulement, m’amenant même au centre des opérations. Il me dit « travailler » bénévolement pour accompagner les plus démunis dans cette démarche en me donnant beaucoup de détails. Il finit évidemment par me demander des sous pour cette tâche, en m’assurant qu’il n’en empoche pas un centime, ce qui serait mauvais pour son karma et qu’il a un autre travail à côté. Je donne pas mal d’argent. Me suis-je fais arnaquer ? Je ne le pense pas et je ne veux pas le croire ; il avait l’air vraiment sincère. J’atterris ensuite un peu plu loin au bord du Gange où se prépare la cérémonie du soir. Une nouvelle fois, je me fais interpeller par de nombreux démarcheurs de toutes sortes. L’un me mettra, pratiquement sans mon consentement un coup de peinture sur le front. Ne connaissant pas suffisamment cette religion, je refuse d’en emprunter les rites, comme le fameux point rouge que tous les touristes arborent. Un autre vient me masser le bras (soi disant pour rien) puis me propose d’en faire un peu plus. Finalement, je me laisse faire et j’ai le droit à un massage complet à 4 mains. Là ce sont eux qui se font arnaquer car je n’ai plus grand chose en poche. C’était agréable mais le cadre m’empêchait d’être complètement relaxé. Pour la Cérémonie, je la trouve un peu artificielle ; là encore je n’ai pas tous les codes, mais elle est clairement pour partie à destination des touristes, qui ont pris place à bord de bateaux pour la voir de face. La musique (chant et percussions) au centre du spectacle n’est qu’un enregistrement.

Pour les repas, un petit déjeuner occidental à midi (j’en avais envie) dans un bouiboui à proximité de l’auberge (finalement un peu éloignée de la vieille ville mais dans un quartier plus populaire où l’on aperçoit notamment des ateliers de tissages), où j’ai la surprise de voir passer des souris (je n’y retournerai pas) puis un sympathique restaurant sur une terrasse le soir où la cuisine est plutôt raffinée. J’apprends enfin ce qu’est le paneer ; je prenais souvent cela en pensant qu’il s’agissait d’un type de plat mais avait la surprise de me retrouver à chaque fois avec qque chose de différent. En fait il s’agit d’une sorte de fromage, type mozzarella. Il y a beaucoup de stands dans la rue avec des propositions que je n’ai pas encore vues et qui me font bien envie. Je gouterai demain.

 

J27 – Mer 29/11 : Le jour des visites

Réveillé à 5h30 par l’un de mes voisins de chambrée qui a eu la même idée que moi puis départ direct pour le Taj Mahal où je prends mon billet puis j’attends l’ouverture à 7h. Finalement j’aurais pu dormir un peu plus et m’y rendre pour cette heure là (conseil pour ceux qui comptent y aller un jour), mais ça vaut le coup d’y aller au lever du soleil (belle lumière et moins de monde).

Le Taj Mahal est vraiment très beau, bien proportionné, finement sculpté (sans fioritures inutiles), un environnement agréable (parc, autre bâtiments en pierre rouge, vue sur la rivière…). J’ai vraiment apprécié. Je me demande néanmoins ce qui fait de lui l’une des merveilles du monde, quelle prouesse technique est unique ici. L’intérieur est peu éclairé mais laisse entrevoir le tombeau et des dentelles de marbre, mais l’intérêt principal est son apparence extérieure.

Je reviens à l’auberge où je rencontre Howard, un anglais fort sympathique, avec lequel je passe un peu de temps, puis je repars en excursion en commençant par un autre quartier populaire assez paisible (sans touristes) où j’en profite pour manger à nouveau des samossas. Je prends alors un vélo tuk tuk pour aller au fort. Là j’ai peut-être abusé : c’est loin, ce n’est pas son parcours habituel et il doit forcer beaucoup, me faisant passer par des ruelles car il n’a pas le droit d’emprunter le chemin du Taj Mahal. Je le récompense en lui donnant un peu plus que prévu. Le fort rouge est très grand et présente différents bâtiments, avec une alternance de pierre rouge et de marbre, comme au Taj Mahal, et une vue panoramique donnant sur celui-ci. On voit qu’il y a des efforts de faits sur la restauration même si certaines parties sont encore très abîmées. Je prends mon temps et observe les minis écureuils, peu farouche qui courent partout.

Je reviens par le grand parc traversé hier où je fait une pause dans une clairière où des jeunes viennent tenter de me parler. Je reste méfiant mais profite du moment. J’ai encore beaucoup de temps à attendre avant mon bus de 23h45 et passe par l’auberge Bob Marley, où je parle avec un français, Emerick, qui est resté 3 mois en Inde dans le cadre d’un échange scolaire, qui a été il y a peu dans le Sikkim et qui file lui aussi à Varanasi, puis je fini la soirée à mon auberge. Je ne l’ai pas évoqué avant mais, assez basique, elle avant un atout majeur : son jardin.

 

J26 – Mar 28/11 : Tourisme et vie locale

La nuit a été un peu plus agitée que prévue : les routes ressemblaient parfois plus à des pistes et surtout le bus était surbooké et bruyant. Il s ‘est arrêté régulièrement pour prendre plusieurs passagers, les derniers s’asseyant par terre dans le couloir. J’avais quelques scrupules au départ à avoir des conditions privilégiées mais elles se sont estompées au cour de la nuit en constatant qu’eux-mêmes n’avaient aucune retenue. Ils parlaient fort, voire criaient. A 7h, ils se sont carrément assis sur mon lit et l’un d’entre eux a fait intrusion dans ma case pour ouvrir la fenêtre. J’ai montré mon insatisfaction par un « no » appuyé qui l’a fait rebrousser chemin. Il y avait aussi des courants d’air et je crois que j’ai attrapé un début de rhume. La prochaine fois (dans 2 jours), je prends mon duvet.

Arrivé à 8h à Agra, je prends un Tuk tuk qui me conduit à l’auberge Zostel. Je dois attendre un peu mais je prends mon petit déjeuner et passe un peu de temps sur internet. Une bonne douche et c’est parti pour la découverte de la ville. C’est décidé, je ferai le Taj Mahal demain au lever du soleil. Prenant l’allée principale menant à cet édifice prestigieux, je suis arrêté toutes les 30 secondes par des indiens qui me propose de manière insistante tuk tuk, nourriture, bijoux… Je décline toutes ces offres en tentant de rester courtois puis je m’enfonce, comme à mon habitude, dans des rues plus populaires où les touristes ne vont pas. Là ce sont des dizaines d’enfants qui me saluent sur mon passage et auxquels je réponds avec le sourire. Je fini par m’attabler avec des locaux à un stand de rue faisant de délicieux (bien qu’un peu épicés) samosa.

Retour à l’auberge pour récupérer un peu, puis je file en direction du fort rouge. Hâtant le pas et choisissant le bon côté de la rue, je suis beaucoup moins interpelé. Un tuk tuk vélo que je croise à 2 reprises et auquel j’ai offert une cigarette insiste un peu et va même juqu’à me proposer la course gratuite. Mais je lui explique que je souhaite marcher, ce qu’il a un peu de mal à comprendre (les indiens ne semble pas aimer marcher).

Le fort est assez loin mais me permet de me familiariser avec la ville. Je rentre même, suivant la proposition d’un indien (le gardien ?) dans les jardins du fort qui normalement ne sont pas accessibles. J’arrive un peu tard au fort et remet la visite à plus tard mais la luminosité du soleil couchant me permet de prendre quelques belles photos (en tout les cas d’avoir de belles vues), dont l’une de l’arrière du Taj Mahal. Au retour, je traverse un immense jardin et profite du calme ambiant. Je m’arrête à un stand pour prendre un chaï tea et l’on m’invite à m’assoir le temps de le préparer (ici il faut être patient car même les lieux identifiés « fast food » préparent tout à la demande et prenne leur temps). J’indique alors à un tuk tuk l’adresse de l’auberge et, comble de l’ironie, il me demande si je souhaite y aller à pieds ou avec lui. Je croise aussi un petit cortège (probablement un mariage) qui s’acharne activement au son de percussions, telle une batucada. La soirée sera calme car le réveil sera très matinal.

 

J25 : Lun 27/11 : Mordu mais zen

Je profite du long trajet en bus (a priori 13h) qui me conduit de Jodhpur à Agra pour rédiger ces quelques lignes. Je suis en sleeper, ce qui veut dire que j’ai un petit compartiment couchette rien que pour moi. Reste à voir si les dos d’ânes et le doux klaxon du bus ne perturberont pas trop mon sommeil.

Il fait relativement chaud à Jodhpur en journée et particulièrement aujourd’hui (on a atteint les 30°). Ce doit être lié, le début d’après-midi était relativement calme. Tout le monde semblait faire la sieste. J’ai dû faire 2-3 tentatives avant de trouver un restaurant encore ouvert à 14h, un roof top très bien aménagé.

J’ai tenté de persévérer dans les agences pour trouver mon billet de train mais toujours sans résultat. Je ferai une ultime tentative la veille du départ comme on me l’a conseillé mais sinon il faudra que je trouve une alternative et peut-être même abandonné l’idée d’aller au Sikkim qui me tenait tant à cœur. C’est curieux comme, dans un pays où tout semble chaotique, il faut être très organisé et beaucoup anticiper pour voyager. Je conseille à ceux qui viennent ici de bien préparer en amont leur voyage. Pour ma part, l’improvisation définira ma route ; c’était bien le but initial.

J’ai choisi de profiter tranquillement de la journée. En remontant plus au nord du vieux quartier, les rues sont beaucoup plus calmes avec quelques belles façades. J’ai suivi pour cela les conseils d’un indien rencontré en chemin ; je commence à en apprécier certains. J’ai fait un grand tour à pied pour rejoindre le Roa Jodha Parc, une sorte de réserve naturelle, près du fort, présentant certaines caractéristiques du désert. Il n’y avait pas énormément de choses à y voir mais au moins j’étais au calme. J’ai ensuite poursuivi le chemin vers le temple Jaswant Thala, un tout petit Taj Mahal, tout en marbre et assez épuré, entouré d’arbre et donnant sur un lac et les roches rouges de la colline. En revenant, je suis tombé sur le Baoli, un grand puits avec des dizaines d’escaliers étroits et très profonds, un monument assez majestueux, à deux pas de l’auberge.

J’ai terminé la journée en mode vacances, à bouquiner sur la terrasse de l’auberge en attendant l’heure du bus. Ca fait du bien.

Bref une journée très zen qui commence aussi à changer mon regard sur l’Inde.

Tout a été parfait à l’exception d’un événement impromptu : en circulant dans la ville, j’ai été attaqué par un chien. Il y a beaucoup de chiens errants et jusqu’à présents je ne m’en méfiais pas plus que cela. Celui-ci s’est soudainement précipité sur mon mollet, sans raison apparente et l’a mordu. Il ne semble pas y avoir de dommage important, juste la trace de pincements provoqués par les crocs (moi qui hésitais à me mettre en short, ce que je n’ai pas encore fait du voyage malgré la chaleur, j’ai eu la chance de m’en abstenir) mais je vérifierai quand même l’évolution des blessures pour ne pas contracter la rage. Je ne sais même pas si je suis vacciné. Bref un nouvel objet de vigilance qui se rajoute à la liste.

 

J24 – Dim 26/11 : La rue en Inde

J’ai passé le début de la journée à essayer de trouver des transports pour la suite. Je vais sans doute devoir renoncer totalement au train car ils sont tous complets, mais j’ai déjà trouvé 2 bus couchettes pour Agra puis Varanasi ; il ne manque plus que le trajet final vers le Sikkim, pas évident, puis l’avion vers Cochin. J’essaye de garder les plus longues possible les dernières étapes mais elles se raccourcissent à vue d’œil.

L’après-midi a été consacrée à la visite du Fort de Mehrangarh. Il est immense et domaine toute la région, ce qui permet d’avoir des beaux points de vue. L’intérieur est simple et bien entretenu avec des façades bien travaillées. Les peintures (miniatures) et objets exposés retracent la vie des Maharadjas Les remparts sont multiples et très grands, parsemés de canons, mais malheureusement pas tous accessibles.

La visite était chère (avec un guichet pour les touristes et un pour les locaux, la différence étant très importante dans la plupart des lieux, ce qui est finalement assez logique) mais j’avais un audio guide en français qui m’a permis d’en apprendre beaucoup sur la vie de l’époque et des sujets comme les castes et l’empire Moghol.

Le reste de la journée, je l’ai passé à me promener dans les rues de la ville, dans la vielle ville, jalonnée de façades bleues (censées notamment repousser les insectes) mais aussi ailleurs. J’ai eu l’impression pour la première fois d’être vraiment immergé au cœur de l’Inde, même si Jodhpur n’est pas la ville la plus pauvre. Hormis le bruit constant, les tuk tuk et motos qui roulent en tous sens, les vaches errantes, j’y ai relevé plusieurs éléments typiques :

  • les détritus partout à même le sol ;
  • la multiplicité des minis temples, qui ressemblent parfois plus à des placards, fréquentés par les hindous qui viennent s’y poser ;
  • les indiens rentrent pieds nus rentrent dans la plupart des échoppes (même le salarié de l’agence où j’ai acheté mes billets de bus) et leur position souvent assis en tailleurs pour toute activité ;
  • Le contact physique très facile entre les garçons qui se tiennent la main en circulant ;
  • L’omniprésence des pigeons, y compris sur les monuments ;
  • Un nombre important de personnes dormant dans la rue dès que l’on s’éloigne un peu du centre et quelques bidonvilles (c’était déjà le cas dans les autres villes).

Concernant Jodhpur en particulier, on y voit des façades assez variées et quelques bâtiments ayant l’aspect de fortifications. La présence d’eau (étangs à l’eau peu engageante) en plusieurs endroits et la multiplicité des étals pharmaceutiques ou de « consultation ». Beaucoup de maisons sur le haut de la ville sont arborées de guirlandes lumineuses.

J’ai passé la fin de la journée sur la terrasse de l’auberge à discuter avec 2 australiens et un suédois, en admirant le paysage agrémenter de sons divers : un brouhaha à la manière d’un match, la sono forte d’un bar/club environnant, les prières sonorisés dans la ville, des fusées d’artifice…

 

J23 – Sam 25/11 : Le bus local

Je n’ai pas très bien dormi (peut-être l’effet de la bière dont je n’ai plus l’habitude après 15 jours d’abstinence en Iran) et me suis réveillé très tôt. A ce qu’il paraît un ours s’est approché de l’hôtel les 2 nuits. J’ai de mon côté entendu les chiens hurler ; ça doit être lié. Je libère la chambre rapidement (le get out étant à 9h). Après avoir échangé quelques mots avec les hollandais, pendant le petit déj, je pars faire le tour du lac Nakki (celui qui donne sur la ville). Il y a de jolis points de vue et l’ambiance est plutôt calme. Sur le chemin du retour, je m’arrête rapidement au musée de la spiritualité. Il y a visiblement des visites guidées mais je me contente de faire le tour de la salle principale qui explique la méditation et sa suprématie sur les religions. C’est assez orienté. Le but est surtout d’inciter à venir faire des stages de méditation, l’activité principale de la ville. J’ai oublié de dire que la religion principale dans ce coin est le Jaïn ; on croise d’ailleurs dans la rue des adeptes de cette religion, reconnaissable à leur tenu et les peintures qu’ils arborent sur le visage.

Je récupère mon sac puis fil à la gare routière. J’ai finalement de la chance et trouve un bus direct pour Jodhpur (alors qu’il était censé n’y en avoir qu’un à 7h30). Enfin le « direct » signifie juste que je ne changerai pas de bus car le trajet est très long : 7h30 pour faire 280 km. Le bus, peu confortable, s’arrête tout le temps ; je visite toutes les gares routières. Je dois être le seul à l’avoir pris d’un bout à l’autre mais je me sens bien immergé à culture locale. Pour la suite j’essayerai néanmoins de trouver des transports plus rapides car il me reste encore beaucoup de chemin à parcourir. La route était très belle au départ (descente de la montagne) et j’ai pu parler avec une ou deux personnes ; il y a quand même des indiens sympathiques qui n’ont pas d’arrière pensée en me parlant t qui me donne un coup de main.

Arrivée à Jodhpur, je file directement à une auberge repérée dans les guides, l’Hostel Lavie, qui est très bien, avec une vue magnifique du toit sur le château.

 

J22 – Ven 24/11 : Retraite au Mont Abu

Après avoir pris conseil, je m’en vais en direction Delwara Temple, pour explorer le coin et faire un peu de marche. Je visite le temple Adhar Devi, puis tente de trouver le chemin indiqué autour du lac Trevor’s tank. Je trouve bien le lac (un peu par hasard) mais les chemins le contournant ne sont pas bien indiqués et la zone adjaçante n’est, selon ce que l’on m’a dit, pas très sûre pour s’y promener seul (il y aurait des animaux et des hommes malveillants). J’ai donc quelques appréhensions (sans doute un peu trop, ce qui me gâche un peu la promenade !) et le relief m’empêche de progresser. Je croise sur le chemin plusieurs groupes de femmes coupant du bois et le portant sur la tête). Je reviens ensuite au temple, que je visite. La visite est guidée mais en hindi. Autant dire que je n’arrive à comprendre que 3 mots en une ½ heure. Mais le temple, peu engageant de l’extérieur (noirci par le temps et envahi par les pigeons) s’avère plutôt intéressant : une multitude de sculptures à même le marbre avec des objets redondants. Comme à mon habitude, je prends mon repas dans un petit resto bien local. Je reviens ensuite à Mont Abu et monte sur un belvédère puis rejoints l’hôtel. J’y rencontre 2 américains (californiens) et 2 hollandais avec lesquels on passe toute la soirée à discuter et boire des bières. Une francophone québécoise, repérée ce matin, nous rejoint un moment. J’avoue avoir un peu perdue le fil de la discussion (en anglais) un moment mais la soirée est bien agréable. L’un des hollandais m’a même débloqué WhatsApp (je ne sais pas comment).

 

J21 – Jeu 23/11 : Incident de parcours

J’ai décidé de profiter tranquillement du calme d’Udaïpur avant de prendre le bus pour le Mont Abu. C’est la destination que j’ai choisie ; une station climatique avec des écoles de méditation dans la montagne qui visiblement est un lieu touristique mais fréquenté essentiellement par les indiens. Je commence la journée en prenant un petit déjeuner sur une terrasse face au lac. Face à moi un homme vient se laver et une femme y fait sa lessive. Je déambule ensuite dans les rues, en essayant encore d’explorer des quartiers un peu écartés ; je tombe sur plusieurs mariages dont un assez somptueux où dromadaires, éléphant et chevaux costumés sont présents dans le cortège menant, en musique, les invités dans un palais classieux. J’admire le lac, mange très bien dans une petite gargote que j’avais repérée puis m’apprête à aller à la gare routière. Le gardien de l’auberge m’a conseillé d’y aller directement sans pas passer par une agence (il y en a partout) pour ce trajet court et j’ai vaguement vu des horaires autour de 15h. Pour la suite par contre il va falloir anticiper un peu pour être sûr d’avoir de la place, dans les trains notamment. En allant récupérer mon sac à l’auberge pour prendre un tuk tuk, que je croise depuis 2 jours et auquel j’ai donné rdv pour la course, je m’aperçois que l’on m’a dérobé mon argent ; pas l’argent que j’ai au quotidien, toujours par petite somme, dans ma poche, mais les réserves que j’ai et notamment des dollars. Montant du pactole : dans les 300 euros. Dans un premier temps, je ne vois pas comment cela est possible : il était dans une pochette, dans mon sac et je n’ai pas été bousculé et n’ai pas circulé dans la foule. Après réflexion, je pense savoir ce qu’il s’est passé. Alors que je buvais un coup au bord du lac, je recroise 2 jeunes, avec lesquels j’avais échangé quelques mots un peu plus tôt dans un autre quartier. Ils se sont assis à côté de moi, chacun d’un côté et pendant que je parlais avec l’un, l’autre a très habilement ouvert mon sac (qui était à mes pieds) et la pochette pour prendre l’argent puis les a refermés sans que je ne vois rien. Ils sont partis assez vite en pleine discussion. Ce n’est pas une catastrophe mais c’est rageant, d’autant que je suis prudent sur ces questions. Heureusement, ils ne s’en sont pris qu’à l’argent. Ce qui est le plus embêtant dans l’histoire c’est, d’une part que j’avais prévu des dollars pour l’obtention de certains visas et en cas d’imprévus ou d’impossibilité de retirer de l’argent (je n’ai plus cette sécurité) et d’autre part que, alors que j’essaye de rester ouvert, de ne pas envoyer balader ceux qui m’accostent, de me laisser aller, de ne pas penser trop à l’argent. Je vais devoir me remettre dans une attitude plus fermée et rester constamment sur mes gardes. En plus, je ne me sens finalement pas si acculé que cela en Inde, du moins pour le moment. Bref, j’essayerai d’améliorer encore les failles et de rester zen malgré tout.

Je m’en vais donc prendre le bus. Le tuk tuk en croise un sur la route qui part pour le Mont Abu et le poursuit que je puisse monter dedans, ce que je fais (en réalité il n’allait pas jusqu’au bout, seulement jusqu’à Abu Road, et j’ai été obligé de prendre une correspondance, mais ça m’a fait gagner un peu de temps quand même je pense. Il m’a quand même fallu plus de 4h30 pour faire 180 km, mais c’est la moyenne ici. Arrivée au Mont Abu, je tente de trouver l’auberge de jeunesse que j’avais difficilement repérée sur la carte. Apparemment ce n’en n’est pas vraiment une et il n’y a pas de place. En fait, les lieux appelés hostels, vers lesquels je me dirige d’abord, sont des écoles de méditation et non des AJ. Je finis dans un petit hôtel (ma chambre est plutôt miteuse : ultra petite avec un matelas difforme et sans même une prise de courant, ce qui n’est pas le cas de toutes), mais les tenanciers, une famille, sont plutôt accueillants. Apparemment c’est le seul hôtel de la ville qui accepte les étrangers et c’est aussi celui indiqué dans les guides. La ville en un elle même fait un peu trop station balnéaire à mon goût mais les environs sont intéressants je pense. On verra demain.

 

J20 – Mer 22/11 : Le calme Udaïpur

Aujourd’hui je prends mon temps.

Je retourne au petit resto de la veille (le Yoga bar, qui en a bien la zénitude !) pour un petit déjeuner salé, puis me dirige tranquillement vers le City Palace que je visite, sans guide. Ca reste le monument principal de la Ville. Sa situation et la vue de l’extérieur de tous côtés de la Ville (notamment côté lac) est superbe. La partie qui se visite a été transformée en musée mais une autre partie est consacrée à un hôtel de luxe. A l’intérieur, c’est très grand et ça vaut la visite mais c’est assez inégal. On voit qu’il y a un effort de fait mais tout n’est as très bien préservé (les toits notamment) et certaines parties intermédiaires n’ont rien d’un Palais. Le côté hôtel semble beaucoup plus Côté hôtel, ça semble beaucoup mieux entretenu. Il y a beaucoup de peintures ayant pour objet le palais retraçant la vie de l’époque avec leur style pictural si particulier (la ville est d’ailleurs truffée de soit disant « écoles » de miniatures dans lesquelles on est invité à entrer à chaque coin de rue) et quelques objets mais le principal reste le palis en lui même avec ses décorations et des pièces aménagées comme elle l’étaient à l’époque. Dans la cour inférieur se prépare également un mariage version XXL (c’est la période des mariages et il ne font pas les choses à moitié).

Je me dirige ensuite plus au sud de la ville pour montée en téléphérique sur un point de vue qui offre effectivement un beau panorama sur la ville, les lacs et les palais (assez nombreux). Je décline sur tout le chemin les invitations des Rickshaws (qui tous me proposent d’abord le transport puis de quoi fumer), préférant marcher. Je choisis alors de m’écarter un peu de la partie touristique de la ville et passe par des rues commerçantes. Je m’arrête dans un petit restaurant local ; une légère appréhension sur l’hygiène mais tout se passe très bien (selon Romain, les indiens sont finalement tous très à cheval sur cette question de l’hygiène). Je rejoins le lac plus au nord, revient vers l’île centrale (en mettant un pied dans un parc qui de près ressemble à une forêt et qui finalement s’avère être aussi un cimetière et où l’on me déconseille de prendre des photos) puis revient à l’auberge après avoir bu un café, seul sur une petite terrasse, face au lac. Je prépare la suite de mon périple, encore hésitant sur la destination à choisir, et retente une sortie pour le coucher du soleil. J’ai ouï dire qu’il y avait des démonstrations de danse chaque soir dans l’un des palais mais je n’ai pas du tomber au bon moment. Je retrouve Romain pour dîner. Ce sera un Talhi grand luxe (dans une version un peu différente à base de millet) avec une bière sur un roof top. Romain m’apprend à nouveau pas mal de choses sur la situation de l’Inde, où il vit depuis 5 ans, et l’état d’esprit de ses habitants. Le tableau est plutôt pessimiste : une population jeune qui se multiplie avec peu de perspective de création d’emplois, un système économique basé sur le modèle américain où tout se paie, même l’éducation, dans un pays où la survie est déjà difficile pour beaucoup, des conflits ethniques et religieux qui deviennent parfois violents pour un peuple plutôt pacifique, un mode de pensée très individualiste, la sous considération de la femme. A ce sujet, j’ai croisé un nombre important de femme complètement voilée mais colorée en scooter ; en fait, il ne s’agit pas d’un rythme religieux mais d’une façon de se protéger de la pollution et du regard des hommes. On aborde aussi des sujets plus positifs et notamment la place du français dans le monde et la capacité de certains à apprendre et maîtriser une langue de manière presque innée, sans livre, ni professeur, ni interlocuteur régulier…

 

J19 – Mar 21/11 : En route vers Udaïpur

Ce sera une longue journée consacrée au trajet. Départ matinal (à 6h) pour 12h de route avec une seule vraie pause pour déjeuner. Il y a environ 600 km et la route est plutôt bonne mais ça prend du temps. On prend l’autoroute mais celle-ci est parfois large et parfois très étroite passant au milieu de village. Elle est ponctuée de nombreux péages, que nous passons sans payer en tant que VIP (avec une plaque de Corps Diplomatique). Je découvre quelques aspects de l’inde : les camions décorés, les vaches, très nombreuses au milieu de la route…

On s’arrête à Jaïpur pour récupérer Romain, un français qui travaille pour l’institut culturel français à Jaïpur (il est visiblement le seukl représentant de la culture étrangère dans tout le Rajasthan) et qui part en mission à Udaïpur pour l’organisation d’un concert en décembre.

Le voyage sera assez calme : on parle peu, je somnole tout le trajet (trop petite nuit !). Romain me donnera néanmoins quelques infos pratiques sur les us du pays et me confortera dans le choix de mes destination (Sikkim et Kerala). J’apprends aussi que c’est le début de la saison touristique. On mange un Talhi, sorte de plat du jour avec des produits frais, que l’on trouve un peu partout pour un prix modique. Le paysage est plus montagneux sur la fin du voyage et il y a un nombre impressionnant de marbreries.

On arrive alors à Udaïpur où l’on se dirige directement vers le palais pour livrer le champagne puis, après avoir dit au revoir à Rafik (qui est bien fatigué par cette longue journée de conduite), je prends un Tuk tuk avec Romain pour rejoindre une auberge que j’ai repérée, the Journey Hostel, et qui s’avère très bien (pour la modique somme de 3€ par jour). Chose rare, le centre historique est interdit aux voitures (mais pas aux tuk tuk !). La ville semble très jolie et très animé. A découvrir demain et les jours qui vont suivre. Je ne sais pas encore combien de temps je vais y rester.

Sortie le soir dans un petit resto/snack : il y 2 groupes de français qui font aussi le tour du monde. Ils me donnent quelques conseils sur l’Inde (pour la réservation des trains notamment). Je retiens qu’il faut rester un peu sur ses gardes car les hindous/indiens (je ne sais pas encore comment on dit) ont toujours un intérêt à engager le conversation. Puis petit tour dans les rue mais il est 23h et tout est fermé.

 

J18 – Lun 20/11 : Un Delhi contrasté

Rafik vient me chercher avec beaucoup d’avance pour aller à Old Delhi. Je ne suis pas encore prêt mais me dépêche. Il ne souhaite pas prendre la voiture (impossible de se garer là-bas) mais a décidé de m’y accompagner, par sécurité.

De l’Alliance Française, on prend un Rickshaw puis le métro. L’ambiance ne me surprend pas : des ruelles encombrées avec des étals de partout, beaucoup de monde et bien sûr des voitures et des Rickshaws (à pédales pour la majorité cette fois), cela accompagné de bruits omniprésents. Les immeubles sont vétustes et le haut des rues encombrés de câbles qui pendent. On se dirige vers la Mosquée Jama Masjid, apparemment la plus grande du pays. On me demande de payer l’entrée mais Rafik me dit que ce n’est pas nécessaire. Visiblement on paie seulement si on prend des photos. Je laisse mon appareil et mon sac à Rafik à l’extérieur et rentre dans l’immense cour du sanctuaire. Sortant néanmoins mon portable pour prendre un cliché (la tentation était trop grande), je me fais vite raccompagné à l’entrée pour prendre mon billet, ce que je fais. Je fais le tour de la cour et des arches et admire la vue sur la ville mais ne trouve pas la mosquée proprement dite. Je me dis qu’elle est à ciel ouvert mais je lis ensuite dans le guide qu’il y a bien une salle. Mystère… On se dirige ensuite vers le Fort rouge (Red Fort en anglais même si ça sonne un peu alsacien !), immense que je peux admirer de l’extérieur ; il est fermé le lundi mais visiblement l’intérieur n’est pas très intéressant, mieux vaut visiter celui d’Agra. Pour rentrer, on prend le bus, histoire de voir un peu plus la ville qu’en métro. Le tour a été assez rapide mais offre un bel aperçu de la vielle ville.

On reprend alors la voiture pour aller à la Maison du Sikkim, où j’obtiens, malgré l’horaire (lunchtime !) le permis permettant d’accéder à ce territoire (le 22ème et dernier état de l’Inde). La maison du Sikkim est située dans le quartier des ambassades (tout de suite beaucoup plus chic que le Old Delhi) où il y a pas mal d’établissements scolaires (on y croise beaucoup de bus scolaires et d’étudiant. On y déjeunera très bien et pour un prix dérisoire, dans la rue.

Retour pour la 3ème fois à l’Alliance. On m’y présente Rita, l’assistante de Jean François, et Anaïs, une française avec laquelle je fait le tour du bâtiment. Elle m’explique qu’il y a plus de 4000 étudiants (apprenant le français) et près de 150 salariés ; c’est beaucoup mais en Inde il y a beaucoup d’emploi de « petites mains » pour différentes besognes, ça gonfle tout de suite les chiffres.

Rafik me ramène à l’appartement d’où je repars à pied faire un tour dans le quartier. Le quartier en question, Défense Colony, est immense et surtout dédié aux expatriés, tous entourés de « serviteurs ». Je tombe sur des stands extérieurs de repassage ; c’est assez étonnant. Le quartier est plutôt calme en intérieur mais le cahot reprends dès que l’on tombe sur les grandes rues. J’irai jusqu’à un grand par cet verrai même un Décathlon.

Je vaque alors le soir à mes occupations diverses (je trie les photos de l’Iran notamment, me fais cuire du poulet à l’indienne) mais n’arrive toujours pas à me mettre au site internet, d’autant qu’il faut me coucher tôt. Les moustiques m’accompagnent (ils sont petits mais costauds, heureusement sans danger) et je peux entendre une fête à l’extérieur, à côté du Temple Sick, qui accueillait hier un mariage.

 

J17 – Dim 19/11 : Découverte de New Delhi

Je me lève assez tôt après une courte nuit, pour revoir Jean-François avant son départ, puis me recouche un peu.

Je vais explorer le petit centre commercial du quartier, sur une place, et y prend mon premier repas indien, un peu au hasard. C’est un peu épicé mais plutôt bien.

Rafik vient me chercher à 14h. N’ayant eu que peu de temps d’étudier ce que je souhaitais explorer, je le laisse me guider. Il me fait faire le tour de la partie moderne de la Ville (New Delhi) avec tous les bâtiments administratifs. La plupart n’ont pas trop de charme, hormis le parlement et le palais présidentiel qui sont des bâtiments plus anciens. Je visite le grand temple Sikh (Gurdwara Bangla Sahib), que je trouve aussi assez basique, hormis le plafond doré, où l’on me fait vite comprendre que les chaussures ne sont pas les bienvenues à l’intérieur (y compris dans mon sac où je les avais dissimulées), comme à l’extérieur et on me mets un foulard sur la tête. Je me fais d’ailleurs la réflexion qu’il est curieux que la religion chrétienne nous oblige à nous découvrir la tête dans une église alors que l’Islam ou ce type de religion exigent le contraire. D’ailleurs, l’Iran et l’Inde (du moins au premier coup d’œil), ne me paraissent pas si éloignés que cela sur plusieurs aspects et je ne suis pas trop dépaysé. Je suis même surpris, qu’à l’instar de l’Iran, on me laisse déambuler tranquillement, sans regard, ni demande insistante (mais cela va probablement changé dans des lieux plus touristiques ou populaires). On fait ensuite un tour à l’India Gate (monument commémoratif de la première guerre mondiale), au musée national, que je ne souhaite pas visiter, à la maison d’Indira Gandhi, dont la rétrospective est plutôt bien faite. On est dimanche (le week-end est le même qu’en France), et ces lieux sont plutôt bondés. Entre klaxons, moteurs et foule, le bruit est très présent, voire fatiguant (ça correspond d’avantage à l’idée que je me faisais du pays, dont la bande sonore et davantage fournie que l’image à Delhi). On termine la journée en prenant un café à l’Alliance française. S’en suit une soirée tranquille tout seul à l’appartement où je commence à préparer mon itinéraire pour la suite de mon parcours. Rafik à une mission mardi à Udaïpur et peut m’y emmener. Ca change un peu mes prévisions mais ça me permettra de découvrir le Rajasthan.

 

J16 – Sam 18/11 : En route vers l’Inde

Une journée consacrée aux transports comme j’en connaîtrai d’autre et qui s’est déroulé sans accros. J’ai même été surpris par la simplicité et la rapidité des formalités aux guichets (mon billet me signalait notamment que je devais récupérer mes bagages entre les 2 vols et les réenregistrer, hors tout s’est fait automatiquement comme un transit ordinaire). Deux avions (1h30 et 3h) de Chiraz à Delhi avec une escale à Dubaï de 5h30 mais qui est passée assez vite dans ce grand aéroport confortable mais très cher pour toutes les prestations (hormis le Wifi accessible gratuitement). Je m’attendais au grand luxe avec la première compagnie (Flying Dubaï) et à une prestation rudimentaire avec Air Flying India, hors c’était tout le contraire. Pas de service à bord avec la première (très bon repas par contre dans le 2ème avion) et, pour l’anecdote, alors que j’ai demandé à être à côté du hublot, je me suis retrouvé à l’une des seules places côté extérieur qui n’en avait pas.

Arrivée grand confort également à Dehli puisque, devant rejoindre Jean-François, mon ancien directeur, qui m’accueille chez lui, j’ai un chauffeur, Rafik qui vient me chercher et qui sera à ma disposition pendant 3 jours. Je suis cotent de revoir Jean-François, maintenant directeur de l’Alliance Française à Delhi, même si l’échange est court (je glane néanmoins quelques bons conseils néanmoins). Malheureusement il doit rentrer en France dès le lendemain pour des raisons de santé et me laisse son appartement à disposition.

 

J15 – Ven 17/11 : Jour de commémoration

Arrivée vers 7h à Chiraz. J’ai réussi à dormir un peu dans le bus. A la sortie, un iranien me prend en main et m’accompagne jusqu’à mon hôtel, malgré mon refus de prendre un taxi (ce n’était pas très loin).

L’auberge (en fait plus un hôtel assez luxueux avec des dortoirs et plusieurs bâtiment et restaurants) est très agréable. Chek’in possible dès mon arrivée à 8h ; une bonne douche réparatrice est c’est reparti. J’en profite même pour faire laver mon linge (un peu cher néanmoins). C’est férié (vendredi + jour de commémoration de Mohamet) donc tout est fermé. Après quelques hésitations, je projetai d’aller l’après-midi à Persoplis avec 2 françaises de l’auberge mais c’est fermé aussi. Je passerai donc à côté de ce site incontournable !

Je déambule dans les rues à plusieurs reprises. J’ai un peu de mal à m’y retrouver (inversant dans ma tête le nord et le sud depuis le début de la journée) et je n’y vois pas grand chose d’intéressant. Ca à l’air plus moderne que les autres villes où je suis passé. Finalement, c’est lors de ma dernière sortie, le soir, que je verrai le plus de choses : la citadelle, le Mausolée du Shah Cheragh : ce dernier est magnifique, sans doute le plus beau monument religieux que j’ai vu, avec des assemblage de matériaux (or, argent, marbre, bois, vitraux) finement travaillés et assemblée et avec des dimensions très grandes. Après y être passé une première fois, on me dit de revenir plus tard. La deuxième fois, j’y rentre accompagné d’un membre des affaires étrangères et y laisse selon les consignes mon appareil photos à l’entrée (j’apprends finalement que j’aurais pu l’emmener). La 3ème fois, j’y rentre un peu par hasard par une autre porte, accompagné par un iranien (Shahrooz que j’ai rencontré et cette fois avec mon sac et je rentre même à l’intérieur du temple (ce qui m’était interdit auparavant). On essayera encore de m’expliquer la différence entre les temples (shrine) et les mosquées mais j’ai un peu de mal à m’y retrouver ; visiblement ce sont plus des endroits où l’on vient se ressourcer (les prières sont plus légères et moins nombreuses) et c’est vrai que l’ambiance était très zen (à part les contrôles à l’entrée et les gardien de la bienséance avec leur plumeau (dont l’un m’avait fait signe de circuler auparavant).

C’est en allant à la quête d’un ash que je finis par trouver, que je rencontre Shah(rooz). Il commence par m’expliquer les différents plats puis la discussion se poursuit autour de plusieurs sujets alors que nous déambulons ensemble dans la ville. Il est architecte, habite Téhéran, voyage depuis 3 mois en Iran et a un esprit d’aventurier. Il fait de l’escalade aussi. La discussion est très agréable. C’est donc ainsi que s’achèvera mon séjour en Iran. Finalement, j’aurais fait ici des rencontres inopinées dans pratiquement chacune de mes étapes.

 

J14 – Jeu 16/11 : J’ai roulé sur la lune

Après une bonne nuit, départ pour Ormouz (bcp d’orthographes différentes).

Je peux laisser mon sac à l’hôtel, heureusement.

Je cherche du pain partout dans le bazar sans en trouver.

Je prends le bateau (très économique) et discute avec un groupe de jeunes de Téhéran. Arrivée sur l’île, je loue un vélo ; je dois être le seul (d’autant qu’il fait très chaud. Tout le monde prend des touk touk , taxis ou moto. Je fais le tour de l’île. Le début est un peu décevant mais ensuite c’est juste magique. Je pique nique au bord de la mer sur une plage isolé, hésite à me baigner mais y renonce (prenant le bus la nuit, je n’ai pas envie d’être plein de sel). Je prends ensuite un chemin qui traverse les montagnes. Il y en a de toutes les couleurs (blanches, rouges, vertes…) ; j’ai l’impression d’être sur la lune. Le sol, constitué de sel, craquelle sous les roues ; il y a des rivières de sel et des cratères un peu partout.

L’épreuve est un peu physique ; il fait très chaud et ça grimpe mais ça vaut le coup. Je termine par une pause sur une plage près de l’embarcadère. Visiblement, personne ne se baigne et le coin est vaseux. Mais la pause est agréable et le couché de soleil assez beau. Je prends un thé puis reprends le bateau. Un petit repas au resto (je mange du poisson pour la première fois ici) puis départ pour la gare routière. Arash devait m’y emmener mais comme il n’arrivait pas j’ai pris un taxi et lui ai envoyé un message en persan. Il a qd même réussi à trouver le bus, l’a stoppé et est venu me dire au revoir.

Le bus était d’un grand confort ; j’avais presque un lit. On a eu le droit sur la route à un contrôle de police/douane ( ?). Peut-être parce que l’on venait de la zone franche…

 

J13 – Mer 15/11 : Partage de la vie d’un Iranien

Arrivée à 5h30 du matin à la gare routière Bandar Abbas. J’ai réussi à dormir un peu dans le bus mais ce n’était vraiment pas confortable. Un peu dans le gaz, je prends un taxi pour la ville, alors morte. Je vais à un premier hôtel trop cher avec un check’in à 12h. Je croise des policiers avec qui je discute et qui me font emmener au 2ème hôtel de mon guide. Le gardien me dit que le chek’in est à 14h et que je ne peux pas laisser mon sac. Ca sent la galère mais après avoir tourné un peu dans la ville je retente le coup à l’hôtel à 8h et là on me donne directement une chambre plutôt luxueuse par rapport à ce que j’ai eu. Gros décrassage du désert (moi et mes affaires) puis fin de la nuit (2h) dans un vrai lit ! Je tente de prendre un billet de bus (l’hôtel fait aussi agence et change) mais on me dit qu’il faut me rendre à la gare routière. Je vais ensuite me balader au bord de la mer. Pas grand chose à voir. Il fait très chaud. Arrivé sur une jetée, je croise un iranien dans sa voiture qui insiste pour m’emmener où je veux. Il s’appelle Arash. Je finis par le suivre (les iraniens ne marchent pas beaucoup !). On ne se comprend pas beaucoup et il essaye d’installer TouristApp sur mon téléphone (un traducteur oral) puis sur le sien. Il est persévérant : va de boutique en boutique, manipule nos 2 téléphones en conduisant. Ca ne fonctionnera pas mais on restera ensemble toute la journée. On mange ensemble. J’attends souvent sans trop savoir ce qui se passe et ce qu’il fait. J’ai l’impression que beaucoup d’iraniens, notamment dans les magasins, ont un rythme assez tranquille et restent souvent à ne rien faire. Arash livre du riz à des commerçants qu’il récupère directement au port (je l’y ai accompagné en fin de journée : ça ressemble à de la contrebande mais ça n’en n’est pas). Il ‘emmènera à la gare routière et m’aidera à prendre mon billet pour Chiraz. J’ai eu j’avoue quelques moments de doutes, notamment quand il a commencé à transférer des fichiers de mon téléphone sur le sien mais je l’ai laissé faire et tout s’est bien passé). Ce doute s’est transformé en petite frayeur (pas paniqué mais j’étais vraiment sur mes gardes) quand il m’a emmené sur un parking isolé au bord de la mer. Il a visiblement quelques soucis avec la drogue et avait besoin de sa dose pour repartir ; il s’en est excusé plusieurs fois. Dans un autre pays, je ne l’aurais jamais suivi mais la preuve qu’ici c’est un pays sûr. Il me ramène à l’hôtel et me dit qu’il passera me prendre le lendemain pour aller à la gare routière. Je fais un tour en ville. Le Bazar est en pleine activité et le bord de mer aussi. Il y a un marché et des stands à chicha (je n’essayerai pas : pas le temps et besoin de restreinte un peu les dépenses). J’ai encore un peu de mal à trouver autre chose à manger que les traditionnels kébabs et je finis par acheter un falafel (plutôt bon) sur un stand ambulant du marché. Je vais aussi faire qques courses pour le lendemain car à Ormuz, pas de commerçant. Je vais maintenant essayer de bien me reposer entre les 2 nuits dans le bus.

 

J12 – Mar 14/11 : Plein les yeux

Réveil à 5h30 pour admirer le lever de soleil au-dessus des Kalouts. C’est splendide ; pas forcément le lever du soleil qui se fait très vite mais surtout le paysage qui nous entoure. Je voyais bien des ombres de blocs dressés autour de nous en arrivant la nuit mais ils apparaissent dans toute leur beauté, tous sculptés par le vent avec des nuances de rouge et de blanc. Petit déj les yeux grands ouverts, petite marche au milieu de ces formes puis c’est le départ. Je monte sur le toit du 4/4 (je le ferai à plusieurs reprises ce jour-là, c’est très agréable). Moshen et Mustafa son très agréable, même si je discute beaucoup plus avec Moshen qui parle anglais. Il y a le précieux et le costaud mais ils vont bien ensemble. J’apprends que Moshen est prof d’anglais par ailleurs et on échange sur plusieurs sujets. Notre chemin stoppé par plusieurs étapes : des qanats (les fameux canaux enterrés qui irriguent toute la région), que j’explore les pieds dans l’eau le long des couloirs, un réservoir, le Caravansérail (actuellement en travaux pour devenir un hôtel, dommage) à côté duquel se trouve toujours l’Ecolodge pour les voyageurs en transit, une palmeraie et un ancien fort en ruine (alors qu’il n’a qu’une centaine d’année). J’en profite pour goûter des dates très sèches récoltées sous mes yeux (un homme grimpé dans l’arbre tape dessus pour les faire tomber) ; c’est très bon et ressemble plus à une confiserie qu’à un fruit. En route alors pour un canyon (un lieu secret selon le guide, car ils redoute que s’il devient connu il sera vite dégradé et empli de détritus, comme c’est le cas en début du chemin). Le paysage qui se dresse devant nous est impressionnant : de hautes montagnes roses et blanche (avec parfois des nuances de gris et de brun), fortement sculptées et découpées. Je prends des dizaines de photos du toit du 4/4 et nous faisons quelques haltes à pieds. Nous arrivons alors au bord d’un torrent, assez vigoureux et entouré de roseaux ou nous déjeunons (les repas ont été préparée par la femme de Moshen et sont simples et bons). Un petit moment de détente puis nous remontons le chemin descendu pour aller visiter un dernier village construit autour d’un très vieil arbre. Je ne regrette vraiment pas d’avoir pris l’option 4/4 ; sans cela, je ne serai pas entré au milieu des Kalouts, ni descendu vers le Canyon. Je retrouve bien là le sens de mon voyage (la découverte de paysages somptueux, plus que des villes), même si je ne pourrai pas me permettre souvent de tel extras.

Retour vers la Kerman. Moshen m’aide alors à trouver des solutions pour partir à Bandas Abbas car les bus sont complets ou à défaut pour faire une halte avant Chiraz dans une petite ville, moins touristique du nom de Sirajan. Finalement un bus populaire (un peu de confort aurait fait du bien pour y passer la nuit mais ça me met dans le bain pour la suite du voyage) a été rajouté. J’ai 4h d’attente à la gare routière (où j’en profite notamment pour remettre à jour ce carnet de bord) mais je ferai bien une halte finalement à Bandar Abbas et surtout à l’île d’Ormouz, ce qui m’obligera cependant à raccourcir mon séjour à Chiraz et à faire l’impasse sur Persépolis ; c’est ce qu’on appelle un choix.

 

J11 – Lun 13/11 : Calme et organisation

J’arpente les rues de Kerman les yeux rivés sur mon téléphone puis vais me poser à la bibliothèque. Le but : organiser mon excursion dans le désert et préparer la suite du voyage. J’ai recensé plusieurs contacts et envoie des messages à 3 guides, recherche désespérément une agence et recherche un coughsurfer pour Bandar Abbas (j’ai finalement opté pour y aller en découvrant qu’il y avait des bus de nuit). Moshen (le guide conseillé par Alex Vizéo) me rappelle très vite pour me faire des propositions d’excursion ; c’est cher (pas d’autres demandes à partager) mais après moult échange, on convient d’un départ le soir pour une nuit dans le désert du Dash-e Lut, suivie d’une journée bien remplie. Le côté touristique de la journée sera finalement assez accessoire se limitant principalement au bazar et à la bibliothèque. Un jeune iranien m’y aborde ; on échange quelques mots et me laisse son contact quand je pars. Je fini la journée dans un coffee shop où j’attends tranquillement le départ. Ca fait du bien de se poser un peu. Moshen arrive alors avec Moustafa et son 4/4 et nous roulons de nuit vers les Kalouts où nous posons notre campement et dînons. Je choisi de passer la nuit à la belle étoile (on en voit vraiment beaucoup). Elle sera assez courte et je serai réveillé par un renard blanc, peu farouche, venu tenter de chiper quelque nourriture.

 

J10 – Dim 12/11 : De la route et encore de la route

Levé à 7h pour aller à l’excursion prévue. Bonne surprise sur le prix : ils me font payer 10 € et rende 10€ à Fred. On est 4 dans la voiture et le chauffeur ne parle pas trop mais l’ambiance est détendue.

Etape 1 : Kharanagh : village pré-islamique abandonné (jouxtant le nouveau village) au cœur de la montagne. On n’y reste qu’une demi heure mais le site est intéressant. Certaines partie sont mieux conservées que d’autre mais on peut arpenter les ruelles, rentrer dans les maisons, monter sur les toits et admirer la vue alentours.

Etape 2 : Chak chak : lieu de pèlerinage des zoroastriens (gros rassemblement international en juin). Site en hauteur. Constructions assez récente et spartiates avec un temple dans une grotte au sommet. Il est intéressant de creuser le mode de pensée des Zoroastriens mais le site a peu d’intérêt.

Etape 3 : Meybod : ville historique en terre, un peu comme Yazd. On y a visité la citadelle, plutôt bien restaurée avec une vue panoramique sur la ville, et le caravanseréail. J’ai fait l’impasse sur la « glacière » (dome en terre) et le pigeonnier.

La zone montagneuse est assez jolie. On a pu aussi apercevoir en sortant de la ville les tours du silence (situé quant à elle dans la zone industrielle).

Retour à Yazd, repas dans un salon de thé recommandé par le chauffeur (j’y ai gouté une boisson bizarre et un ragout de chameau) avec Fred, que je quitte pour aller prendre le bus pour Kerman. Un peu d’attente (et un peu perdu à la gare routière, ressentant un côté plus lointain de notre culture par rapport à ce que j’ai vu jusqu’à présent et plus de 5h de trajet dans un bus populaire (contrairement au bus Vip que j’ai pris jusqu’à présent – il y avait plus d’étapes et j’étais le seul étranger).

Arrivée à Kerman : ça ne donne pas trop envie et la guesthouse que j’ai trouvée sur le Lonely planet est vraiment très désuète et froide (oserai-je parler de bouge). Je n’ai plus qu’une envie : m’enfuir dans le désert. Reste à trouver une excursion de 2-3 jours à laquelle me joindre (pas évident au dernier moment !).

 

J9 – Sam 11/11 : Flânerie dans une ville en pisé

Visite de la ville de Yazd. Déambulation dans les ruelles toutes la matinée. Je décide de ne pas visiter la prison et me contente de l’extérieur. Je prends beaucoup de photos de cette ville calme et bien entretenue avec ses multiples tours à vent. J’entre à la mosquée du vendredi par une porte annexe sans intention de resquiller mais me fait héler par le gardien de l’entrée principale. Là-bas je peux descendre entrevoir les qanats (canalisations souterraines). Je fais un tour au bazar où pas mal d’étal sont fermés (probablement la pause de l’après-midi) et dans une boutique très réputée de pâtisseries (sans en acheter). Je file ensuite à la maison des tours de vent un peu à l’écart. L’entrée est un peu cher mais le parc est agréable avec ses vignes, son canal et sa vue sur la montagne. J’y retrouve un français déjà rencontré à Téhéran, Fred. Il fait le parcours dans l’autre sens et me parle de son tour du monde qu’il a fait il y a deux ans, me donnant qques bons conseils sur l’Amérique du sud. Sur le chemin du retour, un petit tour dans une mosquée toute argentée puis j’assiste (seulement à la fin malheureusement) à un entrainement de Zurkhaneh (une espace de gym dansée, avec des accessoires et animée par un MC qui fait des percussions). Repas dans un petit hôtel où il y a plein d’oiseau (je passe pour rentrer au milieu d’un rassemblement religieux qui s’est installé dans le rue).

J’ai réservé une excursion pour demain pour aller au villages de Kharanagh (conseillé par mes comparses allemands) et au sanctuaire Chak Chak. Mais il y a vraiment peu de touristes en ce moment et elle est annulée. Heureusement, j’ai un autre plan du même type avec Fred qui s’est inscrit dans une autre agence.

 

J8 – Ven 10/11 : Vers la fin de la saison touristique

Journée de transfert entre Isfahan et Yazd, qui m’a pris pas mal de temps : plus de 2 heures d’attente à la gare routière (sans doute à cause du vendredi, l’équivalent de notre dimanche) puis 4h de route. Le bus était un peu moins confortable que d’habitude mais le voyage a été agréable. On a traversé des étendues désertiques. Yazd est assez isolé même si elle reste une ville assez importante. J’en ai profité pour récapitulé les contacts qu’on m’avait donné et faire un premier tri dans mes photos.

Arrivé à Yazd, j’ai pris un taxi qui voulait m’emmener dans un hôtel mais j’ai insisté pour aller à l’auberge Kabout et je ne le regrette pas. Elle est agréable avec une cour arborée, au cœur du secteur historique. J’y ai choisi le dortoir (des matelas posés au sol) mais j’y suis seul. C’est la fin de la saison touristique. Un petit tour de la vieille ville (des ruelles très étroites dans tous les sens, à la manière d’une médina), toute en terre, puis un repas dans un restaurant, sur les toits, pour goûter un ragout local. Et ce soir, une conversation en skype avec les parents. Comme je le leur disais, je suis sûr qu’ils apprécieraient ce pays. Il a les avantages des pays du Maghreb mais on ne s’y sent pas constamment acculé.

 

J7 – Jeu 9/11 : Flânerie un jour férié

Aujourd’hui c’était l’Arbein Day : un jour férié de commémoration. Résultat, beaucoup de boutique fermée.

Une journée plus calme pour moi (un peu de détente, ça fait du bien !), même si j’ai encore beaucoup marché (mais ça je crois que je vais arrêter de le dire).

Après avoir passé un peu de temps à m’instruire sur l’histoire (très fournie) de l’Iran et de ses religions (merci le Petit Futé, qui est presque trop dense sur ces questions ; difficile de tout comprendre et emmagasiner mais ça donne déjà quelques repères), départ vers la mosquée du Vendredi, près le quartier juif (où j’entre rapidement) . Je passe par une grande place (ils aiment bien les grands espaces) où se tient un rassemblement pour l’Arbein Day (prêche, sonorisé en extérieur ; c’est assez mélodique d’ailleurs (je le constaterai tout au long de la journée). Puis déambulation dans le bazar et ses alentours, où tout est fermé, sauf les mosquées. Chose étonnante d’ailleurs, ce bazar, censé être le plus beau/grand ( ?) est parsemé de mosquée et de minarets. Je me perds un peu (normal) puis arrive place NeJ (de jour cette fois !). Je décide de visiter la grande mosquée de l’Imam et de faire l’impasse sur les autres monuments. Elle est en travaux mais impressionnante par ses dimensions et plutôt jolie. Je teste au centre de la coupole le phénomène d’échos. Ca fonctionne très bien. Il est d’ailleurs amusant que seul les sons ou les chants de l’Islam soit autorisés pour ce test. Un jeune iranien, Hosein, m’y accoste en me demandant pourquoi j’ai choisi de venir en Iran : il vient très souvent et aime partager et interroger. Nous passons pas mal de temps ensemble à discuter de sujets variés. Un autre iranien m’avait d’ailleurs parlé quelques minutes en français à l’entrée. C’est plutôt plaisant de se faire aborder juste pour discuter. J’ai constaté d’ailleurs qu’on me prends assez souvent pour un iranien. Je me dirige ensuite vers le pont aux arcades puis vers le quartier arménien, où il y a une cathédrale, qui est fermée mais c’est l’occasion de voir un autre quartier (animé plus tard le soir que les autres d’après le guide), puis vers 2 autres ponts à arcades dont l’un renferme 2 salons de thé en bas de ses piliers). Les rives sont plutôt agréables. Je reviens place Nej puis parcours des kilomètres à la recherche d’un Internet Coffee, mais il y en a peu et tous sont fermés. Hors j’ai vraiment besoin de planifier la suite et notamment de choisir quel désert je compte faire pour choisir ma prochaine destination (Yadz ou Anarak). Arrivé à l’hôtel, je me décide à payer pour internet mais le gardien n’a pas les codes. Je réessaye sur mon portable et là miracle, je m’aperçois qu’en passant par le vpn, ça fonctionne. Ces questions peuvent paraître terre à terre mais sont importantes pour mon organisation. Un petit saut à nouveau place NeJ (elle est vraiment magnifique la nuit et l’on s’y sent bien) pour manger (même menu que hier soir) puis retour à l’hôtel. J’ai d’ailleurs constaté que je suis arrivé par hasard dans le même hôtel qu’Alex Vizéo (un voyageur blogger qui m’a bcp inspiré pour ce voyage et d’une manière plus générale pour le TDM, par ses vidéos et ses conseils).

 

J6 – Mer 8/11 : De village en métropole

Bonne journée !

Levé de bonne heure pour partir avec Yousef (comme convenu la veille et en direct cette fois) et mes compagnons de la veille en visiter le village d’Abyaneh.

Le lendemain, on devrait partir tous les 3 avec le même guide (en direct) pour visiter Abyaneh, une petit village tout rouge, qui est incontournable. On s’est prévu un pique nique petit déj sur le chemin dans la montagne. Ca commence très bien. Nous arpentons rapidement le village puis Yousef nous emmène sur la colline voisine, d’où nous avons une vue magnifique sur tout le village. Il y a également à cet endroit les rempart d’un château en terre et plein de refuges avec une petite ouverture vers l’extérieur à la manière d’un terrier. Ca date de l’époque des attaques mongoles. Puis nous retournons à Kashan où nous visitons les Bains du Sultan Amir Amad, qui sont magnifiques ; des thermes encore en exploitation il y a une cinquantaine d’année et apparemment les plus beaux du pays.

Yousef est vraiment adorable ; il a à peine dormi mais est tout exité, danse dans la voiture, pose pour les photos et prend des selfis de nous qu’il m’envoie via Telegram (appli du type whats’app très utilisée ici). Il m’enverra aussi des liens vers des musiques iraniennes (qui sont assez diversifiée et dont la langue sonne plutôt bien !). Il me conduit à la gare routière où j’ai la chance d’avoir un bus de suite pour Isfahan.

2h30 plus tard me voilà dans une nouvelle ville. Un taxi m’emmène dans un hôtel où il négocie le tarif. Sur le coût j’ai eu un peu l’impression de me faire arnaquer par le taxi, qui lui-même a augmenté le prix de la course mais au moins j’y suis arrivé rapidement. C’est plus cher que je n’avais prévu mais j’ai une chambre spacieuse bien située pour 20€ (au lieu de 30 ou 40). Ce qui m’embête le plus c’est d’être tout seul, contrairement à l’auberge, et de ne pas avoir internet (ça aussi c’est payant). J’en avais repéré mais je dois le faire plus précisément et surtout être direct avec le taxi (ne pas me laisser changer d’avis).

Je fais ensuite le tour de la ville, by night. J’arrive directement sur la place Naghsh e Jahan : elle est immense et très belle entourée d’arcade (et de galerie) et ornée de magnifiques monuments. A revoir le lendemain mais je pense que c’est le lieu principal à faire. Je me dirige ensuite vers la rivière (qui est à sec bien que très large), suis la berge opposée jusqu’au pont aux arcades, assez gigantesque, puis remonte par l’artère principale pour retourner à la place NeJ. Je fais un délicieux repas (à emporter) : une soupe épaisse à base de légumes secs et d’herbe (menthe, coriandre…) avec des petits bouts de viandes, dénommé Ash puis un lait à la banane. Puis retour à l’hôtel pour une fin de soirée tranquille.

 

J5 – Mar 7/11 : Découverte du désert en bonne compagnie

Levé et petit déjeuner tranquilles. J’arpente les rues de la vieille ville où il est très facile de se perdre (vive Map Me qui m’aide beaucoup). Je visite une mosquée ouverte puis la Boroojerdi Historical House : un peu décevante pour le prix car le roof top, pièce maîtresse du bâtiment est fermé pour travaux. Je retourne sur les remparts de la veille pour le voir. Je cherche à manger assez longuement, tâche assez difficile de façon récurrente pour moi (je ne dois pas encore avoir les repères nécessaires ; je n’ai d’ailleurs jamais mangé au restaurant pour le moment) puis fini par acheter du jambon (du porc ?) et du pain dans une épicerie (le vendeur semble assez amusé par ma présence).

RDV à 13h30 (fixé le matin) pour partir explorer le désert, avec 2 allemands.

Le guide/chauffeur, Yousef, est jeune et très sympa : étudiant en tourisme et comptabilité, il écoute beaucoup de la musique variée avec son super woofer dans le coffre et nous explique les choses très franchement : ce qu’il faut faire ou non dans les propositions touristiques, comment il a fait des « parties » illégales dans le désert… A conseiller ! Son tel : +98134610853. Mais il faut l’appeler directement car l’auberge prend la moitié de ce qu’on donne (23€ chacun) pour elle et il se retrouve du coup avec un très bas salaire. C’est scandaleux.

Passage à la cité souterraine de Nooshabad) pour une visite rapide pour les allemands (Patrick et Anna). Je décide de ne pas la faire suite aux conseils du guide (cher pour ce que c’est). Puis arrêt au Shrine (apparemment c’est différent d’une mosquée, plus fermé) The Blue Shrine de Mohammad Helal. Le bâtiment est magnifique et très renommé dans le pays. En route ensuite vers le désert Maranjab (un désert aux paysages très variés). Ca fait du bien de se retrouver hors de la ville. On fait un arrêt sur un point de vue (on marche pieds nus dans les dune pour admirer l’étendu du désert et au loin des montagnes) puis on part en direction du Salt Lake pour le couché du soleil (qui tombera très vite – quelques petites minutes). Le lieu est surprenant. La couleur marron du départ est un peu déroutante (on se croit depuis la voiture au milieu de champs) mais quand on marche dessus on voit vite les formations caractéristiques du sel (en forme de losange). Le retour est assez long mais je suis plutôt content de l’excursion.

Le soir j’ai tenté de goûter un bon plat dans un petit bouiboui (chez Mother) conseillé par le guide mais il ne servait pas. J’ai appris ensuite que je n’étais pas tout à fait dans les bonnes horaires des repas (12-14h le midi et 20-24h le soir). Je me suis rabattu sur les éternelle brochettes de poulet (pour le moment la nourriture n’est pas ce qu’il y a de mieux ici) puis j’ai réussi à faire débloquer mon téléphone. Je ne sais pas ce qui avait coincé mais il m’a fait ressigner le formulaire avec mes empreintes sur présentation de mon passeport, que j’ai dû retourner chercher à la réception de l’auberge. Il faut vraiment donner son passeport partout. J’ai d’ailleurs dû laisser ma jolie copie plastifiée à l’entrée du désert (il faudra que je refasse des copies).

Pour les remarques générales, ma piètre maîtrise de l’anglais est parfois un peu gênante, me faisant passer à côté d’un certain nombre d’informations et ayant du mal à m’exprimer et à me faire comprendre. Il faut aussi que je sois un peu plus vigilant à l’avenir : j’ai laissé lors de notre escapade sur les dunes, mon sac ouvert dans la voiture avec tous mes papiers et mon argent. Heureusement que le guide est honnête. Et sinon, mon périple envisagé semble quand même un peu surdimentionné. Je ne suis pas sûr de pouvoir descendre jusqu’au golf persique. A voir…

(…)

J’ai revu Patrick et Anna. Il ont été invités à manger chez Yousef, m’ont cherché mais je n’étais pas là… dommage. C’est assez incroyable ce sens de l’hospitalité. Et sinon, j’ai rebloqué mon téléphone (heureusement seulement l’accès internet) mais je crois savoir pourquoi : une connexion malencontreuse à facebook qui est un site interdit ici ! (à retenir : réserver ce type de connexion en Vpn)

 

J4 – Lun 6/11 : Journée galère

C’était un peu la journée de la loose mais dont je tirerai certains enseignements et qui m’a démontrée qu’on trouve toujours des solutions. Les iraniens donnent effectivement facilement un coup de main, même s’ils ont un côté un peu rustre (pas tjs souriants, passant facilement devant nous dans une queue et qui peuvent donner des faux plans parce qu’ils ne savent pas dire non – on me l’avait dit hier soir).

Levé tranquille à l’auberge. Je vais acheter une carte sim. Ca a pris un peu de temps, c’était un peu plus cher que prévu mais je l’ai eue. J’ai trouvé la boutique en reconnaissant vaguement le panneau à l’entrée en persan. Le problème c’est que j’ai bien les 2 cartes dans mon tel mais que je n’arrive pas à appeler un numéro local ni à me connecter (problème à résoudre rapidement).

J’ai pris le bus facilement sans vraiment comprendre comment ça marche. Une personne dans la rue m’a demandé si je voulais aller à Kashan et après une courte hésitation j’ai dit oui. Me voilà dans le bus pour 3h30. Plutôt confortable et très peu cher, on a même une petite collation.

A la sortie du bus, je suis pris d’assaut par les chauffeurs de taxi qui finalement m’aideront sans que je n’ai recours à leur service. J’essaye de contacter Yadzan, mon couchsurfer. J’y arrive sans le comprendre (heureusement les taxis sont là !). Je l’attends un long moment. Il arrive enfin, avec sa femme et sa fille, qu’il dépose chez eux puis nous allons, un peu tardivement visiter la ville historique. C’est assez joli : des maisons et des remparts en terre de plus de 2000 ans, laissé à l’abandon à certains endroit. Tout est fermé, à l’exception d’une mosquée où un chaman ( ?) nous fait gratuitement une petite visite historique en anglais, puis de la Maison Abbasi (pas mal !). Il m’emmène ensuite en voiture faire le tour de la ville et manger une glace. On tourne encore puis il se gare devant un hôtel en m’expliquant qu’il avait finalement annulé le couchsurfing car il n’était pas disponible. L’hôtel est un peu cher. Il cherche des solutions avec des amis à lui en attendant les réponses, on arpente le Bazar. Je lui propose alors de m’emmener dans une auberge que je trouve dans mon guide. Un ami à lui me propose un cabanon dans un jardin. J’opte finalement pour la guesthouse, qui n’est pas mal en pleine vieille ville (un peu rudimentaire mais jolie, avec un roof top). Je croise des gens qui veulent faire une excursion dans le désert en partageant un chauffeur. On en reparle demain. Je mange un morceau dans un bouiboui (il faut bien manger) puis rentre à l’auberge. Un peu d’internet puis il est largement le temps d’aller se coucher (0h40). Il va quand même falloir que je réduise mes destinations. Je me fais la réflexion aujourd’hui qu’il faut que j’apprenne à prendre mon temps car si je cours trop, je n’apprécierai pas le voyage et je m’épuiserai…

Sinon les moustiques sont encore là et j’ai perdu un adaptateur électrique. C’est pas si grave mais ça alimente encore le côté galère de la journée.

 

J3 – Dim 5/11 : Déambulation à Téhéran

Après une bonne nuit réparatrice qui m’a fait du bien (hormis les piqure de moustiques qui sortent chaque soir), un levé paisible pour attaquer une journée plus tranquille aussi même si finalement je vais encore faire pas mal de km à pieds.

Je prends le métro direction le palais Golestan, avec un stop au métro Khomeny pour acheter une simcard locale pour me faciliter la vie et les contacts possibles avec les hôtes ou guides, mais on me demande mon passeport que j’ai laissé à l’auberge (à ne plus refaire d’ailleurs, toujours l’avoir sur soit). Là je tombe sur le Bazar, que finalement je n’avais pas vu la veille (alors que je le croyais). C’est assez incroyable la longueur des galeries, le nombre d’étals et la foule qui y circule. Je fais un rapide tour, m’abreuve d’un jus de grenade (j’ai bien confirmation, je pourrai en boire, même avec de la glace car l’eau n’est pas un problème ici pour nous européens) puis je vais au Palais dont je ne visite que le jardin et les halls centraux (il a plusieurs musées et expos en son sein). Je découvre pour la première fois les enluminures en argent présentes partout. C’est un peu kitch mais assez bien travaillé. Pas mal de mosaïques également sur les murs extérieurs.

Je reprends le métro direction Tajiski (le bout de la ligne 1, à près de 10km) où se trouve là aussi le Bazar du Nord (un peu moins grand). Je cherche ensuite à rejoindre la montagne jouxtant la ville et me dirige au feeling, aidé un peu de Maps Me pour rejoindre un point qui me semble intéressant. Ca grimpe bcp et il y a de nombreuses impasses. Je me retrouve au milieu de somptueuses maisons (pour ne pas dire des palais). C’est le quartier chic où l’on trouve également bcp de résidences grand luxe (de grand tours tout en marbre pour certaines), dont plusieurs en construction.

J’arrive enfin à la station du Tochal d’où partent les télésièges pour aller skier (mais qui ne fonctionnent pas aujourd’hui. J’admire la vue, vois qques randonneurs se lancer dans la montagne, une cascade asséchée, des installations très modernes (dont tyrolienne) puis redescends au hasard des rues (en me perdant encore un peu) vers le métro.

Retour à l’AJ (pas mal de monde présent) puis je repars chercher un endroit où manger. Pas si évident que cela : je finis finalement dans un resto de brochettes plutôt bien, à table avec 2 français de l’AJ qui terminent leur périple en Iran, dont ils sont un peu déçus.

 

J2 – Sam 4/11 : Premier contact avec l’Iran

Vol pour 3h également qui part avec une heure de retard mais qui arrive à l’heure. La nuit a été courte (maximum 2h de sommeil). Un peu d’attente au visa mais pas de souci particulier (on ne me demande que l’assurance, le paiement et un petit carton à remplir (même pas les empreintes). Je rencontre 2 françaises ; on partage un taxi après avoir fait un peu de change (qqu’un m’a proposé une transaction directe plutôt correcte). Arrivée à Téhéran, je choisi de finir la route à pieds, jusqu’à l’Auberge dont je sais que le get in est à 14h, mais avec l’espoir d’y laisser mon sac. J’y vais à l’aveuglette ; il est 6h du matin et les rues sont endormies. Je vois la ville se lever petit à petit puis bientôt c’est le vacarme. Les voitures roulent n’importe comment et il faut s’imposer en tant que piéton pour traverser. C’est un peu pollué aussi. Je fini par me retrouver à l’aide du texte de l’auberge, la carte mal faite du petit futé et ma boussole. Mon sac est qd même un peu lourd. J’arrive à 8h30 à l’Auberge et personne ne répond. J’achète un pain cuit devant moi et m’assoie sur un banc pour le déguster. Pas mal. Puis je reviens à l’auberge où je peux laisser mon sac. J’arpente à nouveau la ville à pied. Je commence à maîtriser la géographie du centre ville. Je reviens manger à l’auberge (food street plutôt bonne) puis ai des nouvelles de Pantéa. Il est convenu que je passe la voir de suite. J’ai un peu de mal avec mes nouveaux outils pour trouver son adresse sur la carte notamment (j’en profite pour télécharger la carte de Téhéran qui m’a manquée le matin). Le Vpn, comme outil, est d’ailleurs indispensable dans un pays ou les accès sont restreints (Facebook et Cougsurfing notamment). Je vais donc voir Pantéa en taxi. Elle me donne de très bons conseils sur l’itinéraire à suivre. Elle me conseille notamment de descendre jusqu’à l’île d’Ormuz dans le golf persique, un paysage de sel que je ne retrouverai nulle part ailleurs. Rencontre sympathique, qui ne s’éternise pas car je commence à être bien fatigué. Je finis mon repas du midi, mets à jour mon profil de couchsurfer et recherche un premier hôte à Kashan qui me répond très rapidement positivement.

 

J1 – Ven 3/11/17 : Le départ

Le jour du départ est enfin arrivé. Je suis toujours serein, avec une petite pointe d’excitation.

J’arrive à l’aéroport largement à l’avance et le hasard fait que je suis déposé par mon frère à l’endroit précis de l’enregistrement. Peu d’attente aux guichets et au contrôle (j’expérimente le contrôle automatique du passeport et c’est plus rapide). Je passe 2-3 derniers coups de fil puis c’est l’heure de l’embarquement.

Le voyage est assez court (3h) avec un repas (en plein milieu de l’aprem).

Après avoir survolé les montagnes (j’ai cru reconnaître le lac de Constance notamment), la nuit est arrivée assez vite (beau couché de soleil à l’horizon !) puis le survol by night d’Istanbul est assez intéressant : des illuminations en tous genres (des couleurs partout et même du mapping sur une tour) qui laissent apercevoir un mélange entre tradition (des maison sur des collines) et modernité (bâtiments derniers cris). Partagé au fait qu’il y a des paysages sauvages assez remarquables en Turquie, ça me laisse une bonne impression et une envie de revenir un jour dans ce pays.

2h de décalage. Je ne sais pas pourquoi. Selon mon téléphone il n’y a qu’une heure de décalage. Peut-être que le basculement à l’heure d’hiver n’est pas au même moment ?! J’attends le vol suivant qui me mènera en Iran…

 

 

13 pensées sur “Journal de bord – Part 1

  • 11 décembre 2017 à 01:29
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    Bonjour Laurent
    Formidable de te lire! un peu inquiète entre le chien qui t’a mordu et le vol. Mais quelle belle aventure. Prends soin de toi.
    Malika

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  • 16 décembre 2017 à 22:53
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    Hello Laurent, si tu peux mettre des photos sur l’Inde, comme tu l’as fait pour l’Iran….on aura juste l’impression d’y être nous aussi…Malika

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    • 17 décembre 2017 à 18:59
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      C’est prévu. Laissez moi juste le temps de les trier et de les sélectionner ! A+

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  • 2 janvier 2018 à 19:36
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    Super l’idée du journal de bord ! Je vais m’empresser de le lire… de bas en haut donc ! 🙃. Moi qui adore les récits de voyage, savoir que là, je connais l’aventurier, je trouve ça magnifique ! Comme si j’y étais avec toi dans l’histoire 😉. Par l’esprit en tout cas, c’est certain.
    Profite et continue de nous en faire profiter nous aussi par procuration 🌍🌏🌎

    Jérémie

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  • 3 janvier 2018 à 22:04
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    Salut Laurent, on aurait envie de voir la tête des gens que tu croises, ou avec qui tu fais un bout de chemin, locaux ou baroudeurs comme toi. Tu peux poster quelques photos ?
    Tout a l’air de rouler en Birmanie.
    Bises, Nicolas.

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  • 18 février 2018 à 13:08
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    Bonjour Laurent,
    Le Laos a l’air de t’avoir beaucoup plu. On est impatient de lire l’aventure des10 jours de bénévolat près du Mékong !
    Bises.

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  • 12 avril 2018 à 21:53
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    Très grand plaisir de te lire ! Pense à appeler mon ami Heimana au 87787620. Continue bien. Pottias. Jérôme

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  • 17 avril 2018 à 21:22
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    Ca fait vraiment envie, j’ai l’impression de revivre les mêmes découvertes émerveillées de l’an dernier (les poissons multicolores, les requins, les motus…).
    Pas toujours très chaleureux, les Polynésiens, apparemment. J’espère que tu vas trouver un hébergement à Tikehau. C’est très cher, c’est vrai, et il y en a qu’il faut éviter apparemment. Nous étions à la pension Hotu : très bien située au bord du lagon dans un beau domaine, chère, et pas plus accueillante que ça, mais une bonne base pour explorer l’île.
    Promène-toi de motu en motu (déserts pour la plupart) en traversant les petits (et parfois larges) chenaux. Prévois absolument des chaussures (ou sandales) en plastique rigide sinon tu vas te blesser.
    Nous avons fait de la plongée dans l’unique passe de l’atoll avec http://www.tuamotu-plongee.com (je crois, non loin de l’épicerie), très bon club, accueil vraiment sympathique.
    Bon vent ! Bises.

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    • 19 avril 2018 à 12:10
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      Je suivrai tes conseils. J’envisage effectivement de m’essayer à la plongée à Tikehau et j’ai repéré ce club.
      Par contre j’ai dû mal m’exprimer dans ce journal ; hormis le propriétaire de la pension à Moorea, je trouve les polynésiens plutôt sympathiques et accueillants.

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    • 3 mai 2018 à 05:44
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      Ca arrive. Un peu de patience ! Je n’y suis que depuis hier et j’ai un peu de retard à rattraper.

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  • 5 mai 2018 à 13:48
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    Laurent,
    Voici un documentaire récent et très intéressant sur l’île de Pâques, qui fait le point sur les dernières découvertes scientifiques qui remettent complètement en cause la théorie de l’effondrement qui prévalait jusqu’alors :
    https://www.france.tv/documentaires/science-sante/419825-science-grand-format-ile-de-paques-l-heure-de-verite.html
    Il n’est plus en accès libre mais se loue pour 1,99 euros. Je le conseille vivement.

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